Du
vendredi 20 au dimanche 22 janvier : " ...mais le
bout du tunnel n'est peut-être pas si loin. "
Nous
sommes le 20 Janvier, voici maintenant six mois que nous sommes
partis soit la moitie de notre voyage effectue.
15h00 : c'est l'heure de partir et le trajet qui s'annonce sera sans doute
le plus long de toute notre vie : Mexico est grosso modo aux antipodes
de Male. Nous allons donc traverser la moitie du globe. Trois vols
et deux escales (Singapore/Los Angeles) nous attendent pour un trajet
de 33 heures. Pas si long que ça finalement vu la distance
parcourue.
23h30 : Singapour Airlines direction Singapour 4 heures 30 de vol, arrivée
a 7h00 du mat (et boum, + 3 heures de décalage horaire).
L'aéroport
ressemble à un immense centre commercial futuriste: moquette,
Internet gratuit a disposition et bien sur boutiques de luxe et
duty free a gogo. C'est le pays de l'électronique et les
prix sont alléchants, on aurait bien craque sur un ordinateur
portable mais on se contentera d'une clé USB bien utile pour
les mises à jour du site. En tout cas, ces plateformes fleuries,
colorées et accueillantes sont de bien meilleurs vitrines
que notre mega aéroport Charles De Gaulle massif et gris
dans un ciel parisien
gris. Et pour les touristes qui enchaînent
avec le RER a travers les banlieues nord, c'est déjà
le rêve: bienvenue en France, le plus beau pays du monde !
9h20 : embarquement pour Tokyo ( 7 heures de vol), et ça c'était
pas prévu ! Opodo nous a rajoute une escale de plus
et
quelle escale : boum +1 heure de décalage horaire, 30 degrés
d'amplitude thermique par rapport a Male et une grosse tempête
de neige a l'arrivée.
Résultat,
1h d'attente a orbiter au dessus de l'aéroport, et une fois
sur la terre ferme, nous restons bloques sur les taxiways enfermes
pendant cinq heures dans la carlingue! Ils ne sont apparemment pas
habitues a de telles conditions climatiques, les infrastructures
semblent insuffisantes : il faut déblayer la piste et dégeler
les appareils au départ (presqu'1h chacun !). Heureusement,
nous avons des dizaines de films a disposition sur nos petits écrans
individuels, ça permet de patienter sans peter un câble.
Nous sommes d'ailleurs étonnes de constater avec quelle patience
les asiatiques prennent ce contretemps. 5h a une dizaine de metres
de la passerelle, en France il y aurait déjà eu la
Révolution et des demandes de remboursements. En tout cas
belle leçon de savoir vivre. Nous apprenons par le chef de
bord que nous ne sommes pas les seuls dans ce cas et que quarante
appareils sont cloues au sol. Le gel et la neige rendent impossible
tout décollage, les avions continuent de se poser et tous
les parkings sont occupes. L'equation est sans solution, il faut
attendre. En tout cas, c'est pas aujourd'hui qu'on va redecoller
pour Los Angeles, quand à notre vol pour Mexico, nous l'avons
d'ores et déjà rate.
Dans
l'aéroport c'est l'Armée du Salut : nous sommes des
centaines a squatter la moquette et a faire la queue pour la distribution
de nourriture et de
sacs de couchage! Une fois de plus, les
gens sont d'une patience à toute épreuve et font la
queue sans broncher. Finalement c'est assez amusant a voir ce dortoir
géant improvise.
Nous
attendrons une matinée de plus, un petit dej' et le repas
de midi pour embarquer. Au total, nous sommes restes bloques 22
heures dans l'aéroport. Nous sommes euh
samedi 21, il
est 15h et nous sommes parti depuis euh
Bonne
nuit |
Samedi
21, 15h : nous embarquons pour un vol de 10 heures
pour Los Angeles. Arrivée dimanche a 7h00 du mat (et boum
- 17 heures de décalage horaire, vous suivez toujours ?).
En dix heures, nous avons vu le soleil se lever et se coucher,
mais ou on n'est ? Quelle heure il est ?
Dimanche
22, 7h00 : avant de débarquer, le pilote puis
l'hôtesse nous précisent a deux reprises de nous
munir de nos passeports en descendant. A peine un pied en dehors
de l'avion qu'un homme sans même un bonjour nous lance :
" passport in your hand ". Cent mètres plus loin,
un panneau nous souhaite la bienvenue suivi d'un " attention,
soyez prêts a présenter votre passeport ! ".
C'est quoi, un jeu de rapidité ? Faut se le coller sur
le front et si on ne dégaine pas assez vite direction Guantanamo.
Et tout ça pour patienter trente minutes dans la queue
pendant qu'une douanière circule avec son chien. C'est
alors que le binôme s'approche de Sophie. Tandis que le
chien renifle son sac, elle lui demande si elle transporte des
denrées illicites. Quel flair Ran Tan Plan! Il a réussi
a dénicher deux minuscules sandwichs que nous nous réservions
en cas d'attente un peu plus longue que prévue (maintenant
on est prévoyant). Apres avoir rempli deux formulaires,
on se présente au guichet ou une sorte de webcam nous photographie,
puis c'est l'empreinte digitale numérisée. On enchaîne
avec passage des bagages au X-ray, déchaussage puis fouille
classique. Bienvenue a Gattaca ! Malgré tout, les "Etats-unidiens"
sont vraiment sympas et avenants : un sourire, une blagouze et
après avoir jeté un coup d'il a notre passeport,
ils n'hésitent pas a nous lancer un " Ok chrisss,
this way, " ou un " Sofia, enjoy your flight ! ".
Bon, ça c'est fait, il nous faut maintenant aller nous
enregistrer sur le vol Air Mexico
A
la sortie de l'aéroport, c'est la surprise. Certes, il
a pris un coup de vieux, fini le jean retrousse et le Perfecto.
Faut dire que ça remonte aux années 70, mais c'est
bien lui : Fonzarelli plus connu sous le surnom de Fonzie ! Un
des héros de " Happy days " au cote de Richie
Cunningham. Nostalgie, nostalgie
C'en
est fini des démarches, il nous reste deux heures avant
l'embarquement, le temps pour Sophie de squatter a nouveau la
moquette pour une heure de sieste. Vu le retard de sommeil qu'on
commence à accumuler, terminés les chichis.
|
13h00 : On embarque dans un petit coucou pas rassurant et en plus,
nos sièges sont occupes : ah bravo, après
tous ces check points ils ont trouve le moyen de nous faire
embarquer sur le mauvais vol! Ca nous arrange, on préfère
le B737-700 ! Pas de chance cependant, pour notre dernier
vol de quatre heures, on nous a file les issues de secours
: impossible d'abaisser les sièges, ce qui ne nous
a pas empêche de nous assoupir une heure affales sur
nos tablettes.
Il
est 19h00 (et reboum 2 heures de décalage dans la
tronche !). On survole la mégalopole de Mexico, l'aéroport
est pratiquement en centre ville. Des milliards de lumières
scintillent jusque sur les collines, c'est féerique.
Un taxi, une chambre, une douche, manger puis dormir
enfin. |
Chuttt |
Lundi
23 Janvier : La Cathedral guest house
Ces
deux jours de trajet et ces multiples changement d'horaires nous
ont complètement déphases. Résultat, on se
réveille a 5h00 du mat. On n'avait pas chipote la veille
mais l'hôtel est un peu cher. Du coup on change pour la
Cathedral guesthouse en dortoir, nous sommes cependant surpris
de constater que les prix sont proches de ceux de la France. Nous
sommes en plein centre-ville, les petits déjeuners sont
compris, il y a une cuisine pour se faire la popote et des soirées
sont proposées. Bref, c'est " royal au bar ".
Ce soir c'est cinéma : Fresa y chocolate, un film cubain
l'histoire d'un homosexuel et de son protége sous fond
de revolution et de liberte artistique. On essaye de veiller encore
un peu pour retrouver un rythme normal mais les paupières
sont lourdes.
Nous
sommes six dans le dortoir compose de trois lits superposes. Pas
de bol, notre voisin de chambrée qui a du forcer sur la
bière (vu les cadavres au pied de son lit) est malade.
Un détecteur de mouvements s'allume à chaque fois
qu'il se lève pour aller vomir en nous envoyant un flash
en pleine tronche. On appelle ça ici, la revanche de Moctezuma,
tout du moins quand il s'agit d'amibes
En plus de ça,
le couple part a 4h00 du mat causant forcement un peu de remue-ménage.
De tout façon, on s'en fout : Sophie est réveillée
depuis 3h00, Christophe 4h30 ! C'est foutu, on ne peut plus fermer
l'il.
Mardi
24 Janvier : Promenade coloniale
Entre
deux séances d'Internet, on s'octroie une petite ballade
coloniale. Tout est immense : la ville (20 millions d'habitants
la plus grande mégalopole au monde), les rues, les édifices
et même les gâteaux a étages qui font deux
mètres de haut ! En appréciant les voûtes
gigantesques des églises, on prend conscience d'une des
différences majeures entre catholicisme et bouddhisme/hindouisme.
Alors que les monastères et temples d'Asie sont de dimension
humaine, tout ici est fait pour nous rappeler que l'homme est
un être minuscule face à la grandeur de Dieu. En
déambulant entre le chur, la sacristie et l'autel,
notre regard est constamment happe vers les " cieux "
: tableaux, crucifix ou orgues nous surplombent, a la différence
des temples ou les effigies sont a hauteur d'homme.
Nous
déambulons dans les rues pavées bordées de
bâtiments coloniaux. Des marchants ambulants ont envahi
les rues pourtant larges et il est difficiles de se frayer un
chemin. Il y a des étalages partout, on y trouve de la
bretelle de soutien-gorge aux antennes voitures en passant par
les jouets pour enfants. La musique bat son plein, du rock, de
la techno et des rythmes latinos résonnent à l'unisson.
Un homme est la pour faire le guet. Tout a coup, il siffle, tout
le monde remballe vite fait. C'était une fausse alerte,
deuxième coup de sifflet et tout a repris a nouveau sa
place.
Qu'il
est bon de se promener a nouveau incognito sans se faire aborder
ou harceler. Ici les prix sont affiches et c'est un plaisir que
de ne pas avoir à marchander pour la moindre babiole. Pas
de voitures qui klaxonnent a tout bout de champs, de rickshaws
qui vous frolent, de bicyclettes qui vous roulent sur les pieds,
une vraie chaussée pour marcher
L'Inde était
captivante, le Mexique est reposant
Petite
aparté :
Parfois
on ne peut s"empêcher de penser à des choses
politiquement incorrectes. Mais nous avouons que la première
chose qui nous a sauté à l'esprit quand nous avons
débarques Mexico après six mois de voyage en Asie
fut " vive la globalisation ". Même Christophe
qui proteste et joue des pieds et des poings contre la mondialisation
a joui de ses " bienfaits ". En effet, quand on voyage
autour de la planète, il arrive que l'envie de se retrouver
chez soi éclate soudain. D'accord les usages et les coutumes
locaux, d'accord les produits et la nourriture de facture autochtone,
d'accord les toilettes sans chasse d'eau et les lits longs de
155 cm. Mais après des mois d'immersion totale dans le
" made in local ", quelques saints points de repères
" globaux " peuvent faire beaucoup de bien. Et si la
globalisation, guidée par les multinationales des pays
riches et méchants n'était en réalité
qu'un cadeau inespéré pour les voyageurs au long
cours ? Merci pour le Nutella, merci pour le lait concentre Nestlé,
pour ce couteau Suisse multi usage et merci aussi pour ce petit
vin chilien.
Sur
le retour nous traversons le Zocalo, nom désignant la place
principale des villes au Mexique, un lieu privilégie d'animation.
Celle de Mexico city est l'une des plus grande place au monde
après la Place rouge. Elle est encadrée par de magnifiques
bâtiments coloniaux, la cathédrale, et le Palacio
nacional
puis un peu plus loin, la cathedral guest house
!
Zocalo
politique |
Triste
nouvelle aujourd´hui, Christophe apprend le décès
de Kriko, l'arménien marseillais, pote de promo et partenaire
sur les terrains de rugby. " Tu t'en vas emporté par
cette avalanche tout recouvert de son linceul blanc. Tu n'aurais
probablement pas souhaité plus beau caveau, les terrains
montagneux rivalisant dans ton cur avec ceux de l'ovalie.
Et te connaissant, loin de te reposer la haut, je suis sur que tu trouveras
bien un Fouroux ou un Jean Prat pour taquiner le ballon. Bon vent l'ami."
Danseur aztèque
|
Mercredi
25 Janvier : Animation sur le Zocalo
De
nombreux spectacles se produisent sur le Zocalo. Ce soir
nous assistons a des danses aztèques dont les danseurs
costumes battent le rythme des percussions avec leurs grelots
aux chevilles. Un autre soir, on a été souffle
par deux jeunes gymnastes qui ont enchaîne prouesses
physiques et techniques avec des numéros de jonglages
et de diabolo. Et quand il n'y a pas spectacles ou concerts,
ce sont les meetings politiques ou chacun y va de sa tribune.
Bref, on ne s'ennuie jamais sur la place du " village
".
A
la guest, nous faisons la rencontre de Patrick et Elsa,
deux infirmiers toulousains avec qui nous partageons le
dortoir et d'Emilie, une institutrice suisse venue faire
de la coopération pendant six mois. |
Jeudi
26 Janvier : A " l'amerixicaine "
En
effectuant plusieurs fois par jour le trajet guest-Internet café,
on peut observer la rue. On se croirait parfois dans " Shérif
fais-moi peur " avec les Mustangs, les pick-up Dodge et les
vieilles chevrolet. Il y a aussi beaucoup de Coccinelle, parfois
reconvertie en taxis verts.
Quand
aux mexicains, les femmes comme les hommes sont sujets à
l'embonpoint. Certes, on sait bien que le guacamole n'est pas
conseille pour les regimes-minceur. Mais, quand on regarde les
vieilles photos d'indiens ou de révolutionnaires comme
Zapatta ou Pancho Villa qui devaient déjà connaître
le régime avocat-maïs, on se dit qu'il s'est passe
quelque chose...Ben c'est bien sur, les mexicains sont les deuxièmes
plus " gros " consommateurs de sodas après les
USA. Apparemment, l'eau est une drôle de boisson que les
mexicains ne consomment pratiquement pas. On les voit a table
dans les cantinas avec leur bouteille de Fanta, Sprite ou Coca
en tête, ou bien dans la rue avec leur sac plastique d'ou
sort une paille, et ce n'est pas des jus de fruits. On a même
vu des poubelles sponsorisées a la fois par l'Unesco, patrimoine
mondial de l'humanité, et par Coca-Cola, boisson mondiale
de l'humanité! Concernant leur alimentation, tout est a
base de maïs: enchilladas, quesadillas, tortas, fajitas,
tortillas fourrées de fromage, haricots, viande, sans parler
des chips qui se vendent partout nappées d'une sauce bien
grasse
Ici, même les fruits sont soupoudres de piment,
et le citron, ils en mettent partout y compris dans les chips.
|
Pas
difficile de s'alimenter au Mexique, il n'y a pas vraiment
d'heure, les mexicains mangent quand ils ont faim, si bien
qu'a chaque coin de rue il y a des puestos, petits bouis-bouis
ambulants. Christophe apprecie beaucoup les quesadillas
au maïs bleu, ça ressemble a des galettes d'argile,
Sophie quant a elle trouve que ça en a même
le goût !
|
Chaude la tortilla
|
Question
look, évidemment on est loin de Zapatta mais le chapeau
et les tiags sont encore de mises chez les " anciens ",
et même chez des jeunes qui " customisent " leur
chapeau en faisant des trous dedans. Les femmes, de leur cote,
arborent très souvent une frange à la Mireille Matthieu
bien roulée à la brosse et au séchoir, on
pourrait y passer le bras!
On
se retrouve le soir en compagnie de Patrick, Elsa et Emilie pour
un Mexico by night. Direction Zona rosa en métro, le quartier
répute pour ses soirées, probablement en raison
de sa forte communauté gaie. Beaucoup de rabatteurs mais
pas beaucoup d'ambiance. Nous atterrissons dans une boite salsa
presque déserte, comme la plupart des discos du coin. Apres
quelques bières l'ambiance s'est un peu réchauffée
et nous nous lançons à l'assaut de la piste de danse.
Il est 2h30, ça ferme, on nous fout gentiment dehors. Espérons
que nos prochaines soirées mexicaines seront un peu plus
à la hauteur de la réputation du pays. Caramba !
A
la Cathedral guesthouse |
Vendredi
27 janvier : Quand est-ce qu'on va récupérer
?
Notre
colocataire, un jeune allemand vient apparemment de se faire plaquer
en même temps qu'il a choppe une tourista (la revanche de
Moctezuma n'épargnera personne
) et passe ses journées
entre son lit, les toilettes et sa bouteille de coca. Ca n'est
pourtant pas l'endroit idéal pour se reposer, la guest
est super bruyante. Il y a deux bars : un au rez-de-chaussée
et un sur la terrasse ouvert jusqu'à 4h du mat la musique
a fond les ballons. Nous sommes au dernier étage, on vous
laisse imaginer
Samedi
28 Janvier : Querétaro
Nous
abandonnons Mexico city, nous la visiterons plus tard. Nous voici
donc lances à l'assaut du Mexique colonial. Premiere ville
visitée : Querétaro a 220 Km au nord.
Le
centre-ville est d'une propreté irréprochable, les
rues pavées sont larges et certaines sont uniquement piétonnes,
bordées de maisons coloniales aux couleurs chaudes. A la
nuit tombée, des stands d'artisanat s'installent ainsi
que des vendeurs de ballons. Tout le monde est de sortie : les
enfants jouent a la balle a rebondir ou font du vélo, les
familles flânent et les amoureux s'embrassent sous les arbres
impeccablement tailles. Quelques indiennes encore habillées
traditionnellement avec leurs nattes attachées dans le
dos sont aussi présentes, mais pas pour les mêmes
raisons : elles vendent des poupées ou de l'artisanat indien.
On se retrouve pour manger une glace ou pour suivre les "
callejoneadas " sur la Plaza de Armas. Nous sommes samedi,
et comme toutes les semaines, un groupe d'une dizaine de musiciens
et chanteurs fredonnent les airs traditionnels mexicains tout
en parcourant les ruelles du centre-ville. Il est très
agréable de s'y balader, on pourrait facilement se croire
dans un de nos pays dit " développes ". Il y
a des belles voitures partout, c'est propre, familial et ça
consomme. Bien sur, ces centres villes sont une vitrine, des qu'on
en franchit la limite, c'est beaucoup moins propret et la misère
est bien visible. Le Mexique est un des pays les plus riches d'Amérique
latine, notamment grâce à la proximité de
son puissant voisin, les Etats Unis. La vie ici est bien plus
proche du mode de vie occidental (en matière de confort
et d'équipement) qu'en Asie. Cependant, comme dans beaucoup
d'anciennes républiques bananières, les fruits de
la croissance n'ont pas été distribues de manière
équitables et le Mexique compte 40 millions de pauvres
sur 100 millions d'habitants, dont énormément d'indiens
bizarre, bizarre
En
rentrant à la guest, nous faisons la connaissance d'un
groupe d'étudiants français à l'apéro.
On les abandonnera vers 01h00 avant leur départ pour la
boite techno du coin. Et oui on se fait vieux, nous préférons
maintenant les sonorités latines
Dimanche
29 Janvier : Un peu de vocabulaire
En
se promenant nous découvrons les multiples églises
bâties par les espagnols. Il y en a tellement que nous pouvons
apercevoir simultanément les clochers de quatre d'entre
elles
(Bon,
le moment est venu de vous donner quelques définitions;
quitte à ce que le carnet soit ennuyeux, autant qu'il le
soit vraiment, et en plus ça vous servira si vous n'avez
pas encore lu " Da Vinci Code").
certaines
furent érigées par les Franciscains (ordre des frères
mineurs. Les premiers Franciscains suivirent un idéal de
pauvreté totale; ils ne possédaient rien en commun
ou individuellement. Il leur était interdit d'accepter
l'argent, leur vie quotidienne était le travail et la prière.
Ils portaient une tunique grise avec une corde blanche à
la taille. La prédication, l'enseignement, les missions
étrangères, et le travail de paroisse restent le
travail du Franciscain d'aujourd'hui), d'autres par les Dominicains
(ordre des frères prêcheurs. Les Dominicains recevaient
une formation théologique rigoureuse afin de prêcher
et de répondre à des objections contre la foi chrétienne,
de dépister les hérétiques. Ils devaient
être pauvres et voyager à pied. Ils étaient
habillés avec une tunique blanche et un grand manteau a
capuche noire. Saint Thomas d'Aquin était un de leurs représentants
les plus importants. C'est a eux que l'on " doit " l'Inquisition).
Quant aux Jésuites, on leur doit surtout les bibliothèques
(société de Jésus. Dès le début,
les Jésuites se sont concentrés sur des missions
d'éducation. Ils ont établi des missions dans l'ensemble
de l'Amérique latine et ont fondé une commune modèle
pour des Indiens Paraguayen. Les Jésuites fondèrent
des écoles dans presque chaque ville européenne
importante et demeurèrent les chefs de file dans l'éducation
jusqu' au 18ème siècle).
De
style baroque (style décoratif de formes abondantes, élaborées
et ornées). ou churrigueresque (baroque mexicain), leur
portail de pierre sculptée est souvent très imposant.
A l'intérieur, les murs supportent parfois des retables
dores (panneaux verticaux au-dessus d'un autel) complètement
exubérants et les statues peintes sont souvent très
expressives. Nous retenons surtout ces Christ dont le martyre
est rendu a son paroxysme: blessures, sang, visage blafard tout
est fait pour nous montrer sa souffrance, c'est un moribond presque
effrayant.
La
nuit des mort-vivants |
Allo,
Jesu's speaking |
Plusieurs
restaurants se sont installes dans de vieilles maisons coloniales
caractéristiques: plafond de cinq mètres de haut,
balcons en fer forge, patios et mezzanines. Ca fait rêver
Pour
les amateurs d'art, nous avons été captive aujourd´hui
par un peintre mexicain, Santiago Carbonell lors d'une exposition.
Sa peinture est un mélange de sang, de sacre, de sensualité
et de piété avec un coup de pinceau magnifiant l'expression
des visages. Superbe !
Lundi
30 Janvier : San Miguel de Allende
Nous
prenons le bus pour San Miguel de Allende. A 1850 m d'altitude,
cette adorable ville coloniale est devenue le rendez-vous des
"gringos vieillissants " qui viennent passer leur retraite
dans ce havre de paix et de soleil, la Floride en terre mexicaine...
Sur le zocalo, l'anglais a détrône l'espagnol, on
a l'impression d'être aux Etats-Unis. Ils se connaissent
tous entre eux, conduisent des Hammers et promènent leur
chien bien coiffe. Porfirio Diaz, dictateur mexicain de la fin
du XIXeme siècle, lança un jour cette célèbre
phrase : " la grande contradiction du pays sera toujours
d'être si loin de Dieu et si près des Etats-Unis
". On ne sait pas trop quoi en penser ! Sinon pour l'anecdote,
l'origine du mot " gringo " part d'un malentendu : en
date de 1846 pendant la guerre entre le Mexique et les Etats-Unis,
les troupes américaines allaient au combat en chantant
" Green grows the grass ", que les mexicains comprenaient
comme " Gringos the grass "
Gringos |
Ca
vient un peu comme un cheveu sur la soupe mais depuis notre arrivée
au Mexique, nous avons remarque la présence d'un grand
nombre d'aveugles dans les rues. Ils font souvent la manche, jouent
d'un instrument de musique, chantent ou vendent des babioles.
A
part ça la ville est vraiment très chouette avec
ses maisons colorées, ses placettes et
ses églises,
bien sur. Apres avoir fait le plein de temples hindous et monastères
bouddhiques, les églises prennent le relais : de San Rafael,
de la Conception, de San Felipe Neri, de la Salud, des églises,
des églises et encore des églises ! Heureusement
ici, les églises sont bien plus gaies que chez nous, en
plus d'avoir des façades de toutes les couleurs, elles
nous réservent quelques surprises a l'intérieur
comme ces ex-voto pour le moins originaux (dons offerts par les
fidèles en remerciement d'une grâce " divine
" telle une guérison). Nous verrons aux pieds de la
Vierge des poupées et des petites voitures style Majorette.
Ce dalmatien, un moine crucifie, cet autre à la peau noire
ou cette tête de mort auprès des saints sont aussi
très surprenants. Malgré le nombre d'églises,
la population a tendance à être de moins en moins
pratiquante, notamment en raison de l'apparition de sectes dans
les années 60 comme les témoins de Jéhovah,
les adventistes, les mormons ou les christianos. D'où parfois
ces étiquettes collées sur certaines maisons : "
Aquí somos catolicos, no aceptamos propaganda de otras
religiones ". Nous remarquons cependant que même si
la religion perd du terrain, il pousse autant de magasins d'effigies
religieuses ici que de bistrots dans Paris.
Des
qu'une porte est entr'ouverte, on la pousse. On découvre
des cours fleuries, des fontaines, la fraîcheur de patios
aux arches somptueuses, l'odeur des orangers
et on imagine
la maison de nos rêves. On glanera quelques idées,
on ne sait jamais !
Face au Zocalo se dresse la Parroquia de San Miguel dont le neo-gothisme
n'est pas sans rappeler la Sagrada familia de Gaudi à Barcelone.
Comme de nombreux édifices elle est actuellement en rénovation.
Nous
logeons dans un guest sympathique ou nous avons la chance d'avoir
un dortoir pour nous tous seuls, ce qui n'est pas du luxe vu la
taille de la chambre. Comme à Querétaro c'est un
couloir ou il est impossible de défaire son sac sans investir
le reste de l'espace. A cote de ces demeures aux proportions gigantesque
que nous visitons la journée, y'a comme un décalage.
Comme
nous avons une cuisine a disposition, Sophie se remet un peu aux
fourneaux, ça faisait six mois qu'elle n'avait pas touche
une casserole ! On y retrouve une allemande dans la cinquantaine,
médecin a la retraite qui voyage seule la moitie de l'année,
entre deux sessions universitaires où elle suit des cours.
A cote de ce qu'elle a fait et vu, a une époque ou voyager
était bien moins facile qu'aujourd'hui (6 mois seule a
23 ans en Chine dans les années 80, la Russie et les pays
satellites période guerre froide etc
), notre petite
ballade semble de la gnognotte ! Et en plus de ça elle
parle couramment anglais, français, allemand et se débrouille
bien en espagnol, italien, russe et indonésien. Nous sommes
admiratifs et envieux de ne pas avoir pu découvrir tous
ces pays avant que le processus d'uniformisation ne change tout
ça de manière définitive.
Mardi
31 Janvier : Quelle courtoisie !
|
Nous
prenons le bus pour visiter Atotonilco, un village isole
à 15 Km. Son église est en effet très
belle avec ses fenêtres en forme de croix et ses fresques
sur les murs et plafonds.
De
retour a San Miguel, nous grimpons jusqu'en haut de la colline
pour y admirer le point de vue puis terminons l'après-midi
a l'école des beaux-Arts. Situe dans un ancien couvent,
l'endroit est très reposant avec sa fontaine et ses
plantes vertes. Sophie s'y attardera plus longtemps pour
s'adonner à l'aquarelle pendant que Christophe ira
se dégourdir les jambes.
Nous
avons note aujourd'hui à quel point les mexicains
sont courtois. Les gens ne se bousculent pas et laissent
la priorité. Quand aux conducteurs, ils s'arrêtent
systématiquement pour nous laisser traverser même
si nous ne sommes pas engages, et tout ça, avec le
sourire ! |
Sergent
Garcia |
Mercredi
1er Février : Sortie des bronzes III !!!
On
est reparti pour Guanajuato. Ici le réseau d'autobus est
vraiment très efficaces. C'est au Mexique le moyen de transport
par excellence. Chaque ville a sa (ou ses) gare routière
parfois immense. On prend le bus comme d'autres prennent l'avion.
Les cars approchant parfois la centaine selon la taille des villes
sont parques comme des avions autour d'un terminal. Le hall ressemble
lui aussi a celui d'un aéroport avec tous les comptoirs
des différentes compagnies et de vastes salles d'attentes.
Y'a plus qu'a faire son choix. Nous optons pour le Flecha amarilla,
la plus économique. Il nous est arrive de ne pas avoir
le choix et de devoir prendre le bus première classe, et
bien c'est grand luxe : on a les toilettes dans le fond, la climatisation,
les sièges super rabattables, un DVD sur les écrans
et un casse-croûte avec boisson. Les cars sont confortables
et surtout très propre compares a ceux qu'on a pu prendre
en Asie. Comme là-bas, y'a de la musique, et ça
c'est sympa, a condition de ne pas pousser le volume demasiado
fuerte! Décidément la France fait figure de pays
bien triste dans ces transports en communs. On en profite pour
faire un quizz des reprises anglo-saxonnes en espagnol. Plus fort
que les birmans, Elton John, Scorpion, ils y passent tous... "
Te estoy todavia querrannnnnnnnnndo... ". Autre petit détail
; la vitesse limite pour les bus est de 95Km/heure. A l'intérieur,
un voyant lumineux s'allume à chaque fois qu'elle est dépassée
si bien que les passagers savent lorsque le chauffeur a le pied
un peu trop lourd
|
Guanajuato
est une ancienne ville minière coincée au
milieu des collines sur lesquelles les maisons n'ont pas
hésite a s'entasser. Du haut de la terrasse de Casa
Bertha la ville nous semble être un enchevêtrement
de maisons toutes plus colorées les unes que les
autres, tout l'éventail des couleurs de l'arc en
ciel est représenté. En s'aventurant dans
ce labyrinthe, on prend plaisir a se perdre dans ses ruelles
qui montent puis descendent. On débouche sur des
placettes, des fontaines ou bien
des escaliers. Les
ruelles sont parfois si étroites que l'on peut s'embrasser
de balcon a balcon. L'une d'elle d'ailleurs, connue sous
le nom de " callejon del beso " (la ruelle du
baiser), est célèbre pour son remake de Roméo
et Juliette.
|
Guanajuato |
Jesus's
Touch |
On
a encore le temps de visiter le Théâtre Juarez
: architecture néoclassique, décoration Art
nouveau et magnifique parquet verni.
Contrairement
à San Miguel de Allende, la ville n'est pas envahie
par les américains. Bien que touristique, sa population
estudiantine en fait une ville jeune et dynamique.
Apres
quelques courses, nous nous posons dans le Jardin de la
Union ; c'est l'heure de la " Hora feliz " ou
" happy hour ". Deux Sol pour le prix d'une et
en prime les mariachis ! Puis dîner a la guest, les
avocats sont vraiment délicieux dans ce pays et on
en profite pour se régaler de salades tomates-oignons-avocats.
Eglises, mariachis, avocats et Corona, on est en plein dans
les cliches mexicains ! |
En
soirée, nous découvrons un bar salsa complètement
délire qui pousse l'originalité jusqu'à son
nom : " La dama de las camelias, es el " (La dame aux
camélias, c'est lui). Les murs sont tapisses de fresques,
de portraits d'artistes de cinéma noir et blanc, de collages
et de partitions de musiques, de miroirs, de nus des années
folles et le bar est surmonte d'une rangée de talons aiguilles,
le tout formant un ensemble complètement baroque. Le son
est bon mais on est cinq ! Dame la mano
Jeudi
2 Février : La Muerte
En
descendant vers le jardin de la Union, nous sommes surpris de
voir une longue file de vieux mexicains le chapeau sur la tête
en train d'attendre patiemment devant une porte. Apres information,
ces personnes ont travaille aux Etats-Unis (comme beaucoup ici)
et ont cotises une sorte d'assurance pendant des années.
Cet argent, récolte par le gouvernement américain,
a été transfere au gouvernement mexicain afin d'être
rendu aux intéresses. Mais le Mexique a tarde pour leur
rendre. Bizarrement, les élections approchent et, comme
par hasard, l'Etat devient philanthrope. Malheureusement ces anciens
travailleurs ne récolteront pas la totalité de leur
" retraite ". L'élection suivante peut être...
Aujourd'hui,
c'est musée et on peut dire que la ville en collectionne
des originaux. Nous débutons par celui de la Momie. Perdu
au milieu de nulle par, on y arrive a pied après une heure
de marche et quelques escaliers montes et descendus. Mais avant
de vous raconter la visite, il faut comprendre les rapports que
les mexicains entretiennent avec la mort, et qui expliquent l'existence
de ce type de musée. Alors qu'en Europe nous nous efforçons
d'oublier l'inévitable fin en occultant la moindre référence,
au Mexique la " flaca " est désinvolte, la "
catrina " est irrévérencieuse, sans angoisse,
amicale et un peu envahissante. De nombreux lieux sont baptises
par de noms lugubres : la calzada del Hueso (avenue des Os), Barranca
del Muerto (ville appelée le précipice de la mort),
Bar la Calavera (le squelette), etc
Quant a la fête
des morts en novembre, elle est une des plus spectaculaires du
Mexique et revêt un caractère beaucoup plus festif
que chez nous. Dans chaque maison un autel est dresse en l'honneur
des morts, les cimetières sont en fête, les parents
apportent sur les tombes des offrandes, des fleurs et
des
musiciens pour jouer les morceaux préfères du défunt.
A cela s'ajoutent masques et déguisements a la Halloween.
Même l'artisanat reflète ce culte de la Mort avec
ces poupées-squelette rappelant " Corpse Bride ",
le film de Tim Burton. L'art pictural aussi est souvent violent
et morbide (comme le peintre Santiago Carbonell).
Mais,
bien au delà des frontières du Mexique, cette commémoration
est typique au continent sud américain : elle mixe les
rituels funèbres des ancêtres indigènes et
la liturgie catholique imposée par les conquérants
espagnols au XVIeme siècle. On retrouve les concepts indigènes
du voyage de l'âme au pays des morts, de la communication
entre les morts et les vivants et de la vie qui continue après
la mort ; le tout brassé aux notions chrétiennes
du Jugement dernier, du Ciel, du purgatoire, des limbes et de
l'enfer.
|
En chair et en os
|
Revenons
à nos moutons pour ne pas dire à nos momies. Le
musée est une succession de salles ou sont exposées
une centaine de cadavres, le visage fige à tout jamais.
Ca fait vraiment bizarre ; en entrant dans une nouvelle salle
on se sent mal a chaque fois, pas moyen de s'habituer a ces corps
seches parfois dévêtus ou complètement habilles
de vêtements d'époque (fin XIX début XX) et
encore mieux, avec seulement des bottes aux pieds ! Ces corps
ont été exhumes dans un état de conservation
exceptionnel en raison de la composition du sol et de l'air très
sec, aucun rapport avec le processus de momification de Ramsès
! Pour rentrer dans les détails, les poils pubiens, ceux
des jambes et du torse et même les parties génitales
sont encore bien visibles (et bien fournies...). Le plus étrange
sont ces momies d'enfants, de bébés ou de ftus.
Momie |
Il
semble que ce soit une des attractions favorites des touristes
mexicains. Un photographe professionnel est la pour photographier
les familles en visite devant une momie " debout " pour
l'occasion. Les couples n'hésitent pas y venir avec une
gamine de trois ans dans sa poussette, qui arrive juste a la hauteur
de ces visages macabres grimaçants. Fais de beaux rêves
ma puce...
|
On
termine par le musée de la Mort qui en fait partie. C'est
pas mal non plus. Cette fois on se croirait dans la maison fantôme
de la Foire de Trône. Un couloir sombre avec fausses araignées
dans des toiles, lumière qui éclaire un squelette
quand on passe devant etc
On retiendra surtout ce cercueil
tapisse de pieux sur lesquelles est empale un homme condamne par
l'Inquisition qui pensait ainsi lui infliger des souffrances dans
l'au-delà. Mais de qui se moquent-ils, comment peut-on
souffrir après la mort puisque selon l'Eglise il ne subsiste
que l'âme ? En tous cas, étrange comportement pas
tout a fait en accord avec les doctrines catholiques... Il y a
aussi tous ces objets de torture et la fameuse ceinture de chasteté
qui assurait la fidélité de l'épouse pendant
les absences du mari. Ben ouais, si t'assures pas faut t'assurer
autrement mon gars !
Petite
séance de peinture pour Sophie qui s'inspire du panorama
de la terrasse de la guest avant de grimper au Pipila, immense
statue d'un héros mexicain de la guerre d'indépendance.
L'esplanade, au sommet de la colline, surplombe la ville et offre
une vue splendide sur les monuments, notamment la magnifique basilique
de Nuestra Señora de Guanajuato.
La
cuisine est LE lieu idéal pour nouer les rencontres entre
deux séances d'épluchage d'oignons. Ce matin un
couple de canadiens la cinquantaine et hier, on a fait la rencontre
de Papi Brossard, Alain de son nom, un prof d'économie
français à la retraite venu travailler dans les
archives de la ville.
Christophe
ira finir sa soirée au bar-fly (rien a voir avec son consur
des Champs-Élysées), bar mélangeant les populations
estudiantines et touristiques. Sol, Corona et India sont avalées
sous fond de rock espagnol, ska et reggae.
Vendredi
3 Février : Les estudiantines
A
quelques kilomètres en bus se trouve (ça va vous
surprendre) une belle église au portail churrigueresque
(normalement tout le monde sait ce que c'est maintenant).
Héros "national"
|
Apres
ça nous décidons d'aller visiter les mines d'or
et d'argent de Valenciana mais nous trouvons une porte close :
Elle vient d'être vendue aux canadiens. Le deuxième
musée que nous visitons est celui dédie a Don Quichotte.
La ville s'est en effet pris de passion pour ce pourfendeur de
moulin, et compte tenu du nombre d'effigies qu'on peut voir ici
et la, on devine qu'on a affaire a un véritable culte au
Mexique. Sophie, qui n'a pas lu le classique, espérait
y découvrir l'histoire écrite par Cervantès
mais nous nous contenterons de représentations de Don Quichotte
et de son fidèle écuyer Sancho Panza, toutes plus
originales les unes que les autres avec notamment une lithographie
de Dali.
|
Nous
passons le début de soirée avec Alain. Devant l'église
San Diego du jardin de la Union se rassemblent les Callejoneadas.
Des musiciens, pour la plupart des étudiants, d'où
la seconde appellation d' " estudiantines ", sont vêtus
de costumes d'époque et jouent les classiques de la chanson
mexicaine. Une vieille femme au ventre imposant semble être
la mascotte ; elle danse comme ces nymphettes dans les clips de
R&B et embrasse les musiciens a tour de bras (tout en ramassant
quelques petites piecettes). Puis le leader invite les gens à
les suivre en musique, déambulant dans les ruelles jusqu'à
ce cortège festif soit mis a contribution. Parfois ils
s'arrêtent et improvisent un petit sketch. Nous ne sommes
pas forcement assez doues en espagnol pour comprendre toutes les
nuances de l'humour mexicain, mais en tout cas, cette tradition
qui voulait que les jeunes chantent la sérénade
sous le balcon de leur belle, perdure maintenant de manière
fort sympathique.
Nous
terminons la soirée a écumer les bars : d'abord
le Barfly pour se mettre dans l'ambiance (rien a voir avec sa
consur des Champs Elysees) puis El bar ou nous nous remettons
difficilement a la salsa, et enfin a la Damas de los camelias
ou nous retrouvons Sergio un prof d'espagnol tombe amoureux de
Christophe la veille au Barfly.
Samedi
4 Février : Cui-cui
Y'a
un oiseau en cage sur la terrasse de la guest ! Son chant est
très mélodieux mais Sophie ne supporte pas de le
voir derrière des barreaux. Pierre, son petit diable (ou
ange) lui fredonne " ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux,
regardez-les s'envoler c'est beau ". Si mal lui en prenait,
elle aurait de sérieux problèmes avec la femme de
ménage qui apprécie beaucoup ses mélodies.
Il est en effet très courant au Mexique d'avoir des oiseaux
en cage ou dans des volières. Heureusement, il y en a énormément
en liberté, on voit régulièrement des colibris,
des cardinaux, des pics-verts et une myriade d'autres oiseaux
multicolores.
Dernier
petit dej' en compagnie d'Alain puis on file en 5 heures de bus
a Guadalajara. En plus d'être un test pour la prononciation,
Guadalajara est la deuxième plus grande ville du pays.
Sans vraiment de charme, elle est cependant réputée
pour sa vie nocturne. Et oui, les mariachis et leurs sombreros
sont nés ici et la Tequila trouve ses racines a quelques
kilomètres. Tout semble réuni pour de belles fiestas.
Nous nous lançons donc plein de fièvre a l'assaut
de la nuit mexicaine et atterrissons a la Mutualista.
Il
y a ce soir un concert de musiques latine. Des les premiers accords
la piste de danse est envahie et l'ambiance plutôt bon enfant.
On en profite pour goûter enfin à la Tequila. Comme
la vodka russe, la tequila mexicaine est bien plus suave que celles
qu'on trouve dans les rayons de nos supermarchés. Un petit
doute nous titille cependant: sel-Tequila-citron ou citron-sel-Tequila
?...
Dimanche
5 Février : Mexico, Mexiiiiiiiiiiico
Aujourd'hui,
on visite les alentours de Guadalajara. En un petit tour de bus,
nous voici a Tonala ou c'est jour de marche. L'artisanat qu'on
y trouve est assez grossier en comparaison à l'Asie, pas
très beau et même très kitch notamment les
bibelots religieux. C'est pas Lourdes mais on en est plus très
loin. Sophie s'amuse à imaginer un intérieur mexicain
avec tous ces objets, ça doit être quelque chose...
Decorafion |
On
enchaîne avec Tlaquepaque, un joli village colonial connu
pour ses galeries d'artisanat. C'est la gamme au-dessus, y'a des
objets sympas mais décidemment, on ne craque pas sur l'art
mexicain (ça nous arrange !). Le Zocalo est très
mignon. Nous décidons de nous poser autour d'un immense
patio borde par des arcades. A l'intérieur, plusieurs cafés
et restaurants ont investi l'endroit et se partagent le kiosque
central où se produisent les mariachis. Le chanteur nous
a rappelé à notre cher Luis Mariano en nous poussant
quelques sonorités aiguës. Au contraire, la chanteuse
a une voix très grave. Etrange pays de machos ou les hommes
ont la voix claire et les femmes une voix roque.
Mariachiiiiiiis
|
Lundi
6 Fevrier : Tequila, caramba !
C'est
pas de bol, notre guide ne mentionnait pas que le Tequila express,
ce train qui relie Guadalajara à la célèbre
ville de Tequila ne fonctionnait que les week-end. Quel dommage,
l'ambiance avait l'air sympathique. Imaginez : transport, repas,
tequila y musica dans le même package, même si ça
fait un peu " pigeons en goguette ", on aurait bien
teste. Bref, on prendra le bus avec une bouteille d'eau !
Il
nous arrête à l'Hacienda San José Del Refugio
que nous avons prévue de visiter pour son architecture
et sa fabrique de Tequila. Une nouvelle fois, pas de bol, le 5
février est férie, Fête de la Constitution
oblige ! Mais nous sommes le 6, nous direz-vous. Et c'est la que
nous avons beaucoup a apprendre des mexicains : quand un jour
férie tombe un dimanche, il est décale au lundi.
Nous profitons de la voiture d'un couple dans le même cas
que nous pour aller jusqu'a Tequila.
Salute!
|
Quelques
fabriques sont ouvertes dont celle des deux leaders Cuervo et
Sauza que nous évitons. Nous choisissons un tour organise
qui nous mène a l'hacienda Cofradia du même nom que
sa Tequila. On savait que le vin était fait à base
de raisin, la bière de houblon, le Cointreau d'orange,
mais la Tequila aucune idée... Nous apprenons aujourd'hui
qu'elle est faite a partir de l'agave bleue, une plante cactée
qui ressemble a certaines qu'on a dans le sud de la France. Première
étape : couper les feuilles d'un plan de sept ans, deuxième
étape : faire reposer le pied pendant 36 heures dans l'obscurité
afin qu'il commence a " travailler ". Nous en goûtons
un morceau devenu brun a ce stade de la préparation. C'est
très sucre et juteux, ça se rapproche de la canne
a sucre sauf qu'en cherchant bien on y décelé un
arrière goût de tequila caramélisée.
Avec sept kilos, on obtient un litre de Tequila. Les fibres qui
restent après l'extraction du jus seront recyclées
en papier. On vous passe l'explication des étapes classiques
de la fermentation, distillation, etc... pour arriver a la plus
intéressante : la dégustation. Nous sommes au milieu
de centaines de fus, avec plusieurs bouteilles posées sur
l'un d'eux, devant nous. Première étape : distribution
de mini gobelets en plastique, deuxième étape :
commencer par la plus " hard ", celle destinée
aux cocktails, " el blanco " (ici, la tequila est une
boisson masculine !); puis " el reposado " celle de
moins d'un an ; et plusieurs cuves de " el añejo "
entre un et sept ans. A ce stade la, on n'est plus a quatre près,
nous testerons donc celles aromatisées au café,
a l'amande, a la vanille et ...zut alors comment il s'appelait
ce fruit... ? Bref, quand on ressort on n'est pas mal surtout
qu'il est 14h et qu'on a pas encore mange. Caramba, que rica la
tequila ! |
De
retour a Guadalajara, après avoir cuver dans le car, on
visite la cathédrale, puis la fameuse Plaza de los mariachis
qui ne l'oublions pas sont nés ici a l'origine pour égayer
les mariages bourgeois. Sauf que, a cette heure ici, ils sont
occupes a jouer aux jetons ou a boire des coups, la journée
est finite !
Mardi
7 fevrier : ¡ Viva Mexico !
Aujourd'hui,
pour changer, on a visiter la très belle église
de Zapopan a la façade
churrigueresque et aux retables
dores exubérants.
Nous
sommes ensuite rentres dans le Palacio del Gobierno de Guadalajara,
la curiosité étant son époustouflante peinture
murale de Miguel Hidalgo exécutée par Orozco (400m2).
Hidalgo, brave cure de province, est devenu le grand héros
de l'Indépendance suite à son appel aux armes de
1810 : Viva Mexico ! Encore aujourd´hui, chaque 15 septembre,
jusqu'aux villages les plus recules de la Sierra et du Chiapas,
les maires crient 3 fois " el grito " (le cri) du haut
de leur balcon, en tronquant bien entendu la fin du message d'origine
: " Mort aux Gachupines " (espagnols).
Nous
terminons au marche San Juan de Dios, immense halle de trois etages.
On trouve de tout : des DVD, des fringues, des santiags de toutes
les couleurs, la " guitarra de Manuel " et même...des
selles de cheval.
On
ne perd pas de temps et montons dans le premier bus pour Morelia
que nous atteindrons quatre heures plus tard.
Mercredi
8 Février : La Guadalupe
Visite
de la ville : Eglise de la Merced (entres autres), Palacio Clavijero
et sa superbe bibliothèque sur trois étages comportant
nombres d'ouvrages en vieux " françois ", couvent
Santa Rosa, la Cathédrale avec son zocalo, et surtout :
el sanctuario de la Guadalupe.
Bien
que ne payant pas de mine de l'extérieur, l'intérieur
est, au contraire, complètement hallucinant. C'est une
explosion de sculptures dorées partout sur les murs, et
un festival de couleurs jaune, rose, et bleu pour rehausser le
tout. Les tableaux représentant l'évangélisation
des indiens font pale figure a cote de l'exubérance de
la deco, pas un pan de mur n'est laisse vide. Le tout est un mélange
de sacre, d'art populaire et de kitsch. Ca nous change de nos
austères églises, on aurait presque envie de se
lever le dimanche
|
Evangélisation
|
Cette
église vient à point nomme pour vous parler de la
fameuse Vierge de Guadalupe. C'est LE symbole du Mexique par excellence
(peut-être même avant la Tequila). En tous cas, elle
représente le signe de ralliement du peuple mexicain. Selon
l'Histoire ou la légende (on ne sait pas), un indien aurait
vu la Vierge sur une colline ou se trouvait jadis un temple aztèque.
Elle lui demanda de lui faire construire une église à
cet endroit même. L'archevêque n'en crut mot, jusqu'à
ce qu'elle fasse pousser des roses en plein hiver sur cette colline
désertique et que son visage lui apparaisse. Ce dernier
s'empressa de faire élever une chapelle en son honneur.
L'indien en question fut le premier indigène canonise par
l'Eglise en 2002. C'est le symbole de la revanche des indiens
sur les espagnols, et la Vierge, la garante de la continuité
entre les cultures préhispaniques et hispanophones. Mais
ne nous méprenons pas : comme beaucoup d'églises,
ce sanctuaire porte le nom de cette vierge " métisse
" mais l'original se trouve a quelques kilomètres
au nord de Mexico city.
Pendant
que Christophe prenait des photos dans l'église (pas moins
de ¾ d'heure, il se spécialise dans les sujets "
sacres "), Sophie a eu tout le temps d'observer les colibris
du parc attenant. C'est fou ce qu'ils sont rapides et bruyants,
comme des insectes. Ils méritent bien leur surnom d'oiseaux-mouches.
Nous
finissons l'après-midi par quelques " douceurs ",
" dulces " en espagnol. Le marche sous les arcades regorge
de pâtes de fruits, les ates, de fruits glaces au sucre
comme des marrons, et de " chongos ", la spécialité
de la région faite a base de lait, vanille, sucre et cannelle.
Plutôt bon mais un peu écurant.
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Dulces
|
Jeudi
9 Février : La cucaracha, la curaracha, la, la la
la la la la
Nous
sommes réveilles tôt par les oiseaux de la volière
au centre du patio de l'hostel Allende. Apparemment, ça
ne sert pas a grand-chose de leur mettre la nuit des rideaux autour,
pas bêtes les bêtes ! En plus, on a mal dormi. Les
mongols avaient des problèmes avec leurs sacs plastiques,
les indiens avec l'eau chaude, pour les mexicains ce sont les
draps. Ils mettent des draps simples dans des lits doubles et
ne connaissent pas tous les draps housse. Du coup, non seulement
en le mettant de travers ça ne nous couvre que la partie
située entre le torse et les chevilles, mais, au bout de
cinq minutes le lit ressemble un chantier (et sans pour autant
réviser le Kama sutra) ! Résultat : y'en a un qui
finit enroule dans le drap et l'autre dans la couverture.
On
termine les corn flakes et le lait
Mais, il a un drôle
de goût ce lait, tu trouves pas qu'il pique? Sophie avait
bien remarque en vidant la bouteille qu'il y avait comme des petits
morceaux fonces dedans. Hier, c'est la bouteille de jus de fruit
qui disparaît et aujourd'hui, il semble qu'on nous ait fait
une sale blague en nous pimentant le lait. Sont pas cool ici,
il est temps qu'on parte ! Sans parler des draps.
Bus
pour Patzcuaro à une heure d'ici. Bien que voisines, les
deux villes sont très différentes. Celle-ci est
plus petite avec une population d'origine indienne. Ca ressemble
un peu plus au Mexique qu'on imaginait. Moins aseptise, le village
nous charme avec ses maisons blanches aux extrémités
rouge briques, et ses délicieuses places aux accents coloniaux.
Nous croisons de nombreux indiens, les pommettes hautes, la peau
burinée, le visage anguleux et les yeux légèrement
plisses. Les voilà enfin les natifs d'origine. Un grand
marche se tient ici tous les jours. On achète des légumes
pour le repas de ce soir et des fruits. Nous découvrons
les granadas (rien a voir avec les grenades) que nous avons pris
pour des fruits de la passion en raison d'un petit air de famille.
Super bon ! Les gargotes non plus ne manquent pas pour se sustenter.
On en choisit une où ils préparent des enchiladas
énormes. On commence d'ailleurs a y voir plus clair dans
la " gastronomie " mexicaine : les tacos sont des galettes
de maïs (tortillas) garnie de viande; les quesadillas sont
des tortillas plus grandes garnies de fromage, maïs, champignons
ou autre; les enchiladas sont fourrées de viande avec du
fromage, elles ont mijoté dans une sauce au piment/tomates/oignons
puis sont nappées de crème et de fromage fondu,
enfin les tortas sont des sandwichs chauds biens épais.
Ca
aurait pu être Christophe ou sa voisine de table mais non,
il a fallu que ca tombe sur Sophie. En fait ce n'est pas tombe
sur elle mais plus exactement dans son assiette. Ca ? Un cafard
! " Si tu as la cucaracha, sacrée bestiole de cancrelat
". Les Négresses vertes ne croyaient pas si bien dire
Christophe
a degotte un endroit sympa pour loger : la posada des las rosas,
une immense maison d'une dizaine de chambres tenue par une famille
tout aussi nombreuse. Grands-parents, enfants, petits-enfants,
tout le monde cohabite ici. La famille (comme la Muerte) est un
objet de culte au Mexique. Bien au-delà de l'influence
de la religion, les enfants représentent toujours le capital
vieillesse des parents comme, ils le furent chez nous il y a encore
quelques années. Les retraites ici sont quasi inexistantes.
Les enfants ne quitteront la maison familiale qu'au moment du
mariage, la encore pour des raisons financières. Bref,
tout ça pour dire qu'ici y'a du monde en permanence et
la porte est toujours ouverte.
Vendredi
10 Février : Daaallas, ton univers impitoyaable
Au
moment d'accéder a la cuisine, ils étaient huit
attables a prendre le petit déjeuner typique mexicain :
café, tacos avec des ufs, fromage, piment et
.haricots
rouges. Non Mr Bean, on n'est pas encore prêt pour ça,
on se cantonnera au café/tartines. Cote deco, nos craintes
sont confirmées : des dizaines de tasses, pots, casseroles
constituent la parure des murs de la cuisine et du salon adjacent.
Des bibelots style fleurs et petites poupées en plastique
ou dauphins en céramique trônent dans les vitrines
ou sur les armoires au milieu des effigies religieuses de toutes
sortes. Pas étonnant qu'ils soient obliges d'accrocher
la vaisselle aux murs, avec toutes ces horreurs dans les armoires,
il n'y a plus de place! On y va pas de main morte sur leur look
ou sur la déco, mais comme on dit " ce qui compte
c'est la beauté intérieure " et les mexicains
en sont richement dotées : courtoisie, gentillesse, amabilité
.
Le
point de vue du volcan éteint, le Cerro del estribo, offre
parait-il un beau panorama sur la ville et le lac avec ses îles.
Une heure et demi et 390 marches plus tard nous arrivons en sueur
au sommet. C'est dommage hein ces arbres juste devant la vue?....
La
visite de la ville, bien que courte, achève Sophie qui
accuse le coup de la ballade matinale. On retiendra surtout la
Plaza Vasco de Quiroga bordee d'arches et de maisons coloniales
et la Casa de los once patios, un ancien couvent dominicain reconverti
en ateliers d'artistes. Les patios s'ouvrent les uns sur les autres,
un vrai labyrinthe.
Nous
dînons dans la cuisine familiale et, comme la veille, la
famille est réunie devant la tele pour le rendez-vous quotidien
de la telenovela, veritable phénomène de société
au Mexique.
Samedi
11 Février : Souvenirs, souvenirs...
Nous
prenons le bateau pour nous rendre sur l'île de Janitzio.
De " faux " pêcheurs font leur cinéma avec
leur filet papillon à l'approche du bateau. Malheureusement,
ceci relève plus du spectacle que de la réalité,
ils n'attrapent que les touristes puisqu'il n'y a quasiment plus
de poissons. Le spectacle est tout de même joli. Bien que
très photogénique de loin, en dehors des sentiers
bordes de magasins pour touristes, l'île ressemble à
un vaste chantier très sale. Quand aux souvenirs vendus
(on ne sait a qui), on atteint aussi le paroxysme du laid. A vrai
dire, on n'a jamais vu aussi niais, moche, mal fait, inutile et
kitch a souhait. Quelques exemples : coquille d'uf remplie
de bougie, tableaux imprimes avec des dessins qui de loin représentent
le Christ ou des visages, filets de pêche en nylon, brocs
a eau en forme de sein avec un corps de femme pour anse, etc
On a qu'une envie : se tirer ! Bon, maintenant qu'on est la, on
va quand même monter jusqu'à la statue de Morelos,
autre héros de l'Indépendance. Comme la Statue de
la Liberté, on peut grimper jusqu'a son sommet à
l'intérieur, en longeant des murs qui racontent son histoire
a travers des fresques.
De
retour à Patzcuaro, comme l'excursion fut plus rapide que
prévue, nous décidons de faire nos clics et nos
clacs. Notre gentille hôte n'y voit aucun inconvénient
bien qu'il soit déjà 15h. Y'a pas a dire, ils sont
vraiment cools les mexicains.
Quel
voyage! Comme notre guide ne mentionnait pas la migration des
papillons monarques et encore moins le site ou les observer, nous
avons voyage un peu a l'aveuglette : premier bus pour aller a
Morelia puis un deuxième pour Zitacuaro et enfin un dernier
pour Angangeo. Heureusement que notre voisine de bus, témoin
de Jéhovah, puis une jeune étudiante nous ont mis
sur la bonne route. Au final, six heures auront été
nécessaires. On est H.S, il est 21h30 et les derniers endroits
ou manger viennent de fermer. Le tenancier de la camionnette a
tacos d'en face, un mec sympa, nous fait cuire nos pâtes
chez sa mère. Quand a l'hôtel, une fois de plus,
les draps lit double connaît pas, mais encore plus fort
: notre drap du dessus est un drap housse une place mis en travers!
Ile de Janitzio
|
Dimanche
12 Février : Les mystères de la nature
La
migration des papillons monarques est un des évènements
naturels les plus incroyables. Chaque année des milliers
de papillons émigrent du Canada jusqu'au Mexique pour passer
l'hiver de fin novembre a fin mars. Ils parcourent ainsi 4000
Km pendant trois mois, avec une moyenne de 20 Km/H. Le plus surprenant
est que, du fait de leur courte durée de vie (quelques
mois), ceux qui arrivent au Mexique sont pour la plupart nés
en route. Comment font ils alors pour s'orienter et se poser toujours
dans le même sanctuaire, une zone montagneuse a plus de
3000m qui ne dépasse pas 20km2. Sans parler qu'au sein
même de ce sanctuaire, il y a plusieurs colonies, chacune
se situant chaque année exactement au même endroit
!!! Règles comme des horloges, On ne sait pas comment ils
font pour se diriger pendant leur long trajet de migration, mais
on suppose qu'ils se repèrent une fois sur place a la vue
des restes de leur prédécesseurs (d'ou l'interdiction
de les ramasser même morts). Au total, il y a une vingtaine
de sanctuaires où ils se concentrent, seulement deux sont
ouverts au public. Ils quitteront leur habitat hivernal les 27
et 28 mars précisément, règles comme des
horloges
Nous
partageons une voiture avec un mexicain. La montée dure
¾ d'heure pour atteindre l'entrée du sanctuaire
El Rosario a 3000m. Apres ce sont 300 mètres de dénivelle
pour arriver aux papillons. Sophie fantasmait ce moment depuis
longtemps et forcement elle a été déçue.
Oui les papillons sont la, et oui ils tourbillonnent par centaines
entre les pins, mais on ne peut pas les approcher a plus de cinquante
mètres et les rayons du soleil, qui aurait pu éclairer
leurs ailes orange, ne percent pas. De loin, on pourrait presque
croire à des flocons de neige. Ces mesures sont néanmoins
nécessaires pour les préserver. N'empêche
qu'il y a publicité mensongère avec ces photos affichées
partout où on voit une famille modèle gambadant
au milieu d'une nuée de papillons ! Quelques uns d'entre
eux viennent mourir à nos pieds, seul moment ou nous pouvons
les voir de près, spectacle malheureusement assez triste.
Nous quittons les sentiers balises pour monter jusqu'au sommet
a 3500m ce qui nous permet d'apercevoir plusieurs oiseaux rouge
vif qui font penser a des cardinaux. Le panorama aurait pu être
à couper le souffle (vue a 360 degrés sur les plus
hauts volcans du Mexique) si les nuages ne l'avaient pas caché.
Butterfly my butterfly |
De
retour en bas, le soleil fait son apparition et réveille
les papillons. Nous avons donc tout de même la chance d'apprécier
un peu plus les danses aériennes de ces papillons noirs
et orange autour de nous.
Quelques
tacos a la va vite avant de prendre le bus pour Mexico. Nous arrivons
sous la pluie et retrouvons la guest Cathedral avec cette fois
on a un dortoir pour nous tout seuls, nous entrons dans la basse
saison
|
Lundi
13 Février : Erections pestinentielles !
Nous
démarrons la visite de Mexico city avec le quartier Coyoacan,
ancien village englouti par la mégalopole, aujourd'hui
simple quartier. Le méchant Cortes (conquistador espagnol
sanguinaire) y établit son palais puis, bien plus tard,
le barrio devint le lieu privilégie des artistes et intellectuels.
Les peintres Frida Kahlo et son mari Diego Rivera y vécurent
tandis que Trotsky, le leader de la Révolution d'Octobre,
y fut assassine. C'est a présent un endroit calme aux grandes
avenues bordées de belles demeures (doit y avoir du pognon
au vue des fils électriques et barbelés sur les
murs et des flics armes qui circulent).
Nous
changeons de quartier pour visiter le Secrétariat de l'Education
Publique connue pour y abriter des fresques murales de Diego Rivera.
Plus de 120 peintures sur près de 1500 m2 ornent les trois
étages de cet ancien couvent agrandi. Il mit cinq ans pour
réaliser des peintures traitant du travail, de l'histoire
du Mexique, de la Révolution, de la guerre, et d'un sujet
qui lui est cher : la lutte des classes. Parmi les centaines de
personnages, nous reconnaissons ceux de Frida, de Zapatta et de
Pancho Villa (célèbres révolutionnaires qui
avaient pris les armes pour redistribuer les la terre aux paysans,
" Tierra y Libertad "). Nous découvrons cet artiste,
on aime beaucoup.
Pour
rester dans les bâtiments administratifs, nous enchaînons
avec le Palacio national. Une fois de plus, Diego (libre dans
sa tête) a tague quelques murs. Trois immenses fresques
encadrent l'escalier central. Et la, il s'est lâché
Diego! L'Histoire du pays en est le sujet principal depuis la
période préhispanique jusqu'à la lutte des
classes. Il n'y va pas de main morte : pendus, croix chrétienne
qui se transforme en croix gammée, caricature de certaines
figures capitalistes de l'epoque (Rockfeller, Venderbilt
),
Karl Marx et symboles communistes a gogo. Hasta siempre la révolution
! On est surpris de voir cohabiter avec tant de liberté,
dans ces bâtiments administratifs, des peintures de "
propagande " communiste et le gouvernement de droite de Vicente
Fox. Il a d'ailleurs quelques soucis à se faire à
l'approche des elections puisque la gauche a le vent en poupe
(57% des intentions de vote). Le Mexique pourrait donc se laisser
emporter par le fort vent socialiste qui souffle en Amerique latine
avec Cuba, le Venezuela et la Bolivie pour la gauche rouge vif
et le Bresil, l'Uruguay, l'Argentine et le chili pour la branche
plus modérée. Les Etats-Unis n'ont qu'à bien
se tenir. Fin de la parenthese.
Best of Diego |
On
termine avec la rue Madero ou se trouvent de beaux edifices :
le Gran hotel style Art deco avec une splendide verriere et la
casa de los azulejos, la plus vieille demeure de Mexico qui comme
son nom l'indique est couverte de faïence bleue et blanche.
Le
soir ballade sur le Zocalo. Il se passe toujours quelque chose
sur cette place. Meme si en ce moment ce sont les meetings politiques
qui sont à l'honneur, il y a regulierement des concerts
ou des spectacles. Nous grignotons derrière la cathédrale
ou les marchants ambulants proposent toutes sortes de mets : maïs
en grains, tacos, etc
Tous les soirs, les adeptes des danses
aztèques s'y donnent rendez-vous entre 20 et 22h. Deux
personnes battent le rythme sur des tambours tandis que les danseurs
enchaînent des chorégraphies assez physiques. Une
" prêtresse " fait un rituel avec de l'encens
à chaque nouvel arrivant avant qu'il ne rejoigne le "
cercle ". Certains jouent le jeu avec des grelots aux cheville
ou un bandeau rouge autour de la tete, mais peu importe l'accoutrement,
tout le monde peut se prêter au jeu. Face à l'uniformisation
culturelle, ces initiatives quotidiennes visent à préserver
ces cultures pour qu'elles demeurent vivantes. L'ambiance est
très sympa, ça donne vraiment envie de bouger mais,
a défaut d'entraînement, on risquerait de ressembler
plutôt a des pingouins !
Mardi
14 Février: Joyeuse Saint-Valentin !
Aujourd'hui
marque un renouveau : la saison des églises et des couvents
est terminée, commence la dynastie des pyramides avec celles
de Teotihuacan.
C'est
le moment de vous en dire un peu plus sur l'histoire pré-colombienne
qui, nous devons l'avouer, n'est pas encore très claire
dans notre esprit compte tenu du nombre de civilisations qui se
sont enchaînées ou ont cohabite. A dire vrai, nous
conseillons d'en tenter la lecture aux seuls passionnés
d'histoires alambiquées. Pour les autres
passez au
paragraphe suivant !
Les
pyramides de Teotihuacan datent de la civilisation du même
nom qui étendit son influence dans toute l'Amérique
centrale des le 1er siècle avant JC mais pour connaître
l'Histoire du pays, ils faut remonter bien plus loin
Le
premier groupe, véritablement unitaire se constitua seulement
vers 1000 avant JC dans la région actuelle de Oaxaca, Veracruz
et Tabasco. Ce sont les Olmèques Plus tard, les Zapotèques
prirent la place des Olmèques.
A
la même période, les Teotihuacan s'installèrent
au nord de l'actuelle ville de Mexico. Ils construisirent le village
de Teotihuacan et les deux énormes pyramides du soleil
et de la lune (que nous visitons aujourd'hui). Ce sont eux qui
ont " lancé " le Dieu mythique Quetzalcoatl,
le serpent à plumes repris par tous les autres. Au même
moment, les Mayas commencèrent à se déployer
vers le sud (Chiapas, Yucatan, Guatemala, Honduras).
D'autres
groupes se constituèrent aux cours des siècles suivants
: les Chichimèques, qui vers 700 après JC prirent
la place des Teotihuacan, les Toltèques qui vers l'an 1000
s'installèrent à leur tour à la place des
Chichimèques au Nord, et s'intégrèrent de
force aux Mayas du sud (et ceci explique le mariage Maya-Toltèque
de Chitzen Itza que nous visiterons un peu lus tard), puis les
Mixtèques qui ont migré dans la région de
Monte Alban.
|
Et
les Aztèques dans tout ça ? Et bien ils furent les
derniers arrivés. En 1325, ils fondèrent leur cité
Tenochtitlan (aujourd'hui appelée Mexico), à l'endroit
exact où, comme le disait la prophétie, ils virent
un aigle dévorant un serpent (comme on peut le constater
aujourd'hui sur le drapeau mexicain). Et comme c'était
un peuple de guerrier, ils débordèrent très
vite vers le nord des Toltèques / Chichimèques et
au sud des Mixtèques. |
Le
triste dénouement de cette histoire commença vers
1519, quand Cortès, le conquistador sanguinaire (ou le
barbu) débarqua avec ses troupes espagnoles sur la côte
mexicaine de Veracruz. Malheureusement, le roi Aztèque
Montezuma II prit Cortès pour l'incarnation humaine du
dieu Quetzacoatl, dont le retour en terre américaine était
clairement annoncé dans une ancienne légende Toltèque.
Les coïncidences de l'année et de la barbe étaient
trop nombreuses pour passer inaperçues au grand monarque
La suite, on la connait avec le massacre des indiens ou leur soumission.
Nous
parcourons les ruines aux milieux de groupes de collégiens
reconnaissables a leur jogging blanc et bleu (ou d'une autre couleur
suivant les écoles et/ou les tranches d'ages). Dans les
rues, nous les croisions habituellement avec un ensemble jupe
plissée style kilt, cravate, gilet et chaussettes montantes,
sans oublier les couettes avec des rubans ou uniforme classique
pour les garçons. Finalement à la vue des pays traverses,
l'uniforme scolaire n'est pas qu'une spécialité
anglaise et c'est en France ou nous faisons plus figure d'exception.
On
ne perd pas de temps et nous enchaînons de retour à
Mexico avec le musée Frida Kahlo, la maison bleue ou elle
vécut. Sacre destin que le sien: la polio, maladie qu'elle
contacta toute petite, puis un grave accident de tramway a 18
ans qui la rendit stérile et lui broya la colonne l'obligeant
a porter un corset toute sa vie. Elle devra subir de nombreuses
operations chirurgicales et sera amputée d'une jambe. Deux
fois enceinte malgre l'avis defavorable des medecins, elle ne
réalisera malheureusement pas son rêve le plus cher
: etre mere. Elle finira sa vie sur une chaise roulante (decedee
à 47 ans). Question cur, ça n'a pas ete facile
non plus. L'amour de sa vie, Diego Rivera son mari, le célèbre
" taggeur " mexicain, la fera aussi souffrir en multipliant
les conquêtes (et pourtant il était vraiment laid,
allez savoir ces artistes
). Mais, au delà de ce
terrible destin, Frida était une femme de caractere pleine
de vie. Fetarde inveteree, voix cassée par l'alcool et
les médicaments, dents abîmées par le tabac,
elle continuera d'afficher tout au long de sa vie une grande dignité
et sa joie de vivre communicative. Ses exutoires seront la peinture,
le communisme et la defense des indiens. Ses toiles reflètent
ainsi une peinture de la douleur (son corps malmené sera
un sujet redondant dans ses toiles) et du combat.
|
|
Aujourd'hui
c'est la Saint-Valentin, on fait peter le boui-boui! C'est tellement
plus original qu'un dîner chez Michou. " Charamba ",
c'est peut-être pas les meilleurs tacos de la ville mais
l'accompagnement est a volonté: purée, haricots,
guacamole, etc
le tout dans un cadre des plus romantiques,
sous le pont de l'autoroute au croisement de deux avenues passantes,
et bien sur sans tables ni chaises.
Dans
le métro c'est l'heure de pointe, c'est pire qu'a Paris.
Les arrêts étant très courts, les gens poussent
avant même que les autres aient pu descendre. A l'intérieur,
on est agglutine et au moment de sortir, un raz de marée.
Happe par la conversation avec une mexicaine ayant vécue
en France, les conditions idéales sont reunies pour qu'au
moment du raz de maree, un pickpocket subtilise habilement le
portefeuille de Christophe dans la poche frontale de son pantalon.
Heureusement, la carte bleue et les passeports n'y étaient
pas. Le bougre repart tout de même avec soixante euros,
de quoi offrir un beau ballon en forme de Coeur a sa dulcinée
(c'est a la mode ici !) et la photo de Sophie (et de quoi s'offrir
une belle engueulade avec sa dulcinée
).
Mercredi 15 Février : Un peu de culture...enfin
un petit peu.
Tu te magnes!!
|
Aujourd'hui
on attaque un gros morceau : le Musee national d'anthropologie.
C'est le musee du genre le plus important au monde. Pour resume
: salle d'introduction a l'anthropologie, salle des origines prehistoriques,
salle preclassique du centre du Mexique, salle de Teotihuacan,
salle Tolteca, salle Mexica, salle d'Oaxaca, salle du Golfe du
Mexique, salle Maya, salle du Nord et de l'Occident sans oublier
le premier etage, la section ethnologique du musee concernant
les us et coutumes des differents peuples du pays. Bref, certains
conseillent de prevoir plusieurs jours, une demi-journee nous
aura suffit. Il y a tellement de choses qu'on a l'impression d'en
ressortir presque aussi inculte que lorsqu'on est entre ! C'est
sur, il y a de tres belles pieces precolombiennes notamment la
celebre Pierre du soleil de 24 tonnes connue (a tort) sous le
nom de calendrier aztèque ou ces réceptacles de
pierres qui servaient a receuillir les coeurs encore chauds des
sacrifies... |
Dans
le parc face au musee, on se jette sur des hamburguesas qu'on
deguste en meme temps qu'on assiste au spectacle des voladores.
Ces acrobates voltigeurs s'elancent du haut d'un poteau et tournent
la tete en bas en jouant du pipeau jusqu'a atteindre le sol. Puis
un peu plus loin, nous circulons au milieu des vaches, exposition
qui passera plus tard sur les Champs-Élysées.
A
notre retour à la guest, surprise, nous ne sommes plus
seuls dans le dortoir. Nous faisons la connaissance de Lionel
et Jean avec qui nous passerons la soiree à boire quelques
bibines. Jean est un suisse-catalan ayant passe quelques mois
dans un monastere bouddhique tenu par un vietnamien dans les Landes
pres de Mont de Marsan. Pas besoin d'aller bien loin finalement
pour se changer les idees... Quant a Lionel, ce breton realise
le reve de sa vie en parcourant les 4 coins du globe pendant 1
an, sa femme n'ayant pas pu l'accompagner a cause d'une opportunité
professionnelle. |
Meuuhhhh
|
Jeudi
16 Fevrier : Pozole !
Lever
un peu tard, sac, petit dejeunage et c'est reparti pour la vadrouille
cette fois plus au sud, à Taxco. 3h30 de car et un film
plus tard, nous voici a destination. On n'a pas vu le temps passer,
ca nous change de l'Asie tous ces bus modernes.
Il
fait plus chaud qu'a Mexico, on a nos sacs a dos et puree que
ca grimpe ! Taxco est flanquee sur les pentes d'une colline, c'est
un labyrinthe de ruelles et d'escaliers plus abruptes les uns
que les autres qui nous acceuillent a la descente du bus. Nous
grimpons pleins de sueur entre les maisons blanches et le marche
etage jusqu a notre guest au tarif un peu excessif. En effet ici
l'approvisionnement en eau est un problème délicat
et les prix s'en ressentent. Quoiqu'il en soit, c'est une des
plus jolies villes que nous ayons vue avec Guanajuaco.
Nous
avons le temps de grimper jusqu'en haut de la colline ou trône
un lointain cousin du Corcovado de Rio de Janeiro, un Christ ouvrant
ses bras domine la ville.
Le
jeudi, c'est le jour traditionnel du " pozole " à
Tia Calla. C'est l'occasion de gouter a ce plat typique de la
cuisine mexicaine : une soupe de maïs avec du poulet, de
l'avocat, de l'oignon puis de la tortilla frite (le chicharon).
Evidemment, comme le reste de la gastronomie, c'est super leger
! Mais au moins ça, c'est vraiment mexicain, pas comme
le chili con carne qui, malgré son accent mexicain, est
purement américain, spécialité texane plus
précisément.
L'ambiance
est sympathique et populaire, et c'est devant un film catastrophe
que nous dinons. Comme dans de plus en plus de pays, les teles
envahissent les lieux publiques, restos, bars, cantinas, hall
de bus, d'aeroport, bouiboui
Vendredi
17 Fevrier : Tu me fais tourner la tête
La
journée commence mal : l'hoteliere ne veut pas garder nos
sacs jusqu'a notre depart a 18h. Elle en a assez de ces backpackers
qui ne se posent qu'une seule nuit dans son etablissement. Gros
coup de gueule de Christophe, on se casse avec nos sacs que l'on
depose a la consigne de la gare.
Le
zocalo bien que petit est tres agreable, borde de maisons coloniales
et domine par la superbe Eglise de Santa Prisca malheureusement
en renovation. Tout le monde s'y retrouve sous les lauriers d'Inde,
les jeunes, les vieux (nous assisterons a une belle bagarre entre
les deux generations tandis que 2 flics la cinquantaine et le
ventre bedonnant regardaient de l'autre cote) et bien sur, les
cireurs de chaussures. Ils sont partout : sur les places, dans
la rue, a la gare... on en a jamais vu autant. Autre remarque
: depuis notre arrivée au Mexique, on avait note qu'il
y avait beaucoup de coccinelles (la voiture), ici c'est leur repère.
" La coccinelle a Mexico " aurait du etre tourne ici.
Y'en a partout, la cocc-a papa, la cocc-tuning, la cocc-de serie,
la cocc-midinette et la cocc-taxi de couleur blanche.
Un peu cliché
|
Et qu'ça brille
|
Le
marche est aussi tres sympa, un labyrinthe sur plusieurs niveaux,
ca grouille. Quand on s'est penche sur les sachets plastiques,
on savait bien qu'il y avait des trucs qui grouillaient a l'interieur
: des punaises vivantes ! On n'a pas pense a demander comment
ca se cuisinait...
En
plus de ses charmes coloniaux, Taxco est la capitale de l'argent
au Mexique, premier producteur mondial. Bien que les mines alentours
ne produisent presque plus, la ville est restée la Mecque
de l'argent. Et à 35 centimes d'euros le gramme, impossible
de retenir Sophie qui s'est ruee sur les boutiques comme la ménagère
de moins de 50 ans un jour d'ouverture des soldes! Les prix varient
du simple a plus du double. Faut chercher parmis les 300 boutiques
de la ville. On n'a pas trouve mieux que dans la halle des grossistes
au dernier sous-sol, une vraie caverne d'Ali Baba.
Charge
de notre tresor nous rejoignons Cuernavaca à 21h dans un
hôtel sordide, la huespedes Marilu.
Les sanitaires de Marilu |
Samedi
18 Février : Tout le monde est sur la place
Départ
pour Xochicalco a 1h30 de bus, une ancienne ville fortifiée
qui connut son apogée après la chute de Teotihuacan.
Elle retint d'ailleurs la leçon de sa voisine et, pour
éviter d'être renversée à son tour,
elle fut édifiée sur un promontoire en haut d'une
colline. Nous retenons de ce site, la petite pyramide du serpent
a plumes avec de belles représentations du Quetzacoalt.
Le
fameux serpent a plume (kukulcan chez les Mayas), dieu créateur
de l'humanité donna naissance aux hommes en versant de
son sang, raison pour laquelle les sacrifices humains étaient
très présents dans ces sociétés. De
ce fait, le jeu de pelote dont les terrains sont présents
sur la plupart des sites était un divertissement très
prise. Contrairement à notre pelote basque, ce n'était
pas qu'un simple jeu, c'était aussi l'occasion de régler
des différends politiques ou de " choisir " les
heureux élus de la prochaine séance de sacrifice
humain. De toute façon, comme l'a dit Pierre de Coubertin,
" l'important n'est pas de gagner mais de participer ! "
Nous
revenons en stop si l'on peut dire puisque c'est un jeune mexicain
qui nous propose spontanément de nous ramener à
Cuernavaca.
Nopal
|
On
a trouve le bon plan pour déjeuner ce midi. Ca ressemble
à une petite gargote mais en fait cette sympathique famille
sert des menus gargantuesques pour une bouchée de pain.
Ils étaient près a nous servir sous les arbres de
la place d'a cote, mais ils nous ont finalement proposer de venir
chez eux. On a été servis comme des rois dans leur
salon ou une femme repassait en écoutant la radio. Nous
en profitons pour tester les nopales cuites apres les avoir déjà
goûtées crues, ces feuilles de cactus " desépinees
" qu'on voyait souvent dans les marches. Question goût,
Christophe penche pour le cornichon, Sophie pour le haricot vert
|
Ce
soir, c'est concerts sur le zocalo ; quatre groupes au total vont
se succéder. Tout le monde semble s'être rassemble
sur la place ; les gens sont debouts sur les bancs et les plus
agiles ont grimpe aux arbres. Le groupe le plus célèbre,
" Maldita " fait l'unanimité auprès des
jeunes comme des vieux. Mélangeant rock et ska, ils balancent
des phrases clichées sur l'égalité et la
liberté, et profitent de la région de Zapata pour
critiquer le gouvernement, " Viva Zapata ! ". En tous
cas, l'ambiance est vraiment super festive.
Dimanche
19 Février : Les brunes comptent pas pour des prunes
!
On
est réveille a 7h20 par la gardienne, aimable comme une
physio de boite de nuit, qui vient nous réclamer le paiement
pour la nuit (fallait régler la veille pour la grasse mat
!).
On
décolle pour le pittoresque village de Tepotzlan au pied
du massif montagneux de Tepozteco. C'est l'occasion d'une petite
grimpette a la pyramide, pas exceptionnelle en soit mais qui offre
un beau panorama. Nous y rencontrons Tony, un jeune français
qui entame six mois de stage au Mexique après avoir fait
la même chose en Thaïlande. Suivra ensuite 1 an en
Suède pour clôturer son cursus. " Les voyages
forment le jeunesse " (si seulement elle pouvait la préserver,
pense Sophie tandis que Christophe reste envieux devant ce parcours
estudiantin " idéal "
).
C'est
Dimanche, jour de marche et on n'est pas les seuls. Beaucoup de
familles se promènent et viennent admirer cette belle arche
ouvrant sur l'église de la Natividad. C'est un tableau
sur fond d'images religieuses et de conquête espagnole réalise
uniquement avec des graines : blé, maïs, orge, haricots,
etc
du beau travail. Une gamine de deux ans vient vers nous
puis nous lance un " bonjour " sur les conseils de sa
jeune maman célibataire. Bien que le Mexique soit très
conservateur, les mères élevant seule leur enfant
sont de plus en plus nombreuses. Il nous a suffit d'échanger
quelques mots pour être invites chez elle a Mexico. Nous
n'aurons malheureusement pas l'occasion d'honorer son invitation.
Cela
nous donne l'occasion d'ouvrir une petite parenthèse sur
le mariage " à la mexicana ". Dans ce pays de
machos, les hommes prennent les décisions et mettent les
pieds sous la table à la maison. Et pourtant, ils sont
de plus en plus réticents au mariage, la tradition veut
en effet que l'homme subvienne à tous les besoins familiaux
(logement, nourriture, éducation) même si l'épouse
a un salaire. En cas de divorce, l'épouse garde tout, maison
et enfants en plus des économies qu'elle aura pu réaliser
pendant la durée du mariage. Les mexicains avec qui nous
avons discutes ont été étonne d'apprendre
qu'on partageait les dépenses du foyer en fonction de nos
salaires et qu'une femme pouvait même inviter son époux
au restaurant
En contrepartie, les hommes ont appris le
maniement de l'aspirateur et de l'économe
(Comment
? Y'en a qui ne savent pas encore ce que c'est ?
De
retour à Cuernavaca, il nous reste assez de temps pour
faire une visite chez le coiffeur
et c'est pas la meilleure
idée qu'on ait eu. Christophe ne s'en tire pas trop mal
avec sa frange de travers mais pour Sophie c'est une autre histoire.
Messieurs vous pouvez sauter le paragraphe, mesdemoiselles attention,
vous vous exposez a de nombreuses nuits blanches a la lecture
du recit suivant : Pour rattraper la couleur cuivrée des
longueurs, Sophie demande quelques mèches de la même
teinte. La jeunette, apparemment formée sur le tas (et
encore) n'a rien trouve de mieux que de lui faire ce qu'on appelle
des " bandeaux ", des mèches enormes. Quand à
la couleur
c'est blond clair ! En plus, il n'y avait pas
de rinçage et encore moins de shampooing, elle s'est contente
d'essuyer les mèches avec un torchon qu'elle trempait dans
un seau d'eau déjà utilise. Il a fallut tout rincer
à l'hôtel sous peine de voir le produit oxydant continuer
d'agir et transformer les mèches en paille cassante ! Bref,
problème de communication ou d'incompétence (ou
les deux), quoiqu'il en soit c'est une CATASTROPHE : Sophie est
blonde, Bimbo style! |
Amoniaque
|
Ce
soir on laisse le cerveau a la maison (de toute façon Sophie
vient déjà d'en perdre une partie
) et on va
voir un film débile : El descenso. C'est l'histoire d'une
bande de filles qui partent faire de la spéléo et
rencontrent des golums version XXeme siècle avec en plus
une attirance non dissimulée pour le sang et la chaire
fraiche. C'était gore, les ficelles sont classiques mais
efficaces et au final on est diverti (ou effrayée
),
avec en prime 1h30 de pratique simultanée de l'anglais
et l'espagnol (pour les sous titres). A la sortie du ciné,
le zocalo est toujours bonde et les concerts résonnent.
Lundi
20 Février : Lucha libre
En
route pour Puebla, grande ville de 1,5 millions d'habitants. On
avait rate la lucha libre à Mexico, on ne la ratera pas
ce soir à Puebla. Devant l'entrée de l'arène,
outre les stand de tortillas a chaque coin de rue, des vendeurs
ont étalé leur marchandise : les cagoules multicolores
des lutteurs, caverne d'alibaba pour Sado Maso du monde entier!
A l'intérieur, l'ambiance bat son plein : des supporters
de la tribune d'en face battent le tambours, sifflent et font
des gestes obscènes tandis que notre voisin de droite leur
répond a coup de corne de brume, et celui de gauche enchaîne
les insultes et jurons a tour de bras : " chinga tu culo,
hijo de tu puta madre, pendejo
"
L'atmosphère
est donc détendue et sympathique. Puis arrivent les lutteurs
masques dans leur " déguisements ". Ils luttent
par deux ou par équipe de trois. Tous les coups semblent
être permis comme au catch américain. Enfin, "
pseudo " coups car c'est bien entendu du cinéma, sorte
de mises en scènes mêlant improvisations, simulations,
et quelques belles figures acrobatiques, il faut l'avouer. En
tous cas ça reste très marrant. Pendant que notre
voisin continue de vociférer des " cabron " et
" puta madre " a répétitions, des vendeurs
circulent entre les gradins proposant chips bien grasses arrosées
de sauce, boissons et, surprenant
des crevettes, bonjour
l'odeur !
En
rentrant a l'Hôtel Victoria, une fois de plus Christophe
fait son raleur en se mettant au lit : comme d'hab, ses pieds
dépassent. Ok pour un taudis mais les pieds au chaud!
Lucha libre |
Mardi
21 Février : Mole y camote
Puebla,
la plus conservatrice et la plus espagnole des villes mexicaines
est très agréable. Le Zocalo, très vaste,
est entoure de palmiers éclairés le soir par des
guirlandes lumineuses. Sa cathédrale a les tours les plus
hautes de tout le pays et c'est ici qu'est née la première
bibliothèque d'Amérique latine, la Palafoxiana.
Ses trois niveaux en bois, ses anciennes tables de consultation
et surtout ses antiques livres écrits a la main rapportes
par les jésuites lui donnent une petit air de " Nom
de la rose ". On s'y prendra a deux fois avant de feuilleter
les livres
Le
musée Bello y Gonzales abrite une belle collection d'art
notamment en provenance de France : porcelaine, cristal de Baccarat,
bronzes, meubles Napoléon 1er, peintures, etc
On
termine par le musée d'art populaire poblano (=de Puebla),
un ancien couvent. Les femmes d'alors n'avaient qu'une alternative
: se marier avant 16 ans ou finir leurs jours entre les murs du
couvent. Notre guide nous explique alors la raison des portes
si basses : ainsi, les nonnes sont obligées de se baisser
par humilité en signe de révérence au Seigneur.
Vu le nombre de fois où Christophe s'est pris le chambranle
des portes, c'est apparemment valable aussi dans les hôtels!
Le clou de la visite est la célèbre cuisine entièrement
carrelée d'azulejos blancs, jaunes et bleus. C'est ici
qu'aurait été invente le mole poblano, la spécialité
de la ville. Cette sauce, a base de cacao relevée d'épices
et de piments, accompagne poulet et viandes blanches. Elle existait
déjà chez les Aztèques, et les nonnes l'ont
améliore. On a goûte plusieurs fois, le verdict est
sans appel : on préfère un bon curry indien !
Pour
rester dans les spécialités culinaires du coin,
on fait un petit tour dans la rue des confiseurs et on goûte
aux camote a base de patates douces, pas mal
Ce
soir avant le cine (" banditas ", una mierda avec Penelope
Cruz et Salma Hayek), pour changer, c'est gargote de rue et tacos.
Nos deux voisins de table quinquagénaires semblent apprécier
la nouvelle couleur de Sophie et le plus moustachu se met a lui
chanter la sérénade : Bonita, bonita, con tu pelo
dorado
Mercredi 22 Février : Cholula
En
route pour Cholula à une demi-heure de Puebla. La guest
est tenue par des mexicains super sympas qui travaillent avec
l'UCPA pour tout ce qui est trek et escalade. C'est une grande
maison avec quatre chambres, une cuisine collective et un salon/squatte
ou tout le monde se retrouve, on se croirait a la maison. Nous
faisons la connaissance d'Adrien, un jeune landais qui a prit
ses clic et ses clac il y a trois ans et vit d'artisanat qu'il
fabrique lui-même.
Les
églises des villages voisins de Tonantzintla et Acatepes
sont surprenantes. La première par son intérieur
remanie par les indiens. On y trouve des angelots métisses
avec des plumes sur la tête, des guirlandes de fruits tropicaux
et de maïs, des dorures à n'en plus finir, le tout
couvrant murs et plafonds. La seconde a une superbe façade
recouverte d'azulejos multicolores. Les siciliens battus à
plate couture!
Best of Eglise |
On
a d'ailleurs constate a travers toutes ces églises extraordinaires
visitées, qu'elles ne nous apprenaient pas grand chose
sur Dieu, mais beaucoup sur les hommes, ce qui est autrement plus
passionnant.
On
finit en haut de la pyramide de Cholula, la plus grande du pays
mais encore presque entièrement enfouie sous la colline
qui la recouvre, si bien qu'une église a été
construite au sommet. De là-haut, on aperçoit le
Popocatépetl ou Popo pour les intimes (5412m). Ce volcan
toujours en activité est surnomme " le volcan qui
fume " en raison des gaz qui s'en échappent continuellement.
Sa bien aimée, l'Ixtaccíhualtl " la femme endormie"
(5230m), se tient à ses cotes, les deux volcans représentant
d'après la légende la relation amoureuse entre une
princesse et un guerrier aztèque.
Jeudi
23 Février : La Malinche
Sophie
reste à Cholula a farniente tandis que Christophe, dont
les chaussures de marche le demangent, part en trek. L'ascension
du Popocatépetl étant rigoureusement interdite a
cause de son activité, il se rabat sur la Malinche (celle
à la robe bleue), fameux volcan éteint culminant
a 44854m. Levé à 5h30 du mat pour être au
pied du camp de base (3200m) a 10h00! S'ensuivent 3h30 d'ascension
au milieu des pins et des chardons. La derniere partie fut plus
penible sur les pierriers et la poussiere. De la-haut, tres beau
panorama sur le Popo et les neiges de l'Ixtaccihuatl. Pas un chat
durant toute la journee mis à part un bucheron croise sur
le chemin, une vraie communion avec la nature.
Le
soir, deux etudiants francais qui sont ici a demeure ont prepare
une reblochonnade pour faire gouter la cuisine des alpes aux Mexicains.
Quel parfum ! Ca nous rappelle de lointains souvenirs...
Vendredi
24 Février : Chiche !
On
traîne un peu " a la maison ", on dit au-revoir
a tout le monde et en route pour Veracruz. Bien entendu, nous
ne sommes pas les seuls à aller au carnaval pour le week-end.
Le prochain bus avec quelques places libres est à 17h30,
dans trois heures, ce qui nous fera arriver a 21h. Espérons
que d'ici la on réussira a contacter Luis, notre hôte
d'Hospitality club (réseau de personnes
qui vous accueillent dans leur pays
a charge de revanche
bien sur) qui reste injoignable, sinon il faut s'attendre a galérer
(un mois de préavis au minimum pour les logements pour
la periode du carnaval).
Tout
s'arrange, nous avons réussi a le joindre, il nous attend
et
il n'est pas seul. Quatre filles, deux mexicaines dont la soeur
de Luis et deux allemandes profs a Mexico, ainsi que trois autres
garçons, Arturo, celibataire trentenaire bon vivant, Bernardo
le fetard branche musique et un autre " chavo " sont
la aussi. C'est un squat étudiant genre garconniere. La
chambre qu'il nous propose est celle d'un de ses deux colocataires
parti chez ses parents. On vous laisse imaginer : paquets de cigarettes
vides, gobelets en plastique et cendriers pleins a rabord qui
traînent, sans parler du bordel général, des
chaussettes sales oubliées, des odeurs, de la poussière
et du lit
simple ! Bref un bordel agréable qui fait
qu'on se sent de suite chez soi. Et ça tombe bien puisqu'on
est la pour faire la fête et ils sont tous tres sympas.
Nous
sommes accueillis avec bière, chips, salsa et reggaeton
(melange de reggae muscle tendance rap sur fond de rytme latino)
a fond les ballons. La bouteille de Tequila apportee ne dura pas
longtemps. Christophe se " defile " au defi de vider
la moitié de la bouteille de Tequila cul-sec (gros manque
d'entrainement !) mais des réminiscences de soirées
étudiantes l'amenent a relever le défi suivant qu'il
est sur de tenir : courir une heure autour du pate de maison.
Il est déjà 3 h du mat, les cadavres s'amoncellent
et Sophie elle, est partie se coucher. Finalement ils seront trois
en course dont dos chavos y una chava, Alma. Coucher 4h30 sans
une galette ! |
Luis, Bernardo y las playeras del deportivo de la cruz azul y de los tiburones rojos
|
Samedi
25 Février : Le carnaval de Veracruz
Lorsque
Sophie se réveille a 9h00, certains sont déjà
(ou toujours) a la bière. A la lumière du jour,
on se rend encore mieux compte de l'état de la baraque.
Les deux salles d'eau ne portent pas leur nom pour rien. De l'eau,
y'en a partout par terre jusqu'à l'entrée de notre
chambre et, avec le passage, c'est plutôt de la gadoue.
Quant à la cuisine, des dizaines de " cadavres "
de bouteilles d'alcool sont posées pour " décorer
", les verres en plastiques et assiettes sales débordent
de l'évier, c'est crade et le frigo ne contient que des
bouteilles de bière. Christophe quant a lui, une larme
à l'il, retrouve avec nostalgie cette ambiance insouciante
et conviviale de ses jeunes annees (pas si lointaines que ca finalement
quand on a connu l'etat de son appart antes Sophie !).
Veracruz
est un port, un vrai, le plus important du Mexique avec ses bateaux
de pêche et ces énormes cargos. C'est ici que Cortes
accosta avec ses caravelles et entreprit l'invasion du pays. En
tous cas, c'est l'occasion de manger du poisson et le marche aux
poissons reste l'endroit idéal. Sur deux étages,
nous n'avons que l'embarras du choix. L'ambiance nous rappelle
celle des brasseries populaires des halles, et des joueurs de
marimbas (grand xylophone en bois originaire du Chiapas et du
Guatemala) viennent ajouter une touche d'exotisme. Le cocktail
de fruits de mers est compose d'huîtres, poulpes et crevettes
qui baignent dans une sauce ketchup vraiment pas terrible. On
les aurait preferes nature... Les crevettes à l'aïl
par contre sont très bonnes. Dommage que ce pays, qui dispose
d'excellentes matières premières, n'ait pas de cuistots
a la hauteur. Le résultat est parfois surprenant
Petite
promenade sur le malecon qui longe le port. On croise quelques
beaux spécimens de travestis, une des rares villes de ce
pays de machos ou ils peuvent se ballader sans risquer de se faire
massacrer ! Les vendeurs de souvenirs ont rivalise en matière
de mauvais goût comme sur l'île de Janitzio: bateau
en sable et coquillage, boule a " neige ", sac noix
de coco, La Vierge entourée de coquillages, le Christ plante
sur une croix de coquillages, chiens, grenouilles, tortues, souris,
toujours en coquillages parfois peints, etc
ça nous
rappelle les cadeaux qu'on faisait a nos mamans de retour de colo
lorsqu'on était petit. Avec beaucoup de retard, mille excuses,
vous pouvez maintenant les decrocher on vous en voudra pas.
Il
fait chaud (on est redescendu au niveau de la mer) et tout le
monde est sorti pour assister au défile. Les gens font
leur provisions de bouteilles de bières, certains ont des
choppes de 1,5 litres. Barbes a papa, maïs à la mayonnaise,
chips, ballons, colliers phosphorescents, casquettes et chapeaux,
et bien sur masques a paillettes, on trouve tout sur le malecon.
C'est la que va avoir lieu le défile. Des gradins sont
installes des deux cotes sur 8 Km ainsi que des podiums "
Sol " et " Corona " animes par des minettes en
short qui se déhanchent sur des rythmes latinos. En attendant
le départ, on pousse jusqu'à la plage de sable gris
qui ressemble davantage à une immense terrasse de café
avec tables et parasols. Certains se baignent, picolent et d'autres
ont plante leur tente. Un groupe de jeunes s'en est improvise
une avec des branches, une bâche et du scotch ! Le soleil
se couche et les spectateurs commencent à s'installer sur
les gradins.
Des
escadrons de policiers a motos, a pieds et a cheval déguerpissent
les derniers promeneurs, des hélicoptères balaient
le ciel de leur néons
un veritable show a l'americaine
! Ca va commencer
Quelques
45 chars et des centaines de danseurs vont défiler pendant
plus de deux heures. Quelques danseurs brésiliens, mais
surtout des salseros rythment la parade. L'influence cubaine est
ici tres importante, proximité oblige. Les chars sont assez
décevants : surtout publicitaires et sans grande recherche
décorative. |
Défilé nocturne
|
Apres
2h30, voilà que tout d'un coup les lampadaires s'éteignent
sans pourtant avoir constate la fin du cortège. La faim
commencant a nous tenailler et la fin approchant de toute façon,
nous suivont le flux en pensant trouver de l'ambiance. Petit arrêt
rôtisserie et les batteries pleines nous repartons. On se
retrouve finalement a nouveau sur le boulevard 40mn plus tard
pour constater que le défile a repris et n'est pas termine.
On s'attendait à voir des groupes de musicos à tous
les coins de rues et des danseurs un peu partout, et ben pas du
tout ! Deux énormes concerts sont organises mais en dehors
c'est plutôt mort, mis a par les gens bourres qui déambulent
entre deux puestos et ceux qui rentrent chez eux au milieu des
bouchons. A priori, la fête ça se passe dans les
discothèques. Voit pas l'intérêt. Le carnaval
s'eloigne de plus en plus de la rue et de son cote populaire.
On aura l'explication plus tard, depuis quelques temps, les politiciens
interdisent aux groupes de jouer dehors si bien que la rue devient
un repere de gens alcoolises et les touristes et les mexicains
friqués sont en boites. Le succès de l'événement
l'a malheureusement dénaturé.
Nous
n'avons pas reussi à retrouver toute la bande qui participait
au carnaval et nous n'avons pas la clé pour rentrer. Finalement
on arrive a joindre Luis au téléphone qui a fini
son job de " garde du corps " auprès des miss
Corona, il nous explique qu'ils vont aussi abréger la soirée.
Bernardo revient encadre d'Alma et de la sur de Luis toutes
deux complètement bourrées (paraît que c'est
a cause des tacos !). Les autres ne tarderont pas à rappliquer
non plus.
Dimanche
26 Février : Pasame la botella
A
notre réveil, les gars sont déjà debout,
mais comment font-ils ? Ils sont responsables de la securite des
danseuses sur le defile, mais aujourd'hui, ils se sont levés
pour rien : il pleut averse et le vent souffle fort, le défile
est annule. Sophie en profite pour rester sur l'ordi pendant que
Christophe se tape quatre heures aller-retour pour acheter les
billets de bus.
La
pluie s'est arrêtée même si le vent continue
de souffler fort, on part en soiree avec Luis et ses potes. Direction
la Caverna, une boite ou la moyenne d'age avoisine les 22 ans.
On fait peter les bouteilles de Tequila et Havana Club et c'est
partie pour une soirée aux rythmes endiables : latino,
reggaeton, salsa, merengue y bandas.... Otra otra noche otra....
Il est 19h30 et l'ambiance est deja tres tres chaude, les corps
se frolent, les regards changent et tout le monde danse. Par contre
attention, hors de question pour Sophie d'aller seule aux toilettes.
Elle doit etre escortée par Luis ou Bernardo. Paraît
qu'ici on laisse pas sa copine, on ne sait jamais ce qu'il peut
arriver
Dans le même esprit, quand un couple se ballade
dans la rue, la jeune femme doit toujours marcher cote mur du
trottoir, le cote route signifiant qu'on " offre " sa
femme
En tout cas, super soirée.
A
notre retour, en cadeau d'adieu, Luis et un de ses collegues nous
offrent les maillots de foot de leur equipe favorite. Nous sommes
tres touches par leur gentillesse et leur accueil, et les invitons
bien entendu a gouter l'hospitalite francaise des que possible.
Lundi
27 Fevrier : Vous venez quand vous voulez
"
Encore un matin
". Jean Jacques Goldman ! Sommes nous
déjà rentre en France ?...Ouf non, nous sommes réveilles
par la bonne vieille variété française que
nous leur avons transfere la veille. Sophie leur fait également
découvrir " Mexico" de Luis Mariano, totalement
inconnu au bataillon des mexicains. Aujourd'hui ce sera une journée
échange de musiques, nous completons notre discotheque
des titres mexicains du moment, morceaux de bandas (musique typique
d'ici), de salsa et de reggaeton.
Cette
fois, on se serre fort dans les bras et on se dit au revoir, notre
bus nous attend. Nous repartons avec, a nouveau, confirmation
de la sympathie des mexicains.
Rencontre
surprenante à la gare au milieu du capharnaüm post
carnaval
des mormons dans l'accoutrement " classique
" : femmes en robe longue avec dentelle, rubans et collerettes,
hommes en salopette et chapeau de paille !
Il
est 23h, nous arrivons à Villahermosa à 5h00.
Mardi
28 Fevrier : Maya Bell
On
a reussi a fermer l'oeil mais pas question de faiblir, on enchaine
a 06h00 avec 2h30 de bus pour rejoindre Palenque puis un collectivo
qui nous depose a Maya bell, un camping proche des ruines au milieu
de la jungle.
C'est
le rendez-vous des babas du monde entier, dread lockers et sosies
d'Antoine, ex-star des annees 60 reconverti en globe-trotter-opticien.
C'est un endroit tres sympathique: des cabanes en bois sur deux
etages accessibles par un tobbogan, des tentes ici et la et des
hamacs proteges par des palapas, des abris de paille adequats.
Ces derniers sont parfois " amenages " par des clients
en sejour prolonge. Ca ressemble un peu aux cabanes a la Robinson
Crusoe dont on reve enfant : un hamac pour lit, des caisses de
bois supendues pour les rangements et un rechaud dans un coin,
sans oublier la petite touche deco avec le mobile qui pendouille
a l'entree.
Question paysages, nous sommes à présent dans l'état
du Chiapas, la région la plus pluvieuse et la plus tropicale
du Mexique. Et, qui dit tropicale, dit végétation
luxuriante et climat chaud et humide. Ca nous change des paysages
arides traverses jusqu'a présent ou de la fraîcheur
des hauts plateaux volcaniques.
Le
Chiapas est aussi la région la plus " indienne "
du Mexique et comme par hasard
la plus pauvre. Alors que
les indiens représentent 10% de la population mexicaine,
ici ils sont 30%, principalement des Tzotziles, Tzeltales, Choles
et Lacandons, descendants des mayas pour la plupart. Dans certains
villages recules, ils ne parlent pas espagnol mais leur propre
dialecte. Le gouvernement n'a toujours pas reconnu la légitimité
de cette population indigène et exploite les nombreuses
richesses naturelles de leurs terres (pétrole, gaz, élevage,
café, maïs) sans en redistribuer les bénéfices.
C'est ainsi que 80% des enfants y souffrent de malnutrition, que
80% des habitants n'ont ni eau ni électricité et
que, par conséquent, nous sommes en territoire zapatiste
! C'est ici qu'est ne l'EZLN, Ejeccito Zapatista de Liberation
Nacional, avec a sa tête le célèbre commandant
Marcos et sa cagoule, aussi médiatique que le couvre-chef
a cornes de Jamiroquai.: " Nous autre indiens, nous étions
invisibles, il a fallu que nous cachions le visage pour que l'on
nous voie ".
|
Indigena
|
Apres
le montage de notre tente, nous reprenons le collectivo pour retourner
a la ville faire quelques courses et un petit tour sur Internet.
Puis petit footing de " décrassage " un peu dur
pour Sophie qui avait oublier ce que c'était, heureusement
elle sera récompense le soir même par un petit dîner
aux chandelles: une salade directement dans la casserole sur une
table de fortune (un cageot en carton) éclairés
de nos lampes frontales.
Mercredi
1er Mars : À ton avis, les trous, c'était
pour quoi faire ?
Le
site Maya de Palenque dont l'apogée se situe entre 600
et 700 après J.C, est encercle par la jungle. Une grande
partie est toujours enfouie sous cette épaisse végétation
et appartient encore pour longtemps aux royaumes des singes hurleurs,
dont les cris nous accompagneront tout au long de la journée.
Nous le visitons tranquillement et dégustons nos sandwiches
en haut de la pyramide de la cruz, avec vue sur le centre religieux
et le palacio.
Palenque
|
Nous
découvrons des endroits au sinistre passe : c'est dans
cette pièce qu'on arrachait les curs et les entrailles
des sacrifies destines a être manges par les chefs pour
leur procurer force, bravoure, etc
(y'en a qui croient encore
que les ailerons de requins font bander alors
). Et les
trous ? Ca servait peut-être a évacuer le sang
Sans
guide détaille, on est bien oblige de jouer aux devinettes
!
La
visite, vraiment agréable, se termine dans un cadre un
peu plus sauvage au milieu de douces cascades étagées.
Passage oblige au musée pour admirer des brule-encens magnifiques
et des écritures hiéroglyphiques très surprenantes. |
Fin
de journée à la piscine ou seul Christophe aura
le courage de se baigner dans une eau douteuse. Sujet du jour
autour du repas du soir : Que pourrions-nous apporter a ces civilisations
précolombiennes si nous remontions le temps tous les deux?
L'électricité, euh
comment on fait ? Le travail
des métaux
au fait, ça ressemble a quoi a
l'état naturel ? La roue ? Ca peut-être...
Jeudi
2 Mars : Une fois ça va, deux fois, bonjour les
dégâts.
Hier
culture, aujourd'hui nature, en route pour les cascades d'Agua
azul et les chutes de Misol-Ha. Quelques panneaux de l'EZLN jalonnent
le chemin : " Ici le peuple commande et le gouvernement obéit
". Info ou intox.
Info ou intox?
|
Les
eaux d'Agua azul, boueuses l'hiver, deviennent turquoises en avril-mai.
Nous avons donc la chance de voir des eaux limpides se déverser
en cascades sur un kilomètre. Nous les remontons jusqu'à
ce que l'on tombe sur les gardes forestiers en pleine contemplation.
Ils ont repere des chiens d'eau, ce que nous appelons des loutres,
en train de pêcher des poissons. Il y a trop de personnes
en bas pour les apercevoir, ici elles sont a peu près tranquilles.
Plouf ! Elles nous ont vu
Petite baignade revigorante pour
Christophe puis pique-nique au bord de l'eau.
Pour
se rendre aux chutes de Misol-Ha, c'est un peu plus la galère
: les bus qui passent reviennent sur Palenque complets. Une autre
solution consiste à faire de l'auto-stop. La deuxième
voiture, une camionnette plus exactement, s'arrête avec
trois hommes à l'avant. Ils nous offrent gentiment les
places arrière, à l'intérieur du chargement.
Nous acceptons. On n'avait pas réalise en montant dedans
qu'il n'y avait ni fenêtres, ni lumière et qu'on
serait enfermes de l'extérieur. Les échelles manquent
de nous tomber dessus a chaque virage et les fréquents
dos d'âne nous projettent a l'avant. On ne se sent pas très
bien sans repères visuels, Sophie hésite à
descendre. On commence à cogiter : si on avait un accident,
on serait bloques, t'imagines si ça prenait feu
et
ces types, ils pourraient nous enlever facilement, la région
du Chiapas n'étant pas réputée pour la sûreté
de ses routes
Par chance, on a sur nous notre lampe frontale.
Christophe, toujours alerte, entreprend de fouiller dans la sacoche
d'un des mexicains et épluche le portefeuille en quête
d'indices suspects
trois cartes de crédit, une carte
d'abonnement vidéo
La fourgonnette s'arrête.
On nous ouvre. Ouf, nous sommes arrives. Nous remercions nos "
kidnappeurs " et marchons vingt minutes pour rejoindre les
chutes.
Hautes
de 40 mètres, elles tombent a pic dans un bassin. On peut
aussi passer derrière pour aller dans la grotte et y voir
des fossiles incrustes dans la roche. Malheureusement, nous ne
les verrons pas. Sophie vient de réaliser qu'elle avait
oublie le guide à l'arrêt d'Agua azul a quarante
kilomètres de la. Merde, merde, et merde ! Ca fait le deuxième
qu'on perd (le premier ayant été laisse en offrande
dans une église à Taxco), et cette fois on n'en
a pas de rechange. Christophe ne s'avoue pas vaincu et décide
de retourner sur place. Sophie, déprimée, retourne
directement à Palenque. Le pauvre revient bredouille deux
heures plus tard. Tant pis, on vadrouillera dorénavant
a l'aveugle
Comme
tous les soirs, y'a de l'ambiance au camping. Les tables de resto
sont toutes occupées pour assister au concert d'un groupe
de ska mexicain. On retrouve la faune du coin, les vieux roots
aux dreadlocks leur chatouillant les reins, cette troupe de français
ayant retape un bus londonien pour présenter leurs numéros
de cirque a travers le monde, cet " Antoine " mexicain
a la barbe grise qui vendait des bracelets a Avignon l'été
dernier et
par le plus grand des hasards, les trois types
en train de manger à cote de nous sont
nos "
kidnappeurs "! On taille un peu la bavette et faisons plus
ample connaissance.
Au
moment de prendre la photo souvenir, dernière galère
de la journée : l'appareil photo ne fonctionne plus, l'écran
a du prendre un choc, il est fendu. Coño !
Avant
de se mettre au lit sous la tente, dans nos duvets qui perdent
leurs plumes, on se badigeonne d'anti-moustiques, ça fait
deux nuits qu'on se fait bouffer par les mosquitos, commence à
bien faire ! Bzzzz BZzzzzz
Vendredi
3 Mars : Campeche
Levés
6h30 du mat, démontage de la tente, combi, gare routière
de Palenque, six heures de route, la ville de Tabasco, deux films,
arrivée a Campeche, il est 14h00.
On
pose nos sacs à la Monkey guest house au pied du zocalo
avec vue sur la cathédrale. Nous sommes les seuls dans
un dortoir de cinq, cool.
Campeche
fut un port très souvent assiége par les pirates,
pillée régulièrement par tous les flibustiers
des caraïbes. C'est pourquoi une enceinte fut construite
pour la protéger. Ce fut la seule ville fortifiee du Mexique
dont la muraille soit restée intacte
. jusqu'à
ce qu'un élu la fit détruire en pensant y trouver
de l'or il y a cinquante ans !
Malgré
tout, elle gagne sa place de " Patrimoine de l'Humanité
". Son centre historique est une explosion de couleurs pastelles.
Les rues sont bordees de maison peintes de toutes les couleurs
et nuances. Les portes et fenêtres sont surmontes de chapiteaux
et de balcons en fer forge. Nous terminons la ballade par el maricon,
la promenade de bord de mer.
Au
resto, on découvre les " tamales ", sorte de
polenta onctueuse avec du poulet servi enroulée dans des
feuilles d'épis de maïs ou de bananier. Nous goûtons
aussi au " Pollas ", un cocktail muy rico a base de
lait, d'uf, de Rompone (creme de rhum), de vino Jerez, sucre
et cannelle. Hic !
Samedi
3 Mars : Le zocalo du samedi soir
Au
petit dej, on fait la rencontre de Laetitia, une suisse de 27
ans originaire du Congo qui voyage seule un an. Par bonheur, elle
a un guide en francais. Quelques 180 photocopies, une reliure
jaune histoire de ne pas le perdre une nouvelle fois et voila
notre nouveau guide! Reste à racheter un nouvel appareil
photo. Ce sera chose faite, le même en neuf.
Au
retour de notre petit footing entre le malecon et la forteresse
San José, nous trouvons le zocalo en pleine effervescence.
Jeux de loto collectif, spectacle de clown suivi d'une sorte de
karaoké géant, musique et nombre de gargotes ont
été installées. Les familles sont de sortie
comme tous les samedis. On descend se mêler à la
foule pour grignoter un bout. Y'a pas a dire, ce ne sont pas des
gastronomes : c'est degeulasse, pourtant elles avaient l'air plutôt
appétissantes ces salades de pâtes
Fin de soirée
devant une bière avec Laetitia.
Dimanche 4 Mars : Merida la musicale
Au
reveil, Sophie est couverte de piqures atteignant facilement le
nombre de 200 (si si, elle les a comptées !!), et ce ne
sont pas des moustiques cette fois, ce sont des puces ! Elles
ont elu domicile uniquement dans son matelas puisque Christophe
est indemne. Ca gratouille...
En
route pour Merida, baptisee ainsi par les colons espagnols du
fait de sa ressemblance avec sa consoeur europeenne. La capitale
du Yucatan ne fait pas dans la fantaisie, Mérida est composée
de " cuadras " delimitees par des rues quadrillees portant
des numeros. Notre guest Nest se situe donc dans la calle 67 entre
la 68 et la 70eme, en effet, pour encore plus d'efficacite, les
paralleles sont paires et les perpendiculaires, impaires.
La
ville n'est pas particulierement jolie mais nous sommes dimanche
et le zocalo est tres anime. Face à la monstrueuse cathedrale
qui le domine, de nombreux indiens derriere des stands d'artisanat
encerclent la place. De fil en aiguille, on se retrouve dans une
cooperative d'artisanat maya. Outre les epais tissus barioles
de couleurs vives, les moulages et les poteries, ils vendent des
hamacs, specialite de Merida. On savait qu'il en existait en coton,
trop fragiles et en synthetique, moins confortables. Nous découvrons
aujourd'hui ceux en " sisal ", une fibre naturelle provenant
du cactus alliant a la fois confort et resistance. Et c'est vrai,
qu'est ce qu'on est bien la-dedans ! Grave erreur de l'avoir teste,
du coup on craque pour un king size. On ne sait pas ou on le mettra
dans l'appart mais en attendant, il risque de nous etre utile
pour la suite.
Tous
les dimanches soirs, le zocalo est investi des danseurs de tout
age. D'abord un grand bal avec son orchestre qui fait danser les
plus ages, puis un peu plus tard, c'est la calle 60 qui prend
le relais. Des groupes enchainant salsa, cumbia, banda et merengue
rivalisent pour nous faire danser devant les terrasses de cafes.
Une ambiance de bal populaire qui se finit sans bagarre, les anciens
montrant sans complexe le pas aux jeunots. En France, il suffit
de pousser la sono un peu fort pour voir debarquer les poulets
prévenus par la coincée du 3eme, de vendre des bieres
à 1,5 euros pour que ca se finisse mal, sans oublier les
" loulous " qui en profitent pour foutre le bordel,
quel dommage! Ici, on apprecie vraiment beaucoup cette ambiance
festive et bon enfant.
Goza goza |
Lundi
6 Mars: En jaune et blanc
En
route pour Izamal à la decouverte du plus grand couvent
du Mexique construit par les Franciscains (vous vous souvenez,
les " mechants "). Le couvent San Antonio de Padua est
peint aux couleurs de ce charmant village, en jaune et blanc.
On dejeune sous les arcades (jaunes et blanches) du marche. On
teste les chilaquiles, des petites tortillas frites (donc bien
grasses) avec dessus poulet, tomates et oignons. D'une maniere
generale, quelques soit les specialites, on retrouve les memes
ingredients, ca a donc a peu pres le meme gout que les autres.
Soiree
plateau-tele devant " Double risque " avec T.Lee Johns
et Ashley Jude. On fait la connaissance du garcon qui tient la
guest durant la nuit. Il apprend le francais. Il sera tres content
de trouver enfin les paroles de " Aïcha " Ah, douce
France...
Mardi
7 Mars: Uxmal
Si
on veut visiter Uxmal, un des plus beau site maya avant que ne
se deversent les cars de touristes, il faut se lever tot : 5h15,
la tranquilite ca se paie. Il nous faut 1h30 pour arriver aux
portes du site qui ouvrent dans trentes minutes.
On
rencontre Anna et Tristan qui sont au Mexique pour deux semaines,
mieux renseignes que nous ils nous guideront au cours de la visite
du site.
Ici,
le dieu maya Chac a remplace l'aztec Tlaloc, mais tous les deux
représentent le même dieu de la pluie. Tres stylise,
il est represente de maniere tres geometrique avec un nez crochu
sur tous les monuments. On saisit l'importance de ce dieu par
le nombre de représentations sur les murs des temples et
pyramides, bizarre il est beaucoup moins populaire a Paris. On
retrouve bien evidemmment serpents, jaguar et perroquets. Pour
rester dans le bestiaire, le site est colonise par des iguanes
qui se prelassent au soleil et des centaines d'hirondelles qui
ont elu domicile a l'interieur des temples.
Locataire |
Chac chac chac |
Nous
apprenons enfin comment les mayas jouaient a la pelote, qui tient
d'ailleurs plus du basket que de notre pelote basque: par équipe
de six, il fallait faire entrer la balle dans l'anneau a l'aide
des hanches, des genoux, des coudes et du pied droit en faisant
attention a ne pas perdre la tete !
En
attendant notre bus, nous pique-niquons au bord de la piscine
d'un hotel proche du site. On goute aux mameys et zapotes, des
fruits inconnus jusqu'alors. Et c'est la panse remplie que nous
naviguons vers la ville de Mérida puis la charmante bourgade
de Valladolid.
Mercredi 8 Mars: Chichen Itza
La
guest est tres chouette, des couleurs partout, des hamacs dans
le jardin avec les sanitaires et une grande cuisine a l'exterieur
sous un auvent. Le dortoir par contre est une peu etrique et il
ne reste plus que les lits superieurs sans barrières (Sophie
qui a peur de tomber
)
Ce
matin, c'est maillot de bain. Le Yucatan est connu pour ses sites
archeologiques mais aussi pour ses " cenotes ". Les
cenotes sont des puits naturels, des grottes souterraines ou l'eau
pure provient de nappes phreatiques. La voute percee laisse entrer
les rayons de soleil qui illumnine merveilleusement les stalactiques
et l'eau turquoise ou nagent des poissons-chats. C'est aussi le
repere des hirondelles et des chauves-souris. Dans celle de Saluma,
les racines d'un arbre en surface plongent de quinze metres pour
effleurer l'eau. La plus celebre est celle de X-Keken, pas plus
jolie a notre avis mais plus tentante pour un petit plongeon et
Christophe ne se fait pas prier.
A
la sortie, nous decouvrons sans plaisir un minuscule zoo. Les
betes sont dans des cages ridiculement petites en beton et grillage.
C'est trop triste de voir ce pauvre jaguar dans quatre metres
carres et ce hibou effraye par les chiens errants qui se prend
les grilles en essayant de voler. Sophie, une fois de plus, n'hesite
pas a rassembler son espagnol pour dire au responsable ce qu'elle
en pense!
On repart en auto-stop en direction du site de Chichen Itza. On
n'est pas les seuls, des dizaines de cars sont parques devant
l'entree. Heureusement, le temps d'avaler quelques quesadillas
et ceux du milieu de matinee (les heures de pointe) sont repartis.
Vaste
centre maya entre les VII et IXe siècle, le site fut abandonne
au profit des Toltèques qui y ajoutèrent leur petite
touche perso. Comme beaucoup d'autres grandes cites précolombiennes,
celle-ci s´est aussi éteinte mystérieusement
Il
y a donc deux parties distinctes au niveau du style architectural,
l´ancienne partie maya caractérisée par des
partie droites et rectilignes et des sculptures hyper symbolistes
(t'es sur que tu vois un serpent la, c'est pas plutôt un
perroquet
) et la partie toltèque avec des formes
beaucoup plus réalistes et des contreforts inclines. L'influence
des belliqueux Toltèques ne se cantonne pas à leur
style architectural. De nombreuses sculptures ou fresques représentent
leur pratique des sacrifices humains pour satisfaire Tezcalipoco
(Miroir fumant), le dieu de la guerre et de la sorcellerie. Christophe
apprécie beaucoup le cote morbide des bas-reliefs avec
à foison scènes de décapitation, crânes
ou aigles mangeant des curs humains.
Ca,
du sang, il en a coulé par torrents dans ces temps là,
et des profusions de curs humains furent allègrement
arrachés. Sans parler des crânes brisés des
victimes sacrifiées aux jeux de pelote.
Les
Mayas, avaient initialement choisi une solution moins " sanglante
", et sacrifiaient leurs propre corps pour faire sortir le
précieux liquide, mutilant leurs mains, leurs poignets,
leurs organes génitaux, et compagnie. Ils avaient pour
habitude de ne faire des sacrifices que quand c'était strictement
nécessaire (après les récoltes
) et
uniquement du sang le plus pur car il s'agit de nourrir les dieux.
Les
vrais méchants étaient les Toltèques qui
sacrifiaient a tout va. On retrouve cette différence entre
les peuples mayas et toltèques pour l'issu du jeu de pelote.
Pour les premiers on sacrifie le capitaine de l'équipe
gagnante pour la pureté de son sang, et pour les seconds
c'est toute l'équipe perdante. Chitzen Itza possède
d'ailleurs le plus impressionnant terrain que nous ayons vu jusque
la et de nombreux autres trésors architecturaux, pyramides,
observatoire, bains thermaux etc
|
Pelote
|
Les
Aztèques quant à eux étaient encore pires
avec leurs sacrifices en masse de prisonniers de guerre. Au fond,
à quoi servirait la guerre si ce n'était pour faire
quotidiennement provision de prisonniers tout frais ? Une fois,
20 000 d'entre eux furent sacrifiés en une fois au Temple
Mayor de Tenochtitlan.
Nous
trouvons aussi a Chitzen Itza une large fosse naturelle représentant
pour les mayas, une porte sur l´inframundo. C´est
dans ce puit sacre qu´étaient sacrifies les enfants
pour leur pureté. Comme il y a deux mètres de boue
dans le fond, les corps ne remontaient jamais, ce qui confirmait
qu´ils avaient accède a une nouvelle existence. Des
dizaines de crânes et des parures d´apparat y ont
été découverts.
Nous
patientons une heure avant que ne débute le spectacle de
son et lumières. Le plus étonnant est la reproduction
d'un serpent sur l´escalier de la pyramide. Au moment des
équinoxes de mars et de septembre, grâce a l'effet
conjugue de l'ombre et du soleil au moment ou il se couche, un
serpent se dessine quelques heures par jour pendant une semaine
On reste admiratif devant les connaissances en astrologie que
possédaient ces civilisations.
Jeudi
9 Mars : L'Urban Hostel
On
passe une bonne partie de la journée dans le car pour rejoindre
Playa del Carmen.
Pas
facile de trouver une guest qui nous convienne dans cette place
pourtant touristique. Les deux premières proposaient des
dortoirs géants non mixtes. Christophe s´est fait
prier sans manière de sortir de la chambre des femmes et
de toquer à la porte s'il désirait me parler. Non
mais, qu'est ce que c'est que ces manières alors !!!
Nous
atterrissons finalement a l´Urban hostel, petite guest en
rénovation depuis le passage de l'ouragan Wilma qui a volatilise
son toit. Pour décrire cet endroit atypique, nous citerons
le Guide du Routard : " Il y règne un doux capharnaüm
et on y fait des rencontres enfumées
", et c'est
un euphémisme ! En effet, il ne faut pas regarder de près
le ménage, les toilettes font face aux tables de la salle
a manger (bonjour l'intimité), la cuisine est crado, c'est
le bordel le plus complet, il n'y a que deux casseroles et le
dortoir est une enfilade de lit superposes en béton colles
les uns autres (re-bonjour l'intimité). A part ça,
c'est le rendez-vous des squatteurs, des jeunes un peu paumes
(une allemande de 18 ans qui y a élu domicile depuis trois
semaines a sa photo dans le journal du jour; ses parents sans
nouvelles avaient donne l'alerte), et des fumeurs de joins (y'en
a un qui se fait son trip techno transe tout seul devant son poste).
Mais bon, l'ambiance " destroy " est conviviale et les
deux jeunes gérants sont très sympathiques.
Quelques
courses avant de se faire un petit apéro vin très
apprécie et c'est parti pour la fiesta. On ne savait pas
où étaient les 80% de touristes nord américains
du Mexique, aye ! On les a trouves, ils sont la, entre Playa et
Cancun. Il en deborde de tous les bars. Première destination,
le blue parrot sur la plage où règne une ambiance
R&B special spring break. On est cependant loin des minettes
des clips R&B mis à part la vulgarité. Ici il
sont tous blancs avec surcharge pondérale, et ils dansent
comme des étudiants de math sup a Louis Le grand. Enfin
bon, il ne faut pas cracher dans la soupe. Playa del Carmen (et
Cancun à un niveau supérieur) est l'endroit idéal
quand on a entre 18 et 25 ans, célibataire, et qu'on veut
comme Popeye " accumuler les kilos "
On enchaîne
avec le Mambo, déjà un peu plus couleur locale avec
son groupe latino, qui a malheureusement fait place a de la variété.
Enfin, la soirée se termine à la Santanera, une
after electro. Le jour se lève, il est temps d'aller se
coucher
Vendredi 10 Mars : Tranquilo
Lever tardif, pas la patate pour faire autre chose que plage. Jogging décrassage en fin de journée a l’initiative de Christophe (cela va sans dire). A la guest, on fait un peu plus connaissance avec la clientèle du lieu : Derick, un instructeur de plongée belge fumeur de hachisch, une barcelonaise proche de la quarantaine et junkie, un français la cinquantaine sans doute ex-baba cool si l’on se refere a sa longue chevelure grise et a l’intervalle de temps entre deux pétards, et une mexicaine somme toute « normale »...
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Vamos a la playa oh oh oh oh |
Samedi 11 Mars : Les cenotes
La sortie en mer prévue est annulee en raison de la houle. Avec Audrey et Nicolas, jeune couple chti-parisien, on se reporte sur les cenotes ou « dzonot » (puit sacre) comme l’appelaient les mayas. Nous en avions déjà touche un petit mot à Valladolid et Chitzen Itza., voici la grande histoire de ces grottes immergées uniques au Monde : il était une fois, il y a 65 millions d’années, une météorite qui régla son compte aux dinosaures et qui fit émerger la péninsule du Yucatan tout en créant dans ses sols calcaire le plus vaste réseau de rivières souterraines au monde. On trouve donc dans ces rivières de l’eau douce en surface et de l’eau de mer en dessous (la densité est plus importante). Plus on s’éloigne de la cote plus cette ligne de démarcation est profonde. Pour en revenir aux cénotes, ces trous sur l « inframundo» se sont crées avec le poids de la végétation en surface, quand l’eau se retirait. CQFD ! L’attrait pour les plongeurs pour ces grottes résident dans les jeux de lumière et les paysages sous marins.
Le seul petit hic, c’est qu’il faut explorer la caverne dans une semi obscurité muni de lampes, et surtout…on a un toit au dessus de la tête. En cas de panique, on ne peut pas remonter, il faut d’abord sortir du tunnel. Le cavern diving impose néanmoins des règles strictes : il faut toujours apercevoir la lumière du jour, rester a dix mètres maxi de la surface a la verticale et a 30 mètres de la sortie d’un tunnel.
Cela ne suffit pas à rassurer Sophie qui, après le troisième essai, déclare forfait. De son cote, Christophe ressort enchante de sa plongée : les rayons lumineux, s’engouffrant entre des stalagmites et dans des grottes, créent une palette de bleus, de verts et blancs fabuleuse. Des traces d’anciens foyers montrent que les mayas venaient jadis y brûler leurs morts quand l’eau n’immergeait pas la caverne. Les cenotes étant les seuls points d’eau douce, ils ne pratiquaient pas de sacrifices pour ne pas la souiller (excepte a Chitzen Itza pour son caractère sacre).
Le soir, nous retrouvons Audrey et Nicolas pour boire un verre. Ils n’ont que deux semaines pour profiter des merveilles du Yucatan et 12 heures de travail par jour les attendent à leur retour. Nous prenons conscience de notre chance et les motivons à franchir le grand pas…
Dimanche 12 Mars : France 31 Angleterre 06
La mer toujours agitée à Playa nous oblige à prendre le ferry pour rejoindre l’île de Cozumel. En longeant l’île sur le bateau du club de plongée local, on constate les dégâts causes par l’ouragan Wilma en 2005: bateaux en réparation, habitations écroulées et surtout, les arbres sont complètement détruits, plus une feuille ne subsiste. Evoluant a une vitesse de deux Km/heure avec des vents de 400 km/h (soit deux fois plus forts que ceux de notre tempête de 1999), pas étonnant que ça « décoiffe ».
Sous l’eau, la visibilité est excellente. On constate que les coraux sous-marins, eux aussi, n’ont pas été épargnés malgré quelques beaux restes. Nous découvrons les mêmes poissons vus aux Maldives en bien plus gros, ils sont énormes ces poissons-anges, et ne parlons pas des mérous!
Sur le chemin du retour, nous avons une extraordinaire visite : des dauphins qui nous devancent a l’avant du bateau.
Lundi 13 Mars : Rupture
Nous ne l’avions pas écrit dans le carnet mais nous avons vécu une rupture de deux semaines à notre arrivée au Mexique. D’un commun accord, nous avions décide de continuer la route ensemble puis les choses se sont arrangées. La proximité n’a jamais facilite les ruptures. Malheureusement, cela fait déjà plusieurs jours que l’entente entre nous n’est plus au beau fixe. Trop de pression, de désaccords, de manque d’oxygène, bref, nous avons pris la décision de nous séparer et, cette fois, de prendre des chemins en solo. Comme l’a si bien dit Nicolas Bouvier, « On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. »
Pour la suite du carnet, nous présenterons donc nos parcours respectifs l’un a la suite de l’autre. Pour des raisons personnelles, comme vous pouvez l’imaginer, nous ne ferons pas étalage de nos états d’âme respectifs.
Lundi 13 mars : Tulum
Je décide de partir pour Tulum. Je m’installe à la Weary traveler guest house dans le village, je ne me voyais pas dans ma cabane seule au bord de l’eau. Il y a du monde, ça à l’air sympa même si les installations sont plus que précaires. Je tombe dans une chambre de mecs sans un casier pour mettre ses affaires. Le lit superpose est bringuebalant, le matelas en mousse de 5 cm d´épaisseur ne suffit pas a amortir les barres de métal du « sommier » et il n’y a pas d’échelle pour grimper. Il n’y a qu’un toilette ferme par un rideau et juste une douche commune situes dans la salle Internet et vidéo a proximité des autres voyageurs.
Je rencontre Benoît, français, instructeur de plongée a Playa del carmen qui m’explique pour la enieme fois le vidage de masque puis de Claire une française qui attend comme moi la navette pour aller a la plage. Du coup, nous passons la journée ensemble.
On the beach |
L’eau de la mer des caraïbes est excellente. Petite pause déjeuner sur le resto de bord de mer avec deux japonaises.
Je décide de visiter le site de Tulum en fin de journée. C’est un peu décevant après tout le bien qu’on m’en avait dit. Sur le chemin du retour, on me propose à deux reprises de me ramener au village sans même avoir fait du stop. C’est en scooter que je rentre à la guest.
Le mexicain de la réception me prend en amitié et m’offre une bière. Claire est partie dîner avec Michel un français de 52 ans qui voyage plusieurs mois. Nous faisons la connaissance de Sebbastion, un américain très effémine, un peu « folle » sur les bords. Il passe un niveau de plongée et travaille dans l’esthétique et les massages. Il est très « extravagant ».
Mardi 14 Mars: Xel-ha, l’arnaque
Petit déjeuner sympa, fruits, pancake etc…
Je vais louer masque et tuba pendant que Claire achète à manger. Nous prenons le collectivo pour Xel-Ha.
L’entrée est super chère. C’est un parc d’attraction à la Disneyland sauf que les attractions il faut les chercher. La rivière à descendre en bouée est pitoyable. Tout le monde avec un gilet de sauvetage sur le dos tente de ramer avec les bras pour pouvoir avancer, c’est risible. Quand au snorkelling, il y a bien plus d’américains dans l’eau que de poissons. Les plus gros sont la uniquement car ils sont nourris. Remarque, quel poisson se plairait dans cette piscine a touristes ? Par contre tout est fait pour dépenser son argent : passage par la boutique obligatoire, photo sur la bouée ou avec les perroquets, etc… C’est lamentable.
Au retour, je m’aperçoit que j’ai oublie masque et tuba dans le collectivo qui est déjà reparti depuis dix minutes. Claire m’accompagne pour tenter de le retrouver. Un chauffeur passe un appel général et bingo, il est toujours dedans. Je le récupère dans deux heures à son retour de Playa del Carmen ainsi que ma caution de 200 pesos.
Avec Claire et Michel, nous faisons un petit tour sur la place ou il y a une sorte de fête foraine permanente et un concert. Sebbastian nous accompagne ainsi que Moritz, un allemand qui vient d’arriver. Nous croisons aussi les deux japonaises. La fête commence sans doute plus tard, seuls trois types bourres ont pris possession de la piste de danse décorée de fanions colores.
Au retour, Sebbastian me fait un super massage a base d’étirements et de points d’acupressure. Un peu douloureux mais excellent
Mercredi 15 Mars : Fiesta a la guest
Pour me défouler, ce soir, j´organise une petite soirée a la guest. On achète une bouteille de rhum Havana, coca et jus, on branche l’X-drive et en avant la musique. Michel, Claire, Sebbastion, Moritz et moi nous déhanchons sur les rythmes années 80. Puis commence le cours de salsa auquel nous participons, c´est très sympa. On termine la soirée dans un resto-concert. Il fallait vraiment que je sois « alcoolisée » pour danser sur du reggæ. Nous envahissons la piste de danse qui était vide avant notre arrivée.
Jeudi 16 Mars : Monokini
Ce matin, nous partons à la plage avec Claire, Moritz et Sebbastian. Comme tous les lendemains de fête, pas le courage de faire grand-chose, juste assez pour baignade, bronzette et lecture. Seul fait marquant de la journée : on se serait cru dans un gag lorsque Sebbastion a ôte son short pour se mettre en maillot de bain: en dessous il avait un…string. Puis il est parti se baigner en se dandinant avec ses petits bourrelets qui dépassaient du string. Quel phénomène !
Le soir à la guest c’est soirée spaghettis, quelques petites courses puis on s’y met tous ensemble pour cuisiner. Deux « nouveaux » se sont joint au groupe, Matthias et Carol originaires d’Allemagne.
L’ambiance dans la cuisine est très conviale et las pates excellentes ! |
Soirée pâtes |
Vendredi 17 Mars : One more night
Avec Sebbastion, Claire et Moritz, on décide d’aller a la caleta Yac-mul. On prend le collectivo puis on se fait prendre en stop par un américain super sympa. L’entrée est payante mais on réussit à esquiver en passant par la mer. Je glisse et me blesse sous le pied, fais chier ! Le cadre est très chouette et y’a pas trop de monde. C’est une petite crique à l’eau limpide et tranquille. Les groupes de touristes avec gilet de sauvetage se sont pointes un peu plus tard. De Snorkelling en discutions, je décide de rester ce soir avec eux pour la beach party.
Caleta Yac-mul |
Le problème c’est qu’il faut rentrer à 15h si je veux changer mon billet. On galère un peu mais deux jeunes américaines nous prennent en stop et nous dépose a la route principale. On traverse à toutes bombes pour chopper le collectivo, c’est alors qu’un accident a lieu entre les américaines qui ont voulu couper la route pour faire demi-tour et un taxi qui arrivait. Pas de blesses mais l’avant des voitures sont complètement défoncés. Ils descendent tous pour les aider, moi je dois aller a la gare. A mon arrivée, quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur Sebbastion qui m’attendait puis sur Christophe qui prend son car. Le mec du guichet m’explique qu’il n’est pas possible de changer le billet, il faut le revendre dans l’heure qui vient ou bien c’est perdu. Je dois quand même me doucher puis me préparer au cas ou. Bingo, le billet a été vendu, je reste ici ! On décide de se faire une bouffe ce soir, ce sera spaghettis. Courses avec Sebastian et Matthias, un allemand de 39 ans arrive hier a la guest puis préparation du repas tous ensemble pendant l’apero. C’est vraiment sympa cette ambiance.
Les pâtes sont au goût de tout le monde. Le cours de salsa va commencer, c’est l’occasion de faire une petite démonstration avec Matthias qui a appris à Cuba. Direction la Véranda sur la plage. Le cadre est super, terrasse avec bar et piscine avec vue sur la mer et la lune qui s’y reflète. C’est d’abord un concert de percussions puis techno lounge.
Claire après avoir disparue un bon moment revient les cheveux mouilles : elle a fait un bain de minuit avec Maurice et même plus… Comme je devais partir aujourd’hui, je suis SDF. Claire me prête son lit, elle dormira dans le lit de Moritz.
Samedi 18 Mars : Adios amigos !
Je suis réveillée par le « franglais » France profonde de Michel. Dernier petit déjeuner. Mathias me propose de partir cette après-midi avec moi après sa plongée, j’accepte. Tout le monde se prépare à partir, j’ai les boules. Claire et Moritz partent ensemble à Cancun. On espère bien se revoir plus tard car nous avons passe de bons moments ensemble.
Mathias a failli rater le bus, il est arrive in-extremis. Arrives, il nous reste a changer des dollars, acheter le billet pour demain et faire quelques courses.
On degotte une chambre pour deux au José Luis hôtel. On y retrouve ... Michel. |
Michel |
| CHRISTOPHE (toujours à Playa del Carmen) |
Lundi 13 mars : Tulum
La mer est agitée, mais les clubs de plongée ont fait pression pour lever l’interdiction du port de sortir en mer. Bilan : trois personnes malades sur huit plongeurs, inutile de vous dire que les poissons ont été bien nourris…
Le site à découvrir aujourd’hui s’appelle Tortuga, et comme son nom l’indique on peut y voir des…tortues. Soit plus d’une quinzaine au total, ainsi que trois belles raies. Une fois sous la houle, comme on dit par ici, un buceo de puta madre !! (qui ne signifie pas ce que la traduction litérale laisserait entendre...)
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Tortuga |
La route côtière vers Tulum est une succession de complexes hôteliers plus gigantesques les uns que les autres, certains pouvant accueillir jusqu'à 3000 touristes! Certes on ne voit pas grand-chose du Mexique quand on descend ici pour une semaine, mais pour se reposer d’une vie stressante à l’occidentale, c’est la formule idéale dans un cadre de rêve. Et finalement, le Yucatan réussit son pari en conciliant les différentes formules: entre Cancun et Playa, c’est fiestas a gogo ; en descendant sur Tulum familial et relaxant ; et au sud, des plages désertes et des infrastructures un peu plus roots. Pourvu que les premiers n’avalent pas le troisième…
J’arrive le soir et après une heure de marche avec tout mon barda, je me pose directement sur la plage, à « El mirador ».
El Mirador |
La vue sur la plage et les cocotiers est superbe, par contre, le confort de la « cabaña » en bois est plutôt spartiate : le vent fait claquer la porte tenue par une simple cordelette et siffle a travers les rondins de bois. J’installe mon hamac a cote de ceux de Tony, new-yorkais échoué ici depuis quelques mois, et Franck, un allemand qui vient de quitter son job pour des vacances prolongées. Quelques canettes et conserves de « frijoles » gisent ci et la, entre les noix de coco fendues et les monticules de sable, mais le panorama idyllique et les senteurs marines me font vite oublier ces petits déchets. La mer n’est qu’à quelques mètres, je me laisse bercer par le resac tandis que la fatigue de mes dernières plongées m’achèvent dans mon confortable hamac. |
Le paradis... |
Mardi 14 mars : Mr Bean…
Levé avec la lumière du jour, p’tit dej sur la plage déserte. Je réussis à m’arracher de ce spot de farniente idéal pour aller visiter le site de Coba. J’ai besoin de me changer les idées, et quoi de mieux qu’une bonne vieille citée maya a quelques heures de route.
Full moon party |
Encore enfouie sous la jungle, on se prend a jouer les Indiana Jones en s’aventurant sur les sentiers qui se perdent profondément dans la foret. A la sortie du site, je découvre deux crocodiles bronzant au soleil, je comprends a présent pourquoi personne ne se baignait dans le lac malgré la chaleur étouffante.
Ce soir c’est full moon party sur la plage, mais avec Franck, on est plutôt d’humeur « discute » autour d’une bonne boite de frijoles, allongés dans nos hamacs. Et les fayots, ça crée des liens, il part demain pour le Belize et nous décidons de nous retrouver au Guatemala pour faire un bout de route ensemble. |
Mercredi 15 mars : Linda Angelita
Ceux qui me connaisse auront sans doute émis quelques réserves sur la fin du chapitre précédent. Je dois reconnaître que je n’ai pas sacrifié la full moon party uniquement a cause de la soirée frijoles et sur l’autel de la chère union franco allemande, mais surtout parce que deux belles plongées en cénote m’attendaient ce matin, notamment Angelita. On descend dans un puit de 60 m jusqu'à 40/45m. Le côté exceptionnel de cette plongée réside dans la couche de souffre délimitant l’eau douce de l’eau salée, plus dense. En approchant les 30/35m, on découvre un manteau neigeux, et des « brumes liquides » enveloppant les arbres morts venus se perdre dans ces profondeurs. Le spectacle est saisissant. Malgré nos lampes, nos corps disparaissent dans cette couche opaque pour resurgir quelques mètres plus bas dans l’eau salée, avec à nouveau une visibilité correcte. A la remontée, on s’imagine dans un film d’horreur de 2eme partie de soirée sur M6, nos silhouettes renaissant des brumes de l’inframundo maya.
Angelita |
De retour al mirador, je profite de ma plage de rêve pendant l’après midi, la mer descend tout doucement sans laisser la moindre trace, je m’assoupis...
Jeudi 16 mars : Coquillages et crustacés…
Petit footing aux aurores le long de la plage au milieu de quelque touristes faisant leur gym, leur yoga ou savourant une saine lecture matinale. Mon bus pour la frontière part très tôt le lendemain matin, je déménage donc à regret pour une guest en ville en fin d’après midi.
Un festival maya célébrant la récolte du maïs se tient en ce moment en ville, ce sera l’occasion d’aller taper quelques pas de danses. J’en profite pour sympathiser avec un prof de salsa avec qui nous échangerons musiques et vidéos. Chevere !
Vendredi 17 mars : Chetumal
Bus pour Chetumal, ville sans charme proche de la frontière du Belize. Je rencontre Lisa, jeune hollandaise de 18 ans. Avant de s’attaquer a des études de psy, elle a décidé de fêter en solo son « baccalauréat » en Amérique centrale pendant quelques mois. Nous ferons la route ensemble jusqu'à Flores au Guatemala.
Samedi 18 mars : Mexique-Belize-Guatemala
Apres 2 mois, l'aventure mexicaine touche a sa fin. On traverse la frontière avec un racket réglementaire de 100 pesos, dernier souvenir d’un pays réputé autant pour sa tequila que pour sa corruption. En accostant le Belize, le contraste est saisissant, on a presque l’impression de changer de continent : la langue de Shakespeare a triomphé de celle de Don Quijotte, les peaux se sont noircies avec l’arrivée d’esclave jamaïcains au XVII eme siècle, et la culture Garifuna dégouline dans toute les rues. Histoire de mettre les choses vraiment au clair, à peine passé la frontière, le chauffeur troque sa cassette de salsa contre une compile de reggae. No woman no cry…
Un peu plus tard, quel ne fut pas ma surprise de voir monter dans le bus trois couples blancs, la cinquantaine, coiffés de chapeau de paille, arborant tous chemise à carreaux et salopettes à larges bretelles. Quant aux femmes, elles portent avec allure les dernières robes printemps/été, collection « la petite maison dans la prairie ». J’appris par la suite qu’il s’agissait des mormons du Belize, les mennotites. Leurs grands-grands-grands…parents ont quitté l’Allemagne au XVIeme siècle pour revenir a un protestantisme plus pur. Ils vivent maintenant quasiment en autarcie.
Le dépaysement sera de courte durée puisque, quelques heures plus tard, nous quittons cet îlot de langue anglaise pour retrouver une terre hispanique, le Guatemala. Apparemment, plus que la langue, l’identité commune a ces pays hispanophones d’Amérique centrale semble être la corruption : comme au Mexique, le douanier essaye de nous soutirer quelques dollars. Faut pas pousser le bouchon (ni mémère dans les orties !), cette fois, je gueule : demande de reçu, discours classique « je suis déjà passe la semaine dernière j’avais rien paye, ça fait 5 ans que je fais des aller retours entre les deux pays » etc… finalement j’obtiens mon coup de tampon, « gracias, muy amable señor ».
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