Mardi
24 Octobre: arrivée au Népal
Petit
bilan après 3 mois sur la route, on est. vivant!!!! Mais
encore
Et bien ça n'est pas si facile que ça
de jouer les apprentis voyageurs. Pour le moment on a toujours pas
eu de coups de blues, on ne ressent pas l'envie de rentrer et ces
trois premiers mois déjà une aventure extraordinaire.
Cependant, ces vacances un peu plus longues que d'habitude commencent
à laisser imperceptiblement quelques traces: on ne s'émerveille
plus autant, notre curiosité est un peu moins aiguisée
et certaines choses inhérentes à notre quotidien deviennent
plus pesantes certains jours: faire et défaire son sac régulièrement,
se taper de longs trajets inconfortables, s'adapter à un
nouveau pays sans avoir digéré le précédent,
visiter, être harcelé par les "pro" du tourisme,
etc
En fait le besoin de se poser se fait de plus en plus sentir,
l'envie de ne plus bouger.
Jusqu'à
présent le physique et le mental n'ont pas été
ménagés avec trois pays pas forcement faciles sans
farniente puis l'Inde qui pointe le bout de son nez. Allez courage,
dans trois mois c'est les Maldives. "Il ne manquerait plus
qu'ils se plaignent ces deux là!!!!"
Finalement,
ce qui nous fatigue le plus et malheureusement qui nous colle a
la peau, c'est notre condition de
touriste! Ca se voit a
10kms et on ne peut pas circuler sans qu'on nous propose du change,
des souvenirs, un rickshaw, avec l'impression omniprésente
d'être pris pour un porte monnaie ambulant. Certes les premiers
temps ça fait parti du dépaysement, mais au bout d'un
moment ça devient pénible et on a envie de se fondre
dans la masse, de circuler incognito quoi!
Mais
ne vous méprenez pas, ne comptez pas nous revoir de sitôt
(tant mieux diront certains
), car c'est trop de la baaaaaaaaaaalle!!!!!!!!!!!
Nous
retraversons la ville de Dakha cette fois-ci de jour, le trajet
est insupportable et Sophie jure de ne plus jamais y remettre les
pieds.
C'est
la première fois que nous prenons un avion ou le placement
est libre et les hôtesses sont aimables comme des portes de
prison. Le clou du voyage : des images de la Mecque diffusées
sur les écrans avec la prière en fond musical "
Allah est grand, Allah vous accompagne, Allah protége votre
famille, etc... ", cela peut être une source de réconfort
pour les musulmans qui prennent l'avion mais dans notre cas, cela
nous rappelle le 11 septembre... Un petit Inch Allah avant le collage
et un rassurant " we are about to land in Kathmandou, Inch
Allah " finissent de nous mettre dans l'ambiance.
Nous
voici au Népal, une destination que Christophe attendait
avec impatience berce par tous les échos des voyageurs précédents
et les récits lies aux expéditions sur ses 11 sommets
culminant au dessus de 8000m (sur 17 dans le monde) et bien sur
le Toit du monde, l'Everest a 8848m. Sophie est un peu plus anxieuse,
l'école qui devait l'accueillir a ferme, elle va être
livrée a elle même pendant les 3 semaines du trek,
nouvelle expérience
Nous
découvrons Katmandou de notre taxi et traversons le quartier
touristique de Thamel. Les rues étroites sont bondées
de resto et de boutiques. Difficile de se frayer un chemin au milieu
des piétons, des vélos, des motos, des rickshaws et
des voitures. Ici aussi ça joue du klaxonne, impossible de
dire qui est le plus a plaindre dans cette circulation.
Nous
nous installons à la Tibet peace guesthouse, très
agréable avec son jardin au calme. Puis c'est parti pour
la découverte du quartier cette fois a pieds. Il faut faire
attention aux vélos et motos qui n'hésitent pas à
nous frôler de près et à nous klaxonner dans
les oreilles. Les boutiques regorgent de fringues colorées
dont les modèles n'ont pas du changer depuis les années
70, et de matériel pour trekkeurs, essentiellement des imitations
North face. Les resto aussi sont nombreux et c'est pas évident
de trouver une adresse indiquée dans le routard tant il y
a de pancartes et d'enseignes.
En
tous cas y'a du choix: népalais, indien, chinois et européen.
On va s'en mettre plein la panse! A condition de ne pas trop regarder
autour; nous avons croise des rats a plusieurs reprises; l'un se
promenait tranquillement sur une poutre au-dessus de nos assiettes...
Mercredi 25 Octobre: Viens boire un p'tit coup a la maison
L'après-midi
se passera à l'Internet café, "les pieds sur
Terre" oblige.
C'est
en rentrant a notre guest que nous avons la surprise (attendue)
de retrouver les deux Alex et Aurélie. Ils ont déjà
attaque l'aperto "Ricard" bien de chez nous (mais au fait,
c'est ou chez nous?). Nous poursuivrons au Pilgrim's, endroit très
hétéroclite, a la fois librairie, bibliothèque,
resto et cours de méditation ou yoga. Les "momos"
cheese et vegetables (sorte de raviolis vapeur) y sont particulièrement
savoureux.
Jeudi 26 Octobre: Tout le monde est la?
Cette fois ce sont Marc et Priscillia alias Poupette qui nous
ont rejoint pour le petit dej' avec le pot de Nutella commande
par Sophie. Ils ont aussi pense aux guides et livres ainsi qu'au
sauciflard et pinard. On attend ces ravitaillements un peu comme
les caravanes africaines attendent l'oasis en traversant le dessert!!!
Bienvenus les poulets.
L'après-midi sera consacrée a la préparation
du trek avec le guide: permis de trek, itinéraire et logistique.
Y'a juste un petit hic: l'hiver semble être arrive plus
tôt que d'habitude. La semaine dernière 7 alpinistes
français ont été ensevelis par une avalanche,
cette semaine des yacks sont morts de froid et la route des Annapurnas
est bloquée a mi-chemin par la neige. Le programme reste
inchangé, si la route n'est toujours pas accessible d'ici
la, ils emprunteront un autre parcours. En tous cas, ça
va peler, Sophie ne regrette pas sa décision de rester
dans la vallée.
en
rouge itinéraire du trek plus ou moins éffectué
|
Vendredi 27 Octobre: la séparation
Le moment est venu d'analyser un peu notre couple dans le cadre
d'un voyage comme celui-ci.
Question intimité, c'est pas l'idéal : pas facile
de se séduire quand on est fagotés comme un as de
pique tous les jours et privée de sèche-cheveux
en ce qui concerne Sophie car il faut reconnaître qu'a ce
niveau-la c'est plus dur pour elle. Rajoute a cela la fatigue,
parfois le manque d'intimité ou d'intimité dans
les " dormitory ", on est loin du Kama Sutra.
Question entente c'est un peu comme " le loft ", l'émission
de télé-réalité, une sorte de condense
de vie ou les situations s'enchaînent et nous mettent face
a l'autre. Comme dans le quotidien, c'est une question de compromis
et de tolérance a la différence âpres qu'on
ne peut pas fuir, il faut résoudre le problème coûte
que coûte car y'a pas de copains ni de boulot pour se réfugier
ou encore une salle de sport a proximité. Ce n'est donc
pas facile tout le temps malgré la cote idyllique que peut
revêtir ce voyage. Le cote positif, c'est qu'en revenant
d'un tel " test ", on sait a quoi s'en tenir. On en
ressort plus fort et on devrait pouvoir affronter les épreuves
suivantes riches d'une belle expérience conjugale.
Pour la suite du carnet nous avons acide de mettre en parallèle
nos journées plutôt que de les enchaîner
Sniff
Le moment tant redouté est arrivé, il faut se séparer.
Ca y est, c'est fait. Prends soin de toi, je serai à Pokkhara
dans 18 jours pour vous accueillir
avec pinard et sauciflard!
Bon c'n'est pas tout mais maintenant va falloir que j'organise
mon temps libre. J'avais pris contact avec un certain Pramod qui
répond à tous les mails de voyageurs sur "Voyage
forum", il habite à Katmandou et je dois le rencontrer.
Une heure plus tard me voila dans son bureau à boire un
café. Ce népalais de 37 ans a vécu 15 ans
à Paris et vient de s'installer définitivement au
Népal ou il envisage de travailler dans le commerce équitable.
Il me presente Rabina qui parle aussi français puisqu'elle
travaille dans une agence francophone. Habitant à Bakhtapur,
elle me propose de la voir sur place quand j'irai. Le hasard veut
qu'elle soit de la famille d'Indra, cet étudiant népalais
que j'ai contacte par Internet qui s'occupe d'une association
scolaire pour enfants défavorises et que je dois aussi
rencontrer.
Pramod m'apprend que du 1er au 3 novembre, c'est Tihar (ou Deepavali),
la fête des lumières et me propose de passer quelques
jours dans une famille ou je serai au plus âpres de la fête.
Mais c'est une très bonne idée ça, ça
marche pour moi. Un coup de téléphone plus tard,
Niranjan, son ami débarque pour me rencontrer. Rendez-vous
est pris, il m'amante dans sa famille le 2 novembre.
Pour l'instant ça s'annonce plutôt bien.
Ce n'est qu'un au revoir...
Khandi (840m) Bhubhule (900m), 1h de
marche
Dernière nuit avec Sophie, ce sera notre première
séparation aussi longue. Nicolas Bouvier habitue des longues
absences avec sa femme écrivait : " Je crois à
la vertu des absences... Dans une vie de couple qui passe toujours
par des crises shakespeariennes, il faut d'immenses lucarnes,
des bouffées d'air salubre. ".
En attendant beaucoup d'inquiétude dans mon baiser
d'adieu au petit matin, la voila seule pour 3 semaines, première
expérience en solo dans un pays étranger et sans
possibilité de se joindre. On a rencontre nombre de voyageuses
solitaires depuis le début de ce voyage, et au fond de
moi je me dis qu'il n'y a pas de raison que ça se passe
mal. En tout cas, ce n'est pas les occupations qui vont lui manquer:
visa pour l'Inde, nettoyage des objets birmans, mises a jour du
site, achat du billet Maldives-Mexique...
Notre bus perso nous attend. Panta, notre guide, nous a
conseille de louer un minibus plutôt que prendre la bétaillère
locale, la différence n'est que de quelques euros. Par
contre on gagne entre 2 et 4h sur le trajet en évitant
les check points, pas de risques de vol (en recrudescence en ce
moment) et nous sommes sur d'avoir des places pour nous 6, les
3 porteurs et le guide. Nous couvrons en 5h les 200kms qui nous
séparent de Pokhara et entre 2 nids de poule nous admirons
avec quel soin les népalais décorent leur camion,
enchevêtrement de couleurs, guirlandes et effigies religieuses
kitchissimes... L'Inde n'est plus très loin et son influence
se fait sentir. Are Krishna!
Nous marchons ensuite une petite heure entre Khandi et
Bhubhule, " qui va piano va sano va lontano ", il ne
s'agirait pas de casser la machine des le premier jour. Apero
Ricard et petits gâteaux aux poireaux achètes par
Alexandra, ne négligeons pas les bonnes manières
même en altitude, et pour le dîner ce sera Dal Bath
pour tout le monde. Il s'agit du plat national (et probablement
le notre pendant 15 jours), légumes au curry, soupe de
lentilles et riz. Ca remplit son homme et c'est a volonté.
C'est rigolo de voir passer une petite troupe maoïste
alors que nous avons traverse un check point militaire il y a
une heure. Tiens tiens, il semble que nous ayons change de territoire.
Notre guide nous explique que les maoïstes contrôlent
la région et de nombreux districts au Népal. En
fait, la situation du pays est assez préoccupante, une
économie au plus bas, un peuple mécontent et un
roi adepte de la monarchie absolue, le très impopulaire
Gyanendra. On comprend d'ailleurs pourquoi quand on sait qu'il
a fait assassine tous les membres de sa famille ainsi que le souverain
en place, le tout sur le dos de l'héritier qui s'est empresse
des se suicider. Gyanendra, unique abonne absent du bain de sang,
se retrouve " naturellement " au pouvoir. Des méthodes
dignes de notre bon vieux Moyen-Âge mais encore d'actualité
ici. Et pour " couronner " le tout, il étouffe
la liberté de la presse, dissout le parlement et s'octroyer
les pleins pouvoir. C'est un terrain fertile pour les maoïstes
qui en profitent pour rassembler derrière eux les différents
courants politiques et recueillir le soutien du peuple.
Après notre repas du soir la même troupe maoïste
refait son apparition, ils font le tour des guesthouse et viennent
réclamer leurs "dons", qu'ils estiment à
100 roupies/jour/personne. Inutile de vous dire que c'est du racket
pur et dur, par contre ils y mettent les formes : ils se pressentent
sans arme, expliquent la situation du pays et leur combat, et
restent ouverts aux questions, opportunité que nous saisissons
avec délectation. Bilan du débat, la liberté
qu'ils veulent mettre en place OK mais au sein d'un parti unique,
et avec une seule voie possible : le Communisme. " Pas a
la chinoise " nous précisent-t-ils, c'est vrai, dans
maoïste y'a pas " Mao "
Quant a l'avenir,
et bien on exporte la révolution en Inde puis au monde
entier et on met fin à l'impérialisme yankee. Et
la marmotte... Pauvres népalais, c'est ce qui s'appelle
avoir le choix entre la peste et le cholera. Nous payons néanmoins,
en trichant sur le nombre de jours, on verra bien.
Avant de nous coucher, petit clin d'oeil au Manaslu un
des géants du coin dont les neiges éternelles culminent
a 8166m, que de beaux rêves en perspective.
Vendredi 28 Octobre:
Spécimens en voie d'extinction
Le matin fut réserve à l'ambassade de l'Inde ou
il m'a fallut la matinée pour déposer la demande
de visa. Des jeunes sans-gêne ont voulu doubler ce qui a
crée une véritable émeute.
Je profite de l'après-midi pour bricoler un peu et nettoyer
les ornements de portes en bois achète au Myanmar. C'est
aussi l'occasion de découvrir l'ambiance qui règne
dans la guest. Des clients y ayant élu domicile viennent
me voir et observer ce "very nice" objet. On retrouve
dans cet endroit un peu de la Katmandou d'il y a 30 ans et
ses représentants. Mais oui, je n'y croyais pas, mais il
existe encore des "dinosaures" de cette époque,
des rescapes du "peace and love ". En pantalon pat d'eph
et velours violet ou jean destroy avec un gilet de mouton retourné
psyché sur une chemise bariolée, les cheveux longs
ou dread locks, ces deux spécimens de 55/60 ans squattent
la guest depuis des mois, on se croirait revenue au temps des
hippies. Il faut d'ailleurs préciser que Katmandou a garde
un certain style de vie de ces temps recules, on croise pas mal
de djeun's style bohême, on nous propose aussi de la drogue
a tous les coins de rue et il n'est pas rare de sentir certaines
effluves " relaxantes ".
C'est en me rendant à une soirée house que je rencontre
Sarah dans la rue. Nous l'avions rencontre dans l'avion qui venait
de Yangon et nous l'avions perdu de vue a l'arrive, trop occupée
qu'elle était a chercher son sac disparu a l'arrive. Elle
l'a finalement récupère 3 jours plus tard et partage
en ce moment sa chambre avec Sylvain qui fait le tour du monde
a velot (encore un).
Changement de plan, on part boire un verre tous les trois puis
on finit la soirée au "Fullmoon". Soirée
vraiment géniale, on trouve une ambiance décontracte,
on s'assoit sur des coussins a cote d'autres clients, des japonais
en l'occurrence puis les gens dansent et fument des pétards.
Ferme vers les 2/3 heures du mat, c'est sans conteste l'endroit
le plus noctambule du coin puisqu'il y a une sorte de couvre-feu
ici, les népalais n'ont pas le droit de traîner dans
les rues après 22 heures, les touristes eux, sont rois.
Cette fois c'est parti
Bhulbule (900m) Syange (1135m) 5h de
marche
Avant de partir, bref descriptif de "la communauté
de l'Annapurna":
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Marc:
plus connu sous le pseudonyme de " l'ours béarnais
", autant pour sa pilosité que pour son caractère.
Il animera ces 2 semaines de ses gaudrioles et de son humour
légendaire. " Afin d'amuser la galerie, je crache
des gauloiseries ...". |
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Aurélie:
l'artiste, toujours armée de ses pinceaux elle donnera
une touche de couleur a nos soirées en peignant portraits
et paysages. Elle aura également l'immense privilège
d'être en charge de toute la partie administrative,
à savoir pressente les autorisations à chaque
check point. |
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Alexandre:
le monsieur muscle du groupe, 1.80m et 95kgs a la pesée,
il sera notre seul rempart si le fameux Yeti pointait le bout
de son nez. L'abominable hommes neiges aurait été
signale âpres du col du Thorong La en train de siroter
un glaçon. Pour cela notre Alex s'impose une discipline
de fer, pompes 2x par jour et Dal Bath midi et soir! Aurélie
en est folle depuis maintenant quelques années. |
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Priscilla:
ou " Poupette " pour les intimes, c'est notre grande
blonde a forte poitrine. Les quotas sont respectes... Elle
officiera en tant que photographe du groupe, ne négligeant
aucune poule ni aucun radis, toute la vallée ne passera
sous son objectif. Sa bonne humeur légendaire nous
accompagnera tout au long de périple. Récemment
acoquinée avec " l'ours béarnais ",
les treks a répétition semblent sceller leur
union. |
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Alexandra:
dit " le pitbull " ou " la Polak " en
raison de son obstination a ne pas lâcher le morceau
et son gout immodéré pour les habitants du pays
de notre feu pape JP II. Elle marquera ce trek par sa volonté
à relever tous les défis et a accroché
la première place à la jungle speed où
a la marche. Ses facultés se sont néanmoins
amenuisées avec l'altitude et le degré de la
pente... Nous ferons chambre commune (et lits sépares!)
pendant ces 2 semaines. |
Levés 06h30, ce sera plus ou moins une constante tout
au long de ce trek, ce qui nous permet de marcher à la fraîche
et de ne pas arriver trop tard pour degoter une guesthouse sympa.
|
Après un roboratif petit déjeuner, nous attaquons
de plein pieds cette ballade prometteuse. Peu de dénivelle
aujourd'hui, nous longeons de verdoyants paysages de rizières
étages, alternant avec des cultures de millet. De nombreux
ponts suspendus nous permettent de naviguer entre les 2 cotes
de la rivière Marsyangi ou nous croisons de multiples
convois de mules, colorées comme des camions népalais
et servant à ravitailler les villages en altitude.
Premier conseil de Panta notre guide: ne pas jouer au plus
con avec lesmules (malgré le fort potentiel qu'il a
décelé dans le groupe) et toujours se mettre
cote montagne pour les laisser passer, sinon c'est direct
dans le précipice. Il nous parlera également
de la condition de porteur pas toujours facile. Sur certains
treks réputes durs, il arrive d'en retrouver morts
d'épuisement sur le chemin et victime du mal d'altitude,
certains touristes charges a vide imposant leur rythme effréné
aux porteurs
Euh message reçu, nous prendrons
soins des nôtres et je me risque même a porter
mon sac a dos, tout du moins sur les premiers jours, la dysenterie
et les 3 mois de voyage ayant laissé des traces. |

Beau comme un camion !
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Petite présentation de la communauté népalaise
qui nous accompagne:
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Panta,
notre guide, d'un naturel très rieur, il a toujours
une petite anecdote, une histoire ou une chanson a nous faire
partager. Homme de principe et de valeurs, autodidacte, cultive,
nous auront de nombreuses discutions intéressantes
sur "les choses de la vie". Et surtout, il sera
a nos petits soins pendant ces 17 jours, une véritable
croisière de luxe ce trek. |
Nos porteurs:
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Harry,
19 ans, marie a 13 ans, 1 enfant, le jeune homme s'avérera
très porte sur le sexe et nous certifiera palier ces
longues périodes d'abstinences par un travail fréquent
du poignet (3 fois par jour même a 5000m!). Impressionnant
le bougre, pourvu qu'il lui reste assez d'énergie pour
passer le col
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Robin,
23 ans, 1 enfant, sera le plus résistant et avec ses
quelques mots d'anglais, nous pourrons avoir quelques échanges. |
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Tapa
le patriarche, 49 ans, une tripotée d'enfants à
son actif. C'est en fait le plus pauvre des 3, il quitte son
métier de charpentier pendant la saison touristique
pour faire quelques sous. Le secret de sa forme himalayenne
: jamais d'alcool ni cigarettes et quelques expéditions
dans l'Everest a l'occasion. |
Ils portent autour de 20/25 kgs chacun, aides d'une lanière
sur le front (namlo), les sacs étant ficelles entre eux.
Déjà lourdement charges, ils me promettent une bouteille
de Brandy si je passe le col du Thorong La (5416m) avec mon sac
a dos. Quand je vois leur équipement bien moins adapte que
le notre et l'age de Tapa, je me promets de faire mon possible.
Coinche et jungle speed animent la soirée et nous nous couchons
lamentablement à 21h00. Nous ne savons pas encore que les
jours suivants, nous nous coucherons plus tôt encore.
Samedi 29 Octobre:
On s'est connu, on
s'est reconnu
Levée a midi, il ne me reste plus que 5 heures de soleil
avant la nuit. Je change d'hôtel pour rejoindre Sylvain
et Sarah. Quelle erreur ai-je faite: l'eau sent la rouille et
ça n'a pas l'air très clean (a 1 euro la chambre
fallait s'en douter).
C'est en me baladant dans le quartier que je suis interpellée
par un "Sophie?". Cette tête me dit quelque chose,
comment oublier Thomas et ces effigies de lui-même. Nous
l'avions rencontre a Chengdu et le voici de retour du Tibet.
Ce soir c'est la fête à Thamel, des DJ étrangers
ont envahis la place. Y'a un monde pas possible et pour une fois
les touristes sont largement minoritaires par rapport aux népalais
dans cette " transe party " en plein air. Ca piccole
sec, ça bouscule et ça profite des bains de foule
pour jouer des mains baladeuses. Fallait réfléchir
avant de me mettre la main ou je pense, tu vois pas que ça
n'avance pas
et paf le chien, dans ta tête!
Tous les quatre nous assistons a la sortie des locaux qui une
fois l'an ont eux aussi le droit d'investir le quartier et de
danser
jusqu'a 20 heures! En effet, a peine commencions
nous a nous déhancher sur de la Transe que le couvre-feu
était sonne, putain de maoïstes! Bon, direction le
Funky Buddha ou la soirée continue
pour les touristes.
De retour dans ma nouvelle chambre, je m'aperçois que je
ne suis pas seule. Des compagnons indésirables l'ont squatte
sans me demander la permission. Le premier a l'entrée,
le deuxième, dans les rideaux, le troisième dans
la baignoire et le plus culotte dans mon lit. C'est absolument
hors de question que je dorme en compagnie de
cafards! Seule
solution: Sylvain. J'ai finalement atterrie dans son lit et lui
dans le mien, c'est Sarah qui va être surprise lorsqu'elle
va rentrer...
Maoïste
en goguette
Syange (1135m) Tal (1600m) 6h de
marche
Les paysages de rizière laissent place à une
gorge aux parois abruptes. L'environnement devient de plus
en plus rocailleux. Ce trek nous fait évoluer progressivement
entre 800m et 5416m et nous permet d'apprécier toute
la richesse et la varies des différents étages
de végétation. Nous sommes d'ailleurs actuellement
a l'altitude "Pass pass ton oinje..." puisque nous
croisons de nombreux plants de Marijuana sur le bas cote.
Panta nous promet une omelette maison aromatisée de
ces herbes aux vertus reconnues, seulement après le
col du Thorong La, pas folle la guêpe... A ce propos,
les nouvelles ne sont pas très bonnes. Le col est bouche
suite aux récentes chutes de neige (qui ont d'ailleurs
coûte la vie la semaine dernière a 7 alpinistes
français et leurs porteurs). De nombreux groupes font
demi tour. Il nous reste encore quelques jours avant de l'atteindre,
inch allah! |
Maoiste
|
A mesure que l'environnement change, les gens évoluent également.
L'influence tibétaine se fait de plus en plus sentir, les
visages s'arrondissent, leurs joues rosissent et l'architecture
me rappelle quelques souvenirs de Chine. Les tibétains ont
fui en masse après l'invasion chinoise et sont très
présents sur les grands plateaux himalayens.
Alors que nous sommes en plein débat philosophique sur la
dictature de la beauté en occident, nous croisons une étrange
patrouille maoïste armée. De jeunes femmes d'a peine
vingt ans manient le treillis et la carabine... en tongues, petite
touche de coquetterie féminine dans cette ambiance de guérilla!
Dimanche 30 Octobre:
L'air
" pur " de Kirtipur
Je me réveille au son des indien wabes, ce qui aurait
été préférable au coucher. Non
seulement l'eau de la douche est froide mais en plus elle
est orange! Petit dej' en terrasse avec Sylvain puis départ
pour une petite ballade a pieds direction Kirtipur à
6 km d'ici.
En chemin, on s'arrête pour goûter les spécialités
locales de marchands ambulants et de la noix de coco. Les
népalais ont une étrange façon de dire
oui ou d'accord: ils hochent la tête sur le cote, cela
nous a d'abord laisse interloques quand on lui a demande de
nous préparer la noix de coco, on ne savait pas si
c'était du lard ou du cochon.
Des que l'on s'éloigne du quartier touristique de Thamel,
on découvre la vraie vie népalaise et malheureusement
sa pauvreté. Des gens vivent aux abords de la rivière
qui charrie des détritus et de décharges absolument
infectes; c'est irrespirable pour mon nez délicat d'européenne.
Cela n'empêchent pas les enfants de s'amuser en naviguant
sur un morceaux de polystyrène. |
Scène
de vie
|
Nous arrivons à Kirtipur, village perche sur une colline.
Les immeubles en construction aux abords de la ville nous font regretter
d'être venus. Mais en arrivant au sommet, nous découvrons
de charmantes petites places paisibles ou la vie semble s'écouler
tranquillement, cela change de l'ambiance trépidante de Thamel.
Il y du riz étalé partout sur des nattes, les femmes
le balaient ou le font " sauter " dans des jattes, les
hommes bavardent ou font une partie de jeux dont je ne connais pas
les règles. Ici pas de touristes et ça fait du bien.
A notre retour, nous rentrons à Thamel en passant par Indra
Chowk, le quartier commerçant des népalais. On se
croirait dans la rue Rivoli en période de soldes. De nombreux
stands vendent des guirlandes lumineuses et des sachets de poudre
de toutes les couleurs. C'est demain que commence Tihar, la fête
des lumières qui dure jusqu'au 3 novembre. Impossible d'avancer
dans les rues étroites au milieu des voitures, vélos,
motos, un vrai parcours du combattant. Il faut d'ailleurs préciser
qu'au Népal il n'existe pas de code de la route! C'est l'anarchie
la plus totale, chauffards étant synonyme de chauffeurs,
c'est la loi du plus fort.
Je me rends au rendez-vous prévu avec Naranjan pour régler
les derniers détails. Pas de bol, il faut que je retourne
a l'autre bout de la ville, la d'ou je viens! Retour difficile,
tous les taxis sont pris. Je rencontre Sudeep qui me propose son
aide puis me raccompagne a la guest. Il veut se joindre a moi demain
et boire un verre ce soir, en tous cas il n'est pas acide a partir
et je commence a trouver les népalais un peu collants. Heureusement,
Thomas est la et j'en profite pour dire au revoir a mon nouvel "ami".
Puisque Sarah est partie, je prends sa place et partage la chambre
de Sylvain. Je m'endors au son du hard rock dont me fait profiter
le disquaire au bas de ma fenêtre. Faut absolument que je
change de guest!
1
km a pieds, ça use, ça use...
Tal (1600m) Chame (2600m) 8h de marche
Départ à l'aube
pour une longue journée. Nous traversons des forets
de conifères et au détour d'une belle montée
nous apercevons une famille de langurs hauts perches sur les
arbres. Ce sont de grands singes au poil gris et à
la tête blanche. Notre approche "discrète"
avec le béarnais les fera fuir. Voila bien une attitude
de gougnaffier, notre égoïsme privera les derniers
de ce petit plaisir. Heureusement nous en reverrons dans quelques
jours.
Un peu plus loin, d'assourdissant
boom viennent nous chatouiller les oreilles. Le roi a lance
la construction d'une route a flanc de montagne a grands coups
de dynamite, officiellement pour le développement de
la région (ce que les locaux désapprouvent fortement
puisque ça signerait la fin du tourisme lie a la marche)
et officieusement pour ravitailler l'armée et combattre
les maoïstes.
La marche se fait chacun suivant
son rythme. Au détour d'une courbe, |
Construction
de route
|
nous
apercevons la chaîne du Manaslu, c'est à partir de
cette gorge que partent les expéditions vers ce sommet majestueux.
Puis une violente pluie vient nous surprendre nous offrant l'occasion
de vérifier l'étanchéité des équipements
et de patauger gaiement dans la boue.
Nous finissons épuises dans
une auberge. En fait je ne m'attendais pas a tant de confort. Toutes
les 2 heures, nous croisons des lodges ou il est possible de dormir
ou se restaurer. La nourriture est bonne et variée même
si les prix augmentent avec l'altitude, et nous bénéficions
souvent de douches chaudes grâce à des capteurs solaires.
A intervalles réguliers, nous trouvons des " safe drinking
station " qui nous permettent de remplir nos bouteilles d'eau
à moindre coût et d'éviter les déchets
plastiques. Par ailleurs, notre guide Panta maîtrise parfaitement
3 types de massage, indien, japonais et suédois... Et ce
soir on y a droit. " Les Annapurnas, pffft, meme ma semaine
au Club med était plus roots! "
Lundi 31 Octobre:
Première
sortie " seule "
Aujourd'hui c'est Tihar, on honore les animaux puis les frères
et soeurs. Il semble que ce soit le jour des chiens aujourd'hui,
plusieurs de leurs représentants sont affubles de colliers
de fleurs et ont droit a leur poudre rouge sur le front. C'est
très drôle.
Je pars pour Sankhu en transports locaux, d'abord le tuk-tuk,
une camionnette a 3 roues, sorte de taxi collectif puis le
car. Le trajet s'avère plus long que prévu.
Un loto géant est organise dans une des villes traversée
ce qui cause un énorme embouteillage. De plus, nous
aurons droit à deux vérifications militaires.
Un monsieur arme en treillis monte a bord puis regarde derrière
et sous les sièges. A chaque entrée des villes
il y a un camp militaire avec fils barbelés et trouffions
la mitraillette sous le bras. |
Fenêtres
sur cour
|
J'arrive enfin à Sankhu avec une heure de retard. C'est une
ville moyenâgeuse ou rien ne semble avoir change depuis des
siècles. Je suis la seule touriste du coin et je dois faire
un peu tache avec mon sac a dos. Les gens, surtout les enfants me
saluent d'un "namaste" les mains jointes. Littéralement,
cela signifie:"Que l'ensemble de vos qualités soient
bénies et protéges des dieux". Plus simplement:
bonjour, bienvenue, au revoir, etc.
Je grimpe au temple de Vajra Yogini. Arrive là-haut, je suis
accueillie par des singes, c'est la première fois que j'en
vois en liberté. Ils me font flipper car ils sont un peu
agressifs. Ils suffit de les regarder trop longtemps surtout dans
les yeux pour qu'ils chargent. Le pire c'est lorsqu'on a de la nourriture,
comment vais-je faire pour manger mon sandwich? Heureusement il
y a aussi des chiens qui les chassent. Le revers de la médaille,
c'est qu'eux aussi ils en veulent a mon sandwich, sans oublier cette
drôle de chèvre au comportement félin qui n'arrête
pas de se frotter a moi pour recevoir des caresses
et bouffer
mon pantalon!
L'endroit est chouette mais pas autant qu'ils le laissent entendre
dans le guide. Ce n'est pas tout mais le temps presse et je dois
marcher jusqu'a Changu Narayan un autre village, puis me rendre
a Bhaktapur ou je vais passer la nuit.
Jérôme m'avait bien indique de traverser une rivière
mais il ne m'avait pas préciser qu'il n'existait pas de pont.
Pas d'autre possibilité, faut "chausser". Je remettais
mes chaussettes les pieds mouilles lorsque j'aperçois un
homme qui traverse en en portant un autre, a 5 mn près j'aurais
peut-être pu aussi me faire porter
Je marche a travers champs et rizières a étages au
milieu des paysans qui travaillent et d'enfants qui jouent. C'est
la deuxième fois aujourd'hui qu'on me propose de dormir chez
l'habitant, cela aurait été une expérience
super mais on m'attend ce soir à Bhaktapur, finalement la
vraie liberté c'est de n'avoir aucun engagement même
si c'est nous qui nous l'imposons.
Une heure et demi plus tard, j'aperçois Changu Narayan sur
fond de coucher de soleil. Cette vielle ville aux tons chauds est
juchée sur un promontoire au sommet duquel se trouve un magnifique
temple. Etant donnée l'heure tardive, tous les touristes
sont partis et, mis a part quelques gamins qui me réclament
du chocolat, je profite seule de ce lieu. La nuit tombe, il est
trop tard pour rejoindre Bhaktapur a pieds, je prends le dernier
bus.
Bhaktapur by night c'est plutôt sombre. Un jeune m'indique
la direction du centre puis téléphone a Indra. Il
ne s'agit pas du dieu de la pluie des hindouistes mais d'un jeune
homme de 25 ans qui s'occupe d'une association d'aide scolaire pour
enfants indigents. Je l'avais contacte par Internet il y a plusieurs
mois. Il me fait passer par un chemin qui m'évite de payer
la taxe d'entrée de 10$ pour m'amener à la Khwopa
guesthouse. Je visite ensuite son bureau où il m'explique
plus en détails son association.
L'autoroute
du soleil
Chame (2600m) Pisang (3200m) 6h de
marche
Journée tranquille aujourd'hui. Toujours pas de tourista
ni d'ampoules, tout semble trop parfait. Ce sera l'occasion
d'une franche rigolade avec les porteurs. Et oui, même
avec notre népalais de cuisine, a peine parles-tu de
fesses et te voila aussitôt promulgue " meilleur
ami du monde ". Sujet universel s'il en est un, nul besoin
de grandes idées pour rapprocher les peuples
" Le cul est la chose au monde la mieux partagée.
" disait Antoine Blondin, je confirme...
La discutions sera plus sérieuse avec Panta qui nous
explique que 13 arbres suffisent a fournir de l'oxygène
a un homme. Même si nous passons les 3000m, notre sentier
étant noyé dans la foret nous ne commencerons
a nous acclimater a l'altitude qu'en atteignant des paysages
plus désertiques. De fil en aiguille, et d'odeurs en
odeurs, il nous racontera cette comptine népalaise:
un jeune homme habitait juste au-dessus d'une jeune femme
qui cuisinait divinement bien les plats au curry. Trop pauvre
pour pouvoir s'offrir autre chose que du riz blanc, il ne
mangeait qu'aux heures ou la dame du bas cuisinait ses plats,
et parfumait ainsi son riz des délicieuses odeurs de
curry. La jeune femme s'apercevant du manège porta
l'affaire devant le juge, qui condamna le pauvre homme a réparation.
Celui-ci profondément attriste de l'injustice dont
il était victime, promit de payer au regard de la faute
commise. Il se présenta donc chez la jeune femme et
déversa par terre ses maigres pièces, sonnantes
et trébuchantes, "écoute bien, car te voila
paye
". Un parfum de Patrick Suskind en plein Népal. |
Ravitaillement
|
Les premières neiges font leur apparition, ce n'est pas vraiment
de bon augure pour la suite
C'est étrange de dépasser
3000m et d'être toujours entoure d'une riche végétation
et de cultures, alors qu'à cette altitude nos fières
Pyrénées sont déjà couvertes de pierriers
et de neiges. La différence de latitude sans doute.
Les porteurs, ravis que je continuasse à porter mon sac,
(depuis le temps que je rêvais de placer un subjonctif!) m'ont
affublé du surnom de "tulle" (grand homme, grand
frère). Le trek des Annapurnas mérite aujourd'hui
celui d'"autoroute du Népal". En effet il y avait
plus de monde sur cette étape qu'a la foire aux cochons de
Champigny! Nos check points quotidiens auront le mérite de
nous apprendre une chose a la vue de leurs registres: Pyrénées,
Alpes et volcans auvergnats ne semblent plus satisfaire les fiers
représentants de la patrie de Baudelaire et Bernard Menez,
les français débarquent en masse sur le Toit du monde.
Finalement les journées sont rythmées par une forme
de routine: Dal Bath pour Alexandre comme a tous les repas, Aurélie
affairée avec ses pinceaux (très belles aquarelles),
Alexandra et son échappée quotidienne sur du plat
(bien vite rattrapée a la première grimpette), Poupette
derrière son objectif et Marc qui amuse la galerie de ses
ronchonneries béarnaises.
Mardi 1er Novembre:
Un Tihar a Bhaktapur
Tihar
chez Indra
|
Pour
la prospérité...
|
Calme le soir, Bhaktapur est plutôt bruyante le matin, d'autant
plus que ma fenêtre donne sur une rue ou s'installent les
vendeurs à l'étalage.
La ville révèle toute sa beauté dans la douce
lumière du matin. Son aspect médiéval, ses
rues pavées et ses superbes maisons de briques avec encadrements
de fenêtres en bois sculpte, en font une merveilleuse petite
ville. Je loge près de Taumadhi Tole, une ravissante place
ou se tient un marché toute la journée y compris le
soir. De la terrasse du Sunny restaurant ou je déjeune, je
contemple l'animation qui y règne et les temples qui la bordent.
Avec ses cinq toits superposés, le temple de Nyatapola est
le plus haut du Népal.
Je poursuis avec la visite habituelle du Durbar square, un peu décevante,
le fameux palais aux 55 fenêtres étant de plus en rénovation.
En tant que touriste, je me fais harceler par des jeunes proposant
leur service de guide ou se faisant passer pour des étudiants
devant mon refus. J'en deviens désagréable et suis
obligée d'en arriver a leur dire :" I don't need any
guide, any student, I want to be alone ! " Avant même
qu'ils n'aient ouvert la bouche.
Je rencontre le type d'hier soir a la descente du car qui m'emboîte
le pas jusqu'à l'Internet café. A ma sortie il est
la a m'attendre, il veut a tous prix me faire visiter son école
de Thangka painting (peinture sur soie). Décidément
les népalais sont coriaces. J'aurais un mal fou a lui faire
comprendre après ¾ d'heure de ses explications mystico-religieuses-meditationnelles
que je ne suis pas intéressée, ce qu'il savait d'emblée.
Je demande mon chemin à un autre jeune qui finalement va
m'accompagner jusqu'à Hanuman Ghât ou se trouve un
lieu de crémation et des vaches qui à leur tour ont
eu le droit d'être honorée. La ballade se termine dans
un rad local ou il me fait goûter à la bière
népalaise, la jhad faite a base d'eau et de riz, le tout
fermente. J'aurais droit à deux cuvées, celle de la
veille et celle du jour, plus douce. C'est pas terrible mais bien
moins pire que l'airag ! Je teste aussi le " king's curd ",
élu roi des yaourt, fait a l'ancienne et présente
dans un pot en terre, une spécialité de Bhaktapur.
Excellent.
Au détour de ruelles, je tombe par hasard sur des jeux de
rues style kermesse et des gens qui dansent autour de musiciens
avant une prière collective. C'est Tihar aujourd'hui et c'est
aussi Deepavali la nouvelle année pour les Newars, c'est
la fête pour tout le monde. Les gens accrochent des guirlandes
de fleurs aux balcons et font leurs derniers achats. Les potiers
du quartier de Kumale dont la technique n'a pas changée depuis
des siècles sont affaires à leurs tours de pierre.
Ils doivent fournir d'énormes quantités de petits
récipients qui serviront ce soir de lampes a huile.
Ca y est, la nuit tombe et les locaux commencent à poser
des bougies à l'entrée des maisons, à l'encadrure
des fenêtres et un peu partout dans les rues transformant
les chemins en de magnifiques pistes d'atterrissage. Cela m'inquiète
un peu de voir les flammes lécher le bois d'aussi près
mais c'est tellement beau.
Les enfants se postent devant les boutiques et les marchands pour
quémander des cadeaux, un peu comme pour Halloween. Dans
leur grand plateau circulaire où se trouvent des bougies
et des fleurs, les gens donnent de l'argent, des fruits ou des bonbons.
Des petites filles habillées en rouge et or, maquillées
pour l'occasion, réalisent des chorégraphies ou chantent.
Les garçons eux emploient la manière forte et crient
une rengaine, assez efficace pour que les gens donnent rapidement
pour s'en débarrasser.
C'est alors que le festival est interrompu par plusieurs camions
de pompiers. Ce qui devait arriver arriva... Plusieurs incendies
ont pris dont un qui s'est rapidement propage a tel point que les
deux camions de la ville n'ont pas suffit. D'autres sont arrives
en renfort de Katmandou, Patan et de l'aéroport. Puis c'est
la panne électrique et nous voila bientôt plonges dans
l'obscurité.
La soirée se termine au resto avec Indra. Il m'invite a passer
Tihar dans sa famille, je vais finalement rester ici pour les fêtes.
Les
mirettes a 180 degrés
Pisang (3200m) Manang (3600m) 5h
de marche
La neige se fait de plus en plus présente. Le massif
des Annapurnas dévoile progressivement ses magnifiques
pics enneiges aux noms tous plus originaux les uns que les
autres: Annapurna I, Annapurna II, Annapurna III, Annapurna
IV
Quelle imagination! Nous avons donc devant nous le
II a 7937m, le IV a 7535m et le III a 7575m. L'Annapurna I,
le seul à franchir la barrière mythique des
8000m (8091 pour être précis) se laisse encore
désirer avant de nous livrer ses charmes
Je vous
passe le couplet sur la fragilité de notre existence
face a ces monstres, mais quelle majesté tout de même.
On les sent à la fois proches et totalement inaccessibles.
Et ce ciel bleu qui n'en finit plus depuis notre départ,
que demander de plus??? Un bon Yak burger
Chose faite le soir pour Marc et moi-même. Nous outrepassons
les consignes |
Lac
à Manang
|
de
Panta qui nous a mis en garde sur l'origine de la viande a cette
altitude: elle vient de Pokhara en avion jusqu'a Jomson et n'est
plus de toute première fraîcheur quand elle atterrit
dans nos assiettes. Marc, solide comme un ours béarnais,
se sortira de cette expérience culinaire sans séquelle.
Mon estomac par contre, déjà fragilise, me rappellera
à l'ordre avec une perfide tourista. Quant aux autres: Alexandra
est très fatiguée, Aurélie est rouge comme
un pinson (la protection 15 n'est apparemment pas suffisante a ces
altitudes), Alexandre saigne du nez et Poupette a perdu l'appétit.
Bref, tout est réuni pour aborder sereinement les choses
sérieuses.
Nous avons profite de notre après-midi libre pour visiter
le lac du coin (sieste interdite si on veut dormir le soir). Plus
tard, entre 2 aller-retour aux toilettes, Internet m'offrira l'opportunité
d'envoyer des nouvelles à ma douce et tendre restée
a la capitale. Inespéré a 3500m!
Manang se révèle un sympathique village traditionnel,
niche au fond d'une vallée et juche sur des falaises de terre.
Il représente l'ultime halte avant d'aborder la longue ascension
vers le col. Dernières recommandations de Panta en matière
de mal d'altitude : a partir de maintenant, on mange de l'ail et
on boit beaucoup d'eau. La fête Deepavali bat son plein au
village, les percussions résonnent, mais pour nous ce sera
une claque sur les bourses et au lit...
Mercredi 2 Novembre:
Bonne
année !
Nous sommes aujourd'hui en 1126 dans le calendrier newar.
Les Newars 2,5% de la population sont les plus anciens habitants
de la vallée de Kathmandu et sont divises en 84 sous
castes. Ce sont surtout des artisans et des artistes tres
attaches à leurs traditions et à leurs coutumes
religieuses voire meme tres supersticieux.
C'est au son des timbales et des damarus (petits tambours)
que je suis réveillée. Un immense cortège
traverse la ville. Les gens défilent a pieds avec des
banderoles en travers du torse, s'ensuivent des camions avec
des enfants et des ados dessus, puis un défile de motos.
La ville est en pleine effervescence. Cela durera toute la
journée. |
Indra
et moi
|
Je fais la connaissance de deux fillettes croisées déjà
la veille. Contrairement a la plupart des enfants d'ici, elles ne
m'ont pas jeté un " hello " impersonnel et encore
moins réclame " one roupie ". L'une a 12 ans et
l'autre 7, nous réussissons à échanger quelques
mots en anglais, 2e langue officielle du pays.
En fin d'après-midi, des danseuses donnent une représentation
sur le podium installe sur la place. C'est la première fois
que j'assisterai à du théâtre au micro.
Vient alors le dîner dans la famille d'Indra. Nous sommes
10 assis en L déchaussés sur de bas tabourets en bois
presque à même le sol. Je prends soin de ne pas étendre
mes jambes et de diriger mes pieds vers quelqu'un comme il est de
coutume. Je m'assois donc en tailleur, ça me fait mal aux
genoux mais bon
Face a chacun, sur le sol tapisse de glaise,
est trace le contour d'un cercle en poudre blanche au centre duquel
il y a un point rouge recouvert de fleurs, riz, banane, noix, autres
petits fruits et d'un morceau de corde. Dans l'angle du L, il y
a un peu de tout ça, des bougies et 3 petits bonhommes blancs
aux yeux noirs qui ressemblent a Roswell en pâte de riz. Il
y a plein d'autres choses puis du yaourt dont une louche sera mélangée
aux riz et a la poudre rouge pour compose le pûjâ (offrande).
Commence le rituel : on mange la banane, on se met les fleurs sur
la tête, puis on reçoit le tikka sur le front a base
du pûjâ, le collier de fleurs, une corde autour du cou.
On est ensuite aspergé de pétale de fleurs et on allume
la corde qui se trouve au centre du cercle devant nous positionnée
d'une certaine façon.
Le Chef découpe un gros fruit rond et distribue des morceaux
à tout le monde, c'est doux et légèrement citronne.
Puis le balaie est passe a chaque extrémité du L en
direction du coin ou y'a plein de trucs. Je ne comprends rien à
tout ce tralala.
Les deux soeurs s'occupent du rituel et du service, seule la mère
est assise. Le tout dans un silence que je n'ose interrompre alors
que j'ai plein de questions a poser. Cela ressemble davantage à
des rites superstitieux que religieux, c'est peut-être un
mélange des deux !?
Nous passons maintenant au repas. Dans une grande assiette en aluminium
sont disposes des aliments; j'ai reconnu du riz sous sa forme séchée
style pétales, des pommes de terre, de la viande, des haricots.
Pour le reste ce sera la surprise.
Puisque tous mangent avec la main, je m'y essaie avec la main droite
ce qui est d'usage. Je prends un peu de ce qui ressemble a du thé
humide mélange avec du riz. Ce n'est pas évident,
quelques miettes de ce mélange peu goutu tombe par terre.
Ils rient non pas parce que je mange comme un goret mais parce que
je viens d'avaler la nourriture des dieux ! La viande qui était
soi-disant du boeuf se révèle être du mouton
et j'aime pas ça, les haricots ont un goût si infecte
que j'ai failli vomir. Je pense que je n'aurai plus de problème
de dissociation bucco-nasale à la plongée ! Le pire,
c'est lorsque j'ai réussi à vider la quasi totalité
de mon assiette (mis a part les énormes morceaux de gras)
et que l'on m'a servie une seconde fois. L'alcool de riz qu'ils
nomment " vin " m'a aide à faire passer tout ça
et tant pis si je suis saoule !
Dernière gaffe de la soirée, j'ai traverse la "
table " au lieu de la contourner et failli rentrer dans la
cuisine, séparée par un minuscule muret. Cette interdiction
de rentrer dedans vient du système des castes, quelqu'un
n'appartenant pas à la caste est considèré
comme impur et peut donc " polluer " la nourriture.
Ca
monte, ça monte
Manang (3500m) Upper Yak Karka (4120m)
5h de marche
Pas de journée d'acclimatation comme prévue
à Manang, le col semble recouvert et il nous faut passer
au plus vite avant une nouvelle chute de neige. En quittant
le village à 07h30, nous croisons adultes et enfants
en tongs. Leurs pieds sont cornes, la peau épaisse
et ils ne semblent absolument pas souffrir du froid. Nos orteils
d'occidentaux, par contre, font la grimace emmitouflés
dans de grosses chaussettes au fond de nos confortables chaussures
de marche. On est vraiment des petites natures
Le chemin
s'enfonce dans la neige qui se transforme bientôt en
boue, Priscilla finira 3 fois sur les fesses et en rira toute
la journée l'ivresse de l'altitude aidant. Alexandra,
piquée a vif qu'on m'ait attribue le surnom de "tulle"
relèvera le défi de porter le sac a dos jusqu'a
la fin de la journée. Excepté quelques difficultés
sur les fins de montée, elle caracolera avec le groupe
de tête malgré ses 12 kilos supplémentaires.
Très |
Long
is this road...
|
belle
performance de la Pologne qui du coup sera beaucoup plus silencieuse
le soir venu. Un "Here is the strong girl" lance le lendemain
par un guide couronnera ainsi son effort de la veille
Les buffles laissent maintenant place aux yaks (si vous saviez combien
ils m'ont manqué depuis la Mongolie), beaucoup plus dangereux.
Conseil: dégager le passage a la vue du premier, armes de
leurs longues cornes et complètement apeurés, ils
foncent n'importe ou.
Avant de se poser, une dernière petite marche en hauteur
pour se fabriquer quelques globules rouges puis redescente au lodge.
L'ascension plus difficile que prévue se soldera par une
tourista en pleine neige.
Jeudi 3 Novembre:
| Aujourd'hui
c'est cadeau
Je déambule une fois de plus dans les rues, je dois
revoir les petites de la veille au même endroit ou
leur mère vend des bricoles style bazar droguerie.
Elles sont très contentes de me revoir. Je leur offre
un livre pour apprendre à dessiner avec 2 crayons
et une gomme. Difficile de savoir si elle sont dans le besoin
et peut-être que d'autres enfants en auraient plus
besoin mais un présent doit rester un geste spontané.
Leur mère m'offre en échange une petite boite
de baume du tigre et un café au lait. Elle aimerait
que je parraine ses filles pour aller dans une école
privée, cela se fait beaucoup ici. Je leur laisse
l'adresse d'Indra.
Au Népal, il y a une grande inégalité
devant le droit à l'éducation et c'est l'argent
qui fait la différence. Les écoles publiques
sont très rudimentaires et ont peu de moyens, les
instituteurs sont très mal payes. Il y a d'autre
part les écoles
privées ou la qualité
|
Mes
nouvelles copines
|
d'enseignement
y est meilleure et l'anglais obligatoire. Les élèves
portent tous un uniforme avec cravate, les fillettes ont la jupette,
les chaussettes et les couettes.
Ce soir, Tihar prend fin avec la célébration des frères
et soeurs. Pour l'occasion, les soeurs qui vivent avec leur maris
et enfants chez leur belle-famille sont revenus dans la maison familiale.
Une bonne vingtaine de personnes étaient présentes.
Les rituels sont a peu près les mêmes qu'hier avec
plus de faste, inutiles d'essayer de comprendre quoi que ce soit
les népalais eux-mêmes n'en sont pas capables hormis
les "anciens". Seule chose remarquable, les colliers de
fleurs ne sont plus oranges mais violets et les frères et
soeurs s'offrent des cadeaux. Les soeurs pratiquent les rituels
du tikka (pour leur souhaiter longue vie) puis leur tendent des
fruits et autres nourritures qui n'ont rien a voir avec le repas.
Les frères posent leur tête dessus puis en échange
leur donne un billet ou un cadeau, généralement un
vêtement.
Les hommes sont assis pendant que les soeurs les servent puis les
resservent ainsi que les enfants. Elles ne s'asseiront pour dîner
que lorsque les hommes auront quasiment termine. Il semble que ce
soit une société hyper machiste. Quand a la place
de l'invite, elle ne parait pas revêtir une importance particulière,
j'ai passe le repas derrière un poteau et on a oublie de
me servir a boire, personne n'a remarque que je n'ai pas bu de tout
le repas! Cote ambiance, pas de discussions enflammées ni
même de chant ou de danse, c'est d'un ennui à mourir
même pas une engueulade pour se divertir. Ce n'est pas du
tout festif à moins que je ne sois tombée dans une
famille morose. Indra me donne l'impression d'être surtout
intéressée par la caméra, et c'est moi qui
ai le rôle du cameraman, il a d'ailleurs acheté une
puissante lampe pour éclairer la pièce étant
donne la mauvaise qualité des images de la veille. Bref,
je suis déçue!
Gla Gla Gla...
Upper Yak Karka (4120m) Thorong La high
Camp (4880m) 5h de marche
Ce fut notre nuit la plus froide, -5 degrés dans la chambre
au réveil. On a tous dormi habilles dans nos duvets -5 confort
-15 extrême. Et bien ce n'était pas confort du tout,
surtout quand on a bu ses 3 litres d'eau et sa camomille du soir
(sur recommandation du guide). Le bilan est sans appel: 4 expéditions
toilettes dans la nuit.
On attaque a l'aube, talon-plante-pointe, on déroule on déroule.
Arrêt Grany dans une bergerie/bistrot/bazard. Un troupeau
de bouquetins sur les flancs attire mon attention, c'est moins de
temps qu'il n'en faut au bouc de la proprio pour se saisir de ma
barre de chocolat encore sous cellophane. Optimiste la bergère
m'a dit de repasser le lendemain récupérer ce qu'il
restait! Sans façon. A midi nous retrouvons Emmanuelle et
Yohan, 2 grenoblois en vadrouille pour 3 semaines, leur fille de
2 ans patientant bien sagement chez les grands-parents. En fait,
nous avons plus ou moins tous le même rythme et c'est amusant
de recroiser souvent les mêmes têtes aux étapes.
On commence a comprendre la signification d'Himalaya en sanscrit
: "demeure des neiges". En effet, la suite de l'ascension
se fait complètement dans la neige, ce qui nous vaudra quelques
descentes sur fesses de la part de notre porteur Harry ou comment
améliorer sa technique de bobsleigh. A l'arrivée,
nous avons dépasse la hauteur du Mont Blanc et après
une classique montée d'acclimatation, nous nous endormons
la tête dans les étoiles... et les pieds gelés!
Vendredi 4 Novembre:
La
longue marche
Levée 7h, aujourd'hui je pars en randonnée.
Le bus me dépose à Panauti. Apres une rapide
visite dans un cadre vraiment bucolique, je prends la route
direction le Namo Bouddha a deux heures de marche. C'est pas
évident de se retrouver et heureusement que les paysans
sont la pour confirmer la direction. Sur le sentier, je suis
soudain alertée par un bruit dans les fourrés...
a un mètre de moi ondule élégamment un
serpent marron de bonne taille dans les 1m30 pour une circonférence
de 10 cm, impressionnant !
Je déjeune dans le seul resto du coin un délicieux
dal bath, plat typique du Népal, compose de riz et
de lentilles servi avec un curry de légume, d'un mélange
d'ingrédients épices et de la viande. Un couple
de hollandais avec leur bébé m'indique une guest
à
Dhulikhel
|
Sur
la route du Namo Bouddha
|
ou je dois passer
la nuit. Puis c'est reparti pour 3-4 heures de marche. J'avais oublie
de préciser que j'ai un sac a dos sur le dos d'environ 11
ou 12 kilos.
J'emprunte le mauvais chemin et demande ma route a trois gamins
de 7 a 12 ans qui parlent l'anglais. Ils m'escortent un moment le
temps de me demander mon nom, mes origines, mon age, les échanges
habituels quoi. Puis, très intrigues par l'ipod, ils me demandent
ce que c'est. La meilleure réponse fut de leur faire écouter
a tour de rôle tout en continuant a marcher. Ils ont eut l'air
d'apprécier la tecno mais n'ont pas ose se trémousser
sur ces sons endiables.
Je me suis donc rajouter une bonne demi-heure de rab et me voila
sur la bonne voie. Le chemin de crête me fait découvrir
en surplomb de magnifiques paysages de rizières en escaliers
et en plus c'est en descente.
Au bout de deux heures mon sac devient de plus en plus lourd et
le frottement se fait sentir au niveau des épaules et des
hanches.
A la troisième heure, un homme patibulaire m'interpelle.
Il n'est pas très clair voire ivre et me montre le couteau
qu'il a fabrique lui-même dans l'espoir de me le vendre. Je
n'ai aucune intention de lui acheter mais le bougre insiste et je
commence a m'inquiéter car après tout, il n'y a personne
aux alentours
je suis a sa mercie. Heureusement, trois types
arrivent en sens inverse. Ils réagissent après leur
avoir explique mon problème et lui feront rebrousser chemin.
Le soleil déclinant et la fatigue achèvent de me faire
abandonner à 5 km de la fin avec tout de même la satisfaction
d'avoir parcouru 30 km avec mon sac sur le dos, je ne m'en croyais
pas capable.
Quelques étirements en attendant le bus et me voici sur son
toit, y'a plus de place a l'intérieur. Les autres voyageurs
relayes au dessus m'aident a monter le sac. C'est rigolo de rouler
les cheveux au vent, c'est même un peu vertigineux car la
route domine des rizières.
J'arrive à la Shiva Guesthouse excentrée mais au calme.
Je monte sur la terrasse. Enfin, je les aperçois: blancs,
acérés ils sont la devant moi, je peux presque les
toucher: les sommets de l'Himalaya. Le soleil se couche les éclairant
d'une lumière rouge flamboyante.
Il est 18h et pas le courage de retourner en ville. Le tenancier
me concocte une bonne soupe, me tape la discute et direction dodo.
Attention
petit scarabée, le chemin est long et la pente est glissante
High Camp (4880m) Thorong La (5416m) Muktinath
(3800m) 8h de marche
Levés 04h45 départ 06h30, oui y a un peu d'inertie
dans le groupe. Bon tout le monde n'a pas ses heures de sommeil,
tant pis, c'est parti pour une montée assez pentue mais pas
si difficile que ça, excepte le froid. Aurélie est
passée du rouge coups de soleil, au bleu tendance pieds gelés,
pas étonnant qu'elle se soit lancée dans la peinture!!!
A 10h00 tout le monde est au col, congratulations, photos souvenirs,
longs regards admiratifs sur la splendide chaîne des Annapurnas,
concours de pompes, bref du classique pour ce genre d'événement.
La descente le sera beaucoup moins, 1600m sur des pseudos sentiers
complètement verglacés. Un anglais s'est déboîte
l'épaule en plein milieu (ça, c'est pour les JO!!!!),
et la veille, c'est une française qui s'est casse les poignes
et un népalais la jambe.
Voici les différentes techniques de descente testées
:
La classique : le marche sur glace, avantage : impossible
de se perdre, inconvénient : nécessite un très
bon sens de l'équilibre.
Type d'utilisateur : l'anglais, la française et le népalais...
La sportive : dite " a la Harry " : se
mettre sur les fesses et se servir des sentiers comme pistes de
bobsleigh, avantage : descente rapide sans risque majeure, inconvénient
: tape cul, bleus et mal de tête garantis.
type d'utilisateur : Alexandra, Aurélie, Alexandre, Marco,
Priscilla et.... Harry.
La bourrine : se mettre dans la pente et descente
en pleine poudreuse, avantage : très rapide et safe, inconvénient
: de la neige jusqu'au cuisse et fatigue les quadri.
type d'utilisateur : les grenoblois et moi-même
Malgré quelques troupeaux de daims sauvages
croisés sur la descente, on en a plein les godillots quand
on arrive en bas. Coup de chapeau a Marc qui s'est decouvert une
âme d'écolo dévoue qu'il fut au ramassage
de bouteilles en plastique même au delà de 5000m.
Le trek est finalement très bien fait, l'acclimatation
à l'altitude est lente et progressive, du coup personne
n'est malade. L'hôtel sera à la hauteur de cette
journée, douches chaudes et couvertures a gogo, et, ultime
délicatesse, sauts a charbon sous les tables pendant le
repas. Une vraie croisière de luxe mais la je me répète.
Samedi 5 Novembre:
Kitch
J'ai
du chopper la crève hier sur le toit du bus, j'ai mal dormi
réveillée de plus par les courbatures.
En quittant l'hôtel, je tombe sur un frère et une
soeur en train de faire le rituel quotidien religieux au temple
de Shiva. En moins de temps qu'il en faut pour le dire, me voici
avec la tikka rouge sur le front et le collier de fleurs autour
du cou. Ils m'accompagnent dans un restaurant qui tient aussi
lieu d'expo artistique. Le pancake est fameux mais le café
imbuvable.
Le bus me dépose à Banepa ou il y a d'après
"le routard" un temple à ne pas manquer. Je suis
nase de la veille mais je ferai tout de après les 40mn
de marche aller-retour. Résultat, le temple est en rénovation,
circuler y'a rien a voir, contente!
Dans le bus qui me ramène à Katmandou, il y a de
nouveaux des contrôles de l'armée. En voyant les
passagers du précèdent bus en train de faire la
queue leu- leu pour vérification des sacs, je me dit que
je suis montée dans le bon.
De retour à Thamel, je retrouve Sylvain et Thomas. Ce soir
on va dîner dans un resto fréquente par les népalais
argentes. Ca valait le déplacement: nous assistons a un
spectacle sur la scène qui nous fait face. Des hommes et
femmes se succèdent en dansant et faisant du play-back,
nous aurons même droit a la démonstration d'un couple
de nains exhibes comme des bêtes de foire. C'est ringard
à souhait et super kitch.
Ouahhh
que c'est beau...
Muktinath (3800m) Marpha (2800m)
8h de marche
On
pensait qu'on avait fait le plus dur, mal nous en a pris,
ce sera 25 bornes aujourd'hui et rebelote demain. Heureusement
ce fut notre meilleure nuit et les paysages sont a tomber
par terre. On croise d'abord le très photogénique
village de Jharkot, puis les massifs enneiges laissent place
a une montagne beaucoup plus désertique. La mousson
ne parvient pas jusque-la, bloquée par l'immense chaîne
montagneuse. La terre est aride et les couleurs marron, vert,
rouge et ocre contrastent avec le vert des rizières
de nos débuts et la blancheur des paysages enneigés
de ces derniers jours. Bienvenue au Mustang semblent nous
dire tous ces pics. Marc et Poupette, de retour d'Inde, retrouvent
dans ces paysages comme un air de famille avec la région
du Ladakh. En bas de cette gorge, des grottes creusées
dans la terre sèche abritent encore aujourd'hui des
népalais. Au loin, le village de |
Le
lit de la Kali Gandaki a l'horizon
|
Kagbeni
marque la frontière avec l'Upper Mustang. A 70$ de droits
journaliers, nous préférerons le Dolpo (cf Himalaya
le film) pour notre prochaine expédition. Panta nous décrit
cette région comme la plus belle du Népal. Ca laisse
rêveur...
Ici
vivent beaucoup de Takali. Chez cette ethnie, les femmes sont aux
commandes et font le business, pendant que les hommes parient et
palabrent. Tout comme les paysages, ça en laisse plus d'un
rêveur... Plus loin ce sont les brahmanes et les Chetri, de
lointains descendants des Aryens qui n'ont plus ni tête blonde
ni yeux bleus mais qui conservent de leurs ancêtres une grande
silhouette et un visage fin. C'est captivant de voir sur le terrain
comment guerres et migrations passées ont influence chaque
vallée népalaise. En arrivant à Jomson, nous
auront droit à 3 chekpoints successifs, la police, les militaires
et le ministère du tourisme. Au moins, si il nous arrive
quelque chose, la piste sera facile à suivre. La fin de la
journée sera éprouvante. Nous marchons dans le lit
de la rivière Kali Gandaki, portes par le chant de nos godillots
et le charme des villages tout de blanc vêtus. Le vent se
lève et nous ralentit, nos yeux ont quitte les cimes enneigées
pour se focaliser sur nos pieds. C'est sur, Jean Pierre Mader est
passe par la...
Ce
soir on reprend les bonnes habitudes, apero Ricard et cidre, Marpha
rivalisant avec Morteaux-Courlibeuf, dans le calvados, pour le titre
de capitale mondiale de la pomme
Hic!
Dimanche 6 Novembre:
On
connait la chanson
Journée glandouille à l'Alliance française
avec Sylvain. Un film français est diffuse tous les dimanches
a 14 h, il s'agit aujourd'hui de "on connait la chanson".
Des népalais apprenant le français sont venus assister
aussi a la projection. Certains abandonneront en cours de route.
En tous cas, ça fait plaisir de voir des images de Paris
mais cela nous a malheureusement réveille des souvenirs
douloureux, nous rappelant au travers des images le vin et les
fromages made in France. C'est décide, ce soir on s'achète
une bouteille de vin pour l'apero et, a défaut de camembert,
des chips au fromage!
On a marchandé un petit Merlot 2001, pas de quoi casser
trois pattes a un canard mais suffisamment pour faire tourner
la tête.
Thomas nous rejoint puis nous passons la soirée au New
Orleans, un resto très cosy avec des feux de bois a l'extérieur.
Ca
souffle
Marpha (2800m) Ghasa (2100m) 7h de
marche
Nous
nous glissons a nouveau dans le lit de la rivière,
le Dhaulagiri (8167m) en ligne de mire. Panta en profite pour
chanter quelques chansons patrio-coco-traditionnelles. Elles
encensent la majesté des monts environnants, la lutte
des classes et fustigent l'aide américaine à
l'armée gouvernementale.
Avec
les 2 Alex, nous tentons un raccourci en traversant le lit
de la rivière. Bilan, une bonne heure de perdu et nous
voila mouilles jusqu'au genou par plusieurs traverses de cours
d'eau. Les 3 autres nous font les grands yeux mais la vue
de l'Annapurna I (8091m) remet tout le monde d'accord, même
à des kilomètres, quelle majesté! Nous
sommes au pieds de la montagne et plus de 5000m de dénivelé
nous séparent des sommets qui s'offrent a nous. Une
petite pensée patriotique pour Maurice Herzog
et son équipe qui en 1950 ont conquis pour la première
fois un sommet de plus de 8000. Chapeau bas messieurs, on
mesure l'exploit une fois au pieds du monstre de pierre et
de ses pentes abruptes. Voici comment il décrit cette
vallée dans son livre Annapurna, premier 8000: "Nous
débouchons dans une longue plaine caillouteuse travaillée
depuis des siècles par le cours impétueux et
irréguliers de la Gandaki. La rivière a réussi
à tailler à travers la grande chaîne himalayenne
un corridor colossal. Des cyclones puissants et désordonnés
s'y engouffrent et nous clouent au sol. Ces rafales se déchaînent
à longueur d'année et interdisent toute végétation...
Des tourbillons de |
On
est pas arrivé...
|
poussière
remontent en chandelle. C'est un enfer de rocailles. Le vent hurle."
Je ne vous cache pas que ça été plus calme
en ce qui nous concerne, mais peut être qu'il était
un peu marseillais le Herzog!!! Nous continuons de suivre le Kali
Gandaki qui se transforme bientôt en une des gorges les plus
profondes du monde, puisque 6000m séparent le torrent des
2 sommets qui le bordent.
La
journée sera marquée a midi par l'attaque sournoise
du Swiss Rosty, saute de patates avec ail, oignons et un oeuf pour
lier le tout. Marc sera le premier a tomber avant le repas du soir,
je le rejoindrais au banc des victimes (c.a.d aux toilettes...)
dans la nuit. Un concours de sifflante s'engagera alors sur plusieurs
jours, match très serré qui s'achèvera par
un score nul et encore quelques kilos en moins.
Lundi 7 Novembre:
Et-Patan!
Durbar
Square a Patan
|
Interdit
aux moins de 16 ans
|
Dernier
spot de la vallée a visiter: Patan. Je saute dans un taxi
un peu neu-neu. Je n'avais pas prononcé Patan assez bien,
il fallait dire Pa-ha-tan! Il m'a donc trimétal je ne sais
ou sans réfléchir au fait que, touriste, cela ne pouvait
être que la et malgré le plan que je lui avais montré.
Arrivée
à bon port, j'ai réussi à esquiver les "péages"
pour entrer dans le coeur historique de la ville. Ancienne ville
royale, elle a laisse derrière elle un magnifique ensemble
architectural. Durbar square est constitue d'une dizaine de temples
et du palais royal. Sur la place, des saddhu ou ascètes itinérants
se sont ici reconvertis en mannequins-photos pour touristes et réclament
10 roupies pour la pose!
Sinon,
en se baladant au hasard des rues, on tombe parfois sur des scènes
de vie assez surprenantes comme cette vieille femme se lavant les
cheveux torse nu près du puit ou cette séance de toilette
collective dans une fontaine.
Rendez-vous
avec Sylvain et Thomas pour la soirée. Apres le resto, on
termine la soirée au Fullmoon ou l'ambiance est excellente.
Un groupe népalais donne un concert acoustique a base de
reprises de tubes comme la Bamba, Alabama, Bob Marley etc.
La
température a baissée et il fait frisquet dans ma
chambre, dans ces conditions je vais mettre 3 heures à m'endormir
comme hier. Je me fais donc une bouillotte avec ma poche plastique
" Platipus ", elle est faite pour résister à
tous les traitements.
Joyeux
Anniversaire
Ghasa (2100m) Tatopani (1200m) 5h
de marche
Premier
cadeaux pour mes 31 ans, une belle tourista et 2 immoniums
avant de partir. Ca faisait longtemps... A peine arrives a
Tatopani nous nous jetons dans les sources d'eau chaude avec
une eau a 50degres, température idéale pour
nos pieds meurtris. C'est divin. Panta fera les grands yeux
à Priscilla qui affichera ses formes généreuses
en bikini, sans aucune pudeur pour les nombreux népalais
à la sensibilité aigue... Puis lessive et magnifique
présent de Panta qui m'offrira 1 bonne heure de réflexologie,
mes pieds lui en rendent grâce... Le soir l'ambiance
est festive, musique grâce au lecteur mp3, le brandy
fièrement gagne est sur la table et un gâteau
surprise viendra couronner le tout. Je tiens à préciser
que j'ai été profondément touche par
les nombreux cadeaux, notamment par ceux des porteurs, et
par le fabuleux paquet de rouleaux de papier toilettes des
6 autres rejetons. Merci les poulets.
Couche
21h30, c'était jour de fête! |
Jour
de fête
|
Mardi 8 Novembre:
A l'ambassade
Je
me réveille sur le coup des 6h00 du mat le cul trempe.
Ma " bouillotte " a fui et je baigne dans des draps
froids mouilles, fais chier !
Il
faut s'occuper des visas. Je fais équipe avec Sylvain qui
lui-même fait équipe avec une fille: elle arrive
a 6h00 du mat pour avoir la chance de passer car au delà
du cinquantième arrive, on peut rebrousser chemin. Ce qu'on
avait oublie c'est que l'ambassade était fermée
pour les fêtes de Tihar, imaginez le retard! Des gens se
sont levés à 3h00 pour inscrire leur nom sur la
liste. Résultat, en arrivant a 6h00 elle était déjà
numéro 50! Elle s'est incrustée avec un français
qui se trouvait plus haut dans la file. Sylvain arrive à
9h00 et s'incruste avec eux à son tour avec son passeport
et les nôtres. Evidemment tout le monde s'est énervé
et ça s'est mal fini pour nombre d'entre eux sauf nous,
Sylvain s'est débrouille comme un chef, il est passé
envers et contre tous, on a réussi!
C'est
moi qui ai pris la relève l'après-midi pour les
rechercher, je m'en suis bien sortie! Cela doit être assez
pénible à lire et c'est le but, tout ça pour
que vous vous rendiez compte que voyager ce n'est pas faciles
tous les jours!
Ce
soir, nous fêtons les départs de Thomas qui part
en Thaïlande et de Sylvain qui reprend son vélo en
direction de l'Inde. On négocie deux bouteilles de pinard
que l'on dégustera dans le jardin en dînant aux chandelles.
Un p'tit tour au Tom and Jerry's bar et nous nous séparons
chacun de notre cote. Salut les gars! Bonne route.
"
Je suis athée, Dieu merci. " (Sartre ou Vian,
je ne sais plus)
Tatopani
(1200m) Chitre (2350m) 6h de marche
Les
journées se suivent
mais ne se ressemblent pas.
On marche, on marche on marche... Heureusement quand je veux
me changer les idées, je me plonge dans de captivantes
lectures, " la longue marche " de Bernard Olivier,
récit d'un journaliste a la retraite qui décide
de faire la route de la soie.. a pieds.
Apres
12 jours, je suis assez surpris par la faible présence
d'édifices religieux, étrange pour ce pays qui
vit la naissance de Bouddha et ou réside la seule déesse
vivante au monde. Claude B. Levensen a écrit "par
son histoire et sa position géographique au flanc de
l'Himalaya, le Népal s'insère naturellement
entre Brahmâ et Bouddha". Légèrement
alors, parce qu'a part quelques stupas, moulins a prières
et monastères, peu de signes religieux. Contrairement
à la Birmanie, la religion ne semble pas être
le fil conducteur de la vie des népalais en montagne. |
Sèche
linge local
|
Sinon
voici quelques recommandations pour avoir une bonne étoile
sur ce genre de trek: toujours passer a gauche des stupas, ne jamais
enjamber les loungtas (drapeaux de prières multicolores disposes
en bannière au sommet d'un cairn, d'un stupa etc.
),
tourner les moulins a prière de gauche a droite pour que
les mantras soient entendus et éviter a tout prix le Yak
burger et le Swiss rosty!!!!
Mercredi 9 Novembre:
Attention
ça brûle!
Je
termine la visite de la vallée de Katmandou par Pashupatinath
et Bodhnath. La première est l'un des centres les plus
sacres du Népal, une ville de pèlerinage baignée
par la rivière Bagmati, le Bénarès et
le Gange du pays en quelque sorte. L'accès au Golden
temple est interdit aux non hindouistes mais l'ensemble mérite
d'être vu. Une atmosphère mystique s'en dégage
du notamment aux bûchers de crémation ou l'une
a lieu. Il s'agit d'une personne de haut rang car elle se
déroule sur une plate-forme qui leur est réservée.
On voit juste les pieds qui dépassent et c'est le fils
qui s'en occupe. D'autres personnes font des ablutions dans
la rivière, il y a même des saddhus couverts
de cendres qui vivent ici.
Une
quarantaine de singes sont venus troubler cette ambiance méditative
en déboulant sur le pont au milieu des gens. Cela est
très impressionnant, ils ont envahi les lieux puis
ont bondit en direction du temple en hauteur. D'autres ont
préfère rester au niveau du pont. Les promeneurs
les ont observe un bon moment, ils étaient vraiment
comiques. Ils sont d'une |
Bodnath
|
agilité incroyables,
ils jouent, se bagarrent, plongent et nagent comme des poisons,
les bébés sont aussi adorables.
Je
me rends ensuite a Bodnath peuplées des nombreux tibétains
qui ont fuit le Tibet après l'invasion chinoise. C'est un
des sanctuaires du bouddhisme et son stuppa central est sans doute
le plus grand du Népal. J'y rencontre un jeune népalais
parlant assez bien le français qui s'invite à déjeuner
avec moi. J'en profite pour lui expliquer les bonnes manières!
Ce jeune homme me fait une étonnante démonstration
de gymnastique oculaire. A force de méditation, il réussit
à faire osciller ses yeux de manière frénétique,
ça fait presque flipper.
De
retour a Thamel, je réserve mon billet de bus pour Pokhara
et je teste un nouveau resto indique dans le routard. Il ne se sont
pas trompes, la pizza au poulet tandoori est vraiment excellente.
Abracadabra
Chitre (2350m) Gurundi point of view
(3200m) Bathanti (2660m) 5h de marche
Apres
une sévère montée dans la foret népalaise,
nous atteignons le Gurundi view point ou nous bénéficions
d'une vue imprenable sur la face sud de la chaîne des Annapurnas.
Pour une fois on arrivera tôt au gîte. Une guitare,
et Marco se lance dans une interprétation à 4 cordes
de Radio head... Ce sera une soirée magie et logique, et
a la vue des tours proposes, Garcimore a du se " retournech
pluch d'une foich dans chon chapeau ".
Jeudi 10 Novembre :
Une
école népalaise
Depuis
que je suis seule, je me couche assez tôt et forcement
je me lève aux aurores. J'ai eu beau essayer de traîner
sous la douche, lorsque je sors il n'y a pas grand monde dans
la rue.
Les boutiques n'ont pas encore ouvertes et les touristes sont
couches. Les taxis et rickshaws, bien que moins nombreux qu'en
soirée sont déjà la a interpeller les
passants : " Hep, taxis ? ", " rickshaw, Madam'
? ", comme si cela allait réveiller en moi une
envie subite de monter dedans " tiens, pourquoi pas me
faire conduire, j'y pensais justement, le problème
c'est que j'en ai pas besoin! ". Je commence a devenir
excédée, l'autre soir le même nous l'a
propose a deux reprises a 5 mn d'intervalle quand on est repasse
devant lui.
Bref,
me voici donc en terrasse bien emmitouflée dans ma
polaire à attendre
que les croissants finissent de cuire. Ca
valait le |
Intitutrices
|
coup, ils étaient tout chauds et croustillants.
Ce
matin, j'ai décidé d'aller visiter une école
publique et ça n'a pas été une mince affaire
d'en trouver une. Finalement je tombe sur Mongol (car originaire
de Mongolie) qui me conduit dans celle ou il a lui-même enseigne.
Les élèves sont tous vêtus de la même
manière et je remarque que les institutrices aussi ont un
uniforme...rose!
Ils sont assis sur des bancs sans dossiers dans une classe dépourvue
de tout affichage. Des le plus jeune age ils ont plusieurs professeurs
comme au collège et pas d'instituteur attitré. J'assiste
à un cours de science dont le thème est " l'eau
". J'admire les élèves pour leur patience et
leur indulgence a l'égard de leur prof dont le cours se résume
a un expose magistral fait la moitie du temps en anglais ! Cela
semble très ennuyeux et sans aucune activité de la
part des élèves ; en France ils me l'auraient déjà
fait payer!
Le
seul plaisir qu'il me reste à Thamel c'est de tester un resto
par jour. Ce soir c'est le Third eye, pas mal mais pas super économique.
T'es
ou?
Bathanti (2660m) Ghandruk (2000m)
4h de marche
De
nombreux langurs (singes a tête blanche) escaladent
la falaise voisine et nous saluent de bon matin. Toujours
pas de téléphone dans cette vallée, l'armée
les a tous réquisitionnés l'an passé.
Impossible donc de causer a Sophie, ça commence a me
peser sérieusement. Heureusement on double l'étape
demain et on sera à Pokhara un jour plus tôt.
Nous croisons plusieurs fois les porteurs d'agences telles
que "nouvelles frontières". Leurs charges
sont très lourdes, l'équipement limite, les
repas ne sont pas inclus (ils se font la popotte avec les
ingrédients qu'ils portent) et ils sont payés
a coups de lance pierre (presque 2x moins que les nôtres
dixit Panta). Quand le package n'est pas cher pour le client,
la marge reste la même pour la compagnie et c'est les
équipes locales qui trinquent
Nous
nous posons en fin d'après midi au Gurung cottage,
superbe auberge |
Lodge
|
fleurie
avec vue sur les Annapurnas. Bataille d'eau, massages, lectures,
glandouille sont au programme de l'après midi. Enfin des
vacances.
Vendredi 11 Novembre:
C'est
la panne
Départ
bus a 7h00, il n'est bien évidemment pas aussi classe
que celui présenté sur la photo de l'agence
Baba travel.
Il y a pas mal de trafic et de la fenêtre j'ai tout
le temps de regarder la ville s'éveiller. La scène
la plus frappante fut lorsque le car s'est arrête en
face d'une bicoque devant laquelle deux chèvres étaient
attachées. L'homme en a détaché une puis
l'a guidée a l'intérieur. Je n'ai d'abord entendu
que le bellement puis j'ai vu les pattes bouger un certain
temps, la pauvre a eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait.
J'en arrive à m'interroger sur ma condition d'Etre
carnivore et sur la souffrance qu'il y a derrière;
on en arrive facilement à l'oublier dans notre Europe
aseptisée ou la mort est cachée.
La
route de lacets n'est qu'un défile de camions décorés
comme pour Noël : guirlandes, décorations en alu
et effigies de Shiva sans oublier les fleurs en plastiques
qui ornent le pare-brise.
Je
rencontre une danoise bouddhiste la cinquantaine qui me donne
quelques tuyaux sur l'Inde puis je marche dans la merde avant
de remonter dans le car. Je ne m'en suis pas aperçu
tout de
suite seulement quand les gens ont regarde dans |
Batmobile
|
ma direction,
la honte. La seule solution pour ne pas asphyxier le car entier
fut de mettre mon pied dans un sac plastique.
Au
2/3 du trajet voici que le car s'arrête, c'est la panne. Apres
une heure d'attente, je décide avec 6 autres personnes de
monter dans le bus local. C'est sale, bonde, je suis coincée
au milieu d'énormes sacs de riz et les vitres sont en verre.
A chaque nid de poule j'ai l'impression qu'elles vont exploser,
et ce n'est pas du "securit"!
La
guest est nickel et la chambre chaude. Je fais la rencontre de mon
voisin d'Internet, Quentin, un prof de sport qui vient d'inventer
le bâton de marche avec amortisseur intégré.
Petit resto en sa compagnie et au lit
a 21h00!
Elephant
rose
Ghandruk (2000m) Pothana (1600m)
6h de marche
Nous
retrouvons les rizières de nos débuts mais l'événement
marquant de la journée reste la fameuse omelette népalaise
transformée en pancake par le patron de la guest. Il
y ajoutera quelques " herbes " de sa réserve.
Quelques cigarettes de forme étrangement coniques feront
également leur apparition, le patron (encore lui) ayant
toujours un peu de " Hakik " pour ses amis de passage!
Résultat des courses : rires idiots et communicatifs,
la Pologne a du mal a garde son équilibre et le Béarn
se propose d'offrir une lampe frontale pourvu d'un gaillard
serre tête au Prince Charles pour lui rectifier ses
protubérances auditives. Je vous passe les détails
|
La
troupe au complet
|
Samedi 12 Novembre :
Retrouvailles
Levée
6h00, gymnastique, douche, petit dej' sur une terrasse ensoleillée.
Je fais la rencontre d'Alejandro, 35 ans, mexicain parlant très
bien le français et d'Itama un Israélien de 23 ans,
sosie de Jésus Christ. Nous décidons de louer des
vélos pour aller au lac de Begnas à 15km. A fortiori,
je pense que le pire sur la route c'est pour les cyclistes. Les
conducteurs sont de vrais chauffards, ils frôlent de très
très près
Arrives
au lac, c'est le rassemblement de familles et de bandes de jeunes.
Les sonos grésillent, les grosses marmites fument et les
ados dansent : c'est le dernier jour de vacances.
C'est
parti pour un tour en barque. Les garçons roulent un pétard
puis Alejandro se met à jouer de la flûte indienne,
c'est rigolo. Apres un Dal bath, ils font un petit plongeon pendant
que je me prélasse au soleil.
Le
retour fut un peu dur pour les fesses. De retour a Pokhara, je consulte
mes mails et oh, surprise, Christophe m'a écrit: il est arrive
de trek ce matin, deux jours plus tôt que prévu. Je
lui réponds et lui donne rendez-vous dans un bar ou je dois
d'ailleurs retrouver Alejandro et Itama.
C'est
en m'y rendant que je croise Christophe venant en sens inverse.
Il m'est passe a cote, presque en me frôlant sans même
me voir! Je crois qu'après coup il a été un
peu intimide par nos retrouvailles.
La boucle est bouclée
Pothana (1600m) Phedi Pokhara
Coiffes
comme des dessous de bras pour plagier l'Marco, nous attaquons notre
ultime descente avec un dernier clin d'il à l'Annapurna
south et au Macchpuchhre/fish tail (6940m). Presque 300kms de marche
et plus de 8000m de dénivelé positif cumulés,
nos 16 journées de marche ont été bien remplies.
Apres 15mns de navette, nous voila dans la 2eme ville du pays, Pokhara.
Un petit message de Sophie sur Internet me dit qu'elle a rendez-vous
ce soir à 20h00 dans un rade avec 2 potes de fortune, un
mexicain et un israélien. Son agenda ne semble pas avoir
pris en compte mon retour prématuré!!!
En
début de soirée en me rendant au resto, 2 mains viennent
se poser sur mes yeux, "qui c'est??". Surpris je me retourne
et découvre ma Sophie rayonnante, affublée des dernières
fringues tendance Kathmandou 70's. On ne m'y reprendra pas, vous
laissez votre copine seule pendant 2 semaines avec 3 slips, 2 tshirts
et 2 pantalons et elle vous revient avec 4 petits hauts mignons,
2 pantalons tendance et une foule d'affaires dans un grand sac...
La prochaine fois, tu m'accompagnes!
Nous
rejoignons les autres au resto qui, pour la dernière soirée,
ont invite les porteurs a manger l'Everest Steak House. Apres presque
3 semaines sans viande rouge, tout le monde s'en met plein la panse
et le demi chateaubriand remporte un vif succès (800g de
viande tendre, il n'y a pas a hésiter). Nous décidons
de partir le 14 au Royal parc de Chitwan faire un safari, Marc et
Poupette préfère passer la semaine a Katmandou pour
quelques nuits de sensualité torride...
Dimanche 13 Novembre: comme au Bois de Vincennes
Déménagement
dans l'hôtel Noble Inn de Sophie bien mieux que celui propose
par Panta. Apres un petit dej' prolonge, on loue des barques. Marc,
Poupette et Alexandra d'un cote, puis Alex et Aurélie ainsi
que nous deux de l'autre. Les bras muscles des deux " males
" nous ferons faire le tour du lac. Journée tranquille.
Alexandre
n'ayant pas dormi de la nuit faute d'avoir fait le mauvais choix
la veille au restaurant, nous retournons à l'Everest Steak
House pour la revanche du Chateaubriand, énorme!!!
Lundi 14 Novembre: The Unique Wild Resort
Départ
tôt le matin pour le Royal Chitwan Parc réputé
pour sa faune sauvage. Il se situe dans la région du
Teraï, à 200m d'altitude dans la vallée
du gange. C'est loin des 8848m de l'Everest. Ici, Tigres,
crocos, rhino, daims, léopards et éléphants
se partagent la jungle avec de nombreux oiseaux. Sa population
prospère tout comme celle des "humains" vivant
a proximité, avides de terres cultivables alors qu'il
faudrait au contraire agrandir le territoire de la faune.
La cohabitation est parfois tendue, des watch towers pour
la nuit sont disséminés sur les cultures environnantes,
les rhinos notamment étant très aficionados
de piments et légumes en tout genre.
Notre
guide du "Unique wild resort" où nous résidons
nous fait découvrir le mode de vie des habitants du
Teraï. Leurs maisons faites de paille et d'argile ont
des minuscules ouvertures pour permettre a la fumée
du feu de s'échapper en empêchant ainsi les moustiques
de rentrer a l'intérieur. Cela n'a plus lieu d'être
aujourd'hui car la malaria est quasiment éradiquée
et les moustiquaires aux fenêtres ont changé
la physionomie des habitations. La ballade se termine aux
bords du fleuve sur une sorte de |
Un
éléphant ça trompe énormement
|
petite
plage de sable installés dans des chaises longues pour le
coucher du soleil.
Sur
le chemin, le cri de Sophie a la vue d'un bout de sac plastique
ressemblant vaguement a un serpent et le sursaut arrière
d'Alexandra ayant confondu un papillon noir avec une chauve-souris
laissent sceptique quant a la suite du safari!
Nous
aurons droit ensuite à un diaporama sur la faune du parc,
histoire de nous mettre l'eau a la bouche.
Mardi 15 Novembre: à dos d'éléphant
Eléphant
safari
|
Gavial
|
Lever
6h pour un tour en pirogue. La brume matinale a la surface de l'eau
et la cote noyée dans ce brouillard nous donne l'impression
d'être des explorateurs en pleine jungle sauvage. Que ni!
Nous ne sommes pas les seuls, une autre nous suit de près
avec à son bord 7 hollandais pas très discrets. L'Homme
sera en effet l'animal que nous pourrons observer le plus près
dans ce parc!
Nous
passons près d'un gavial de bonne taille en pleine sieste,
pas d'inquiétudes à avoir, ce crocodile à la
longue gueule ne se nourrit que de poissons.
Apres
une heure, nous accostons sur la terre ferme pour un retour a pieds.
Des touristes nous ont déjà précédé
et cela nous donne quelques craintes sur l'éventualité
d'apercevoir quelque animal sauvage. Ces doutes seront confirmés
par l'arrivée d'autres touristes. Qu'a cela ne tienne, notre
guide, en tongue nous fait part des conseils de sécurité
: chaussures montantes pour les serpents, pas de couleurs flashi
ça énerve les rhino, ne pas tourner le dos a un tigre
mais reculer doucement en arrière, en cas de rhino, grimper
a un arbre ou, a défaut, prendre ses jambes a son coup tout
en effectuant un strip-tease (nous gagnerons de précieuses
secondes pendant qu'il reniflera les vêtements), face a un
éléphant, l'arbre doit être massif, enfin, pour
ce qui est de l'ours, rien a faire, dans tous les cas c'est cuit
(il court, nage et grimpe aux arbres). Christophe nous apprendra
que si quelqu'un tombe a l'eau dans une rivière infeste de
crocos, dans le cas d'une attaque de croco, tout le monde doit se
jeter aussi a la baille et faire un maximum de boucan, vas-y Christophe,
montre-nous l'exemple...
Les
2h30 de jungle walking seront pitoyables : 3 poules sauvages, deux
singes en haut d'un arbre a dix mètres de hauteurs, et une
araignée tissant sa toile. Le plus " impressionnant
" furent les empreintes de tigres et les crottes de rhino!
Nous serons tout de même ravis d'avoir vu un pic-vert!
Tout a coup, un bruit de feuillage nous a alerte, c'est sans doute
un éléphant sauvage. Christophe propose de grimper
à un arbre pour l'observer. La réponse de notre guide
est négative car trop dangereux, c'est un peu paradoxal lorsqu'il
s'agit justement du but de " l'expédition ". Nous
apprendrons à notre retour que des chanceux ont vu passer
un tigre quelques mètres seulement devant nous, et m....
!
L'après-midi
se fait a dos d'éléphant. Le " chauffeur "
est assis sur sa nuque devant une nacelle destinée à
recevoir 4 personnes. L'animal est dressé a la perfection,
il effectue virages a gauche, a droite, marche arrière et
arrache les lianes ou branches indésirables avec sa trompe
sur demande. En plus, on se sent vraiment en sécurité
sur cette bête de plusieurs tonnes qui nous trimbale à
travers la jungle et entre les arbres. On se prend au passage quelques
toiles d'araignées ou des branchages mais c'est assez sympa.
Le seul hic sont les deux hollandais qui partagent notre nacelle
et qui ont papotte pendant toute la ballade. C'est le moyen idéal
pour observer les animaux sauvages dans leur environnement naturel
sauf qu'il n'y en a pas, des animaux! Nous sommes 4 ou 5 éléphants
à évoluer dans le même périmètre
et, à notre retour, d'autres touristes prennent le relais
pour une rotation de 2 heures. Cela fait beaucoup d'agitation, pas
étonnant que les animaux soient dans les coins plus reculés
du parc, pas folles les bêtes! En plus, compte tenu de temps
qui nous était imparti, le conducteur n'a pas voulu faire
un détour de 10 minutes pour voir de plus près un
Marsh crocodile. Nous sommes très déçus, ça
ressemble davantage à un Disneyland avec activités
a gogo mais rien n'est fait pour réunir les conditions favorables
à un safari. C'est de la poudre au yeux et on est bien décide
a le faire savoir a l'hôtel! Les activités devraient
être plus longues de manière à entrer dans le
coeur du parc, loin de l'activité humaine et avec peu de
touristes...
Finalement,
ils nous proposent demain matin une autre ballade de 3 heures a
dos d'éléphant a la place du bird watching qui ne
nous intéressait pas. Super!
Apero
" happy hour " sur la plage avec free pop-corn et bière
pour le coucher de soleil.
Mercredi 16 Novembre: sous le signe du rhino
Ce
matin, notre " chauffeur " n'a pas respecte le "
code de la jungle ", l'inconscient sent l'alcool a plein
nez, aurait-il oublier tous ces animaux qui meurent chaque
année sur les routes de la jungle et toutes ces carcasses
d'éléphants qui finissent a la casse?
Nous partons donc dans la jungle embrumée, l'ambiance
est magique. Nous apercevons de nombreux oiseaux : des martin-pecheurs,
des aigrettes, des hérons et des adjudants, d'énormes
échassiers.
Tout
a coup, deux cuirasses grises s'offrent à nos yeux,
ce sont des rhino. Ils prennent la fuite ameutés par
notre guide qui avertit les deux autres éléphants
en sifflant. Une course-poursuite s'ensuit à travers
des herbes hautes de 7 mètres, nous réussissons
à les retrouver dans une petite clairière. Il
s'agit d'une mère et de son petit. C'est a ce moment-la
que notre éléphant tape une crise, s'énerve,
refuse d'avancer sous les coups de son maître et s'agite
un peu trop, si bien que la sangle de la nacelle craque
Il ne faut surtout pas tomber avec le rhino a 10 mètres
qui |
Le
premier à l'eau à perdu
|
risquerait de nous foncer dessus pour protéger son bébé.
Et oui, ici c'est pas les tigres qui font le plus de morts, mais
les rhinos... Sophie passe sur la tête d'un autre éléphant
le temps de vérifier la nacelle défectueuse et Christophe
se joint aux 2 Alex et Aurelie. Finalement Sophie effectue un dernier
passage à 3 mètres du sol en sens inverse pour se
retrouver a nouveau sur la nacelle défectueuse mais seule
cette fois.
Nous
assistons, et participons pour certains, à " l'éléphant
bath " qui est en fait l'occasion pour les 2 Alex et Christophe
de monter sur ce dernier pendant qu'il est dans son bain. Au commandement
de son jeune maître, le pachyderme se secoue, tous les trois
auront donc partage sa baignoire!
Apres
une petite sieste ou Sophie passera en compagnie du chaton de l'hôtel,
nous montons a bord de la jeep pour une dernière excursion
dans la jungle. Nous serons assez chanceux, rhino, daims et sangliers
(mais toujours pas de tigres, dernière solution: le zoo).
Soirée spectacle de danses et percussions traditionnelles
ou les filles auront l'occasion de montrer leur talent de danseuses
puis échange de tours de magie avec notre guide.
Jeudi 17 Novembre: Dumbo
Ce
matin, Christophe fait la grasse mat' pendant que les autres
vont a " l'éléphant breeding ". Un
éléphanteau d'un mois et demi se dirige spontanément
vers nous; il veut jouer. Il passe de l'un à l'autre
et cherche à nous bousculer en nous donnant des coups
de cul. Il nous attrape la main avec sa trompe puis l'amène
a sa bouche, veut-il nous faire le baise-main? Sophie retrouve
son âme d'enfant en jouant au jeu de la corde (ou plutôt
de la trompe) a celui qui tire le plus fort. Apres s'être
bien amusé, il est reparti en courant rejoindre sa
mère comme s'il venait de faire une bêtise. Cette
expérience avec les pachydermes nous a convaincu que
ces animaux sont très intelligents et peuvent être
aussi dociles que des chiens malgré leur dangerosité
potentielle.
Nous
avons aussi beaucoup aime ce village ou l'on croise des buffles,
des canards, des éléphants et des poules dans
les rues; on s'est cru l'espace d'un instant dans un épisode
de "Daktari".
Le
trajet en bus fut ponctue de check point. Les locaux doivent
descendre et sont fouilles dans une guérite pendant
que les touristes attendent dans le bus.
La
Peace GH est full, nous nous installons donc à la
Garden GH voisine. Nous retrouvons Marc et Poupette a la
Pilgim's pour le dîner.
|
Salut,
moi c'est Sophie
|
Vendredi 18 et samedi 19 Novembre: RAS
| Achat
des billets pour Varanasi, Internet, shopping. |
Les
pieds sur terre tet la tête dans les étoiles...
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Samedi
20 Novembre: La Royal Kumari
Visite
de Katmandou : Durbar square et Freak street.
On
emprunte des chemins de traverse qui nous mène au milieu
de places et petites cours intérieures ou se trouvent stuppas
et autres chaityas.
On
réussit à esquiver l'entrée payante du site
en contournant par des petites ruelles, c'est toujours amusant
de frauder, comme dans le metro quand on avait 14 ans. La place
est très belle mais finalement on en fait vite le tour
étant donne qu'on n'a pas le droit de pénétrer
dans les temples, notamment la demeure de la Kumari. Cette déesse
vivante (la seule au Monde), est choisit à l'age de 5 ans
pour la perfection de son corps. Elle incarne la déesse
Taleju qui selon la légende fut désirée par
le roi Jayaprakash Malla. Pour le punir, il ne pourra désormais
la contempler qu'à travers le corps d'une enfant de basse
caste. Cette gamine ne doit pas saigner ce qui mettrait fin à
sa " pureté " comme le fera d'ailleurs l'arrivée
de ses premières règles, date a laquelle elle sera
remplacée par une autre. Elle n'a donc pas le droit de
bouger, de jouer, de marcher, etc.
et restera vierge toute
sa vie durant. Chaque népalais rêve de la voir apparaître
a la fenêtre de sa prison dorée mais il est interdit
de la photographier. Les rois du Népal lui rendent visite
une fois l'an et des cérémonies ont lieu en son
honneur.
L'ancien
quartier hippy de Freak street juxtapose le Durbar square. Il
a perdu de son ambiance d'antan et la rue est bien calme. On se
plait a l'imaginer pendant sa grande époque seventies.
Sur
le retour nous craquons sur un gong que nous espérons pouvoir
"confier" à nos amis de retour sur Paris. En
revenant à la guest, Alexandra et Poupette ont elles aussi
craquées sur des tables basses et cadre en bois. C'est
pas gagne pour l'enregistrement des bagages, on craint le surpoids...
Dernière soirée ensemble a notre cantine habituelle,
l'Everest Steack house.
Dimanche
21 Novembre : la pesée
Apres
avoir passé la moitié de la journée sur l'ordi
sans avoir pris le temps de manger, nous rejoignons la bande prête
à s'envoler pour Paris. C'est l'heure de vérité
: vont-ils être en surpoids? Nous avions prévu de
leur laisser " quelques petites affaires " du genre
livres, cd et
statue et ornements de bois soit environs
18 kilos! Ce qui n'était pas prévu, c'est que Poupette,
Marco et Alexandra auraient eux aussi la fièvre acheteuse.
Bref, on n'est pas dans la m
.!
Grâce
aux bagages cabines, on réussi a ne pas dépasser
les 100kgs autorisés. Ca a été l'occasion
pour certains d'utiliser un pèse personne et s'apercevoir
de quelques kilos en moins... ou en plus!
Lundi
22 Novembre: Et de 4 mois...
Départ
dans le rush comme d'habitude mais nous arriverons a temps pour
attraper notre vol Cosmic air. En tout cas, loin d'être
comiques, nous avons du subir plusieurs fouilles successives,
dont une juste avant d'embarquer. On ne badine pas avec la sécurité
chez Cosmic Air, par contre même pas une boisson a bord...
Ces
nombreuses files d'attente à la douane nous auront permis
de faire la connaissance d'un sympathique indien. Il nous invite
gentiment dans sa ville près d'Orccha ou se déroule
un festival qu'il préside. Il nous promet le 5 étoiles
du coin, affaire à suivre...
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