Sesame
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Mardi 22 Novembre: "Hare Krishna"
Devant le comptoir de l'immigration, nous faisons la rencontre d'un
groupe de touristes retraites réussissant l'exploit de visiter
le Rajasthan, Varanasi et la vallée de Kathmandou en 14 jours
dont 4 réservés aux transports, bravo Jet tour! Intrigués
par le nombre de visas figurant sur nos passeports, ils sont très
curieux d'un tel voyage. Etrangement ce qui les impressionne le
plus c'est de ne pas savoir où l'on va dormir le soir sans
réservation. Dans le lot, il y a bien évidemment le
vieux bougon désagréable qui nous lance indirectement
des " Pauvre France
-
A notre époque on pensait d'abord a la carrière,
aujourd'hui ils pensent aux loisirs!" Réponse du berger
à la bergère, Sophie lança :
- "En attendant nous on n'aura peut-être pas de retraites
pour s'offrir des voyages quand on sera vieux!
- c'est ça et bientôt c'est les retraites qui paieront
votre retraite!
- de toute façon y'en a toujours un comme ça dans
les voyages organisés" clôtura Sophie en faisant
rire l'assemblée.
A la sortie de l'aéroport de Varanasi, nous sommes harcelés
par les taxis. Les prix sont bien sur revus à la hausse et
certains n'hésitent pas à rajouter des suppléments
pour les bagages, pour la personne supplémentaire, pour la
clim et encore plus fort parce que la voiture est neuve et confortable!
(Et pourquoi pas parce que le chauffeur s'est rasé ce matin
tant qu'on y est ?!) Finalement, nous sortons de l'aéroport
pour en prendre un directement dans la rue. Des types s'immiscent
comme intermédiaires et il faut batailler pour imposer notre
prix. Il faut reconnaître que ces taxis blancs à l'allure
de vieilles voitures coloniales ont de la gueule, ce sont des Ambassador.
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Pour atteindre le bord du Gange ou se trouvent les guest,
nous devons ensuite prendre un rickshaw et la, ça
commence a ressembler a l'image qu'on avait de l'Inde, le
bruit et la poussière sont la. Entasses comme deux
sacs a patates a l'arrière avec nos énormes
sacs a dos sur les genoux, nous devons nous tenir mutuellement
pour ne pas tomber a chaque nid de poule. En haut des maisons,
des singes bondissent et nous croisons quelques vaches au
milieu de cette circulation anarchique que l'agent gesticulant
sur son rond-point serait bien incapable de déloger.
Leur fâcheuse tendance a se mettre au milieu de la
route s'expliquerait par leur goût prononce pour les
courants d'air provoques par les véhicules
ça
chasse les mouches ! Cela pose tellement de problèmes
de circulation que l'Assemblée a vote une loi en
2004 autorisant les policiers à les chasser avec
de légers coups de bâtons.
Nous arrivons au coucher du soleil à la Vishnou resthouse.
Il y avait peu de chance de trouver une chambre mais la
dernière vient de se libérer, cool. La terrasse,
pourvu d'un petit temple (sans doute dédié
à Vishnou) est très agréable et donne
sur le Gange. Des cerfs volants se partagent l'horizon et
des chants sacrés commencent à s'élever
dans les airs. Ajouté a cela un "Hare Krishna"
psalmodié en boucle pendant 40 mn et vous obtiendrez
une
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Mais
que fait la police ?
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ambiance
complètement irréaliste. Bon ben la, on est en plein
dedans. Cela inspire Sophie qui "croque" le profil de
Christophe (assez ressemblant d'ailleurs). A peine arrivés
que nous sommes déjà sous le charme de cette ville.
C'est aussi l'heure ou les routards de la guest rentrent au bercail.
Nous faisons ainsi la connaissance d'Aurélien, Fred, Aurélie
et Jihane.
Si la "Vishnou" est plutôt bonne enfant, le confort
des chambres y est très sommaire. Deux énormes lézards,
des geckos, la partagent avec nous tout comme les chiens qui hurleront
sous nos fenêtres une bonne partie de la nuit.
Mercredi 23 Novembre: Le Nirvana
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Nous sommes réveillés vers les 04h30 par
l'imam du coin, puis a 5h30 par des tintements de cloches
et enfin, pour que l'orchestre soit complet, a 06h00 par
ce qui pourrait ressembler a une partie de tennis engagée.
Pourtant y'a pas de terrain dans le coin...nous découvrons
en ouvrant les fenêtres qu'il s'agit des lavandières
en train de battre leur linge dans le Gange. Nous les
regarderons le temps de prendre notre petit dej' sur la
terrasse.
Nous commençons par visiter le Chowk, le vieux
quartier qui longe le Gange. Il est facile de se perdre
dans ce labyrinthe de ruelles tortueuses. Elles sont si
étroites que voitures et charrettes ne peuvent
circuler, ce qui n'enlève rien a l'animation qui
y règne. Petits commerces, mangoustes et singes,
souris et vaches sacrées mangeant les détritus
jetés a même le sol, gargotes, buffles gênant
notre passage, odeurs nauséabondes succédant
a de divines effluves de masala et d'encens puis surtout
chiens galeux a tous les coins de rues, sans oublier les
bouses et autres déchets (étant donne qu'il
n'y a pas de ramassage d'ordures, ce sont les animaux
qui s'en chargent). Tout y est ! Le plus saisissant reste
de tomber nez à nez avec le corps d'un défunt
que sa famille conduit en cortège au lieu de crémation...
On a comme le sentiment de déambuler
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Lessive
collective
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dans une ville moyenâgeuse, Villon se serait régalé
de ce spectacle. Les hommes ont souvent une écharpe autour
de la tête à la manière d'une rage de dent
ou les cheveux (et même barbe et moustaches) teint au henné
orange
!
Au détour d'une ruelle, nous arrivons au Golden temple,
le temple le plus sacré de la ville suppose contenir le
lingam de Shiva (le symbole de Shiva étant un lingam, le
principe mâle enfonce dans un yoni représentant le
principe féminin). Aucun profane n'est autorisé
à y pénétrer. A l'entrée de la ruelle
d'accès au temple, chacun, indien comme touriste, est fouillé
obligatoirement par des militaires armés. Comment dans
de telles conditions, Sophie a-t-elle réussi à y
entrer et ressortir avec la tika sur le front et une cordelette
de longue vie autour du poignet? Un vieillard gardant les chaussures
à l'entrée lui a juste demande de les ôter,
et c'est seulement au moment de ressortir qu'on lui a fait remarquer
le panneau d'interdiction "temple exclusivement réservé
aux hindous". Personne n'a eu l'air surpris de sa présence
a l'intérieur, la suite du voyage nous confirmera que les
indiens sont d'une extrême tolérance a ce niveau-là.
Nous terminons la ballade par les bords du Gange ou se trouvent
les ghats, les marches d'accès au fleuve sacré.
Le plus important est le Manikarnika Ghat. C'est en suivant un
cortège funéraire que nous y sommes arrivés.
Sur une plate-forme bordée sur trois cotés par le
Gange, brûlent une dizaine de bûchers. Le voeu le
plus cher de tout hindou est que son âme monte au ciel par
la grâce du feu. Il espère ainsi échapper
au cercle sans fin des renaissances pour accéder directement
au stade suprême: le nirvana. Des barques chargées
de tonnes de bois sont amarrées et des hommes déchargent
les bûches toute la journée. Un corps met trois heures
à brûler et nécessite 350 kg de bois. Non
loin de là, des stèles de sati évoquent le
sacrifice des veuves qui s'immolaient vives (de façon plus
ou moins consentie) en même temps que leur défunt
mari. Bien que cette tradition fût interdite par les britanniques,
elle a perduré jusqu'à très récemment.
Les cadavres drapés de blanc pour les hommes, de rouge
pour les femmes et de jaune doré pour les vieillards sont
d'abord immergés dans le Gange avant d'être brûlés,
les cendres seront ensuite jetées dans les eaux sacrées
du Gange. Lorsque la famille, trop pauvre, ne peut acheter suffisamment
de bois, il arrive que le corps a demi consumé soit jeté
dans le fleuve ou les charognards achèveront le travail.
Nous montons dans une tour qui domine la scène. Le tableau
qui s'offre à nous est constitué de deux jambes
calcinées qui dépassent du bûcher. Nous arrivons
juste a temps pour voir le maître d'oeuvre les casser pour
les poser sur le dessus à l'aide d'un bambou. Dans le bûcher
voisin, nous apercevons la tête d'un autre encore attachée
à sa cage thoracique, le "spectacle" est hallucinant
pour nous occidentaux. Nous sommes fascinés par cette ferveur
et ce mysticisme dans ce décor semi réel. La mort
en Europe est cloisonnée derrière des portes, des
hospices, ou le silence est de rigueur. Ici au contraire la vie
côtoie la mort: des chèvres viennent manger les fleurs
mortuaires, les cris des enfants jouant autour se font entendre,
une dame se lave dans le fleuve a quelques mètres des bûchers.
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La
mort n'a pas cet aspect tabou qui existe chez nous, elle
n'est pas niée et Varanasi nous apparaît
ainsi comme un carrefour entre les mondes spirituel et
physique.
Les bâtiments a proximité sont des mouroirs
ou les gens attendent leur tour. Il est
bien évidemment interdit de filmer ou de photographier
mais certains n'hésitent pas à nous réclamer
une participation aux frais de crémation (qui coûte
très cher) en contrepartie.
A la guest, c'est l'heure du "Hare Krishna"
et du "banana lassi time". Un deuxième
Fred et Paul, un anglais se joignent a nous. Demain nous
partagerons à sept une barque pour le lever du
soleil sur le Gange. Rendez-vous fixe a 6h00.
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Les
guest de Vishnou
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Jeudi 24 Novembre: Ganja euh non Ganga !
Nous décollons plus tard que prévu mais juste
a temps pour voir le soleil se lever
et nous ne sommes
pas les seuls: des dizaines de barques longent elles aussi les
ghats avec de nombreux touristes a leur bord.
1,5
millions de bacteries pour 100 ml !
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Ghats
reserves aux femmes
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C'est un "spectacle" hallucinant que cette vie grouillante
au bord du fleuve. On se rend vraiment compte de la puissance
de la religion sur les mentalités et
de la pollution
du Gange. "Aucun microbe qui se respecte ne sauraient vivre
dans une eau pareille.", écrivait Mark Twain, et pourtant
1,5 millions de bactéries cohabitent dans 100 ml d'eau
(le maximum toléré au-delà duquel un bain
peut être nocif est de 500!) Cela n'empêchent pas
les indiens de laver leur linge avant de le mettre a sécher
sur le sable et dans la poussière, de se laver (même
les dents) et le pire, les enfants de plonger et les pèlerins
de boire de son eau. Les buffles de leur coté n'éprouvent
pas le moindre problème non plus à faire trempette.
A ce propos, il est important de préciser qu'à Varanasi
se trouve un des plus beaux goshalas de l'Inde, une maison de
retraite pour vaches. Si l'on respecte autant les vaches en Inde
c'est parce qu'elles incarnent l'ashima, l'absence de volonté
de tuer et symbolisent la maternité, la charité
et la pitié. Durant la crise de la vache folle, l'Inde
a proposé à la France et au Royaume Uni de leur
racheter les vaches destinées à l'abattage pour
12 millions d'euros!!! Cette anecdote illustre bien le culte voué
a la vache.
Les ablutions se font au soleil levant, les pèlerins doivent
se baigner en cinq endroits différents. L'hindou religieux
doit suivre ce rite chaque matin: prononcer le mantra sacré
(prière), s'immerger complètement trois fois de
suite, et boire une gorgée d'eau du Gange dans sa main;
quand on voit ce qui flotte a la surface
Beurk!
Raison de plus pour être surpris d'apercevoir les fameux
dauphins du Gange, même les spécialistes s'interrogent
sur le fait qu'ils n'aient pas encore totalement disparus. A plusieurs
reprises nous en verrons sortir de l'eau, leur aileron et leur
nez allongé bien visible.
La soie est l'étoffe sacrée par excellence et Varanasi
en est la capitale. Cet après-midi, Sophie visite donc
les fabriques de soie du quartier musulman en compagnie de Fred
le Suisse. Ce sera l'occasion de distinguer la soie "sauvage"
de la "naturelle", et la "mousseline" du "brocard".
Les marchands de soie sont près a tout pour faire acheter;
dans la même journée, Sophie a rencontré les
fournisseurs de Sonia Rikel, Pierre Cardin et Hermès, rien
que ça! Varanasi est à la fois musulmane et hindoue;
il n'est donc pas rare de croiser des femmes complètement
voilées de noir. L'Inde est en effet le deuxième
pays musulman après l'Indonésie en termes de population.
La petite troupe est au complet à 15h30, la barque nous
attend cette fois-ci pour assister à la Puja, la cérémonie
du culte au Gange. Elle a lieu à la tombée de
la nuit sur le Dasashwamedh Ghat. Plusieurs prêtres accompagnés
de musiciens officient tournés vers le Gange tandis que
les chants sacrés s'élèvent et que des
dizaines de bougies sont déposées sur l'eau. C'est
assez mystique mais ça devient barbant au bout d'une
demi-heure. C'est aussi à la nuit tombée que les
crémations sont les plus impressionnantes.
On assiste a un triste spectacle à la descente du bateau:
deux chiens collés dévalent une pente. En regardant
d'un peu plus près, on s'aperçoit qu'ils sont
restés "enfiles" durant le coït. On ne
peut malheureusement rien faire pour eux a part leur mettre
le doigt dans le dernier orifice disponible mais personne ne
s'est dévoué. Pas d'inquiétude à
avoir, ils s'en sont sortis tous seuls.
Aucun resto proche de notre guest n'est mentionné dans
les guides, on y va donc au pif, et la mauvaise pioche, même
Christophe n'a pas fini ses assiettes! La soirée se termine
à l'Internet café ou les pannes de courant s'enchaînent
à nous arracher les cheveux; il semble que ce soit assez
"courant" dans le pays!
Vendredi
25 Novembre: Yoga
Ce matin, nous testons l'activité phare de Varanasi après
les crémations: le yoga. Les cours ont lieu dans le petit
temple sur la terrasse de notre guest de 8 à 10 heures
et il faut être à jeun. Aurélien, Jihane,
Aurélie ainsi qu'un autre couple participent aussi.
La séance commence par un travail de respiration puis
des exercices "exutoires" qui permettent sans doute
de libérer les tensions. Dans notre cas ça a surtout
libère un énorme fou rire collectif notamment
quand on a du faire "le lion" à tour de rôle!
La séance se termine par de la méditation où
il est possible de ressentir une sorte d'énergie entre
les mains et ça marche! Christophe était complètement
absorbé dans sa bulle "magnétique".
On est resté un bon moment sur la terrasse: Sophie a
pris les choses en mains en testant la coupe de cheveux aux
ciseaux, Christophe commençait vraiment a ressembler
à un lion "grisonnant", le processus de "blanchiment"
s'étant emballé depuis notre départ de
France. Le résultat est plutôt satisfaisant compte
tenu de l'outillage.
La fin de journée fut un peu plus stressante. Pour se
rendre au Ramnagar palace, la demeure du maharadjah de Varanasi,
nous prenons un autorickshaw, sans doute un des plus intrépides
de la ville. On se serait cru dans un jeu vidéo où
il faut conduire une voiture lancée à toute berzingue
qui doit éviter tout un tas d'embûches sur la route.
Sauf que la c'est "pour de vrai", il faut éviter
vaches, chiens, voitures, vélos, écoliers et autres
piétons et c'est même pas nous qui étions
aux commandes. Sophie a cru mourir à plusieurs reprises
alors que Christophe s'en amusait, le chauffeur maniait son
engin comme s'il faisait corps avec, virant à droite,
esquivant une moto qui déboulait à gauche, frôlant
les camions puis se faufilant comme Speedy Gonzales dans une
circulation totalement anarchique. Le trajet a semblé
durer des heures pour Sophie qui hurlait a chaque fois qu'on
s'approchait un peu trop vite ou un peu trop près des
"embûches", un enfer! Sans oublier qu'au passage
on se prend de la poussière plein les yeux et le nez.
Il lui a fallu un peu de temps pour s'en remettre. Christophe,
quant à lui, a apprécié la ballade et l'agilité
de notre chauffeur.
Samedi 26 Novembre: "bouge de la" (Mc Solar)
Nous partons ce soir en train de nuit pour Satna.
Nous nous balladons une dernière fois sur les ghât
pour observer son animation de plus près. De grands parasols
abritent toutes sortes de petits métiers: masseurs, vendeurs
de fleurs, barbiers et astrologues qui veulent a tous prix nous
lire les lignes de la main. On voit aussi des "gourous"
autour desquels sont rassemblés de nombreux fidèles
qui les écoutent interpréter les textes sacrés
pendant des heures ou répéter leurs chants. Un
peu plus loin, un homme fait du yoga; il se cambre en arrière
puis se contorsionne pour finir debout sur un pied comme Shiva
le fit une longue période de sa vie. Nous avons également
croisé un sâdhu, le plus célèbre
de la ville, celui qu'on aperçoit lorsque l'on est dans
la barque, celui qui est assis sous son arbre, celui qui arbore
un crâne humain plante sur un pieu et qui s'extasie sur
les Nike de Sophie "super tes chaussures
". Un
phénomène le gars, peut-être un peu trop
mégalomane pour un ascète!
Départ pour la gare vers 22h00, la mauvaise heure. Nous
revivons la même expérience en rickshaw que la
veille version night background: il fait nuit noire, les vaches
n'ont pas de feux stop, des piétons traversent a l'improviste
et le chauffeur hésite entre conduite a droite ou conduite
a gauche.
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Notre train prévu pour 23h30 n'arrivera en gare
qu'a 1h15! Sophie a réussi l'exploit de s'endormir
assise sur son sac a dos, la tête posée sur
ses genoux alors qu'il n'y a pas si longtemps elle avait
du mal a trouver le sommeil ailleurs que dans sa chambre.
A l'arrivée du train, la première image
qui nous est venue a l'esprit, aussi déplacée
soit-elle, est celle de ces wagons de déportes
pendant la Deuxième guerre mondiale. Les fenêtres
sont flanquées de barreaux ou plusieurs têtes
se collent et les wagons bondées, de véritables
bétaillères. Monter dans le train relève
du défi, mais avec l'aide de deux autres touristes,
un français et un brésilien, nous nous entassons
dans le wagon 4. L'étape suivante consiste a atteindre
nos couchettes en enjambant des familles entières
assises ou allongées par terre au milieu de valises
et sacs en tous genres, en bousculant a droite a gauche
voir en forçant le passage, nos sac a dos ne nous
permettant pas de jouer en finesse. Bien évidemment
nos couchettes comme toutes les autres sont occupées.
Nous présentons nos billets "pour faire valoir
ce que de droit". Ces messieurs nous expliquent alors
qu'il y a eu erreur sur la numérotation du train
et que nous nous trouvons dans le wagon 5. Info ou intox,
nous n'avons pas d'autres options que de les croire puisque,
hormis le chauffeur, aucun contrôleur ou employé
des chemins de fer ne s'aventurent dans cette jungle.
Nous voici tous les quatre a nouveau sur le quai quand
tout a coup le train se met à bouger sans préavis.
Ni une ni deux nous sautons dans le wagon le plus proche,
le numéro 6. Grrrrr
Serres de tous cotes
et
|
A
multiplier par 10 !!
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dépasses par la situation, nous nous résignons a
passer les prochaines 8 heures debout agglutines a nos sacs. Pour
10 places assises 30 personnes sont entassées la. Le brésilien
est plus combatif et nous motive à retraverser les deux
wagons. L'expédition prendra une demi heure, au prix de
quelques attouchements à l' encontre de Sophie. Mais voici
qu'au milieu de ce bordel, nous devinons nos numéros de
couchettes. Yiipaaaa! Nous sommes quatre et au final nous arrivons
à nous imposer. Nos deux compagnons, habitues des trains
indiens, nous expliquent que c'est bien la première fois
qu'ils voyagent dans de telles conditions. Pour notre première
expérience ferroviaire ici, nous voila baptises! On ne
fermera pas beaucoup l'oeil cette nuit la, dévisages par
tous et adosses sur nos gros sacs a dos cadenasses. La nuit s'annonce
looonnnnnngue.
Dimanche 27 Novembre: Le parc de Bandhavgarh
L'absence de toute indication, visuelle dans les gares ou orales
dans le train, ne nous ayant pas permis d'anticiper notre descente,
c'est à 06h00 du matin dans la précipitation que
nous saisissons notre barda pour quitter la bétaillère.
Belle erreur de débutant de Christophe qui, pour éviter
les mains baladeuses de la veille, garde un oeil sur Sophie et
se fait ainsi distancer (quelques mètres) par le précédent
pour sortir. Aussitôt une dizaine d'indiens s'engouffrent
dans l'espace libre, nous voila bloqués et le train qui
va repartir d'une minute à l'autre. Une seule solution,
chercher l'intervalle et percer. Râfuts a droite a gauche,
coups d'épaules et nous atteignons la sortie plus surpris
nous même par notre bourrinage que les locaux accoutumés
au fait.
Faute de bus pour se rendre au parc de Bandhavgarh, nous louons
un taxi. La route est asphaltée en partie, l'autre est
en cours d'asphaltage ce qui signifie cahoteuse. Les ouvriers
qui transportent des paniers de gravier sur leur tête sont
des femmes et on se demande finalement quels types de travaux
sont réserves aux hommes
Le trajet de quatre heures est pénible et il est impossible
de dormir pour récupérer le manque de sommeil de
la nuit dernière, ni même de lire au risque de faire
une grosse gerboulade.
Arrivés au parc, il nous reste a choisir un hôtel
et c'est le moins cher qui a gagne. Le confort est proportionnel
et on se contentera de l'eau ferreuse froide et des draps poussiéreux.
Le personnel, par contre, est charmant et fera tout pour nous
satisfaire: nous apporter des thés au lait au lieu du café
commande ou une bougie de gâteau d'anniversaire pour nous
éclairer lors des fréquentes coupures d'électricité!
Nos voisins de chambrée est un surprenant couple anglo-écossais
avec qui nous décidons d'oublier nos rancoeurs olympiques
pour partager une jeep le lendemain.
Lundi 28 Novembre: Mon cher Khan,
Nous partons à l'aube afin de mettre toutes les chances
de notre coté pour dénicher le fameux Shere Khan,
le tigre du Livre de la jungle, ça vous dit quelque chose?
Kipling, qui passa sa jeunesse en Inde, se serait inspiré
de cette région pour créer le décor de son
célèbre roman. Nous avons le décor, il ne
nous reste plus qu'à retrouver les personnages. Christophe
s'est mis bille en tête de voir un tigre, ça le titille
depuis le parc de Chitwan au Népal. Une soixantaine de
spécimens vivent dans ce parc, la plus grande concentration
d'Inde.
Dans la famille Walt Disney, nous piochons d'abord Bambi et nous
réussissons à former toute la famille, ensuite des
langurs ces sympathiques singes blancs à la longue queue
et des macaques puis un chacal, un groupe de perroquets, des paons,
des poules sauvages, des vautours, des sangliers et des sambars
mais
pas de tigre.
On garde bon espoir puisqu'on y retourne en fin d'après-midi
après la sieste. On est venus, on l'a pas vu on est repartis
la queue entre les jambes! Même si le parc est vraiment
beau et la faune très dense, Christophe est tellement déçu
qu'il somatise et nous refait une tourista, la quatrième.
Pourtant on y a cru. A plusieurs reprises on s'est arrêté,
l'oreille alerte au moindre bruit (cris d'alarme des animaux indiquant
la présence d'un tigre en chasse) et l'oeil attentif scrutant
les fourrés. Des empreintes nous ont aussi mis sur la voie
(mais pas la bonne). Que se passe-t-il? Notre bonne étoile
nous aurait-elle abandonnés? Nous décidons de forcer
la chance le lendemain en faisant un tour d'éléphant,
il y a 90% de chance d'en voir un.
Mardi 29 Novembre: Miaou
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On se lève a nouveau à 5h30 pour être
les premiers sur la liste puis parcourons a nouveau le
parc pleins d'espoir. Nous croisons des jeeps qui ont
aperçu un tigre et nous toujours rien, la poisse!
Ca fait partie du jeu (sinon autant aller au zoo) mais
on persiste. Notre dernier espoir: l'éléphant.
Les guides du parc sont très organisés:
à dos de pachyderme ils repèrent un tigre
puis avertissent les autres par talkie-walkie afin qu'ils
apprêtent un éléphant pour les touristes.
C'est un service qui se paie cher mais maintenant qu'on
est là tant pis pour le supplément, on fonce.
Bon d'accord c'est pas très glorieux mais on se
retrouve à cinq mètres d'un fauve au repos,
peu dérangé apparemment par les allers-retours
incessants des éléphants. C'est à
peine s'il lève la tête à notre arrivée
mais nous verrons tout de même
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Grosminet
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son
magnifique regard couleur ocre. Difficile d'imaginer que ce gros
matou tranquille est surnommé le Mangeur d'hommes. Nous
repartons émerveillés d'avoir approché de
près ce magnifique animal en voie de disparition (ne l'oublions
pas). En tous cas, ces quelques minutes justifiaient à
elles seules le déplacement.
Après-midi lecture à la cool dans un hôtel
classe. Il nous a suffi de commander un jus d'orange et un coca
sans bulle (tourista oblige) pour profiter seuls de l'agréable
jardin (les touristes ne se bousculent pas). Nous étions
absorbés par notre livre lorsqu'un singe d'un mètre
(queue d'un mètre non comprise) nous a surpris en bondissant
sur notre terrasse à deux mètres de nous. Apres
avoir constaté notre présence, autant surpris que
nous, il est reparti en sautant sur le toit. Décidemment
l'Inde est un pays magique.
Mercredi 30 Novembre: De que color es tu pelo?
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Nous avons fait la rencontre de deux espagnols de Gérone,
Fiona et Michael qui comme nous voulaient se rendre a
Khajuraho. Nous partageons donc le taxi, ce qui nous donne
l'occasion de pratiquer un peu notre espagnol pendant
les sept heures de route. Ils sont très sympa et
les sujets abordés seront divers et variés.
Michael, catalan jusqu'au bout des ongles reste pourtant
partisan d'une construction européenne (à
condition que ceux qui décident de s'installer
dans la patrie de Dali se mettent au catalan, y tiene
razon). Quant a Fiona, elle collectionne les crânes
d'animaux qu'elle trouve dans la nature (ou qu'on lui
offre), ce qui ne l'empêche pas d'être contre
la tauromachie). Christophe sera très fier de leur
chantonner l'Estaca en catalan (" l'avi sise tem
parlaba, de bon mati al portal
") Nous les
quittons à leur hôtel, notre budget ne nous
permettant pas de les suivre. Nous trouvons un hôtel
simple mais propre avec eau chaude, après 3 jours
de douche au baquet c'est du luxe pour 2 euros la nuit!
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Equipe
franco-catalane
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Jeudi 1er Decembre: Kama-sutra a Khajuraho
Le site archéologique, constitué de temples datant
du IX au XIIe siècle, est célèbre pour ses
sculptures érotiques. Nous passons donc une bonne partie
de la journée à rechercher avec la curiosité
de l'adolescent pour le film porno du samedi soir les scènes
coquines qui se dissimulent au milieu d'autres représentations
de la vie de l'époque (guerre, rois, reines, divinités,
etc
). Les scientifiques n'ont toujours pas élucidé
les significations de telles représentations, mais la culture
tantrique donnent quelques informations : les scènes d'amour
incarnent l'oubli de soi-même et l'abolition du temps, ce
qui représente le meilleur moyen de méditer! Mouais,
à cette explication cosmique d'autres préféreront
une autre plutôt orgasmique!
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Etant donné que c'est le spot le plus " excitant
" euh
important de la ville, il n'est pas étonnant
d'y rencontrer nos catalans Michael et Fiona. L'après-midi
se passera au lit pour Christophe et Tourista, sa nouvelle
copine tandis que Sophie flânera dans les boutiques
de patchwork.
Nous avons droit à la coupure d'électricité
habituelle au moment du dîner et nous choisissons
le seul resto éclairé, celui qui a un générateur
(l'intensité de l'ampoule étant inversement
proportionnelle au bruit du moteur!!!). Le problème
c'est que dans la rue, il fait noir noir, raison pour
laquelle Christophe n'a pu éviter la bouse bien
fraîche qui se trouvait sur son chemin (si vous
venez
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Cosmique
ou orgasmique ?
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un
jour en Inde, ne sortez jamais sans votre lampe de poche,). En
tout cas, c'est tout de même moins dangereux que les bouches
d'égoût ouvertes à Ulan Bator.
Aparté de Christophe : " Marre de jouer les Donald
! A quand le tour de Sophie ? "
Vendredi 2 Décembre: Un chien dans un jeu de
quille
Christophe s'est réveillé brutalement en pleine
nuit à cause d'un cauchemar où une bestiole se promenait
sur son bras sauf que ce n'était pas un rêve et qu'il
y avait bel et bien une grosse souris sur son bras! La pauvre
a fait un vol plané a travers la chambre.
Nous terminons la visite du site par celui du vieux village ou
se trouvent quelques temples jains. Cette fois pas question d'espérer
y voir des sculptures érotiques, les Jains les ont fait
"sauter" pour y mettre les leurs beaucoup plus puribondes!
Le bus pour Jhansi part a 16h et arrive a 21h, on a oublié
que c'est la période la plus dangereuse pour circuler,
surtout lorsque la "highway" n'a qu'une voie, que les
vélos n'ont pas de phare, et les buffles non plus! Pas
glop de voir un véhicule de plusieurs tonnes nous fonçant
droit dessus sur la même voie, bus et camion klaxonnant
dans une sorte de ballet d'intimidation. C'est à celui
qui craquera le premier et qui s'écartera sur le bas-côté
pour laisser la route a l'autre...La hiérarchie est souvent
respectée: le piéton s'écarte systématiquement
puis le vélo, la voiture, la jeep, le bus et le camion
au sommet de la pyramide. Seule exception, la vache, qui têtue
comme une mule, campe parfois sur le bitume et oblige les chauffards
à ralentir ou s'arrêter. Les chiens, par contre ne
sont pas sacrés, bien au contraire, ils souffrent d'une
mauvaise image (pour les hindous ils sont la réincarnation
des voleurs) et s'ils ne s'écartent pas rapidement, se
retrouvent a l'état de chapati.
Nous arrivons à Jhansi, une ville sans touristes puisqu'il
n'y a rien à y voir ou à y faire. Pas facile donc
de trouver un hôtel.
D'abord trop cher puis ensuite interdit aux étrangers,
nous avons finalement choisi l'hôtel le plus bruyant du
quartier, avec vue plongeante sur une salle des fêtes en
plein air où a lieu un mariage (tant pis, on est crevés
et de toute façon on a des boules Quies!).
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Devant l'insistance du père de la mariée,
nous n'avons pu refuser son invitation et puis les murs
de notre hôtel étant épais comme du
papier à cigarette autant avoir l'image et le son.
On se retrouve dans une soirée ou plusieurs centaines
de personnes ont été conviées. Il
est malgré tout impossible de passer inaperçus
et nous sommes accueillis telles des stars. Comme Johnny
au Parc des Princes nous sommes dépassés
par les évènements et entourés d'une
foule de curieux nous assommant de questions, nous serrant
la main et nous prenant en photos. Christophe aura même
le privilège de se faire invité à
danser par des hommes qui n'hésitent pas à
le tenir longuement par la main. On a beau savoir que
c'est une démonstration d'amitié courante
ici, ça fait bizarre! Même endimanchés,
les indiens ont un look très rétro : jean
moulant en haut, pat'd'eph en bas, veste en sky sur laquelle
sont rabattus des cols dits " pelle à tarte
" ou encore smoking au veston croisé et boutons
dorés. Question coiffure, la mode est à
la frange longue gominée sur le côté
et la raie au milieu. Les mariés sont installés
sur une sorte de trône ou les invités défilent
pour leur donner la bénédiction et être
photographiés en leur compagnie. A notre tour donc
d'être sous les projecteurs
|
Le
plus beau jour de ma vie !
|
pendant qu'on pose notre main sur la tête des "heureux"
mariés (qui n'ont d'ailleurs pas du tout l'air de l'être,
n'oublions pas qu'ici les mariages sont pour la plupart du temps
arrangés). Nous sommes très gênés avec
cette sensation de leur voler la vedette. Discrètement
le père nous demande si l'on veut boire un whisky. Bourde
de Sophie qui a oublié qu'en Inde on ne boit pas d'alcool
en place publique, même dans un mariage. Trop tard pour
faire marche arrière, il n'attendait que ça pour
" s'en jeter un ". Le voici avec sa bouteille dans un
sac près à monter dans notre chambre pour faire
"ça" à l'abri des regards. Le tonnelier
de l'hôtel n'est pas dupe et refuse catégoriquement
que nous allions dans notre chambre en sa compagnie; il devient
limite agressif et nous interdit tout bonnement de retourner à
la fête comme des enfants qu'on punit. On s'en fout, nous
on fait qu'est-ce qu'on veut et si on veut aller au mariage on
y va, non mais!? Ce serait contre toutes les lois de l'hospitalité
que de refuser une telle invitation. Donc, fi de ses menaces nous
nous y rendons et profitons du buffet gargantuesque. La soirée
touchant à sa fin, nous ne tarderons pas à aller
nous coucher dans notre hôtel minable (ou nous serons réveillés
à 4h par le générateur).
Samedi 3 Décembre: Orchha
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On décide d'aller directement à Orchha sans
passer par les cases Datia et Sonagiri, c'est trop galère
pour s'y rendre. C'est en recherchant une guest que nous
sommes tombés une fois de plus sur les catalans
installés dans celle d'en face.
Orchha, surnommée "le joyau du Madhya Pradesh"
est une petite bourgade médiévale au milieu
de la campagne sur les bords de la rivière Betwa.
De nombreux palais, temples et mausolées en pierre
témoignent de la puissance de cette minuscule cité
jadis capitale au XVIIe siècle.
Nous grimpons au quatrième étage du Chaturbhuj
temple d'ou l'on peut observer les nombreux vautours et
perroquets verts qui ont élu domicile sur les hauteurs
de tous les édifices. Cela nous offre aussi un
très beau panorama sur le village, la rivière
et tous les autres palais qui nous attendent demain.
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Orchha
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Dimanche 4 Décembre: Leçon de français
C'est en visitant les mausolées le long de la rivière
que nous croisons une fois encore Fiona et Michael. Nous les suivons
pour une ballade à travers champs qui nous mène
au Laksmi Narayan temple. Après quoi un bon déjeuner
où le temps de préparation fut fidèle à
ses 60 minutes habituelles; désormais nous passons commande
puis profitons de l'attente pour aller dans un Internet café
ou faire de "l'administratif" style réservation
(même en vacances on ne perd pas de temps). Cette fois nous
leur disons adieu puisqu'ils retournent a Delhi. Adios amigos...
|
L'après-midi nous visitons le Raja Mahal et le
Jahangir Mahal, les deux palais les plus célèbres.
Massifs et imposants nous imaginons quelle splendeur cela
devait être lorsqu'ils étaient encore recouverts
de faïence turquoise et émeraude.
Sur la place du marché où de nombreux stands
à touristes sont installés, un jeune nous
demande quelques tuyaux en " franchis " pour
être plus "compétitif". Nous lui
faisons cadeau de La phrase, celle qui fera la différence,
celle qui a déjà fait le tour de Birmanie:
"c'est joli, c'est pas cher, c'est local", et
là, le cours de franchis se transforme rapidement
en cours collectif...
|
A
vendre
|
Lundi 5 Décembre: Une journée a l'Orchha
Resort
Comme hier matin, nous prenons le petit dej' sur la terrasse de
notre guest. La ville s'éveille en même temps que
les singes en face de nous sur le toit voisin. Les petits s'accrochent
sous leur mère, tètent et jouent entre eux, les
mâles essaient de faire la loi et les plus malins descendent
sur notre terrasse pour boire dans la réserve d'eau de
l'hôtel. Les tenanciers les chassent tout en s'en amusant
mais des qu'ils ont le dos tourné, les singes en profitent
pour refaire un petit tour dans la barrique, c'est un vrai spectacle
comique ; Sophie pourrait rester des heures à les regarder.
|
On réussit enfin à contacter l'indien que
nous avions croisé a Katmandou. Il nous attend
a l'Orchha resort, l'hôtel le plus luxueux du coin.
Il est ici chez lui puisqu'il appartient à son
meilleur ami et nous sommes ses invités. Bien que
le complexe soit descendu en flèche par "Le
Routard" compte tenu de son non-respect de l'environnement
(il se trouve au pied des cénotaphes royaux), la
piscine, le buffet et la chambre aux frais de la princesse
ont eu raison de notre bonne conscience.
Le soir nous dînons en compagnie de ses amis: un
cinéaste de Bollywood appartenant a la caste des
" guerriers ", et un brahmane journaliste a
l'Indian Today. Nous apprendrons ce soir que le système
des castes est en voie de disparition. Ils nous expliquent
qu'aujourd'hui en Inde, on peut être au plus bas
de l'échelle comme ces hors-classes appelés
" intouchables " qui exercent des métiers
" impurs " (abattage des animaux, travail en
rapport avec la mort d'une manière générale)
et faire fortune, ou appartenir à la plus haute
des castes, celle des " brahmanes ", prêtres
a l'origine vivant selon des règles strictes (interdiction
de
|
V.I.P.
|
manger de la nourriture préparée par quelqu'un issu
d'une autre classe et de boire de l'alcool) et crever de faim.
De la même façon, il existe maintenant des mariages
" mixtes " c'est-à-dire entre classes différentes.
La réussite sociale semble en effet avoir pris le dessus
sur les traditions (mais est-ce vraiment un mal ?) et l'argent
a tout pouvoir même celui de se permettre de boire de l'alcool
quand on est brahmane. D'ailleurs ça y va le whisky et
la vodka. Cela nous arrange, on se tape à deux la bouteille
de Saint-Estèphe que Marc nous a laissée.
Ils ont "l'occidentale way of life", en Inde ils appartiennent
à la " haute ". Il faut cependant relativiser
car leur regard sur la société indienne semble en
décalage par rapport aux réalités de l'Inde
profonde. Les échanges que nous avons eus antérieurement
nous ont montré le contraire. Même si l'accord des
jeunes gens concernés est pris en compte, dans la majorité
des cas les mariages sont toujours arrangés a l'intérieur
d'une même caste.
Nous terminons la soirée avec Rajdan à qui nous
faisons une petite démonstration de salsa. Il nous parlera
un peu de sa vie personnelle, de son divorce et de sa maîtresse
rencontrée à Katmandou. Puis, contre toute attente,
il sera fier de nous montrer un film porno sur son ordinateur
portable! A ce propos, la sexualité est un sujet tabou
en Inde (pourtant c'est bien eux le Kama-Sutra !). Les jeunes
qui peuvent avoir accès a Internet découvrent le
sexe par ce moyen et certains plus indiscrets que d'autres n'hésitent
pas a nous questionner sur le sujet (dans ce domaine, les occidentaux
représentent la liberté).
Mardi 6 Décembre: D'Orchha à Agra en passant
par Gwalior
Le petit dej' du palace est décevant, même pas un
jus de fruit frais et le café est imbuvable. Moralité:
quand on va dans une guest pour routards, on paie pas cher mais
on sait pourquoi! Nous remercions Rajdan qui veut nous rejoindre
à Goa pour le nouvel an. Un des chauffeurs de l'hôtel
nous dépose à la gare de Jhansi.
Nous passons tout le trajet à discuter avec des indiens
très curieux de nous et de notre avis sur leur pays : "
Que pensez-vous de l'Inde ? " vient souvent après
" Where do you come from? ". Une heure et demi plus
tard nous descendons a Gwalior pour quelques heures, le temps
de visiter la citadelle, "une de ces citadelles de Titans
comme on en construisait dans ces pays aux ages héroïques",
écrivait Pierre Loti.
Sur la route qui nous mène sur les hauteurs de la ville,
nous croisons les engins les plus étranges qu'il nous ait
été donné de voir depuis le début
de notre voyage, des véhicules noirs pétaradants
à trois roues, croisement d'une voitures des années
30 avec un tuk-tuk!
Ses façades ont conservé des vestiges de faïences,
en email bleu, verte et or de ce qui dut être une éblouissante
frise représentant canards, paons, éléphants,
crocodiles, etc... Quelques mots sur les normes de sécurité
en Inde: il n'y en a pas! Ce n'est pas la première fois
que l'on constate cet état de fait en Inde, mais la sécurité
n'est pas la priorité numéro un du pays: en longeant
la muraille, nous remarquons que certains créneaux sont
effondrés ce qui nous laisse au bord d'un précipice
a 90 degrés sans aucune barrière de protection;
un pied qui butte sur une dalle qui dépasse et hop le saut
de l'ange...Pareille sur les routes ; les fils barbelés
qui la bordent achèveront à coup sûr tous
les motards ou cyclistes qui auront la malchance de se faire projeter
sur le bas-côté !
Bon, c'est pas tout mais ce soir on a rencard. Nicolas qui vient
de passer deux semaines en Inde avec sa guitare sur le dos rentre
en France demain et nous nous sommes donnés rendez-vous
ce soir à Agra. Nous l'apercevons venant en sens inverse
en rickshaw. On a du mal à se croiser en France mais on
arrive à se donner rendez-vous a Agra, c'est fort !
Mercredi 7 Décembre: "Cette larme sur la
joue du temps" (Rabindranath Tagore, poète)
Nico ne disposant que de deux semaines pour visiter le Rajasthan
s'est offert le luxe de louer une voiture avec chauffeur, luxe
dont nous profiterons ce matin. Direction le Fort Rouge. Cette
très belle forteresse qui donne un avant-goût du
Taj Mahal avec ses bâtiments en marbre, abritait un harem
de 5000 femmes (un paradis sur Terre pour la gente masculine),
mais servit aussi de prison a l'empereur Shah Jahan qui fut emprisonné
par Aurangzeb, son propre fils. De sa cage dorée il put
contempler à loisir le tombeau de sa femme tant aimée,
le Taj Mahal ou il l'a rejointe.
Nous quittons Nico à la sortie comme on se quitte après
une soirée en regrettant que ce ne fut pas plus long. Rendez-vous
a Mexico, on s'fait une bouffe?
Cliché
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Pose
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Ca y est, nous y voilà, c'est le symbole de cet immense
pays et il est là à portée de main: le Taj
Mahal. Caché jusqu'au dernier moment derrière une
immense porte qu'il nous faut franchir avant de le découvrir
brusquement. Et c'est le but, créer un choc, l'apercevoir
d'un bloc dans sa majesté au bout d'une allée bordée
d'arbres et son double se reflétant dans les bassins à
ses pieds. On peut dire que l'architecte a réussi son coup.
Commande pour recevoir le corps de sa femme, ce magnifique tombeau
de marbre blanc est aussi le symbole de l'amour. Pour qu'il soit
à la hauteur de son amour perdu, il dut faire assassiner
l'épouse de l'architecte afin que l'oeuvre de ce dernier
soit aussi belle que sa douleur intense.
La deuxième attraction de cet endroit fabuleux est la pose
photo. Ca n'en finit pas de se bousculer la queue pour figurer
au bon endroit devant le Taj et c'est assez drôle à
observer (même si nous en avons fait partie).
Jeudi 8 Décembre: Fathepur Sikri
Nous prenons le bus pour Fathepur Sikri, une bourgade située
a 40 Km d'Agra. Christophe n'a toujours pas integré la
façon qu'ont les indiens (comme les népalais) de
dire "oui" par un hochement de tête sur le côté
(qui pour nous s'apparente à un "oui-non"), et
c'est très drôle de l'entendre poser trois fois la
même question au chauffeur qui répond toujours de
cette manière (ça pourrait durer longtemps...).
L'empereur Akbar, connu pour sa politique de tolérance
qui permit de faire cohabiter hindous et musulmans, est à
l'origine de l'art Moghol en Inde. Nous visitons la citadelle
où il installa sa cour. Ses magnifiques palais de grès
rouge ont résisté à l'usure du temps; l'Unesco
envisage de lui conférer le statut de Patrimoine Mondial.
Un peu plus en contrebas se trouve le caravansérail puis
nous poussons jusqu'au vieux village à quelques minutes
de marche. Nous sommes accueillis par une colonie de gamins qui
nous indiquent le chemin tout en nous réclamant roupies,
chocolat et school pen. Au passage de Christophe, les femmes se
voilent le visage, ce qui n'était encore jamais arrivé.
Nous traversons une ville où des enfants crasseux jouent
au milieu des ordures, et où les rues sont remplacées
par des caniveaux ou pourrissent toutes sortes de détritus.
Les enfants s'amusent de peu de choses : faire rouler un pneu
avec une baguette, tirer sur les singes avec des lance-pierres
ou ramasser de la bouse avec les mains pour en faire des galettes
(qui serviront une fois séchées a alimenter le feu).
Ici comme partout en Inde, les animaux vivent au plus près
des hommes. Chiens, vaches, cochons, singes et humains cohabitent
le plus naturellement du monde. Le hasard nous amène à
une superbe devanture en dentelle de pierre ignorée des
guides touristiques et pourtant la plus belle que nous ayons vue
jusqu'à présent. Les gamins ne nous lâchent
pas d'une semelle et ils nous accompagneront jusqu'à la
sortie du village.
Nous terminons la visite du site par la mosquée et sa Porte
Sublime , " sublime " dans le coucher du soleil. A ses
pieds, un camion citerne a attiré les habitants du voisinage
venus se ravitailler en eau, ça gesticule à tout
va. Pour certains, l'eau du robinet est un luxe inabordable et
l'absence de puits rend le camion-citerne indispensable.
Vendredi 9 Décembre: La réserve d'oiseaux
de Bharatpur
Sur la route qui nous mène au parc de Keoladeo, de nombreux
montreurs d'ours qui font lever leurs balibars attendent que les
touristes s'arrêtent pour prendre quelques clichés
et donner la pièce. Bien que cette tradition existe depuis
longtemps dans le coin, les animaux subissent de mauvais traitements.
Nous nous passerons de la photo à sensation espérant
être de plus en plus nombreux à ne pas cautionner
cette activité.
La réserve d'oiseaux fut jadis le terrain de chasse du
maharadjah. De grosses colonies d'oiseaux représentant
des centaines d'espèces et en font aujourd'hui une des
toutes premières réserves au monde, un paradis sauvage.
Nous le parcourons à vélo avec les services d'un
guide. Arbres et étangs sont couverts de milliers d'oiseaux
peu craintifs et d'une variété immense: hérons,
aigrettes, marabouts, ibis, martin-pêcheur, hibou, rapaces
et échassiers en tous genres se partagent le ciel et les
branches. Bien que les marabouts soient particulièrement
bruyants, nous apprécions le calme et la nature reposante
de ce parc. Ni jeep ni barrière ; nous sommes au coeur
d'un lieu enchanteur.
|
Contre toute attente, il est aussi réputé
pour ses pythons. Nous nous aventurons donc à pieds
à la recherche de ces reptiles en suivant de près
notre guide. Il a repéré des traces et,
connaissant bien le parc, nous mène directement
à leur nid. La bestiole se repose au soleil, elle
est énorme et ne semble pas dérangée
par notre présence, on pourrait la toucher sans
difficulté (faut juste oser le faire!). C'est ce
qu'a fait notre guide lorsqu'elle s'est mise à
onduler sur le sable pour rentrer dans son trou. Il lui
a choppé la queue avant qu'elle ne s'engouffre
a l'intérieur. Impressionnant. Sur ce, il nous
à amèné à un autre repère
ou cette fois, quatre spécimens tout aussi gros
paressaient tranquillement. Même pas peur! Christophe
était comme un fou, il en voulait encore et s'est
mis en tête de les dénicher tout seul. Il
est revenu bredouille.
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Kssss...
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Samedi 10 Décembre: Delhi
Levés aux aurores pour se rendre a Delhi, d'abord le bus
jusqu'a Agra puis le train. Nous n'avons pas réservé
de place et prenons le premier train qui se présente dans
le wagon réservé aux placements libres. Ils ont
du vendre plus de billets qu'il n'y a de place, c'est encore pire
que la première fois, impossible de circuler au milieu
des bagages et des voyageurs. On ne va pas pouvoir passer cinq
heures dans ces conditions, on monte dans le premier wagon voisin
et tant pis pour l'amende!
On était confortablement installés dans une couchette
première classe à l'abri des regards cachés
derrière un rideau lorsque le contrôleur est arrivé.
On se met d'accord sur le prix d'un bakchich inférieur
au montant du billet. " Honnête ", il est revenu
nous rendre de l'argent jugeant qu'il nous avait trop ponctionnés.
Des dizaines de tuk-tuk et de rabatteurs d'hôtels n'attendent
que nous à la sortie de la gare. Ils annoncent des prix
exorbitants pour nous déposer à l'Anoop guesthouse.
Nous sommes déjà avertis de leurs pratiques et précisons
bien que s'ils cherchent à nous déposer ailleurs
(ou ils touchent un bakchich), nous ne paierons pas. Ok, ok, no
problem répondit-il sauf qu'en route le prix de la course
se met à grimper. Grosse colère de Christophe qui
le stoppe net au milieu de la route. Résultat, on ira a
pied a l'hôtel! (C'est bon pour les fessiers.)
Nous sommes dans Main bazaar, le quartier touristique de Delhi,
tout ce qu'il nous faut pour préparer la suite de notre
voyage: trouver les vols pour Goa et les Maldives, réserver
les billets de train pour aller aux sources du Gange et s'occuper
de la visite du Rajasthan.
Difficile de dénicher un billet pour se rendre a Goa pour
le nouvel an, on abandonne l'idée, on le passera a Bombay.
Quand au Rajasthan, étant donné qu'Olivier n'est
là que pour 15 jours, on gagnera du temps à louer
une voiture avec chauffeur, nous prendrons Praveem, celui qui
a trimbalé Nico.
Dimanche 11 Décembre: Olivier est arrivé
hé hé, sans s'presser hé hé.
|
La petite ballade au Central market où nous achetons
quelques petites bricoles bon marché sera notre
seule sortie de Main bazar de la journée. Il nous
reste encore des démarches à faire et, à
vrai dire, on est un peu fatigués des visites;
on se réserve pour le Rajasthan ou le rythme sera
soutenu.
C'est ce soir qu'Olivier doit arriver; voyageant en Gp,
rien n'est moins sûr surtout qu'il semble y avoir
quelques problèmes à l'embarquement. C'est
plutôt embêtant car on a reservé les
billets pour demain. Il arrivera finalement avec trois
heures de retard, ouf!
|
Noël
avant l'heure
|
Lundi 12 Décembre: Le ton est donné
Pendant que Christophe finalise les réservations de billets,
Sophie fait découvrir le quartier de Pahar Ganj à
Olivier, c'est-à-dire les magasins. Contrairement à
la veille où son arrivée tardive lui avait montré
des rues sombres et désertes mis a part quelques vaches
endormies, l'animation de la rue et les couleurs du jour lui éclatent
à la figure.
15h25, nous sautons dans le train pour Haridwar. On trouve de
tout sur les quais de gare : gargotes vendant des plats dans des
feuilles (ça c'est écolo), vendeurs ambulants de
thé et même vendeurs de jouets. Cinq heures plus
tard nous arrivons de nuit et compte tenu de la galère
à trouver un bus se rendant a Rishikesh, nous négocions
un auto rickshaw pour couvrir les 25 km. Nous sommes plus au nord
et il caille, le trajet nous paraît très long emmitouflés
dans nos polaires (Olivier regrette déjà d´être
venu en vêtements légers sur les recommandations
de Christophe).
La musique " zen " diffusée a l'entrée
de la guest, les affiches proposant cours de yoga ou de méditation
et les massages ayurvédiques à tous les coins de
rue donnent le ton de la ville, capitale mondiale des sciences
méditatives rendue célèbre par les Beatles
venus y pratiquer la méditation transcendantale. Strawberry
fields forever
Mardi 13 Décembre: " Öm "
|
Pas le temps de se lancer dans un stage de méditation
transcendantale, nous préférons découvrir
la campagne environnante en grimpant la colline voisine
surplombée du Kandavpuhri temple.
Nous sommes invites à prendre le thé dans
une ferme où le patriarche de la famille passe
une bonne partie de son temps assis sur la terrasse aux
côtés de sa carabine. Intrigués de
le voir ainsi, nous apprenons que son arme est purement
défensive, les animaux sauvages rôderaient
dans les parages. Papi, que nous avons surnommé
" le chasseur de lion " en aurait déjà
aperçus plusieurs rôdant près des
cultures, mais les derniers spécimens vivant dans
le Gujarat, cela remonte sans doute à Mathusalem.
Avant d'arriver au sommet, nous traversons un village.
Les enfants qui jouent dans la cour de l'école
ont des jeux plutôt déconcertants : ils se
tiennent la main par deux en faisant la courte échelle
à un troisième qui a sa jambe au-dessus,
ce dernier se retrouve a cloche pieds et s'agrippe aux
autres puis ils tournent autour d'un pieu. Le but du jeu
: aucune idée mais nous profitons de leur curiosité
a notre égard pour les imiter et provoquer un fou
rire général. Qu´est-ce que c´est
bon une pleine volée de rires d´enfants
La classe se passe a l'extérieur sur des nattes
sauf l'enseignante qui est assise sur une chaise face
à une douzaine d´élèves.
|
Öm
|
Kandhavpuhri dont le suffixe est a l´image du temple n´a
qu´un un intérêt limité si ce n'est
la vue qu'il offre sur les sommets himalayens qu'Olivier attendait
avec impatience. De toute façon l´intérêt
d'une ballade ne réside pas dans la destination en soi
mais dans le chemin pour y parvenir. " Tout dépend
du degré de la pente " rajoute Sophie en sueur
Nous rentrons en bus. Les lacets sont serrés, le précipice
abrupt et la route étroite. Ajoutez à cela une conduite
sportive et vous aurez une Sophie terrorisée prête
a laisser sa signature sur les flancs du car déjà
flanqué de moult dégoulinures séchées.
Elle n'avait pas besoin de ça, une tourista la travaille
depuis ce matin.
Nous terminons sur les ghats de Triveni pour le coucher du soleil.
Comme à Varanasi, les fidèles déposent leurs
offrandes de fleurs et de lumières sur l'eau emportées
par le courant. Nous ne sommes pas loin des sources du Gange et
il est difficile d'imaginer que cette eau presque claire va devenir
quelques 800 Km plus loin cette culture de microbes. Nous assistons
ensuite à la Puja, la cérémonie qui se tient
tous les jours au crépuscule sur les bords du fleuve.
De retour a la guest, on découvre les autres clients de
l'endroit : marchant pour la plupart sur les traces des Beatles,
ils ne sont pas habillés de blousons chauds comme nous
mais à la mode indienne, c'est-à-dire enroulés
dans une couverture. Certains poussent l'originalité jusqu'a
se raser la tête ou juste la moitié de la tête
! Bref un mélange du " Nom de la rose " pour
les vêtements et de " Tigre et dragon " pour la
coupe. Peut-être faut-il passer par là pour ouvrir
ses chakras et se concentrer sur ses capacités spirituelles
intrinsèques. Sauf qu´à part certains touristes,
nous n´avons vu aucun indien accoutré de cette façon.
Pour rester dans le domaine de la mode, nous faisons nos excuses
à tous les allemands venus passer leurs vacances sur la
côte et victimes de nos moqueries sur leur look dit de "
l'allemand en short-chaussettes-sandalettes ". Ils étaient
pourtant précurseurs dans leur domaine mais nous français
ne réaliseront ça que plus tard. Il faut voyager
pour que ça vous saute a l'oeil ! Une vilaine ampoule causée
la veille oblige Oliv à porter ses tongues, avec une bonne
paire de chaussette pour le froid. Quant à Christophe,
tel un vieux couple se laissant aller, le voyage l'éloigne
de plus en plus des efforts vestimentaires, à moins que
ce ne soit le côté pratique, toujours est-il qu'il
a rejoint la tendance en Mongolie et au Népal notamment.
Rendons donc ses lettres de noblesse à cette mode germanique
injustement décriée.
Mercredi 14 Décembre: La cour des miracles
Au lever, les mêmes qu'hier, cette fois vêtus d'une
sorte de kimono, sont agenouillés et font des exercices
pratiques face au soleil levant, à moins que ce ne soit
des prières.
Sophie qui nous a fait une poussée de fièvre pendant
la nuit reste au lit pendant que les deux frangins visitent un
ashram, la spécialité du coin. Ces établissements
sont des lieux permettant de goûter à la vie ascétique.
Il faut s'y déchausser avant d'entrer. A l'intérieur,
une succession de temples et les effigies des innombrables avatars
de Brahma, Vishnou et Shiva, la Trinité (ou triade cosmique)
sans oublier Ganesh, le très populaire fils de Shiva et
Parvati a tête d'éléphant. Pour la petite
histoire, croyant surprendre sa femme avec un amant à son
retour d'une longue absence, Shiva lui trancha la tête puis,
s'apercevant de son erreur, la lui remplaça par celle du
premier animal croisé. Sur les murs sont inscrites des
prières mystiques dont la fameuse formule ésotérique
" Om mani padme hum " que l'on entendait en boucle au
Népal chez tous les disquaires.
|
Nous filons ensuite à Haridwar ou nous devons reprendre
le train le lendemain à 6h25. Direction le temple
qui marque le début du pèlerinage des hindous.
Dans un sens c'est aussi celui d'Olivier qui découvre
ses premiers vautours, écureuils et langurs, ces
grands singes blancs à tête noire qui n'hésitent
pas à lui tirer le pantalon pour réclamer
quelque nourriture. A force, on n'y prête même
plus attention; comme les vaches, ils font partis du décor
quotidien ici en Inde (on adore).
Au-delà du succès de la méditation
transcendantale, Rishikesh et Haridwar sont des villes
connues pour être le départ des pèlerinages
vers les sources du Gange. Des milliers de pèlerins
affluent chaque année. Le Gange tient une place
extrêmement importante dans la religion hindoue
et ceci indépendamment du dieu que l'on prie, c'est
en effet plus qu'un fleuve, c'est la déesse Ganga
descendue du ciel pour sauver l'humanité... Pour
saisir l´importance
|
Reporter
sans frontières
|
qu´occupe
ce fleuve dans la vie des hindous, il faut rester des heures au
bord du fleuve dans des villes comnme Varanasi, Haridwar ou Rishikech.
C'est d'ailleurs ici que se tient la Kumb Mela, plus important
festival religieux rassemblant plusieurs centaines de milliers
de personnes une fois tous les 12 ans.
Nous mettons donc le cap sur les ghâts qui ressemblent davantage
à Varanasi que ceux de la veille. On se retrouve en pleine
cour des miracles: aveugles, éclopés, manchot, unijambistes,
homme-tronc, miséreux souffrant de difformité et
lépreux qui nous tendent leur moignons sont rassemblés
a l'entrée des ghâts et font l'aumône auprès
des fidèles notamment dans les lieux saints. C'est parfois
difficile de soutenir le regard devant cette misère et,
même si on n'y peut rien, on ne peut pas s'empêcher
de culpabiliser. En donnant quelques roupies, les hindous améliorent
leur karma qui déterminera ainsi leur enveloppe future
dans leur prochain cycle de
|
réincarnation.
Pour nous occidentaux, le don est une démarche
personnelle plus que spirituelle. Chacun agit selon sa
conscience, ses principes et son état d'esprit
de l'instant. La mendicité comme l'infirmité
en Inde n'ont pas du tout cette image négative
qu'on trouve en Europe. La misère tient place publique
et n'est pas cachée sous les ponts. Elle est même
parfois un choix comme ces sâdhus qui décident
de vivre de l'aumône pour consacrer leur temps à
la méditation. Pour ces derniers, elle n'est pas
subie mais voulue, en ce sens que couplée à
une vie de renoncement, elle leur permet d'être
délivré du cycle infernal des renaissances.
Ce n'est pas le cas de ces enfants qui ne vont pas à
l'école et ramènent plus d'argent que leurs
parents en prenant une mine abattue auprès des
touristes. Nous en avons même vu un qui s'est arrêté
de boîter après nous avoir croises.
L'hôtel ou nous passons la nuit ce soir est le moins
cher que nous ayons dégoté en Inde (1,5
euros) et on sait pourquoi: y'a pas d'eau chaude dans
la salle de bain crasseuse, les draps sont tellement degueux
qu'on dormira dans nos duvets et cerise sur le gâteau,
les murs sont peints en vert du moins là ou le
plâtre n'est pas tombé (et ça c'est
pas feng shui !). C'est super glauque. Dis, qu'en est-ce
qu'on rentre à la maison?
|
Des
singes et des hommes
|
Jeudi 15 Décembre: Héros malgré
nous
Nous arrivons a la gare alors qu'il fait encore nuit. En attendant
leur train, les indiens dorment à même le sol enroulés
dans des couvertures telles des momies, même une vache fuyant
le froid s'est trouvé un abri dans le hall! Il y a un centimètre
de jeu entre les vitres et l'air s'engouffre dans le wagon. Olivier
n'est pas au mieux et les courants d'air achèvent le travail
commencé la veille en tuk-tuk: la fièvre monte.
On commence à avoir une image de héros aux yeux
d'Olivier qui en trois jours en Inde s'est choppé une ampoule
de fort beau gabarit, une tourista de bienvenue et cerise sur
le gâteau: un rhume couplé à de la fièvre!
Lui qui pensait trouvé chaleur et cocotier pour Noël,
c'est raté. Sophie n'étant pas en forme non plus,
on laisse tomber la visite du temple sikh de Delhi. Cela nous
aurait pourtant permis d'en savoir plus sur ces hommes à
la barbe bien taillée et portant ce turban très
particulier qui cache leur longs cheveux. Jadis réputes
pour être de vaillants guerriers, ils sont devenus des business
mans hors pair. Le sikhisme, un mélange d'islam et d'hindouisme,
fut fondé en réaction a l'inégalité
des classes et du pouvoir abusif des brahmanes. Ils croient en
un dieu unique mais aussi en la réincarnation, et s'imposent
des règles de conduite strictes (pas d'alcool ni de tabac).
Les deux malades trouveront néanmoins la force de se rendre
au tibetan market...(no comment).
Nous prenons la route pour Jaipur avec Praveem, notre chauffeur
de 27 ans. Célibataire, il vit toujours chez ses parents
et à la vue de la maison, les affaires ont l'air de bien
marcher. Son père est commissaire, ça peut toujours
servir : Nicolas qui s'était fait volé sa carte
bleue a pu ainsi expédier la déclaration en une
demi-heure. Nous arrivons à une heure du matin sans réservation
d'hôtel. Comme c'est la pleine saison nous tournons 1h de
plus avant de trouver une chambre de fortune dans la quelle nous
rajouterons un matelas.
Vendredi 16 Décembre: "Qu'il est loin mon
pays, qu'il est loin..."
L'orange est à Jaipur ce que le rose est à Toulouse.
Pourtant, comme sa consur française, elle est elle
aussi surnommée "la ville rose". Ses bâtiments
sont faits de grès rose ou peints dans les mêmes
tons. Apres le train et le tuk-tuk, Olivier teste le rickshaw
pour se rendre au City Palace, nos drivers respectifs se tapant
la bourre au milieu des voitures, des vaches et des ânes.
Avant d'entamer la visite, nous passons devant le palais des vents
dont la haute et belle façade pyramidale fut édifiée
pour les femmes du harem qui pouvaient ainsi observer la rue sans
être vue.
Le City Palace, toujours habité par le maharadjah de Jaipur
est un peu décevant. Ce qu'on retiendra sera une magnifique
collection d'armes et de vêtements d'apparat brodés
et parfois sertis de pierres précieuses ayant appartenu
aux prédécesseurs, et les plus grosses pièces
du monde en argent: deux immenses jarres de 345 kg qui servaient
a transporter l'eau du Gange pour les ablutions du maharadjah.
Enfin les voila, depuis le temps qu'on les attendait ces images
d'Epinal indiennes...Le turban sur la tête et la flûte
au bec, ils sont assis en tailleur devant deux paniers d'ou sortent
trois cobras. Ksssssss....
Après un plantureux repas dans une gargote cent pour cent
indienne (malai kofta , matar paneer et eggs biryani Mmmm
),
nous nous lançons a l'assaut de l'Amber Palace. Ici encore
des langurs espèrent recevoir de la nourriture des passants.
Il suffit d'avoir un sachet à la main pour qu'ils arrivent
par derrière et vous l'arrachent des mains causant au passage
un cri de la victime
|
suivi
d'un éclat de rire des spectateurs. Ce n'est pas
la première fois qu'on constate que ce sont de
véritables voleurs; hier, ils s'y sont mis à
plusieurs pour chaparder des chapatis et de la préparation
directement dans les gamelles d'une gargote avant de les
déguster sur les fils électriques. Les commerçants
les chassent mais semblent finalement s'en amuser. En
tous cas, nous ça nous fait bien marrer.
Ce palace ressemblera aux autres avec les chambres des
concubines jamais très loin de celle du maharadjah,
des fontaines et un astucieux système de circulation
d'air, ancêtre de l'air conditionné en moins
polluant. De retour en ville nous passons devant le Lake
palace, splendide construction plantée au milieu
du lac, décor des plus romantique au coucher de
soleil.
Il nous reste le temps d'aller flâner dans les magasins
de Johar bazar, épuisant. C'est un incroyable raccolage:
"How are you? Which country? Have a look? please,
madam', excuse me? etc..." INSUPPORTABLE!
|
Aux
voleurs
|
Le repas de ce soir est à marquer d'une pierre blanche:
devant les estomacs fragiles d'Olivier et Sophie, Christophe consent
à faire une entorse à ses principes et à
manger au Mac Do. Le décor est le même mais les sandwichs
diffèrent quelque peu: pas de burger de vache sacrée
bien évidemment mais des Mac Maharadjah épices a
souhait (obligés de prendre une glace pour éteindre
le feu).
|
Ce soir c'est cinéma, et pas n'importe lequel,
le célèbre Raj Mandir autrefois la plus
belle salle d'Inde. Devant l'entrée, il y a deux
files: une pour les femmes et unes pour les hommes. Et
oui ici comme dans les gares, pour éviter de se
coller entre garçons et filles, on fait file a
part! Une fois le splendide rideau levé, au lieu
de voir débarquer Jean Mineur sur son ticket (mediavision
01.47.20 zero-zero-zero-un), nous assistons à une
séance de pubs qui nous paraissent bien éloignées
de la réalité des indiens, en tous cas de
ce que nous avons pu voir jusqu'alors. Puis le film commence,
il s'agit de "Neat and Nikkie"(ça sonne
pas très hindi ça non plus). Résumé:
Neat beau gosse et bien né souhaite voir du pays
avant de se marier avec la promise de ses parents. Le
voila parti pour Vancouver où une jeune indienne
fraîchement plaquée par un frenchy (quelle
réputation !) lui fera tomber a l'eau tous ses
plans drague. Gags et coïncidences s'enchaînent
entre deux scènes chantées et dansées
style comédie musicale jusqu'au dénouement
final où l'amour surgit entre nos deux protagonistes.
Pas besoin de sous-titrage pour suivre l'intrigue, hormis
sa simplicité, le langage est un mélange
d'hindi et d'anglais. Le sujet est surtout prétexte
à un beau défilé de nymphettes en
tenue sexy
|
La
premiere séance
|
(chose paradoxale au regard du comportement pudibond à
l'entrée du ciné!), les cinéphiles auraient
pu y reconnaître la patte de Russ Meyer, ce réalisateur
génialissime des années 70. Une fois de plus on
est bien loin de la réalité et il suffit de sortir
du ciné pour s'en apercevoir. Question décor: ni
villas, ni belles voitures, ni top model; cote scénario:
Praveem notre chauffeur refuse les filles qu'on lui destine et
a bien du mal à épouser la femme qu'il aime compte
tenu de son métier qualifié de trop dangereux.
Samedi 17 Décembre: Pushkar
Visite de la forteresse de Jaigarth qui n'a rien de particulier
par rapport aux autres (créneaux et murailles comme d'hab)
si ce n'est qu'elle renferme le plus gros canon du monde (50 tonnes)
qui nécessitait quatre éléphants pour le
déplacer. Tout comme la forteresse, il n'a jamais servi
(sauf pour son tir d'essai), le maharadjah étant pote avec
le big boss Akbar.
On prend la voiture pour Pushkar. Nous aurons le temps de grimper
la colline qui mène au temple Savitri pour voir le soleil
se coucher et finir l'Ossau Iraty rapporté par Olivier.
De là-haut nous avons une vue plongeante sur la ville et
les plaines arides environnantes. Le désert du Taar vient
ici lécher le bourg qui s'organise autour du lac sacré
dans lequel descendent les ghats. Pushkar est une petite ville
paisible malgré son caractère saint (la foire aux
chameaux qui s'y tenait il y a quelques semaines ne nous aurait
pas permis un tel calme). C'est la seule place dédiée
à Brahma, le dieu des dieux; il y aurait écrit les
Védas, des textes sacrés. Comme Katmandou, ce fut
autrefois un repère de hippies, les looks de certains d'jeun's
et le hachisch proposé dans la rue en témoignent
encore.
Nous logeons à la Rajgun guesthouse très basique
mais bien tenue par le maître de maison un peu maniaque
sur les bords. Sophie a gagné au Yahtzee (elle a absolument
voulu l'écrire, désolé !).
Dimanche 18 Décembre: La journée de la
vache
Sophie et Olivier sont toujours malades avec de grosses douleurs
au ventre. " Les mouches ont changé d'âne "
glisse Christophe.
Raison de plus pour que ce soit une journée "à
la cool"; le billet retour d'Olivier nous oblige en effet
à planifier et malheureusement à être un peu
speed. Donc, aujourd'hui c'est ballade dans la ville qui de toute
façon n'offre rien de particulier a visiter et c'est tant
mieux!
Les maisons bordant les ruelles sont colorées comme les
saris des indiennes vêtues de rouges flamboyants, de jaunes
francs et de verts éclatants qui sont les couleurs du Rajasthan.
Nous terminons la journée sur les ghâts ou il faut
se déchausser et de ce fait ... marcher sur les merdes
de pigeons qui investissent les lieux! Sophie à la cote
avec deux sikhs plutôt entreprenants. Un habitant voyant
ça du coin de l'il nous mettra en garde, outre par
leur comportement irrespectueux à notre égard dans
ce lieu saint.
Les vaches auront bien animé notre journée. Une
première a pété les plombs et a chargé
en beuglant dans la rue obligeant les passants a s'écarter
sur son passage, c'était comique. Ensuite nous avons croisé
deux spécimens dignes de figurer au musée des horreurs
qui avaient une cinquième patte...sur le dos! Enfin, pendant
que nous lisions assis sur les ghâts, une noiraude s'est
pointée par derrière et a bouffé quelques
pages du carnet où Christophe écrit ses notes avant
qu'Olivier ne lui arrache de la bouche. La garce, comment on va
faire maintenant pour écrire le journal?....T'as de la
chance de jouir de ton impunité de vache sacrée,
sinon tu finissais en steak!
Une fois de plus Praveem nous propose de l'accompagner à
boire du whisky. Il se met ça tous les soirs, heureusement
ça ne se ressent pas sur sa conduite. A ce propos, ici
comme au Népal, on achète son permis de conduire.
Nous dînons sur une très belle terrasse au coin du
feu où Olivier nous mettra la pâtée au "baccalauréat"
(on fait c'qu'on peut pour s'occuper, y'a pas d'télé).
Lundi 19 Decembre: Ahhh...Jmer
Avant d'entamer les 11 heures de voiture qui nous séparent
de Jaisalmer, nous faisons une petite halte à Ajmer, voisine
de Pushkar. Et quelle halte, on s'en serait voulu de rater ça.
Cette ville, abrite le mausolée de Khwaja Moinuddin Chisti
qui lui confère le statut de lieu de pèlerinage
islamique, ainsi que la mosquée Adhai-din-ka-Jhonpra. Les
musulmans achèvent de nous convaincrent de leur talent
d'architecte (le Taj Mahal, l'Alhambra etc
); divinement
sculptés dans la pierre, caractères et motifs arabes
ciselés dans une pierre ocre, les restes de cette mosquée
valaient a eux seuls le détour.
|
Pour entrer dans Dargah, sorte de ville dans la ville
où se trouve le mausolée, il faut se déchausser
et se couvrir la tête. Nous déambulons sur
le marbre glacé avec nos coiffes achetées
pour 15 roupies au milieu des odeurs de pieds. Tout un
microcosme vit ici: marchands de fleurs et d'articles
religieux, pèlerins, mendiants et...un français
de 49 ans converti a l'islam. Il eut la révélation
lors de son premier voyage en Inde il y a 30 ans et connaît
bien l'endroit puisqu'il y vit maintenant depuis un an.
Il nous fait la visite du lieu et nous présente
a "Haji Syed Noor Alam Chishty", haut représentant
religieux qui nous invite à boire le thé.
C'est en tout cas un chaud-lapin le type. Souphie par-ci,
Souphie par-là; un peu plus et il lui proposait
de rejoindre son harem!
On reprend la route. Plus nous avançons vers Jaisalmer,
plus les vaches semblent laisser la place aux chameaux
occupés à tirer une charrette ou a paître
sur le bord de la route. Apres Jodhpur, le désert
s'impose de plus en plus, le sable vient lécher
le bord de la route. La nuit tombe et comme d´habitude
sur ces longues routes désertes, nous croisons
des cadavres d'animaux sauvages attirés par les
phares des véhicules.
|
Viens
plus près Souphie
|
Le trajet fut nourri aux classiques des BO de Bollywood. Les musiques
de film représentent ici l'essentiel de la variété
musicale. Et ce n'est pas mal du tout, varié, savant mélange
de sonorités modernes et traditionnelles. Et puis, pour
éviter que Praveem ne s'endorme au volant, nous avons ponctué
le trajet d'une belle engueulade. Il a été très
surpris et gêné de cet intermède, en Inde
le rôle de la femme n'est pas des plus enviable et surtout,
il est inimaginable qu'elle puisse tenir tête à son
mari. Avec Sophie, il a été servi et a pu se rendre
compte que les rapports hommes/femmes sont très différents
ailleurs.
Mardi 20 Décembre: The "Golden city"
Nous sommes arrivés de nuit et c'est seulement à
la lumière du jour que nous découvrons Jaisalmer
surnommée à juste titre " la ville jaune ".
Alors que nous déambulons dans la rue du marché
flanquée de boutiques d'artisanat, nous sommes éblouis
par la beauté de la vieille ville. Les façades ocres
éclatantes au soleil nous dévoilent des balcons,
des portes et des fenêtres ciselées d'une extraordinaire
finesse; ce sont les havelies, les demeures de riches bourgeois
cherchant à rivaliser en taille et en exubérance.
Les ruelles sont toujours odorantes, jonchées de poubelles,
de bouses et de vaches placides, sauf que l'une d'elles mal lunée
a voulu charger Christophe.

La
banlieue de Jaisalmer
|
Haveli
(détail)
|
En levant les yeux, la citadelle nous apparaît majestueuse
perchée sur son promontoire. C'est un des derniers forts
encore habité, on y retrouve la vie foisonnante enserrée
a l'intérieur des remparts qui caractérisait celle
du Moyen-âge. Nous filons aux temples Jaïns, et là
encore, on reste bouche bée. Cette fois les sculptures
s'étendent du sol au plafond : frises, coupoles, bas-relief
représentants des danseuses, des dieux et déesses
aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur
n'en finissent de nous émerveiller.
Le Jaïnisme, cette religion que nous avons découverte
en Inde est très intéressante et ses représentants
inspirent le plus grand respect aux habitants de ce pays. Suivant
le principe de non-violence et du respect de tous les êtres
vivants, les jains refusent les armes, sont strictement végétariens
et balaient avec frénésie leur lieu de cultes pour
éviter qu'on ne marche malencontreusement sur une fourmi.
Les plus " extrémistes " portentun masque sur
la bouche pour ne pas avaler d'insectes et ne mangent pas de tubercules
(oignons, patates
) pour les mêmes raisons. Ils préfèrent
aussi marcher plutôt que prendre un véhicule dont
le pare-brise est couvert de cadavres d'insectes.
Après la visite du palace dont la richesse réside
finalement sur ses façades extérieures, nous nous
rendons dans le Nord de la ville afin de voir le coucher de soleil
sans Olivier qui, fiévreux, préfère aller
se coucher. Comme dans la plupart des villes, c'est à sa
lisière que sont regroupées les demeures des tranches
les plus pauvres vivant pour certains de la fabrication de marionnettes
en bois. Nous passons au milieu de petites maisons de terre parfois
décorées de peinture au toit de tôle pour
atteindre le haut de la colline panoramique. Les enfants nous
" donnent " de nouveaux surnoms : " Roupie "
et " school pen ". Deux mamans entourées de leurs
bambins nous invitent à boire le chai, le fameux thé
sucré infuse dans du lait. Elles sont mortes de rires de
se voir en vidéo, ça fait plaisir.
Pour le coucher de soleil nous nous rendons aux cénotaphes
royaux, qui nous offrent une superbe vue sur la citadelle imposante
sur son rocher.
Nous étions tombés sous le charme de Varanasi, notre
deuxième coup de foudre sera pour Jaisalmer, ce bijou planté
au milieu du désert que les femmes colorent de leurs saris
chatoyants, leurs bijoux faisant rayonner leur peau ambrée
au soleil.
Aprés une sieste de deux heures et une bonne suée,
Olivier a récupéré et profitera du dîner
dans un bon restaurant, le " Saffron " installé
sur la terrasse d'un haveli dont le poulet tandoori est un vrai
régal. Ce sera pour lui l'occasion de nous faire quelques
remarques tout à fait à propos. Depuis son arrivée
on a été un peu speed et le rythme plutôt
soutenu. A notre corps défendant, nous voulions lui montrer
un max de choses en un minimum de temps et les longues distances
ne nous ont pas laissé trop de temps pour se poser. Nous
avons pris également quelques mauvais travers. A côtoyer
des furieux du cliches et Ulrik, cette jeune réalisatrice
allemande, nous sommes devenus accro à la photo et à
la vidéo. Dorénavant on essaiera de mettre nos objectifs
de côté. Il est aussi étonné du peu
de contacts que nous avons avec les indiens en dehors de la sphère
touristique. Il a raison, mais à trois c'est beaucoup plus
difficile, surtout en sautant d'un site à l'autre dans
une voiture de location. Au fur et à mesure que les mois
défilent, nous avons été amenés à
nous poser pas mal de questions sur notre manière de voyager
: la décision est prise d'aborder l'Amérique du
sud différemment...en prenant notre temps.
Mercredi 21 Décembre: Le chien aboie
Rendez-vous 7h30 pour la virée dans le désert du
Thar. Olivier a encore 38,4 de température mais vaillant
comme un Rajput, il nous suivra dans cette trépidante aventure
chamelière
Nous montons dans la jeep avec un couple
d'anglais et un belge flamand pour qui le français est
une langue totalement étrangère même en vivant
à 30 kms de Bruxelles.
On
fait des pâtés ?
|
Nuit
a la " pèle " étoile
|
Nos dromadaires sont chargés de jerricanes d'eau, de nourriture
et de couvertures car ce soir nous dormons à la belle étoile
et le désert n'est pas réputé pour ses nuits
chaudes. Nous sommes gênés de voir les chameliers
et cuistots marcher à côté de nos montures,
cela fait un peu touristes-rois que l'on promène. On fait
une halte à l'ombre d'un arbre pour le déjeuner.
Les cuistots nous ont préparé un thali un peu épicé
mais très bon. La deuxième partie du voyage met
à mal nos adducteurs; il faut changer de position régulièrement
en croisant les jambes devant la selle et c'est pas évident
à tenir. En tout cas, on est tous d'accord pour dire qu´il
y a un peu de laisser aller au niveau de l´hygiène
bucco-dentaire de nos montures. Les fosses sceptiques de Calcutta
par une journée de grosse chaleur dégagent une odeur
de brise marine en comparaison de ce qui peut sortir de la bouche
d'un chameau. Sophie en fera une expérience toute personnelle
en recevant un délicieux filet de bave au visage
Le désert du Thar n'est pas si monotone, des terres arides
alternent avec des bandes de sables et des arbustes éparses
jusqu'aux dunes ou nous bivouaquerons cette nuit. Un malin est
là à nous attendre avec bières et boissons
fraîches ! Apres le coucher de soleil, le froid ne tarde
pas à se faire sentir. Olivier qui s'était senti
mieux dans la journée repasse dans la zone rouge. Il faut
d'ailleurs souligner un bel effort vestimentaire de sa part :
chaussures bateaux, chaussettes remontant sur les bas de pantalon,
Tshirt moulant de plongée Beuchat et veste tenue sur la
tête par un bob surmonte d'une lampe frontale. On n'avait
pas vu autant d'originalité chez un jeune couturier depuis
bien longtemps
Nous assistons à la préparation du thali et des
chapatis avant de prendre notre repas autour d'un feu. Nous dormons
sur de fins matelas tout habillés dans nos duvets avec
trois couvertures en plus. Le thème de la veillée
sera " observation des étoiles ", même
s'il n'est pas aussi étoilé que dans les steppes
mongoles, le ciel nous offrira quelques étoiles filantes.
Jeudi 22 Décembre:
et la caravane passe
|
Après quelques toasts grillés au feu de
bois, un uf dur et un chai, nous entamons le chemin
du retour, cette fois juste tous les trois puisque les
autres passent une deuxième nuit dans le désert.
Nous croisons gazelles et rapaces sur la route qu'Olivier
terminera à pieds, pour cause de " trop mal
au cul ".
Sur la route nous nous arrêtons a Khuldara, ville
fantôme en plein désert. Les 700 maisons
en ruines et la taille de cette ville-étape sur
la route de la soie témoignent de sa prospérité
d'antan. Du haut du temple en son centre, on imagine l'agitation
qui devait y régner à l'arrivée des
caravanes mais, refusant d'être rackettés
par le maharadja, les habitants quittèrent la ville
en une nuit.
Pour rester dans l'ambiance " caravane ", de
retour à Jaisalmer, nous visitons un ancien caravansérail
transformé en hôtel de luxe (c'est devenu
une véritable obsession chez Christophe qui entame
le troisième volet de la trilogie " La longue
marche ", Sophie a jugé que le premier lui
suffisait!). La vue de la terrasse valait le déplacement,
on aurait pu y rester des heures à contempler d'en
haut la vie grouillante de la ville sur fond de citadelle.
Ce soir, après une nuit pas très confort
et deux thalis de suite, on se fait plaisir en dînant
dans le resto le plus réputé de Jaisalmer
" le trio ". Mouais...
|
A
dada
|
Vendredi 23 décembre: Bon anniversaire Praveem
Départ pour Jodhpur au petit matin, il fait encore nuit.
Sur la route, des chiens peu chanceux et même un dromadaire
sont raides sur la chaussée.
Nous entrons en pays vishnois, habitants connus pour être
sans doute les plus fervents écolo et plus grands adeptes
de la non-violence qui soient. Sur ordre du maharadja, 363 de
ces personnes furent tuées enlacées à des
arbres pour empêcher qu'ils ne finissent en meuble. Cela
explique probablement ces carrières que nous apercevons
sur la route dont seuls les arbres au sommet d'un monticule ont
été épargnés par les bulldozers.
|
Jodhpur est appelée " la ville bleue "
; appartenant à l'origine à des brahmanes,
nombre de ses maisons sont teintées de bleu, la
couleur de Krishna (il paraît qu'en plus ça
éloigne les moustiques!).
Nous franchissons l'enceinte de la vieille ville blottie
autour de la forteresse Rajput, l'emblème de la
ville. C'est à la célèbre "
omlet shop " que nous prenons un casse-croûte
avant de monter à l'assaut de la forteresse de
Mehrangarh. Pour une fois, nous avons chacun un audio
guide et déambulons avec nos écouteurs sur
les oreilles et notre baladeur autour du cou. Toute de
grès rouge, renfermant plusieurs palais, temples
et cours, elle est sans doute l'une des plus belles et
des plus imposantes d'Inde.
L'après-midi, Olivier et Sophie partent à
la recherche de tables basses, la ville étant réputée
pour le travail du bois. Ils découvriront du coup
les fournisseurs de Pier Import et autres " meubles
du monde " basés sur Palace road.
Pour rester dans le domaine du shopping, nous sommes le
23 décembre et nous ne réalisons pas que
Noël est dans 24 heures. Seuls les mails nous rappellent
cette frénésie consommatrice qui tous les
ans rythment la fin d'année en Europe. Ici, pas
de prospectus vantant les mérites des dernières
merveilles technologiques, pas de boutiques noyées
sous les guirlandes et les spots, et encore moins de Père
Noël. Même si cela nous évite le casse-tête
pour le cadeau de dernière minute, Noël reste
une période ou l'absence des proches se fait le
plus sentir. Heureusement, Olive est la!
|
C'est
une maison bleue
|
Happy
birthday Praveem !
|
C'est aujourd'hui l'anniversaire de Praveem, on voulait
l'inviter mais ce soir c'est lui qui régale. S'il
avait su ce qui l'attendait... La soirée avait
pourtant bien commencé, apéro, confidences
(ne le répétez pas mais il est encore vierge,
l'Inde n'est pas le pays du libertinage), cadeaux (2 cassettes
de musiques bollywoodiennes)... jusqu'au moment ou le
ton est monté entre lui et Christophe. Depuis le
début, il essaie de nous driver aussi bien au niveau
du choix de notre itinéraire que des hôtels
et restos dans lesquels il perçoit une commission
si nous restons. Christophe lui sortira donc ses quatre
vérités sur un ton un peu ferme d'autant
plus que Praveem lui a fait comprendre qu'il attendait
de nous un gros pourboire. Sympa l'ambiance de fin de
voyage...
|
Samedi 24 Décembre : Joyeux Noël !
L'ambiance est un peu tendue dans la voiture qui nous mène
à Ranakpur. Le paysage étonnamment plat depuis notre
départ de Delhi commencent à prendre un peu de relief,
nous arrivons dans les monts Arawelli en pays Mewar. Nous nous
posons dans un hôtel assez correct où le jardin est
agrémenté d'un bassin que se partagent deux canards
caractériels. De toute façon on n'a pas trop le
choix, Ranakpur n'est même pas un village, c'est un site
célèbre pour ses temples jains. Mais quel site !
Le temple de
|
Jaisalmer
nous avait déjà ébloui, celui-la
nous laisse bouche bée. C'est le plus grand et
le plus beau d'Inde dans sa catégorie. Il rivalise
avec encore plus de sculptures du sol à la coupole
et sur ses 1444 colonnes. La blancheur de la pierre reflète
les rayons du soleil à l'intérieur, c'est
éblouissant.
Nous finissons la journée au sunset point en haut
des collines qui dominent un joli lac où il y aurait
des crocodiles paraît-il. Pas vu !
Ce soir c'est Noël. Praveem, un pote chauffeur et
de son client autrichien déjà allumés
au whisky insistent pour qu'on se joigne à eux
autour du feu. Praveem qui n'a pas l'alcool mauvais s'excuse
pour hier et fait la paix avec Christophe. Son collègue
par contre à tendance à devenir agressif
et nous coupe un peu trop la parole. Il ne supporte pas
le fait que nous n'avalions pas nos rasades de whisky
en moins de deux minutes et devient un peu trop machiste
avec Sophie. Du coup nous finissons la soirée dans
notre chambrée où un lit d'appoint a été
installé par terre pour Olivier. Au menu : foie
gras sur butter nan, saucisse sèche Justin Bridou,
magrets de canards fourres au foie gras, Jurancon Lacabe
1996 et si on a encore de la place Nutella ! Bonne ripaille,
tongues en cuir de chameau, chemise et chapeau à
la Indiana Jones trop grands, faux tétons en silicone
qui se sont avèrés être des tétines,
produits miracles du coin, bref le Papa Noël nous
a gâtés !
|
Temple jaïn
|
Dimanche 25 Décembre : Au revoir Olivier
Olivier est bien content de nous avoir rendu visite mais ne cache
pas sa joie de rentrer et de laisser derrière lui tourista,
fièvre, transports et douches froides. Dernière
épreuve : 12 heures de voiture pour aller a Delhi, 4h d'attente,
10 heures de vol puis une fois en France enchaîner avec
une heure de transport et une journée de 8 heures de boulot
! Et le soir venu, faut assurer avec Alexandra. Oups ! On n'a
rien dit
De notre côté, fini le luxe de la voiture privée;
pour se rendre à Kumbhalgarh, c'est stop, bus et jeep.
Une fois de plus, Sophie a cru mourir à l'avant du bus.
Le chauffeur roulait un peu vite à son goût sur ces
routes de montagnes dont les murets ont disparu dans les virages
suite à de malencontreux dérapages fatals. Mais,
une fois de plus, nous arriverons à bon port. Les paysages
toujours arides prennent plus de relief au fur et à mesure
que nous nous enfonçons dans les monts Arawelli. Les travaux
des champs,
|
les
saluts des paysans et la beauté des paysages traversés
nous ont donné envie de nous arrêter sur
la route. Le discours d´Olivier raisonnant encore
dans nos têtes, nous décidons demain de prendre
la tente et de nous perdre dans cette région au
gré du vent
D'ailleurs, à bien réfléchir,
nos souvenirs les plus marquants sont cette excursion
au lac Inle et surtout la semaine passée auprès
d'une famille mongole.
Kelwara, où nous logeons, est la ville la plus
proche de la forteresse de Kumbhalgarh dont la belle muraille
de 37 km serait la deuxième après celle
de Chine (50000km) !! Le Rajasthan est décidément
un paradis pour les amateurs de châteaux et forteresses.
Contrairement au sud de l'Inde, le nord fut constamment
soumis aux invasions, musulmanes notamment. La géographie
du pays et la vallée du Gange forment en effet
un axe ouest/est propice aux mouvements des armées.
CQFD.
Sophie s'est aujourd'hui senti une âme de denfenseuse
des animaux en volant au secours de quatre chiots victimes
des caprices de gamins, puis en mettant en fuite des ados
qui s'amusaient à effrayer les singes en leur balançant
des pierres. Ils ont pris la poudre d'escampette lorsqu'ils
l'ont vu s'élancer des pierres à la main
pour leur infliger le même sort !
|
Ahhh
chiche
|
Lundi 26 Décembre : promenade dans la campagne
indienne
Comme prévu, nous laissons une partie des affaires et préparons
le nécessaire pour découvrir a pied la campagne
indienne notre tente sur le dos. Cela fait longtemps qu'elle n'a
pas servi et nous espérons faire du camping sauvage ou
chez l'habitant. Le patron de l'hôtel, surpris par notre
démarche nous donne le nom de villages pittoresques : Varthada,
Kaltana et Baldra. Pendant que nous attendons le bus qui nous
ramènera sur nos pas, nous observons les villageois. Les
femmes enveloppées dans des saris aux couleurs vives arborent
un anneau perlé à la narine qui leur cache presque
la lèvre supérieure ; quant aux hommes, les babouches
pointues et recourbées aux pieds, le pantalon court et
bouffant entre les jambes, parfois des boucles d'oreilles en forme
de fleur et les énormes turbans rouges qu'ils ont sur la
tête donnent à cette petite ville des allures de
Milles et une nuits, il ne manque plus que les tapis volants !
Nous marchons le long de la route. Les femmes toujours coquettes
avec leurs breloques éclatantes aux oreilles, autour des
bras et des chevilles, transportent sur leur tête de gros
fagots de branches pour faire du feu ou de l'eau tirée
a la pompe dans des pots dorés. Aux champs comme à
la ville, il semble que le travail de force soit réservé
aux femmes alors que les hommes ont des activités habituellement
destinées aux femmes dans nos pays, comme la cuisine ou
la couture, question de culture.
|
Malgré l'aridité de la région, la
terre est cultivée notamment avec la canne à
sucre grâce a un système d'irrigation rudimentaire,
des norias. Des bufs aux énormes cornes peintes
de toutes les couleurs tournent en rond pour actionner
un moulin bricolé avec de vieux pots en fer qui
remontent l'eau du puits distribuée ensuite par
des canaux.
Nous nous arrêtons près d'un chantier ou
hommes, femmes, enfants et vieillards travaillent à
la construction d'un réservoir d'eau. Ils s'arrêtent
de travailler pour nous observer d'un peu plus près.
On est un peu gêné devant ces spectateurs
qui nous dévisagent sans mot dire. Mais la vidéo
et les photos font à nouveau leur effet et provoquent
rires et curiosité. Tout d'un coup, ils déguerpissent
et dévalent la pente à toute berzingue.
Loin d'être de notre faute, ils ont en fait aperçu
le contremaître qui est arrivé au mauvais
moment.
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Noria
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Alors que nous contemplions un couple de pic-vert, deux femmes
de la soixantaine viennent nous faire l'aumône. L'une d'elles
se met a enchaîner roulades et poirier sur la tête
pour quelques roupies. Choqués par ce spectacle pitoyable
(dans le sens propre du terme), nous leur donnons brosses a dents,
dentifrices et savonnettes que nous destinions aux paysans. L'autre
s'est baissée pour nous baiser les pieds (signe de profond
respect chez les hindous mais attitude humiliante pour nous),
ce qui nous mit très mal a l'aise. Bizarrement, voir ces
personnes plus âgées que nos mères se donner
en spectacle nous bouleverse plus encore que les infirmes que
nous avons déjà eu l'occasion de voir à plusieurs
reprises.
|
Un peu plus loin, nous croisons trois jeunes filles dont
l'une est très jolie. Nous nous apercevons que
la main de l'une d'elles présente tous les symptômes
de la lèpre. La bonne humeur de la ballade en prend
un coup. C'est ce moment-là que nous " choisissons
" pour nous égarer, incapables de retrouver
le chemin qui menait au village prévu pour passer
la nuit. Des paysans nous déconseillent de nous
y rendre à cause des bêtes sauvages (ours,
léopards, loups et
gazelles) et nous offrent
l'hospitalité dans l'école du village désertée
pour les vacances. La salle de classe est vide car les
élèves étudient sur des nattes à
même le sol. Nous installons notre lit de fortune
devant une foule de curieux, surtout des jeunes pendant
qu'on nous apporte du bois et des couvertures. Des jeunes
nous font visiter le coin et goûter à la
canne a sucre. Sur le chemin du retour, nous sommes invites
à boire le thé dans la maison de l'instituteur,
fils d'institutrice et marie à une instit aussi.
Comme des VIP, nous sommes ensuite présentés
au médecin (le gratin du village quoi) chez qui
nous dégustons un délicieux lait chaud.
Tout le monde est aux petits soins ; lorsque nous revenons
a l'école, le feu est déjà allumé
dans la cour et cela fait un bon moment qu'ils essaient
de mettre au point un montage électrique pour nous
éclairer. Nous mangeons le riz pulao commandé
ce matin à l'hôtel, réchauffé
sur le feu en compagnie de l'instit qui a du mal à
nous abandonner et nous donne rendez-vous pour le lendemain
matin.
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Chez
l'instit
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Mardi 27 Décembre: Koltra et tais-toi!
Namaste
!
|
Cherchez
l'intrus
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A notre réveil, un comité d'accueil nous attend
autour du feu pour le petit déjeuner. Contrairement aux
autres pays traversés, les indiens, mêmes pas bien
épais, refusent presque systématiquement la nourriture
qu'on leur propose. Sans doute une question de culture ou d'éducation
(les enfants attendent l'approbation de l'adulte avant d'accepter).
L'instit ainsi que les deux jeunes de la veille décident
de nous accompagner au village voisin de Koltra. Adorable hameau
dont l'unique ruelle se faufile entre les maisons de terre. Les
habitants, surpris de recevoir des visiteurs nous sourient tandis
que les enfants crasseux au cheveu hirsute nous suivent partout
pieds nus en nous lançant des "tatas" à
tout bout de champs. Brebis et chevreaux, chats et buffles complètent
le tableau pittoresque de ce village perdu. Ici aussi, telles
des musulmanes avec leur tchador, les femmes se cachent le visage
devant les hommes, leur père ou mari leur interdisant de
le montrer. Nous prenons le thé dans la maison du guérisseur,
spécialiste des plantes médicinales avant de reprendre
la route toujours escortés.
La route est caillouteuse mais offre un superbe panorama sur le
vallée et la forteresse de Kumbhalgarh. Du haut des crêtes,
nous apercevons en surplomb d'autres minuscules villages autour
desquels des champs verdoyants contrastent avec ce paysage sec
aux tons chauds. Cela fait un moment maintenant que nous marchons
et nos ôtes décident de faire demi-tour après
être grimpés au temple de Shiva isolé dans
une grotte. Sophie préfère attendre au pied de la
montée. Christophe reviendra baptisé avec une cordelette
rouge et jaune autour du poignet, une tikka sur le front et une
boisson miracle dans le gosier.
De retour à Kelwara, nous récupérons nos
affaires et montons dans le bus direction Udaipur. Nous voyageons
à l'avant dans la vaste cabine du conducteur où
cinq places assises sont disponibles quand le car est plein. Les
paysages sont superbes et nous voyons plusieurs dromadaires; alors
que nous sommes habitués à les voir affublés
de manière ridicule pour promener les touristes, ils servent
ici de bête de somme pour les travaux des champs.
Nous arrivons de nuit a Udaipur et montons dans le rickshaw le
plus lent de la ville, même les vélos réussissent
a nous doubler. Nous allons nous poser quelques jours à
la Lake View paying guesthhouse.
Mercredi 28 Décembre: "My name is Bond
James
Bond."
Pour une fois nous avons une belle chambre avec eau chaude et
la terrasse de l'hôtel est la plus haute de la ville. De
là-haut, nous avons une vue plongeante sur les temples
vishnouistes, sur le lac et les palaces plantés au milieu
de l'eau. Seul le city palace nous domine du sommet de sa colline.
Depuis quelques années, la mousson est insuffisante et
le lac régulièrement assèché. Par
chance la dernière a été bonne et nous offre
ce qui fait la beauté de cette ville.
Visite du Jagdish temple dédié à Vishnou
sans grand intérêt puis visite de la ville. Ici aussi
il y a des animaux partout, des écureuils sur les terrasses
qui viennent grignoter sur votre table, des ânes minuscules
pas plus haut qu'un Labrador, des vaches tranquilles (sauf celle
qui a mis un coup de cornes au cul de Sophie), des chiens parfois
dans un sale état à qui il manque une oreille ou
une patte, des chiennes aux mamelles touchants le sol, des chiots
déjà galleux et des chats, plus rares, la queue
ou une patte coupée et à juste titre impossibles
a approcher. Nous arpentons les rues de la vieille ville bordées
de nombreuses boutiques d'artisanat en tous genres et de miniatures
en particuliers. Une boutique attire notre attention
on
ressort une heure plus tard des peintures plein les bras. Ils
font un travail exceptionnel, en deux temps trois mouvements,
ils nous ont peint un portrait et un éléphant sur
les ongles! Leurs peintures sont d'une finesse incroyable.
Nous terminons dans un institut de massages dits "ayurvédiques".
Sophie sera autant satisfaite que Christophe déçu,
il n'est pas tombé sur le bon.
Ce soir c'est "plateau-télé". Une des
originalités d'Udaipur est de diffuser tous les soirs dans
les guest "Octopussy", un James Bond qui fut tourné
en partie dans cette ville. C'est plein de clichés mais
on apprécie vraiment même sans les sous-titrages!
Jeudi 29 décembre: Circus
Le city Palace est le plus grand palais du Rajasthan. C'est un
entrelacs de couloirs et d'escaliers, de patios et de jardins.
En tous cas, il y a de la recherche au niveau de la deco intérieure
et pas toujours du meilleur goût d'ailleurs. Chaque Maharana
(dénomination du maharadjah d'Udaipur) y a rajouté
sa "personal touch", multicolor, multi facette et souvent
kitsch a souhait. Régine a dû s'inspirer du lieu
pour sa discothèque (à moins que ce ne soit le contraire)!
Ce soir, nous assistons a un spectacle traditionnel au Bagore
Ki Haveli Museum dont les murs n'arrivent pas à la cheville
du plus dépouillé de Jaisalmer, mais avec l'éclairage
du soir ça fait son effet. S'enchaînent des danseuses
avec toutes sortes d'objets (l'une empilera des pots mesurant
au total l'équivalent de sa taille) et marionnettes sur
fond de musique jouée par un orchestre. Cela ressemblait
finalement davantage à des numéros de cirque mais
c'était chouette.
Vendredi 30 décembre: fashion victimes?
Nous avons commandé des cadres pour les peintures, acheté
deux tables basses en bois, il ne nous reste plus qu'à
faire empaqueter tout ça pour l'envoyer en France par cargo
(en espérant qu'il arrive).
Ce soir nous faisons le passage obligé en bateau sur le
lac de Pichola. Le city palace et le Lake palace (hôtel
ultra chic d'où est tiré un feu d'artifice tous
les soirs) se reflètent dans les eaux du lac. Le spectacle
des lavandières et des femmes se lavant sur les ghâts
est aussi très beau dans le coucher de soleil. Nous nous
arrêtons un moment à Jag mandir, autre palais flottant.
Ici, le spectacle n'est plus le magnifique panorama que nous avons
sur le lac mais quelques spécimens qui nous entourent:
italien aux cheveux longs vêtu d'un short tweed marron,
chemisette rayée bleue et blanche et chaussures bateau
vertes! Mais la première place revient a ce quinquagénaire
au pantalon à pinces et a rayures tombant sur des mocassins
léopards. Nous sommes un peu mauvaise langue mais on n'a
pas pu s'empêcher! Désolé.
Nous reprenons la route ce soir. Le trajet s'annonce long et fatigant:
Bus de nuit en couchette a 22h30, arrivée 4h à Ahmenabad
puis transfert de 10 km en autorickshaw a l'aéroport, enfin
décollage a 7h30 pour arriver a 8h30 a Bombay.
Ces
drôles de machines !
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Samedi 31 Décembre: Nouvel an à Colaba
A la sortie de l'avion, on enchaîne direct avec la recherche
d'une agence de voyage succeptible de nous trouver un hôtel
aux Maldives pour dans 10 jours!
Bombay désormais Mumbai, premières impressions:
où sont passées les vaches? Et les saris multicolores?
Et les rickshaws décorés de guirlandes de Noël?
Les derniers sont interdits en centre-ville, les seconds sont
remplacés par des vêtements occidentaux et les premières
restent un mystère. Tout simplement, Bombay est une ville
beaucoup plus moderne et riche que celles traversées dans
le Nord, Delhi comprise. La circulation est plus ou moins régulée;
il y a des feux tricolores (mais toujours pas de passages piétons)
et des centaines de taxis noirs et jaunes. Il y a moins de bruit
et des trottoirs nous mettent a l'abri des chauffards sans stresser
à chaque véhicule qui approche de peur qu'il nous
klaxonne dans les oreilles ou nous frôle de près.
Mieux, des airs de " lambada " ou de " happy birthday
" se font entendre lorsqu'une voiture munie de ce gadget
musical recule. Original, non ?
C'est ici aussi que la richesse côtoie la pauvreté,
les mendiants dorment à même le sol sous les arches
des boutiques de luxe ou dans des bidonvilles au pied des demeures
bourgeoises. Des femmes musulmanes voilées croisent des
couples indiens qui (oh surprise) se tiennent la main. Les indiens
de la classe moyenne ou bourgeoise se parlent en anglais entre
eux tandis que de nombreux enfants mendient dans les rues.
Autre caractéristique de Bombay, les logements sont très
mauvais. Non seulement les hôtels sont beaucoup plus chers
qu'ailleurs (environ fois 3), mais ils sont médiocres et
souvent complets. On ne fait donc pas la fine bouche lorsqu'on
arrive au Carlton (rien a voir avec son homonyme 5*) dans une
"cellule" avec barreaux aux fenêtres sans WC ni
lavabo; pour la toilette, ce sera des baquets d'eau chaude!
Comme on a perdu les coordonnées du producteur rencontré
a Orccha qui devait nous prendre sous son aile pour la soirée
de ce soir et la visite des studios (fuck!), on improvise une
soirée dans un resto-bar-disco branchouille, le Leopold.
Les routards se retrouvent au milieu de la jeunesse dorée
du coin et c'est entre un écossais moine bouddhiste et
des jeunes arabes de Dubai venus s'encanailler que nous passons
notre réveillon. Il n'y a pas autant de ferveur autour
de cette fête qu'en Occident, ni compte à rebours
avant les douze coups de minuit; on s'embrasse au milieu d'un
bon vieux tube années 80, " Holyday-eh
"
. Les rues sont remplies de badauds et une foule s'est rassemblée
devant le Taj Mahal, le plus prestigieux hôtel d'Inde. C'est
en voulant se mêler à la population qu'on s'est aperçu
que la majorité était masculine. Sophie fut en proie
à de multiples mains baladeuses qui venaient de tous côtés
parfois simultanément profitant de la bousculade jusqu'au
moment où, excédée, elle a giflé le
premier venu (malheureusement pour lui, il était innocent).
Le suivant, par contre, a eu son compte réglé par
Christophe qui tel un chevalier servant s'est lancé à
sa poursuite au milieu de la foule.
Dimanche 1er Janvier: RAS
Internet, voeux, recherches d'hôtel aux Maldives et d'une
nouvelle chambre à Bombay.
Lundi 2 janvier: Bon, beh,
Bombay ? C'est d´la
bombe he
Nous changeons d'hôtel encore plus pourri que le précédent
mais cette fois le prix divisé par deux est justifié
(aucune fenêtre, odeur d'humidité, draps degueu,
patron mal aimable, une vraie caricature). Une chose est sûre,
on n'y restera pas plus d'une nuit (va-t-on réussir a se
poser a Bombay?)
On découvre le quartier de Colaba ou nous résidons,
quartier très animé avec resto, hôtels et
commerces puis le Bombay néo-gothique hérité
des anglais qui côtoie des façades style art-deco.
Nous dînons au Bagdadi, p´tit bouboui conseillé
par le Routard ou nous mangeons des nan enoooormes dans les deux
sens du terme : aussi grands que la pizza giant du pizzaiolo de
quartier avec des saveurs de gaufres bretonnes.
Mardi 3 Janvier: Contrastes
Rechangement d'hôtel pour l'Apollo Guesthouse dont le patron
mielleux nous a fait courir pendant deux jours mais qui dispose
de chambres plus agréables bien que minuscules et d'une
douche chaude commune. C'est le meilleur rapport qualité-prix
que nous ayons trouvé ici.
|
Aujourd'hui c'est plage, C'est la première fois
qu'on foule le sable depuis notre départ, on a
laissé le froid au nord, il y a comme un parfum
de vacances dans l'air
mais vu la couleur de l'eau
on oublie les maillots de bain. La large baie qui valut
d'ailleurs son nom a la ville (bom bay= bonne baie en
portugais), est bordée de tours modernes qui de
loin lui donnent un petit air de Rio (sans les strings
et la baignade). Les toilettes publiques de la plage y
sont investies par des indiennes a moitie nues venues
y faire leur toilette et leur lessive ; Sophie devra les
enjamber pour y accéder. On poursuit en se rendant
au bout de la pointe de Malabar Hill a Banganga tank,
vaste réservoir d'eau entouré de ghâts
situé dans un quartier très pauvre. A quelques
mètres de là, des bidonvilles bordent la
côte près de ce qui devait être autrefois
une belle petite crique. Désormais c'est une décharge
infecte balayée par une mer tout aussi sale où
les enfants jouent pieds nus au milieu des immondices
et des chats cherchant des restes à se mettre sous
la dent.
En soirée, nous allons au cinéma Inox voir
King Kong. Les effets spéciaux à la :Jurassic
park sont hallucinants mais le remake de Peter Jackson
manque d'émotion par rapport a la fabuleuse version
de Merian C Cooper. Au final : décevant au niveau
du scénario mais très divertissant. Le plus
étonnant fut de voir toute la salle se lever lorsque
le drapeau indien apparut à l'écran sur
fond d'hymne national avant la séance. Autre caractéristique
déjà remarquée à Jaipur: les
indiens partent avant la fin du film au moment de l'épilogue
alors que le générique de fin n'a même
pas commencé.
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Bidon-plage
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Mercredi 4 janvier : Bonnie and Clyde
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Ca nous démange depuis notre arrivée a Bombay
mais aujourd'hui c'est décidé, on passe
à l'acte. Avec nos têtes d'européens,
ça doit pouvoir se faire sans trop de difficultés,
il suffit de jouer les habitués. Première
étape : passer la porte d'entrée et déambuler
dans la galerie commerciale, ce qui n'est pas un problème
puisque tout le monde y a accès ; le plus dur va
être de descendre au Spa pour se changer. Sophie
laisse le soin à Christophe de se jeter dans la
gueule du loup. Que neni, il ressort en short de bain.
Deuxième étape : accéder a la piscine.
Le groom de surveillance avec qui Christophe a sympathisé
au spa nous demande d'inscrire le numéro de notre
chambre, de signer puis nous installe deux chaises longues
au soleil. Maintenant c'est quitte ou double ; s'il vérifie
sur l'ordinateur, il va découvrir qu'il n'y a aucun
Lapefet en 318 et on est grillés ; dans le cas
contraire on passe la matinée au bord de la piscine
du plus prestigieux hôtel d'Inde, le Taj Mahal.
Edifie par la famille Tata, brillante dynastie qui détient
aujourd'hui plusieurs entreprises en Inde (de l'insecticide
au secteur automobile en passant par le robot ménager),
ce luxueux hôtel style victorien en bordure de mer
a reçu plusieurs célébrités
de ce monde dont notre " cher " président
Chichi au frais du contribuable évidemment. Finalement
c'est passé comme une lettre a la poste et Christophe
finira la matinée dans le jacuzzi du spa. Luxure
quand tu nous tiens...
Pour rester dans " la haute ", on change d'épicerie
pour dîner au Bollywood. Ouais, bof, aucune star
mais une addition qui rejoint les étoiles !
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Le
Taj Mahal hôtel
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Jeudi 5 Janvier: Bollywood movie
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En venant à Bombay, première ville productrice
de films au monde devant Hollywood, on espérait
bien visiter les studios ou faire de la figuration dans
un film pour le fun. Même pas la peine de chercher,
on est réveillés à 7h du mat par
un chasseur de tête de Bollywood. Nous voila partis
sur les chapeaux de roue sans avoir eu le temps de déjeuner,
d'abord taxi puis train de banlieue puis tuk-tuk pour
se rendre dans le nord de la ville. Il ne s'agit pas d'un
tournage mais d'une séance photo pour la promo
d'un sitcom genre "Helène et les garçons".
Le décor: terrasse de café a l'américaine
en bord de mer; nos rôles: Christophe habille en
d'jeuns bermuda/tee shirt moulant déguste un beignet
attablé pendant que Sophie en serveuse lui sert
un verre d'eau; les protagonistes: un jeune couple en
premier
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Taxi
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plan.
Puis, une australienne embauchée comme nous à la
dernière minute arrive et remplace Sophie qui à
son tour se retrouve devant un beignet. Cela n'a duré que
deux heures pour 10 euros chacun, (ça représente
une somme ici) mais l'expérience est très sympa,
et ils ont promis de nous envoyer les photos par mail (on espère).
En tant qu'Européens, nous avons eu un certain succès
puisque Christophe s'est vu proposer de faire des photos de mode
et Sophie de donner la réplique le surlendemain. Le français
Pascal of Bollywood, célèbre ici pour ses chansons
hindi teintées d'accent gaulois a dû débuter
comme ça !
Cela fait un moment qu'on n'a pas fait de sport, on commence a
prendre du gras et surtout on n'a pas la patate. Un petite séance
à la salle de sport locale ne nous fera pas de mal. Sophie
est la seule fille et bizarrement cela ne pose aucun problème
qu'elle soit en short, alors que Christophe devra revenir en pantalon
la fois prochaine!
Vendredi 6 Janvier: tablars et ghanta
Encore une journée dans Colaba et plus spécialement
dans un Internet café.
Le soir on se prévoit une petite sortie spectacle au théâtre.
Au programme: concert de percussions indiennes. En regardant de
près le magazine, on s'aperçoit qu'il commence une
demi-heure plus tôt qu'on ne pensait, c'était vraiment
pas le moment de perdre notre temps avec notre cadenas dont le
code a changé à cause d'une erreur de manipulation.
Nous avons pris l'habitude d'utiliser un verrou à code
c'est plus pratique que d'avoir une clé pour deux. Le problème
là, c'est qu'il n'ouvre plus et un code a quatre chiffres
ça fait 10000 combinaisons possibles... autant chercher
une aiguille dans une botte de foin. Tant pis pour le verrou,
faut couper et à défaut de pince coupante, Christophe
aidé de notre tenancier jouera les évadés
avec une
lime!
Nous arrivons a temps au concert pour voir les grilles du guichet
fermées, "sold out". Plus une place. Comme d'autres
touristes arrivés bien avant nous et le bec dans l'eau,
nous tentons notre chance auprès des spectateurs susceptibles
d'avoir des places à revendre. Bingo, en cinq minutes nous
voila nos billets en main, plutôt chanceux sur ce coup-ci.
A l'affiche Zakir Hussain, virtuose des tablas accompagné
d'un maestro du violon et de son frère. Nous ne sommes
pas assez connaisseurs ou amateurs pour pouvoir apprécier
cette démonstration de performances techniques à
sa juste valeur, nous préférons sans conteste les
rythmes africains. Heureusement la deuxième partie avec
l'entrée en scène de T.H "Vikku" Vinayakran
75 ans et son "ghanta", un gros pot en argile, va donner
une autre dimension au concert. Ca bouge, ça vibre et ça
tape des mains dans la salle.
Samedi 7 Janvier: la vie à la bombayienne
Le Crawford market est le plus célèbre marche de
Bombay, marché couvert entouré d'un dédale
de ruelles commerçantes. Ici, on trouve de tout de la visse
minuscule pour réparer notre disque dur portable au matériel
d'aquarelle pour Sophie en passant par les primeurs, l'épicerie
et les animaux vivants. Les rues sont bondées et l'animation
débordante avec ses boutiques, ses gargotes et ses commerçants.
La chaussée est parsemée de cageots et de charrettes.
Ca circule dans tous les sens, les porteurs déchargent
des caisses ou transportent des paniers sur la tête qui
semblent glisser dans les airs.
Comme au temps jadis ou les Halles de Paris n'avaient pas fait
place au Forum, ce marché couvert aux airs de pavillons
Baltard est divisé en sections : fruits et légumes
(des fraises au mois de Janvier, si ça c'est pas du luxe
!?), épiceries et confiseries, produits d'hygiène,
viande et même des animaux vivants (oiseaux, chiens, lapins,
souris, etc
). C'est une explosion d'odeurs des plus délicates
aux plus insupportables : le parfum des fruits fait place a d'écurantes
effluves provenant du quartier des bouchers. Nous arrivons après
la bataille pour découvrir des restes de carcasses entassées
que se partagent rats, chiens errants et corbeaux, sans déranger
le moins du monde les indiens qui dorment au milieu des déchets
sanguinolents.
Nous passons la soirée à Chowpatti beach, cette
plage peu animée le jour devient fête foraine le
soir. Les terrasses des buvettes et resto sont pleines. Familles,
enfants, jeunes, vendeurs de ballons, tout le monde s'y retrouve
pour manger un morceau, se faire dire l'avenir par une drôle
de machine clignotante, se faire masser ou faire un tour de manège.
Pas de risque que les manèges se bloquent, ils sont totalement
manuels. C'est impressionnant de voir ces jeunes grimper en haut
de la roue et l'actionner avec la force des jambes, redescendre
en s'accrochant à une nacelle puis remonter a nouveau.
Sophie tombera sous le charme d'un jeune sikh de 21 ans qui projette
de finir DJ.
Christophe: "33 ans bientôt et elle continue de craquer
pour ces stars des dance floor!!! "
Nous décidons de nous faire masser sous les étoiles
allongés sur le sable. Tout aurait été parfait
si nous n'étions pas tombes sur des amateurs dont l'un
a surtout joué des mains baladeuses a l'égard de
Sophie. Du coup, on écourte le "massage/pelotage"
a trente minutes c'est bien assez comme ça!
En repartant, nous sommes sollicités par des mendiants
notamment des femmes leurs bébés sous le bras. C'est
une constante ici plus qu'ailleurs et c'est insupportable. Les
enfants surtout n'hésitent pas à nous attraper par
le bras et à être insistants. Il est très
difficile de savoir comment gérer ça. On évite
de donner de l'argent mais plutôt des produits de consommation
courante ou de la nourriture. Nous resterons très marqués
par l'image de cette gamine de huit ans faisant l'aumône
près d'une gargote, dont le regard s'est illuminé
lorsque nous lui avons donne un kebab. Elle l'a englouti par terre
aux pieds d'enfants issus d'un milieu privilégie bien habillés,
cheveux gominés et assis. Les parents de ces derniers lui
ont aussi donne une assiette mais le contraste reste frappant.
Dimanche 8 Janvier: sur les traces d'Harry Potter
|
Nos ballades en ville nous ont confirmé ce que
nous avions déjà remarqué en traversant
le pays. D'immenses esplanades pelousées y sont
dédiées au sport national: le criquet. C'est
dimanche et il y a foule. Nous assistons à des
parties endiablées ou des pro tout de blanc vêtus
se partagent le stade avec la "populasse" et
les supporters. Les parties pouvant durer plusieurs jours,
nous n'attendrons pas de connaître le gagnant.
Bombay est probablement une des villes d'Inde ou l'empreinte
anglaise est la plus marquée. Outre ce sport et
ces joueurs à l'allure très british, nous
longeons d'impressionnants édifices gothiques,
cour de justice et université dans le plus pur
style anglais, gris et lugubre dont seuls les palmiers
ensoleillés nous rappellent que nous sommes en
Inde et non pas au pays magique d'Harry Potter.
Et tant que nous abordons le sujet de l'influence anglaise,
nous avons été très surpris au cours
de nos rencontres avec les indiens d'avoir souvent la
réflexion suivante : " Vous aussi en France,
vous parlez anglais entre vous ? " et même
une fois : " Quand est ce que vous avez obtenu votre
indépendance ? (Vis-à-vis de l'Angleterre)
". Il était une fois Jeanne d'Arc
|
Criquet
|
Lundi 9 Janvier : Ce n'est qu'un au revoir
Bon ben ça y est, on fait les sacs a dos et on quitte sans
regrets le patron de l'hôtel. Il nous reste la journée
avant d'embarquer. Christophe décide de visiter le Musée
Gandhi qui retrace sa vie, sa politique de non-violence, ses luttes
et
sa fameuse roue à tisser (que l'on voit sur le
drapeau indien)! Un tour a la salle de sport et on a encore assez
de temps pour aller a Internet (a 30 dollars l'heure aux Maldives,
on s'en passera). Faut qu'on prenne notre dose.
Depuis le temps qu'on en rêvait de l'Inde, on l'a fait
et on le refera : indien vaut mieux que deux tu l'auras !
Sophie est triste de quitter l'Inde malgré la plage et
les cocotiers qui nous tendent les bras. Ca n'a pas été
facile tous les jours mais une évidence s'impose, ce pays
nous a complètement envoûtes
Visages
d'Inde
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