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               A l'image de ce coffre, cette page est un fourre-tout, qui aurait aussi bien pu s'intituler « divers ». Vous y trouverez donc un peu de tout, les titres parlent d'eux-mêmes.  

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Reflexions et bons mots (haut de page)

  
               
Pour ceux qui ont encore soif de lecture après celle du carnet de route (ou pour ceux qui s’en sont déjà lassé !!!) voici en vrac quelques textes sur le voyage, l'errance, les autres, le départ, le retour... Certains nous ont ému, interloqué, d’autres nous ont fait réfléchir. Une chose est sûre, ils nous ont tous remués d’une manière ou d’une autre. On les a puisés au hasard de nos lectures : livres, magazines, Internet et leurs auteurs sont aussi bien de parfaits inconnus que d’illustres écrivains voyageurs. N’hésitez pas à les partager, à réagir ou simplement à les lire. Et à nous envoyer les vôtres si vous le désirez, bonne lecture.

                 « L'acte de voyager contribue à apporter une sensation de bien-être physique et mental, alors que la monotonie d'une sédentarité prolongée ou d'un travail régulier engendre la fatigue et une sensation d'inadaptation personnelle. Les bébés pleurent souvent pour la seule raison qu'ils ne supportent pas de rester immobiles. Il est rare d'entendre un enfant pleurer dans une caravane de nomades. (...) "Notre nature, écrivait Pascal, est dans le mouvement. La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement." Divertissement. Distraction. Fantaisie. Changement de mode, de nourriture, d'amour, de paysage. Sans changement notre cerveau et notre corps s'étiolent. L'homme qui reste tranquillement assis dans une pièce aux volets clos sombrera vraisemblablement dans la folie, en proie à des hallucinations et à l'introspection. Des neurologues américains ont étudié des électroencéphalogrammes de voyageurs. Ils y ont constaté que les changements d'environnement et la prise de conscience du passage des saisons au cours de l'année stimulaient les rythmes du cerveau, ce qui apportait une sensation de bien-être et incitait à mener une existence plus active. Un cadre de vie monotone, des activités régulières et ennuyeuses entraînaient des types de comportement produisant fatigue, désordres nerveux, apathie, dégoût de soi-même et réactions violentes . »

                 « En devenant humain, l'homme avait acquis, en même temps que la station debout et la marche à grandes enjambées, une "pulsion" ou instinct migrateur qui le pousse à marcher sur de longues distances d'une saison à l'autre. Cette "pulsion" est inséparable de son système nerveux et, lorsqu'elle est réprimée par les conditions de la sédentarité, elle trouve des échappatoires dans la violence, la cupidité, la recherche du statut social ou l'obsession de la nouveauté. Ceci expliquerait pourquoi les sociétés mobiles comme les tziganes sont égalitaires, affranchies des choses, résistantes au changement, et aussi pourquoi, afin de rétablir l'harmonie de l'état originel, tous les grands maîtres spirituels - Bouddha, Lao Tseu, Saint François - ont placé le pèlerinage perpétuel au coeur de leur message et demandé à leurs disciples, littéralement, de suivre leur chemin. »

Bruce Chatwin , le chant des pistes

« Ne vous attendez pas à guérir de votre désir de voyage.
Votre parcours ne fera que l’aggraver.

Ne croyez pas rassasier votre faim de rencontres.
La qualité des gens simples va développer votre appétit de dialogues.

N’espérez pas satisfaire votre besoin d’aventures.
Il se développe à mesure qu’on y répond.

Ne pensez pas vous libérer de vos fantasmes.
Ils ne feront que grandir avec votre inévitable enrichissement personnel.

               Si vous partez malgré tout, faites le pour vous, avec une vraie pureté d’intention, en vous appliquant simplement comme l’empereur Hadrien de Marguerite Yourcenar, à « faire une fête au hasard ».

Message envoyé à 5 jeunes en partance par Gérard Fusil, fondateur du raid gauloise et de l’ Elf authentique Aventure.

 
              
Est il possible de voyager « sans polluer » ?
               J’aimerais donner mon avis au sujet des nombreux articles, à la mode actuellement, qui parlent d’éco-tourisme ou de pollution par le tourisme, voire même dans certains magazines, de boycotter ou cautionner par sa présence, des pays reniant les droits de l’homme (Birmanie, Cuba, Iran, Irak etc…). Je me permets d’avouer à « ceux qui savent », que moi je ne sais pas comment faire, chaque pays étant un cas particulier.
               Il y a quelques années un article de « Globe –Trotters » titrait « merci bouana » en parlant d’un couple qui avait offert un jean troué à son guide local. Peut être devait-il lui donner une chemise Cardin neuve afin de creuser l’écart entre ceux qui côtoient les touristes et les autres ?
Il y a 10 ans, au Viêt-Nam, notre petit groupe a donné 70 dollars à notre guide pour la remercier de son efficacité, alors qu’un professeur d’université gagnait 20 dollars par mois. J’ai eu honte, j’aurais du lui donner 0.5 euro pour m’avoir fait économiser 30 euros sur une note de téléphone.
               En 1983-1984, au Togo, un problème insoluble aux « beaufs » que nous étions : après avoir vidé un cubi de vin acheté à Ouagadoudou, que faire de ce déchet encombrant et polluant ? Nous l’avons donné à un enfant. Ce qui nous a surpris, c’est qu’il a perdu son sourire et qu’il est parti en courant, serrant le bidon, dans ses bras. Cinq minute plus tard, un adulte est venu vers nous en tenant d’une main l’enfant qui n’avait pas lâché son « cadeau », et de l’autre une écuelle avec des œufs de pintade qu’il nous a offert après avoir eu confirmation que son fils ne nous avait pas volé ce « précieux déchet encombrant » dont nous ne savions que faire. Bien que la disproportion des valeurs de l’échange fût évidente pour nous, il nous a été impossible de refuser sous peine d’insulter cet homme qui, bien qu’ayant très peu de nourriture, considérait qu’un bidon fermé était un bien précieux dans une province où l’eau est à 4 ou 5 kms. Que devions nous faire ? Garder le bidon ou le détruire et priver ainsi une famille des avantages des déchets de notre civilisation ? Que ceux qui « savent » m’éclairent, car je n’ai toujours pas trouvé la réponse.
               Au cours de ce voyage où nous dormions dans les villages, sous la tente en préparant nos repas (achetés sur les marchés locaux), nous en profitions pour nourrir quelques enfants présents autour de nous. Expérience enrichissante qui ne nous a pas mis à l’abri quelques années plus tard de côtoyer l’extrême dénuement à La Paz en Bolivie. Nous étions quatre dans un restaurant avec des steaks qui dépassaient de nos assiettes quand une jeune indienne d’une douzaine d’années, belle comme une reine, mais triste, vint nous mendier les restes des repas jusqu’aux morceaux de gras que nous, « capitalistes repus », avions laissé de côté. On aime donner son assiette à un chien, mais pas à un humain. Ces gens sont fiers, ils ne mendient pas, sauf s’ils n’ont plus que cette solution. Que « ceux qui savent » m’éclairent, peut être aurions nous dû ne rien lui donner pour ne pas la rendre dépendante du tourisme. On ne sort pas indemne d’une telle expérience et, depuis 1985, chaque fois que je repense à cette soirée, j’ai les larmes aux yeux.
               Je dirai en conclusion que je ne sais toujours pas comment ne pas polluer une population par ma présence, mais cela m’a rendu plus humble.

Témoignage provenant de la revue globe trotter

 

               [L'avion de l'auteur s'écrase la nuit dans le désert. Il se retrouve seul avec son mécanicien, sans pratiquement rien à boire, perdu au milieu du désert, à peut-être quatre cents kilomètres d'une source d'eau. Ils sentent la mort venir.]

               « Ma gorge demeure serrée, c'est mauvais signe, et cependant je me sens mieux. Je me sens calme. Je me sens calme au-delà de toute espérance. Je m'en vais malgré moi en voyage, ligoté sur le pont de mon vaisseau de négriers sous les étoiles. Mais je ne suis peut-être pas très malheureux...
               Je ne sens plus le froid, à condition de ne pas remuer un muscle. Alors, j'oublie mon corps endormi sous le sable. Je ne bougerai plus, et ainsi je ne souffrirai plus jamais. D'ailleurs véritablement, l'on souffre si peu... Il y a, derrière tous ces tourments, l'orchestration de la fatigue et du délire. Et tout se change en livre d'images, en conte de fées un peu cruel... Tout à l'heure, le vent me chassait à courre comme une bête. Puis j'ai eu du mal à respirer: un genou m'écrasait la poitrine. Un genou. Et je me débattais contre le poids de l'ange. Je ne fus jamais seul dans le désert. Maintenant que je ne crois plus en ce qui m'entoure, je me retire chez moi, je ferme les yeux et je ne remue plus un cil. Tout ce torrent d'images m'emporte, je le sens, vers un songe tranquille: les fleuves se calment dans l'épaisseur de la mer.

               Adieu, vous que j'aimais. Ce n'est point ma faute si le corps humain ne peut résister trois jours sans boire. Je ne me croyais pas prisonnier ainsi des fontaines. Je ne soupçonnais pas une aussi courte autonomie. On croit que l'homme peut s'en aller droit devant soi. On croit que l'homme est libre... On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre. S'il fait un pas de plus, il meurt.
               A part votre souffrance, je ne regrette rien. Tout compte fait, j'ai eu la meilleure part. Si je rentrais, je recommencerais. J'ai besoin de vivre. Dans les villes, il n'y a plus de vie humaine.
               Il ne s'agit point ici d'aviation. L'avion, ce n'est pas une fin, c'est un moyen. Ce n'est pas pour l'avion que l'on risque sa vie. Ce n'est pas non plus pour sa charrue que le paysan laboure. Mais par l'avion, on quitte les villes et leurs comptables, et l'on retrouve une vérité paysanne.
               On fait un travail d'homme et l'on connaît des soucis d'homme. On est en contact avec le vent, avec les étoiles, avec la nuit, avec le sable, avec la mer. On ruse avec les forces naturelles. On attend l'aube comme le jardinier attend le printemps. On attend l'escale comme une Terre promise, et l'on cherche sa vérité dans les étoiles.

               Je ne me plaindrai pas. Depuis trois jours, j'ai marché, j'ai eu soif, j'ai suivi des pistes dans le sable, j'ai fait de la rosée mon espérance. J'ai cherché à joindre mon espèce, dont j'avais oublié où elle logeait sur la terre. Et ce sont là des soucis de vivants. Je ne puis pas ne pas les juger plus importants que le choix, le soir, d'un music-hall.
               Je ne comprends plus ces populations des trains de banlieue, ces hommes qui se croient des hommes, et qui cependant sont réduits, par une pression qu'ils ne sentent pas, comme les fourmis, à l'usage qui en est fait. De quoi remplissent-ils, quand ils sont libres, leurs absurdes petits dimanches?
               Une fois, en Russie, j'ai entendu jouer du Mozart dans une usine. Je l'ai écrit. J'ai reçu deux cents lettres d'injures. Je n'en veux pas à ceux qui préfèrent le beuglant. Ils ne connaissent point d'autre chant. J'en veux au tenancier du beuglant. Je n'aime pas que l'on abîme les hommes.
               Moi je suis heureux dans mon métier. Je me sens paysan des escales. Dans le train de banlieue, je sens mon agonie bien autrement qu'ici! Ici, tout compte fait, quel luxe!...
Je ne regrette rien. J'ai joué, j'ai perdu. C'est dans l'ordre de mon métier. Mais, tout de même, je l'ai respiré le vent de la mer.
               Ceux qui l'ont goûté une fois n'oublient pas cette nourriture. N'est-ce pas, mes camarades? Et il ne s'agit pas de vivre dangereusement. Cette formule est prétentieuse. Les toréadors ne me plaisent guère. Ce n'est pas le danger que j'aime. Je sais ce que j'aime. C'est la vie.
               Il me semble que le ciel va blanchir. Je sors un bras du sable. J'ai un panneau à portée de la main, je le tâte, mais il reste sec. Attendons. La rosée se dépose à l'aube. Mais l'aube blanchit sans mouiller nos linges. Alors mes réflexions s'embrouillent un peu et je m'entends dire: «Il y a ici un coeur sec... un coeur sec... un coeur sec qui ne sait point former de larmes!...»
               « En route, Prévot! Nos gorges ne se sont pas fermées encore: il faut marcher.»

Saint-Exupéry , terre des hommes

 

               Les voyages engendrent la réflexion. Peu de lieux sont plus propices aux conversations in petto qu’un avion, un bateau ou un train en mouvement. Il y a une corrélation presque simpliste entre ce que nous avons sous les yeux et les pensées que nous pouvons avoir : les grandes pensées nécessitant parfois de grands panoramas, les pensées nouvelles des lieux nouveaux. Les réflexions introspectives susceptibles de « caler » sont facilitées par le déroulement du paysage. L’esprit peut rechigner à penser correctement quand c’est tout ce qu’il est censé faire. Cela peut être aussi paralysant que d’avoir à raconter une plaisanterie ou imiter un accent sur demande. La réflexion s’améliore quand on donne d’autres tâches à l’esprit, quand on le charge d’écouter de la musique ou de contempler une rangée d’arbres.

               De tous les modes de transport, le train est peut être le plus propice à la réflexion : les paysages n’ont pas la monotonie de ce qu’on voit généralement d’un bateau ou d’un avion, ils défilent assez vite pour qu’on en soit pas exaspéré mais assez lentement pour qu’on puisse identifier les objets. Ils nous offrent de brèves et stimulantes échappées sur des domaines privés, nous laissant entrevoir une femme au moment où elle prend une tasse sur une étagère dans sa cuisine, puis une courette où dort un homme, et un parc où un enfant attrape un ballon lancé par quelqu’un qu’on ne voit pas.

               Pourquoi être séduit par quelque chose d’aussi insignifiant qu’une porte d’entrée dans un autre pays ? Pourquoi tomber amoureux d’une ville parce qu’on y voit des tramways et que ses habitants ont rarement des rideaux à leurs fenêtres ? Si absurdes que puissent paraître les réactions intenses provoquées par des éléments étrangers aussi minimes, du moins un tel processus nous est il familier dans notre vie privée. Là aussi nous nous surprenons à aimer une personne à cause de cette façon qu’elle a de beurrer son pain, ou à la prendre en grippe à cause de son goût en matière de chaussures. Nous condamner pour notre attention à d’aussi infimes détails, c’est ignorer combien les détails peuvent être riches de sens.

Témoignages divers dont les auteurs nous sont inconnus

               « Un des risques du voyage est que nous découvrons les choses au mauvais moment, avant que nous ayons pu acquérir la réceptivité nécessaire et donc lorsque les renseignements que nous lisons ou entendons sont aussi inutiles et vite délaissés que des perles de collier sans fil. Risque aggravé par la géographie : les villes contiennent des édifices ou des monuments qui ne sont qu’à quelques mètres les uns des autres, mais à des lieues en termes de connaissances et qualités requises pour être appréciés. »

 Nicolas Bouvier , routes et déroutes

               « La dialectique de la vie nomade est faite de 2 temps : s’attacher et s’arracher. On n’arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route. On a peine à quitter les amis que l’on s’est faits, mais en même temps on se réjouit de la chance qu’on a de pouvoir se promener sur cette planète. On se dit, si cette amitié doit durer, elle durera « Inch’Allah ». Dans la plupart des cas elle ne dure pas. »

Nicolas Bouvier , routes et déroutes

               « Le meilleurs du voyage, c’est l’étape. Vous l’avez gagnée. Là encore je ne suis pas protestant, mais vous avez fait un effort dans la journée, qui peut être de conduire une petite voiture sur des pistes très difficiles ou de marcher des heures et des heures, et tout à coup survient ce moment merveilleux où l’on restaure son corps avec des nourritures toujours très appréciées puisqu’on a faim. Etre à l’ombre, assis, parler de ce qu’on a vu, ce sont des moments inoubliables. »

Nicolas Bouvier , routes et déroutes

               « Je crois à la vertu des absences. Après tout, au bout de trois mois d’absence, tout ce qui agaçait votre famille proche s’évanouit – les tics, le fait que vous ne remettiez pas un objet où l’autre le met, ces petites choses qui rendent la vie désagréable. Vous-même rentrez changé et vous ne remettez pas forcément l’objet à l’endroit où vous le mettiez avant. Vous trouvez une solution plus satisfaisante. Des petites améliorations naissent de très longues absences. Il y a aussi le fait qu’elles vous permettent de faire votre compte. Vous vous dites : sur tel ou tel point, je n’ai pas été très juste ou : je devrais être plus attentif à telle chose à mon retour. Dans une vie de couple qui passe toujours par des crises shakespeariennes, il faut d’immenses lucarnes, des bouffées d’air salubre. »

Nicolas Bouvier,routes et déroutes

               « On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu’on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels. On s’en va loin des alibis, ou des malédictions natales… »

Nicolas Bouvier , routes et déroutes

               John Ruskin est né à Londres en février 1819. Une partie de son œuvre allait tourner autour de la question de savoir comment on peut posséder la beauté des choses. Dès son plus jeune âge il fût particulièrement sensible aux moindres détails du monde visuel. Il se souvint plus tard qu’à trois ou quatre ans il pouvait passer des journées entières à observer les motifs et comparer les couleurs du tapis, à examiner les nœuds du bois dans les lattes du plancher avec des moments d’exaltation ravie. Ses parents encourageaient cette tendance. Ils voyageaient lentement, en voiture à cheval, ne parcourant jamais plus de 50 miles par jour, et s’arrêtaient pour admirer le paysage – une façon de voyager à laquelle Ruskin allait rester fidèle toute sa vie.

               Son intérêt pour la beauté et sa possession allait l’amener à formuler 5 idées essentielles sur la question :
1) la beauté résulte d’un certains nombres de facteurs complexes qui affectent l’esprit visuellement et psychologiquement,
2) les êtres humains ont une tendance innée à admirer la beauté et à désirer la posséder,
3) il existe de nombreuses formes inférieures de ce désir de possession, y compris le désir d’acheter des souvenirs et des tapis, de graver son nom sur des colonnes et de prendre des photos,
4) il y a une seule façon de posséder vraiment la beauté, en la comprenant,
5) et enfin, que la façon la plus efficace d’arriver à cette compréhension consciente est de tenter de décrire les belles choses à travers l’art, par l’écriture ou le dessin, qu’on se trouve ou non avoir le talent pour le faire.

               Du coup, la préoccupation principale de Ruskin fût d’apprendre à dessiner aux gens, non pas pour en faire des artistes mais pour leur apprendre à avoir une autre vision de ce qui les entoure. Si cette activité a de la valeur même quand elle est pratiquée par des gens sans talent, c’est selon lui parce que le dessin peut nous apprendre à voir : à remarquer plutôt qu’à regarder. En recréant avec notre propre main ce que nous avons sous les yeux, nous passons naturellement d’une vague contemplation de la beauté à une situation dans laquelle nous acquérons une profonde compréhension de ce qui la constitue, et pouvons donc mieux nous en souvenir.

               « Maintenant rappelez vous messieurs, que je n’ai pas essayé de vous apprendre à dessiner, mais à voir. Deux hommes traversent un marché ; l’un deux n’est pas plus avancé quand il en sort que quand il y est entré, l’autre remarque quelques brins de persil qui pendent par-dessus le bord du panier d’une marchande de beurre, et emporte avec lui des images de beauté. Je veux que vous voyiez de telles choses ». Ruskin s’affligeait de ce qu’on remarquât si rarement les détails. Il déplorait la cécité et la hâte des touristes modernes, surtout ceux qui s’enorgueillissent de faire l’Europe en train en une semaine.

               Le fait qu’on nous jugerait bizarre et peut être même dangereux si nous nous arrêtions pour regarder un objet aussi longtemps qu’il faudrait à un artiste pour le dessiner donne la mesure de notre manque habituel d’attention aux choses. 10 mns au moins d’intenses concentrations sont nécessaire pour dessiner un arbre ; or le plus bel arbre retient rarement l’attention d’un passant plus d’une minute.

               Et la photo me direz vous. La technologie peut faciliter l’accession à la beauté, mais elle n’a pas simplifié la manière de la posséder ou de l’apprécier. Qu’a donc de si pernicieux l’appareil photo ? La plupart de ses adeptes, au lieu de l’utiliser pour enrichir une vision active et consciente, s’en remettaient à elle et prêtaient moins attention au monde qu’ils ne l’avaient fait auparavant, convaincus qu’elle leur en assurait automatiquement la possession. Mais la photographie seule ne peut en assurer une telle assimilation. La vraie possession d’une chose vue nécessite un effort conscient pour remarquer ses éléments et comprendre leur construction. On peut certes percevoir la beauté en ouvrant les yeux, mais la durée de sa survie dans la mémoire dépend du degré d’attention avec lequel on l’a appréhendée. L’appareil photo brouille la distinction entre regarder et remarquer, entre voir et posséder ; sans doute nous laisse-t-il la possibilité d’une vraie connaissance, mais il peut faire paraître superflu l’effort nécessaire pour l’acquérir. Il suggère qu’on a fait tout le travail rien qu’en prenant une photo, alors qu’assimiler vraiment une chose ou un lieu, un paysage boisé par exemple, implique qu’on se pose toute une série de questions telles que : « comment les troncs sont-ils reliés aux racines ? D’où vient la brume ? Pourquoi cet arbre paraît il plus sombre qu’un autre ? », questions qui, implicitement, sont posées et reçoivent une réponse lorsqu’on dessine.

               Un autre avantage que peut conférer le dessin, c’est une meilleure compréhension des raisons pour lesquelles on aime tel paysage ou tel édifice. Nous déterminons plus précisément ce qui fait défaut, ce qui contribue à la beauté. Nous passons d’un trop vague « j’aime ceci » à « j’aime ceci parce que… ». Nous prenons conscience, ne serait ce que de manière exploratoire, de certaines lois esthétiques : il faut que la lumière éclaire de côté plutôt que d’en haut ; le gris va avec le vert, pour qu’une rue donne une impression d’espace, les bâtiments ne doivent pas être plus hauts qu’elle n’est large...

               « Supposons que deux individus – l’un deux bon dessinateur, l’autre sans aucun goût pour se genre de choses – aillent se promener le long d’un chemin de campagne. Il y aura une grande différence dans la perception qu’ils auront tous les 2 du même paysage. Le second verra un chemin et des arbres ; il verra que ces arbres sont verts, mai n’y fera pas plus attention que cela ; il verra que le soleil brille et produit un joyeux effet ; et c’est tout ! Mais que verra le dessinateur ? Son œil est habitué à chercher la source de la beauté et à en découvrir les plus infimes manifestations. Il lève les yeux et observe comment les rayons du soleil filtrent à travers les feuilles luisantes, emplissant le sous bois de lumière verte. Il voit ici et là un rameau émergeant du feuillage, il voit l’éclat de pierre précieuse de la mousse émeraude et les merveilleux lichens drapés, blancs et bleus, magnifiques. Puis les troncs caverneux et les racines tordues abruptes, dont l’herbe est parsemée de fleurs arborant mille couleurs. Tout cela ne vaut il pas d’être vu ? Pourtant si vous n’êtes pas un dessinateur, vous passerez sur ce chemin et au retour n’aurez rien à en dire ou à évoquer, sinon que vous êtes passé sur tel ou tel chemin. »

Alain De Botton , l’art du voyage

               Depuis des décennies, on donne à la difficulté un sens négatif. Mais c’est par la difficulté que nous atteignons les étoiles ! Et par la lenteur. Il faut du temps. Or, dans une société où tout va vite, où l’on croit obtenir tout sans effort, difficulté et lenteur sont des expériences que l’on rejette. Au bout de l’effort, pourtant, il y a le plaisir.

Alberto Manguel , écrivain argentin.

« Emportez moi
Dans une vieille et
douce caravelle.
Dans l’étrave ou
si l’on veut dans
l’écume
et perdez-moi au loin
Au loin. »

Henri Michaux

               Nous rencontrons des gens qui ont traversé des déserts et des banquises et se sont frayés à grand peine un chemin à travers des jungles sauvages, et pourtant dans les âmes desquels on chercherait en vain une trace de ce qu’ils ont vécu. Vêtu d’un pyjama rose et bleu, satisfait des limites de sa propre chambre, Xavier de Maistre nous encourage discrètement à essayer, avant de partir pour de lointaines contrées, de remarquer ce que nous n’avons fait que voir.

Alain De Botton , l’art du voyage

               Mais merde, je m'excuse mais merde, arrêtez de croire que vous pouvez "faire quelque chose de bien" en apportant des cadeaux. Y'en à marre de se voir entouré par une bande de gosses qui vous réclame des "pen - pen" ou des "bons-bons" alors qu'ils ne savent même pas écrire et qu'avec l'état lamentable de leur dentition c'est en faire des edéntés avant l'adolescence. Et alors maintenant le top : des ballons qui une fois crevés feront crever les vaches qui les boufferont. Non trop c'est trop. Arrêtez de vous donner "une bonne conscience" en croyant que vous allez "changer" un petit quelque chose dans l'immensité du "désastre" indien. Engagez-vous plutôt dans le mourroir des bonnes soeurs de Mère Thérésa à Calcutta et tenez donc la main aux mourrants. Mais c'est pas nécessaire d'aller en Inde pour ça. Y'a de quoi faire au coin de la rue, près de chez vous.

Témoignage d’un inconnu

               Pourquoi voyager ?
               Par ce que je préfère dormir dans: un abri bus,un distributeur de billet,une grange,une école,une mosquée,une église,un temple, un garage,un abri de jardin,un cimetière,un terrain de foot,un commissariat de police,une cellule de prison ,une salle de réunion du parti communiste,sur une terrasse d'un resto italien, dans une maison en construction grecque,dans un champs d'orange turc,dans une cabane de garde barrière ferrovière syrien,sur le site de petra, dans le désert égyptien,dans une cabane de location de matelas sur une plage israélienne,dans un temple indou,dans une scierie népalaise, dans la jungle sri lankaise,sur un terrain de golf birman,sur le pont de la pluie et du vent dans la tribu des dong en chine,sur un terrain de basket à Hong Kong,sur une plage a Macao,dans un dispensaire vietnamien,dans un café laotien,,etc,etc....et bien sur chez toutes ses familles, des plus pauvres du monde à certaines ou les millions de dollars suintaient des murs, bref parce que le monde est d'une diversité, d'une beauté tellement extraordinaire qu'il est impossible de le ressentir si on reste dans son petit monde.

Témoignage sur un forum

               Marcher.
               L'arrêt, l'immobilité retrouvée, la tension physique de l'effort soudainement relâchée, c'est une sensation merveilleuse, celle de l'arc débandé. Il vaut la peine de marcher, et de marcher dur, rien que pour le plaisir de pouvoir s'arrêter. Et la joie du départ n'est-elle pas faite déjà, largement, de celle de l'arrivée, savourée d'avance jusque dans les cruautés que l'absence implique?

Théodore Monod

               Mais alors ils s'en allaient, dansant dans les rues comme des clochedingues, et je traînais derrière eux comme je l'ai fait toute ma vie derrière les gens qui m'intéressent, parce que les seules gens qui existent pour moi sont les déments, ceux qui ont la démence de vivre, la démence de discourir, la démence d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller ni sortir un lieu commun mais qui brûlent, qui brûlent, pareils aux fabuleux feux jaunes des chandelles romaines explosant comme des poelles à frire à travers les étoiles et, au milieu, on voit éclater le bleu du pétard central et chacun fait: "Aaaah!"

Jack Kerouac, sur la route

               Aussi allais-je à l'Y pour avoir une chambre; ils n'en avaient pas et, d'instinct, je descendis en flânant du côté des voies de triage - il y en a une tapée à Des Moines -, et j'échouais dans une vieille gargote ténébreuse, près de la rotonde des locomotives, et passai toute une journée à dormir sur un grand lit blanc, bien propre et bien dur, avec des graffitis obscènes gravés sur le mur, près de mon oreiller, et de foutus rideaux jaunes tirés sur le spectacle fuligineux des rails. Je m'éveillai quand le soleil se mit à rougeoyer; et ce fut la seule fois de ma vie qu'aussi nettement, moment étrange entre tous, je ne sus plus qui j'étais - j'étais loin de chez moi, obsédé et épuisé par le voyage, dans une chambre d'hôtel minable que je n'avais jamais vue, écoutant le chuintement de la vapeur au-dehors, et les grincements des vieilles boiseries de l'hôtel, et des pas au-dessus de ma tête, et toutes sortes de bruits sinistres; je regardai le haut plafond craquelé et réellement je ne sus plus qui j'étais pendant près de quinze étranges secondes. Je n'étais pas épouvanté; j'étais simplement quelqu'un d'autre, un étranger, et ma vie entière était une vie magique, la vie d'un spectre. J'étais à mi-chemin de la traversée de l'Amérique, sur la ligne de partage entre l'Est de ma jeunesse et l'Ouest de mon avenir, et c'est peut-être pourquoi cela m'est arrivé justement en cet endroit et à cet instant, par cet étrange après-midi rougeoyant. Mais il me fallait me mettre en route et cesser de gémir; je ramassai donc mon sac, dis adieu au vieil hôtelier qui siégeait près de son crachoir, et allai manger.

Jack Kerouac, sur la route

- Tu vois, mon pote, on vieillit et les ennuis s'accumulent. Un jour, toi et moi, on sera en train de déambuler dans une ruelle, tous les deux, au coucher du soleil, et de fouiller les poubelles.
- Tu veux dire qu'on finira comme de vieux clochards?
- Pourquoi pas, mon pote? Naturellement on y arrivera si on en a le désir, avec tout ce que ça comporte. Il n'y a rien de mal à finir de cette façon. Tu passes toute une vie sans t'occuper de ce que veulent les autres, y compris les politiciens et les richards, et personne ne se soucie de toi et tu te défiles et tu frayes ta propre route.
               J'approuvai. Il en venait à la résolution taoiste par la voie la plus simple et la plus directe. "Quelle est ta route, mon pote? C'est la route du saint, la route du fou, la route d'arc-en-ciel, la route idiote, n'importe quelle route. C'est une route de n'importe où pour n'importe qui n'importe comment. Où qui comment?" Nous hochâmes la tête sous la pluie. "Merrrde, et il faut faire gaffe à sa pomme. Ce n'est pas un homme qui ne galope pas, écoute ce que dit le docteur. Je vais te dire, Sal, carrément, peu importe où j'habite, ma valoche dépasse toujours par-dessous le lit, je suis prêt à partir ou à me faire virer. J'ai décidé de laisser tout me filer entre les doigts. Tu m'as vu, toi, m'évertuer et me crever le cul pour réussir et tu sais, toi, que c'est sans importance et que nous avons le sens du temps, la façon de le ralentir et d'arpenter et de savourer et de se contenter des voluptés du nègre antique, et que sont les autres voluptés? Nous autres, nous savons." On soupirait sous la pluie. Elle tombait d'un bout à l'autre de la vallée de l'Hudson, cette nuit-là. Les grands quais internationaux le long du fleuve vaste comme la mer en étaient inondés, les vieux pontons des vapeurs de Poughkeepsie en étaient inondés, les vieux Lac des sources de Split Rock en était inondé, le mont Vanderwacker en était inondé.
- C'est ainsi, dit Dean, que je déambule dans l'existence, je la laisse me promener.

Jack Kerouac, sur la route

               Aux Etats-Unis, l’alcool apporté par les cow-boys a probablement autant contribué à l’extermination des indiens que les armes à feu… Voici le propos tenu par un indien devant les vertus de ce nouveau breuvage : « C’est drôle. Ce liquide, froid comme l’eau, devient aussi brûlant que du feu. Il retire de la force à celui qui en boit, vieillit les jeunes et rajeunit les vieux. Il pousse l’homme exténué à se lever et à poursuivre sa route ; quant à celui que la fatigue n’a pas encore entamé, il l’accable d’un lourd sommeil. »

Jack London, Les enfants du froid

               "Que dire? Et pourquoi donc?...Pourquoi? Comme cette vie est étrange et belle... Incroyable et merveilleuse comme la mer. C'est dur de dire adieu. Il y a beaucoup de choses que je pourrais dire maintenant, mais je ne les dirai pas, comme cela, si je ne devais jamais revenir, personne ne me pleurera. Voilà pourquoi je m'en vais, tranquillement, avec mes projets, je ne fais pas de voeux
et je n'attends rien, mais j'aime chaque chose."

Jack Kerouac

 

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage
Ou comme celui-là qui conquit la Toison,
Et puis est retourné plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge!

Du Bellay , les regrets

 

               "Je veux parler d'une autre sorte d'amour. L'amour que partagent un homme et une femme, et dans lequel aussi se manifestent les miracles."
               J'ai pris ses mains. Il pouvait bien connaître les grands mystères de la Déesse, mais quant à l'amour, il n'en savait pas plus que moi. Même après avoir tant couru le monde. Et il lui faudrait payer le prix: l'initiative. Car la femme paie le prix le plus élevé: le don de soi.
               Nous sommes restés ainsi, à nous tenir les mains, un long moment. Je lisais dans ses yeux les peurs ancestrales que le véritable amour impose comme autant d'épreuves à surmonter. J'ai lu le refus de la nuit précédente, le long temps que nous avions passés loin l'un de l'autre, les années au monastère en quête d'un monde où ces choses-là ne se produiraient pas.
               Je lisais dans ses yeux les milliers de fois où il avait imaginé ce instant, les décors qu'il avait construits autour de nous, la coiffure que j'avais et la couleur de mes vêtements. Je voulais dire oui, qu'il serait bien accueilli, que mon coeur avait gagné la bataille. Je voulais dire combien je l'aimais, combien je le désirais à cette minute.
               Mais je suis restée muette. J'ai assisté, comme dans un rêve, à son combat intime. J'ai vu la crainte de me perdre, les mots durs qu'il avait entendus dans des occasions semblables - car nous passons tous par de tels moments, et nous accumulons les cicatrices.

               Ses yeux se sont mis à briller. Je savais qu'il était en train de franchir toutes ces barrières.
J'ai alors lâché l'une de ses mains. J'ai pris un verre et l'ai posé au bord de la table.
"Il va tomber, a-t-il dit.
- Exact. Et je veux que tu le renverses.
- Casser un verre?"
Oui, casser un verre. Un geste simple, en apparence, mais qui implique des frayeurs que nous n'arriverons jamais à comprendre. Qu'y a-t-il de mal à casser un verre ordinaire - alors que nous l'avons tous fait sans le vouloir une fois ou l'autre?
"Casser un verre? A-t-il répété. Pour quelle raison?
- Je pourrais bien donner quelques explications. Mais en fait c'est seulement pour le casser.
- A ta place?
- Bien sur que non."

               Il regardait ce verre au bord de la table - préoccupé par l'éventualité de sa chute.
"C'est un rite de passage, comme tu l'exprimes si bien toi-même, ai-je eu envie de dire. C'est l'interdit. On ne casse pas les verres exprès. Quand nous entrons dans un restaurant, ou chez nous, nous faisons attention à ne pas laisser les verres au bord de la table. Notre univers exige que nous prenions garde à ne pas laisser les verres tomber et se briser. Et cependant, ai-je encore pensé, s'il nous arrive d'en casser un involontairement, nous nous apercevons qu'après tout ce n'est pas si grave. Le garçon dit "ça ne fait rien", et je n'ai encore jamais vu qu'un verre cassé soit rajouté à l'addition. Casser des verres fait partie de l'existence, et nous ne faisons aucun tort à nous-mêmes, au restaurant, à notre prochain."
               J'ai tapé sur la table du plat de la main. Le verre a oscillé, mais n'est pas tombé.
"Attention! a-t-il dit instinctivement.
- Casse ce verre", ai-je insisté.
"Casse ce verre, ai-je pensé au fond de moi. Parce que c'est un geste symbolique. Essaie de comprendre que j'ai cassé moi des choses bien plus importantes qu'un verre, et que j'en suis heureuse. Considère ton propre combat intérieur et casse ce verre. Parce que nos parents nous ont appris à prendre soin des verres, et des corps. Ils nous ont appris que les passions d'enfance sont du domaine de l'impossible, que nous ne devons pas éloigner les hommes du sacerdoce, que les gens ne font pas de miracles, et que personne ne part en voyage sans savoir où il va. Casse ce verre, je t'en prie, et libère nous de tous ces maudits préjugés, de cette manie qu'on a de tout expliquer et de ne faire que ce qu'approuvent les autres."
"Casse ce verre", ai-je demandé une fois de plus.

               Il a fixé un regard sur le mien. Puis, lentement, sa main a glissé sur le plateau de la table, jusqu'à toucher le verre. D'un mouvement sec il l'a poussé et fait tomber par terre.
Le bruit a attiré l'attention de tout le monde. Au lieu de s'excuser, il m'a regardée en souriant, et j'ai souri en retour.
"Ce n'est rien!" a crié le garçon qui servait les clients.
               Mais lui n'a pas écouté. Il s'était levé, m'avait attrapée par les cheveux et m'embrassait.

Paulo Coelho, Sur le bord de la rivière Piedra

               Un jour, on demanda au Dalaï Lama : " Qu'est-ce qui vous surprend le plus dans l'humanité?"
Il répondit : "Les hommes qui perdent la santé pour gagner de l'argent et qui, après, dépensent cet argent pour récupérer la santé. A penser trop anxieusement au futur, ils en oublient le présent,
à tel point qu'ils finissent par ne vivre ni au présent ni au futur. Ils vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir et meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu".

               Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait ( ... ) La piste est très solitaire, de grandes distances séparent les villages. Pour une raison ou une autre, il peut arriver qu'on arrête la voiture et passe la fin de la nuit dehors. Au chaud dans une grosse veste de feutre, un bonnet de fourrure tiré sur les oreilles, on écoute l'eau bouillir sur le réchaud à l'abri d'une roue. Adossé contre une colline, on regarde les étoiles, les mouvements vagues de la terre qui s'en va vers le Caucase, les yeux phosphorescents des renards. Le temps passe en thés brûlants, en propos rares, en cigarettes, puis l'aube se lève, s'étend, les cailles et les perdrix s'en mêlent ... et on s'empresse de couler cet instant souverain comme un corps mort au fond de sa mémoire, où on ira le rechercher un jour. On s'étire, on fait quelques pas pesant moins d'un kilo, et le mot "bonheur" paraît bien maigre et particulier pour décrire ce qui arrive ... Finalement ce qui constitue l'ossature de l'existence, ce n'est ni « les loisirs », ni la carrière, ni ce que d'autres diront ou penseront de vous, mais quelques instants de cette nature, soulevés par une lévitation plus sereine encore que celle de l'amour, et que la vie nous distribue avec une parcimonie à la mesure de notre faible coeur.

 Nicolas Bouvier, l’usage du monde

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Baudelaire, l'invitation au voyage

 

Quelques lectures (haut de page)


«L'ennui, c'est l'abondance, la profusion. Les livres sont à foison et la tête vous tourne. Quoi lire? Que choisir. Par où commencer? Quel écrivain, quel titre?» Bernard Pivot

               Dans cette société de surproduction culturelle, où chaque jour voit la naissance de nouveaux ouvrages, nous ne savons plus où donner de la tête, et faire un choix parmi cette profusion culturelle relève souvent de l’exploit. Alors on peut se laisser guider au hasard des rayons, ou suivre les coups de coeurs d’un autre lecteur…Voici quelques lectures qui ont accompagné la préparation de notre escapade, alors piochez ce qui vous inspire…

Blaise Cendrars ,  bourlinguer

               C'est à Blaise Cendrars que l'on doit l'entrée dans le dictionnaire du verbe "bourlinguer". Voici donc un poète traînant ses guêtres au cours des onze récits qui jalonnent ce livre, chacun dédié à un port. Ca sent bon la mer et l’appel du large. Attention à ne pas vous laisser embarquer, vous risqueriez de vous noyer dans ses œuvres. Magnifique. « Vivez, ah ! Vivez donc, et qu'importe la suite ! N'ayez pas de remords. Vous n'êtes pas Juge. »

 

Jack Kerouacsur la route 

               Ce livre respire la vie et crie pars. Des personnages profondément vivant qui sentent bon la poussière, des amitiés informelles mais sincères et des expériences amoureuses. La vie quoi… On tourne le dos au matérialisme et l’errance devient reine. Bref, un « road book » à travers les étendues américaines qui se lit à cent à l’heure. Enivrant.

« where are we going ? I don’t know man, but we gotta go till we get there”

 

Antoine de Saint-Exupéry , Terre des hommes

               Ce livre est une pure merveille. Tout en étant d'une lecture facile il aborde des sujets profonds. On débute avec les prémisses de l’aviation et de la postale et on glisse vers une réflexion sur les grands thèmes de la vie, de l’existence. C’est tout à la fois un livre fraternel et un hymne à la vie et à la condition humaine. La terre vue du ciel ne se résume pas à Yann Arthus Bertrand, découvrez le point de vue d’Antoine de Saint-Exupery…

 

Xavier de Maistre, Voyage autour de ma chambre

               Si vous voulez une alternative au voyage «traditionnel», voilà le livre qu’il vous faut. A l’opposé des récits d’aventures et de voyages, il oppose l’immobilité la plus complète. Tandis que d’autres décrivent le monde, il va décrire sa chambre et laisser libre cours à son imagination. C’est simple et sans danger. Livre…atypique.


Tituan lamazou,

On ne présente plus ce navigateur chevronné au joli palmarès. Partenaire d’Eric Tabarly
mais également ancien élève des beaux-arts, il profite des

ces nombreux voyages pour remplir ces carnets de croquis, dessins, et notes en tout genre.

On ne conseille pas un ouvrage
plus qu’un autre tant le choix
se révèle difficile…

 

Jules Vernes, le tour du monde en 80 jours.

               Un classique de chez classique. Peut être le premier livre qui nous ait fait rêver et voyager. Malgré les années, cette course poursuite contre la montre que mènent Phileas Fogg et son fidèle valet de chambre Passepartout (aucun lien de parenté avec celui de Fort Boyard !) a gardé tout son charme et son éclat. A lire et relire…

 

Bruce Chatwin , Le chant des les pistes

               Le chef de fil de la pensée nomade nous plonge dans un voyage au fin fond de l’Australie. Son parcours l’amène à rencontrer de nombreux personnages plus décalés les uns que les autres et profitera des nombreuses anecdotes pour parsemer son livre de réflexions sur notre société et le nomadisme. «Les Blancs changent sans arrêt le monde pour l’adapter à la vision fluctuante qu’ils ont de l’avenir. Les aborigènes mobilisent toute leur énergie mentale pour laisser le monde dans l’état où il était. En quoi cette conception est-elle inférieure ?». «La sélection naturelle nous a conçus tout entiers pour une existence coupée de voyages saisonniers à pied dans des terrains épineux écrasés de soleil ou dans le désert.»

 

Pierre Mac Orlan , La Bandera

               Impossible de ne pas citer ce passionné de rugby, ce célèbre habitant de la butte Montmartre et habitué du lapin agile nous a pondu quelques perles (et je ne parle pas de cette grand-mère écossaise qu’il s’est inventé !) : la Bandera par exemple, roman d’aventure en Afrique du nord, probablement influencé par les récits de son frère légionnaire. Son écriture est vivante et fantaisiste, et même si les aventuriers qu’il aime mettre en scène ne sont pas toujours très recommandables, il leur donne une densité, une chaleur humaine si intense qu'ils ne peuvent que séduire. Quant au Maroc et à la Légion, c’est la note colorée de l’ensemble. Et pour les passionnés d’aventures maritimes, une fois finie l’île aux trésors  de R.L.Stevenson, le chant de l’équipage de Mac Orlan s’impose comme l’escale suivante… « L’aventure est dans l’imagination de celui qui la désire »

 

Nicolas Bouvier , l’usage du monde+routes et déroutes
(entretiens avec Irène Lichtenstein-Fall)

               «Lorsque le voyageur venu du sud aperçoit Kaboul, sa ceinture de peupliers, ses montagnes mauves où fume une fine couche de neige (...) il se flatte d’être arrivé au bout du monde. Il vient au contraire d’en atteindre le centre.» Voilà, on est en plein dedans, des descriptions qui laissent rêveur, des phrases très belles… C ’est en 1953 que l’auteur genevois (accompagné du peintre Thierry Vernet) débute son périple, Belgrade, puis les Balkans, avec des biens connus : Serbie, Macédoine, Kosovo... La vieille Fiat fait ce qu’elle peut. Pas grave : «nous nous refusons tous les luxes sauf le plus précieux : la lenteur.» C’est un récit jalonné de rencontres, de dialogues, de tranches de vies et d’échanges plus ou moins curieux selon les coutumes locales. Ce voyage sera l’occasion de quelques réflexions, et la bonne occasion pour nous de plonger avec délectation dans le nomadisme de Nicolas Bouvier. Un chef d’œuvre de la littérature de voyage.

Alain De Botton, l’Art du Voyage

               L’essentiel nous dit Botton, n’est pas dans le mouvement des corps, mais dans celui des esprits. Plus qu’un déplacement dans l’espace, le voyage est un art de vivre, un art de voir, un art !      

 

Bernard Werber , le livre du voyage

               Installez vous confortablement, faites en sorte de ne pas être dérangé pendant environ 2 heures (durée approximative de la lecture) et laisser votre esprit s'évader... Un petit livre merveilleux qui vous emmènera très loin pour peu que vous acceptiez de le suivre, mais je ne peux vous en dire plus…
« Imaginez un livre qui serait comme un ami de papier. Imaginez un livre qui vous aide à explorer votre propre esprit. Imaginez un livre qui vous entraîne vers le plus beau, le plus simple et le plus étonnant des voyages. Un voyage dans votre vie.
               Un voyage dans vos rêves. Un voyage hors du temps. »


               Et pour finir, voici une petite liste des librairies spécialisées « voyage » à Paris, pour se perdre dans les rayons ou trouver un ouvrage précis.

Librairies Adresse
Librairie l’Astrolabe 46, rue de Provence, 75009 Paris. Tel : 01-42-85-42-95. M. : Chaussée-d’Antin. Ouvert de 10 h à 19 h. Espace Air France, 119-121 Champs-Élysées, 75008. M. George-V.
Librairie Ulysse 26, rue Saint-Louis-en-l’Ile, 75004 Paris. Tel : 01-43-25-17-35. Fax : 01-43-29-52-10. M. : Pont-Marie. Internet : www.ulysse.fr . E-mail : Ulysse@ulysse.fr (la première sur Paris)
Itinéraires 60, rue Saint-Honoré, 75001 Paris. Tel : 01-42-36-12-63. M. : Louvre, Châtelet ou Les Halles. Ouvert de 10 h à 19 h sauf le dimanche. Internet : www.itineraires.com .
Librairie du Vieux-Campeur 2, rue de Latran, 75005 Paris. Tel : 01-43-29-12-32. M. : Maubert-Mutualité. Ouverte le lundi de 14 h à 19 h, et du mardi au vendredi de 10 h 30 à 19 h 30, le samedi de 9 h 30 à 19 h 30 et enfin le mercredi, nocturne jusqu’à 21 h.
La Cité des Voyages 55, rue Sainte-Anne, 75002 Paris. Tel : 01-42-86-17-38. Fax : 01-42-86-17-89. M. : Bourse. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h 30 h à 19 h, le samedi de 9 h 30 à 19 h.

 

Musique du monde (haut de page)

 

               Comment voyager tout en restant chez soi, assit confortablement dans son fauteuil. La musique est peut être finalement le meilleur vecteur, on ferme les yeux, et on se laisse porter par ces sonorités venues d’ailleurs à des milliers de kilomètres de là…


« Je me baladais sur l'avenue,
le coeur ouvert à l'inconnu,
j'avais envie de dire bonjour à n'importe qui... »
Joe Dassin

    Voici quelques escales musicales toutes personnelles que nous vous invitons à découvrir, venga venga !!!


Hadouk Trio
, now

               Trois musiciens pour un jazz nomade...Avec des instruments traditionnels comme le doudouk, le pékou ou la kora. Si vous ne retenez pas c’est pas grave ! En quelques mots, le Hadouk Trio, c’est une musique aérienne à l'humeur voyageuse… Et tout ça sans fumer !


Le gotan project
, la revancha del tango

               Qu’est ce qui peut résulter de la rencontre entre des musiciens argentins et des français issus de la scène électronique. Un superbe album alliant tradition et modernité, la fusion du tango avec la musique électronique. On adore !


Marc Anthony
, libre  

               Chantre de la salsa puerto-ricaine, son album ferait se lever tous les pèlerins de Lourdes !! Mention spéciale au morceau qui ouvre l’album, Celos…


Thierry Robin dit « titi »,
rakhî

               Ce français d’origine est apatride, tant sa musique puise ses sources aux 4 coins du monde. Ses influences vont du Maghreb à l’Inde du Rajasthan, même si sa musique reste gitane avant tout. Il considère cette musique nomade, comme un pont entre l’Orient et le répertoire occidental. Dans Rakhi, il fait appel à Gulabi Sapera, danseuse chanteuse gitane du Rajasthan, l’association est de toute beauté !. Alors Gadjo, latcho drom…


The Skatalites
, From Paris with love  

               Ambiance old school… Un album pour se plonger dans les racines du reggae (et du Ska). Le groupe Jamaïcain était venu dans notre belle capitale, le temps d’une prise… Merci Lionel pour m’avoir fait découvrir ce petit bijou !


Paco Ibanez,
canta Brassens et Olympia 

               Ce chanteur engagé fait parti de ces nombreux espagnols, à l’image de Lenny Escudéro, émigrés en France pour fuir Franco. Il lui est resté ce côté rebelle et libertaire, et un surnom : « la voix de l’Espagne ». Muni de sa guitare et de sa voix, il a mis en chanson de nombreux poètes espagnols et latino américains, mais également notre vénéré Brassens qu’il considérait comme un de « ses pères ». Chevere ! Me encanta !


Marisa monte,
Barulhinho Bom, Uma viagem musical 

               Découvert via radio latina, Marisa monte est une bouffée d’air frais qui nous vient du Brésil. Rythmes endiablés (o xote das meninas, Dança da solidao ) et douceur suave (Chuva nova brejo), c’est le Brésil à la maison. Album à ne pas télécharger, au moins pour la qualité de sa jaquette censurée aux Etats-Unis pour son caractère érotique !!!


Sainkho Namtchylak,
naked spirit 

               Originaire de la région du Tuva, ancienne république soviétique proche de la frontière mongolienne, Sainkho Namtchylak s’est formé à Moscou aux techniques de chant issues de la tradition chamanique. Ça laisse rêveur hein ! Le résultat aujourd'hui est un savant mélange de chants classiques, jazz, musique ethnique…Naked spirit est donc assez inclassable, genre mystico-ethno-pop-free-jazz, voyez? Il nous invite à un voyage intérieur à la fois animal et spirituel. Son accompagnement dépouillé, quelques percussions et instruments à cordes, font ressortir l'essence même de la musique: la voix.


Luz Casal,
best of

               Même si elle reste l’emblème des excentricités de Pedro Almodovar, ses chansons ne se limitent pas aux BO du réalisateur. La diva espagnole captive à la première écoute, une voix suave et sensuelle, souvent emprunte de tristesse. (éviter « con otra mirada » qui vire un peu trop variétoche à une ou deux exceptions près). Ce best of permet de se plonger dans son univers, même si à mon avis d’autres chansons auraient du y figurer (me gustaria que comprendieras…).


Dusminguet,
Postroff  

               Un groupe festif à l’image des Sergent Garcia, La mano et consort. Mélangeant les musiques du monde et le folklore populaire, on voyage rien qu’à l’écoute de se mélange de cumbia et rumba. Y a du rythme, de la bonne humeur, de l’accordéon et on en redemande… Je préfère cet album au premier Vofalungo même si mon titre favori reste : cha cha cha.


Bebo Valdez y Diego el Cigala,
lagrimas negras 

               On prend le légendaire pianiste cubain Bébo Valdés et ses 85 ans, on y ajoute l’étoile montante du flamenco Diego « el cigala » et ses 35 ans, et on obtient un album qui sublime boléros et rythmes afro-cubains. On se retrouve alors perdu quelque part entre flamenco et tradition cubaine. Destiné aux amoureux des beautés latines, les autres se laisseront néanmoins séduire par le charme d’un titre comme « lagrimas negras ». Approveche…


Bireli Lagrene, Gypsy project

               En premier lieu, Il faut aimer les instruments à corde, et la guitare particulièrement. Ensuite, on se laisse porter par ce digne successeur de Django Reinhardt qui nous emporte dans l’univers virevoltant du jazz manouche. Cette musique trouve son inspiration dans les racines d’un peuple et d’une culture nomade, chacune des chansons étant l’aboutissement de traditions et d’influences multiples. Et Bireli restitue à merveille cet héritage, dans sa vitalité et son état d’esprit. Longtemps fruit de la tradition orale, le swing manouche est de plus en plus ancré dans notre univers musical comme le prouve l’abondance des festivals (La villette ou Samoëns en région parisienne par exemple). Michto !


Joe Bataan,
anthology  

               1970, les rue du Spanish Harlem à New York, les vieux yellow cabs... les grandes limous sur la 5eme avenue... Starsky et Hutch sur l’écran télé ! Il fut surnommer le "King of Latin R&B", sa musique est un mélange de funk, soul et salsa, de la dynamite. « Latin strut », « the bottle » « rap o clap », « aftershower funk », que des titres énormes…


Nouvelle vague,
nouvelle vague 

               Un de mes albums préférés de l’an dernier. Des reprises de morceaux new wave des années 80 façon bossa nova, fallait oser le mélange. En tout cas ça fonctionne, on se laisse bercer par les mélodies accrocheuses et les voix suaves. A déguster sans modération.


Seu Jorge,
Samba esporte fino et cru 

               Seu Jorge, ou plutôt Mr Jorge, n’aura pas attendu l’année du Brésil en France pour se faire connaître. Découvert d’abord au cinéma dans le film ovni Cidade de Deus, ce carioca en plus de ces talents d’acteur possède de formidables dispositions per la musica do Brasil. Il signe là 2 superbes albums, entre ballades amoureuses et chansons engagées. Un très bon « cru » ma foi, tiré par l’entraînant « Tive razao ».


Ali Farka Toure with Ry cooder
, Talking timbuktu

               Le chanteur malien « allie » les sonorités africaines traditionnelles avec le blues de sa guitare. Sa route l’amena à croiser le chemin d’un autre musicien exceptionnel, celui qui révéla le Buena Vista Social Club. Un pur plaisir et un morceau superbe : Ai du


Salif Keita,
moffou

               Le Mali encore à l’honneur avec cette légende vivante. En Afrique, naître albinos, c.a.d noir à la peau blanche (!!), n’est pas le meilleur coup de pouce qu’on puisse espérer du destin. Et quand en plus on vient de la « haute » et qu’on décide de chanter, ça se complique davantage ! Pour notre bonheur à tous, c’est le chemin qu’a décidé d’emprunter Salif Keita. Avec ce dernier album, il replonge dans ses racines africaines et on le suit, lui, sa guitare et sa voix pure et inimitable. Que du bonheur et un duo exceptionnel avec Cesaria Evora, « yamore ».


Pesadilla

                Une révélation il y a 4 ans à Cuba. Le groupe est panaméen je crois, et leur musique un mélange de reggaeton, salsa, et hip hop latino. L’album a connu un succès immense là bas mais reste introuvable ici, même sur le net. S’il y en a qui connaissent et qui ont quelque chose, je suis preneur. (le CD obtenu était de qualité médiocre et j’ai perdu la moitié des chansons !). Un album endiablé qui parle d’amour et de sexe, et qui aurait été probablement censuré ici à la vue de l’effet produit sur les cubains et cubaines se trémoussant sur cette musique…
Un petit extrait des paroles puisque je n’ai même pas la couverture de l’album (désolé, pas de vidéo non plus !) :

« Yo soy tu maestro
Quien supo enseñarte
Fui el segundo en tu vida
Pero el primero en amarte
Como es posible que me digas que lo amas
Cuando yo sé que soy el dueño de tu cama
Yo soy tu maestro
Quien supo enseñarte
De tu cuerpo yo conozco hasta la mas intima parte
Como es posible que me digas que lo amas
Cuando yo sé que soy el dueño de tu cama »


La rue Kétanou,
y a des cigales dans la fourmilière  

               Les 3 compères ont commencé dans la rue. Le nom du groupe s’est alors imposé de lui-même, histoire de se réapproprier l’espace publique, puis de bars enfumés en rencontres, ils ont accumulé festivals et grandes salles. La rue Kétanou, c’est une musique colorée, engagée qui respire la joie de vivre et vous invite à connaître votre voisin !


Polo montañez,
guajiro natural

               Découvert à Cuba également, sur la place de la ciudad à Trinidad, Polo montañez ressemble à s’y méprendre à un ordinaire cubain travaillant aux champs, à la fois par son look et ses propos. Il chante ce qu’on qualifierait ici de chansons rétro, mais à Cuba, les boleros, guajiras, guaguancos et consort tiennent encore leur place, sans mépris, dans le taxi, en boite ou au travail. Les paroles s’adressent au cœur et les mélodies sont agréables dès la première écoute. Voilà, un petit hommage en passant puisqu’il nous a quitté il y a 2 ans dans un accident de voiture.


Fania all stars, live at Cheetah vol 1 and 2

               Dans l’histoire de la salsa, si il n’y avait qu’un groupe et une date à retenir, ce serait le concert mythique que la Fania All Stars a donné au Cheetah Club à New-York le 26 août 1971. Ce concert a non seulement lancé le label Fania mais a donné tout son élan à la "salsa" (au sens de salsa dura) dans les années 70. Cette formation fondée à la fin des années 60 par Johnny Pacheco à New York a réuni les plus grands musiciens et chanteurs de salsa du moment. Quelques noms au hazard : Johny Pacheco (flûte), Celia Cruz (voix), Willy Colon (trombone), Ray Baretto (percussion), Hector Lavoe (voix), Cheo Feliciano (voix), Ismael Miranda etc… Et ce 26 août, aux dires de ceux qui y étaient, on a compté plus de 4 heures de concert avec sur scène 14 musiciens et 7 chanteurs. Le promoteur du club a dû interrompre le concert car personne ne voulait s’arrêter, ni le public de danser ni les musiciens de jouer ! Alors pour revivre ces mémorables jam-sessions (et notamment un magistral Quitate tu et ses 16 minutes de délire au cours desquelles se succèdent au micro sept chanteurs !), live at Cheetah vol1 and 2 est indispensable à tous les aficionados. Echale salsita !!!


Jimmy Bosch,
soneando Trombón

               Je l’ai découvert à Vic Fezensac, où il a été présent de nombreuses années pour le festival. Soit dans un groupe, soit comme tête d’affiche, ou tout simplement parce qu’il était en vacances dans le Sud de la France et l’envie de faire quelques « boeufs » dans le Gers lui titillaient le trombone. Chacune de ses apparitions fut un régal et c’est tout naturellement que je me suis plongé dans sa carrière solo. Soneando Trombón est son premier album solo, un classique maintenant avec son titre phare otra oportunidad


Souad Massi,
Raoui

               Vous l’avez peut être entendu avec Marc Lavoine devant les écrans de ciné et le titre « Paris ». Sa voix est douce, ennivrante et transporte avec elle les effluves du Maghreb qui l’a vu naître. Avec Raoui, elle nous amène dans son Algérie avec comme guide des ballades et un folk personnel, teinté des couleurs et des parfums du Magrheb. Vraiment un très bel album. Allahouakbar!


Lura,
Di Korpu Ku Alma

               Il n’y a pas que Cesaria Evora au Cap Vert. La sodade se retrouve également chez Lura. Un album tout en douceur à écouter à l’ombre d’un palmier, le flux et le reflux de la mer en fond sonore et quelques embruns pour nous rafraîchir le visage… 


Lo’Jo, l’une des siens

               Lo’jo est une formation atypique, issue des terres angevines mais dont la musique est sans frontière. Ils redessinent les musiques du monde et assemblent l’universelle poésie aux musiques d’Orient, d’Afrique, des Amériques et d’Europe. Avec « l’une des siens », on reste envoûté par la voix éraillée du chanteur et, du Sahara à l’Espagne, de l’Europe de l’Est à la java de chez nous, on se surprend à voyager via des rythmes où se mélangent dub, tango, percus africaines, violon, cora. Comble pour ce groupe sans frontière, Lo’Jo est plus connu à l’étranger qu’en ses propres terres ! Il est temps d’en finir avec ce malentendu...


Bonga,
Angola 72 et Angola 74

               Comment peut-on réunir en un, l’athlète recordman du 400 mètres pour l’amère patrie portugaise, un leader du Mouvement Populaire de Libération de l’Angola et le prédécesseur de 18 ans de Césaria Evora dans une interprétation émouvante et pénétrante de «Sodade», si ce n’est dans un véritable phénomène : Bonga ! Une personnalité, une voix, cassée, militante et nostalgique, un Monsieur comme on ne sait plus en faire. Des harmonies délicates, de belles mélodies tristes et dansantes, Cédric Klapish ne s’y est d’ailleurs pas trompé et a repris le magnifique"Mona ki n'gui xiça" pour la bande-son du film "Chacun cherche son chat". Ces 2 albums sont superbes (même si son tube planétaire « mulemba xangola » n’y figure pas…). Impossible d’être déçu.

 

 

 

Remerciements  (haut de page)

 

               Un merci aux nombreux mécènes, famille et copains, qui ont saisi tous les prétextes pour nous aider à nous équiper (30 ans Christophe, anniv, Noël…).

               Mention spéciale à Lolo pour la conception du site. Respect monsieur. Et merci à Joss pour le coup de pouce de dernière minute.

               Un clin d’œil à nos collègues que nous avons laissés rêveurs (quoiqu’après discussion, beaucoup n’échangeraient pas leur place pour un forfait de 365 jours sur un matelas miteux…). Et spécialement à l’équipe 2 E d’Athis-Mons pour la souplesse dont ils ont fait preuve dans la mise en place du projet. Many thanks.

               Merci à Yves pour la patience qu’il a montré avec Sophie pour l’obtention de son niveau de plongée, notamment en ce qui concerne le vidage de masque, c’était pas gagné ! Un petit coucou à Romain et Sophie « bis » pour les cours de rattrapage en piscine…

               Spéciale dédicace au Rugby Club des Finances qui, en s’abstenant de jouer les phases finales, a permis à Christophe de finir la saison sans trop de blessures ... On se donne rendez-vous en nationale 3 dans un an !

               La Sol, j’espère que l’opération du genou ne sera plus qu’un souvenir à notre retour. Merci pour les 20% du vieux campeur.

               Merci à ABM et les sites Internet de tous ces voyageurs qui nous ont fait rêver avant l’heure. Gros bisous aux parents et aux fréros (thx pour la logistique et votre soutien permanent!), vous allez nous manquer . Mireille, ne t’inquiète pas, Sophie te reviendra en un seul morceau... Merci à vous tous, visiteur d’un jour ou de toujours, la bise, on garde le cap.

« Gracias a la Vida que me ha dado tanto »
Violeta Parra



L’administratif

http://www.france.diplomatie.fr/

               Très utile pour connaître un peu la situation géopolitique d'un pays avant de s'y rendre. Le ton est parfois alarmiste, alors ne pas hésiter à relativiser certaines recommandations. Indispensable pour préparer un voyage.


http://www.action-visas.com/

               Gain de temps non négligeable pour des pays comme la Russie surtout la veille des nuits blanches à Saint Petersbourg. Par contre la commission n'est pas négligeable...

(autre site: http://www.visas-express.fr/)

 

La santé

http://www.pasteur.fr/

               L'Institut Pasteur est une fondation privée dont la mission est de contribuer à la prévention et au traitement des maladies par la recherche, l'enseignement et des actions de santé publique. Un site qui regroupe quelques conseils pour mieux voyager et un institut qui offre des services pratiques pour préparer son voyage (on s’y est fait vacciner).

http://www.chu-rouen.fr/cap/svhome.html

               Spécialiste de la santé en voyage, il propose des contenus types de trousses à pharmacie. Cité par beaucoup de voyageurs.

http://www.sv-fr.com/mailing_public.htm

               Site très complet sur la santé. On y trouve notamment les symptômes des principales maladies, les vaccins, une check-list avant le départ...

http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/voyageurs/index.htm

               Le site de la santé du gouvernement.

 

Informations voyageurs

http://www.routard.com/default.asp

               L’éditeur le plus connu des français, avec ses qualités…et ses défauts. Rendons à César ce qui est à César, nous nous sommes très inspirés de ses fiches pays pour remplir les nôtres.
Le forum est très complet et réactif.


http://www.lonelyplanet.fr/index.cfm

               On ne le présente plus, + de 400 destinations. Le site propose différents catalogues, des mises à jour, un forum, tout un tas d’infos. En bref, l'essentiel pour le voyageur indépendant.


http://www.levoyageur.net/

               Un site très complet pour des informations pratiques.


http://www.abm.fr/

               Des infos, un forum, des astuces, indispensable avant de se lancer dans d’autres recherches. A mettre absolument dans ses favoris.


http://www.aroundtheworlds.com/francais/index.htm

               Site ludique et agréable fait par quelques passionnés.


http://www.muskadia.com/index.asp

               Des rubriques originales (l’art de survivre, premiers secours…) et des chapitres pratiques (conversion mesures, monnaies….), c’est un site complémentaire des autres.

 

Les sites pratiques

http://www.xe.com/ucc/fr/

               L'outil devises le plus populaire au monde


http://www.travelex.fr/

               Pour se faire envoyer de l’argent n’importe où dans le monde et un convertisseur de devise.


http://www.graphicmaps.com/webimage/countrys/sa.htm

http://www.lib.utexas.edu/maps/

               Pour trouver des cartes et établir votre parcours, 2 très bons sites.


http://www.weatherbase.com (lié avec http://www.quikcast.com)

               Vous trouverez des prévisions à 5 jours où que vous vous soyez dans le monde, même au fin fond de la Mongolie. Fort pratique pour le choix de certains treks…Le site indique également les moyennes mensuelles des températures et des précipitations, plus un tas d’autres données. Pour les fans d'Alain Gillot-Pétré...


http://www.elite.net/~runner/jennifers/

               Un site très pratique pour connaître les expressions d’usage dans la langue locale, y jeter un œil avant d’entrer dans chaque nouveau pays.

 

 

Les autres sites de voyageurs

http://fgele.club.fr/index.html

               Un site perso extraordinaire à condition de dépasser l’aspect esthétique. C’est l’histoire d’un mec, Fred, qui quitte tout pour réaliser une part de rêve. Beaucoup de choses touchantes dans son récit, c’est très personnel, intime, on reste sous le charme.

http://www.velovalie.com/

               Comment faire pour allier sa passion du rugby et du voyage ? Et bien on prend son vélo, un ballon de rugby et on pédale, on pédale… Belle aventure pour ces 4 sportifs entre Paris et Auckland, où chaque étape devient un terrain de jeux pour tous ces enfants d’ailleurs qui n’ont pour beaucoup jamais vu un ballon ovale de leur vie.

http://www.terredejeux.org/Accueil.htm

               Site axé sur les jeux, thème universel qui rassemblent les enfants qu’ils soient d’ici ou ailleurs. Très beau projet, très belle aventure, initiative à suivre tout au long de ces prochains mois.

http://globecroqueur.9online.fr/Sommaire.htm

               Site superbe réalisé par un béarnais, qui plus est fan de Tolkien. Les croquis sont magnifiques, en cherchant un peu on peut même deviner les Pyrénées derrière ce beau ciel de Pau…


http://www.yassalaba.com/

               Un site esthétiquement très réussi de quatre potos lancés dans un tour du monde jalonné de défis sportifs. Pour ceux qui ont envie de dépasser leurs propres limites.


http://morel.g.free.fr/sommaire%20pays/sommaire%20pays.html

               Très beau site dédié à la photo, nous lui avons d’ailleurs emprunté quelques clichés.

http://www.metiisto.net/unpetitbreak/index2.html

               Un site sympathique et drôle.

http://www.labaraka.net/

               La route comme principe de voyage, un site référence pour les fans de Bruce Chatwin..


http://www.uniterre.com/

               Site qui répertorie de nombreux carnets de voyages francophones. Pour s’évader et rêver un peu…


http://jmtop.free.fr/index.html

               Le site d’un touche à tout pris entre 3 cultures : les caraïbes, Paris et le pays basque. Voici quelques uns des clichés qui ont jalonné ces nombreux voyages, des photos prometteuses qui méritent qu’on s’y attarde.

 

Les nouvelles du pays :

http://www.liberation.fr/

               Pour suivre de prêt les résultats des prochains référendums…


http://www.rugbyrama.com/asp/une.asp

               Pour suivre l’actualité rugbystique. La référence en Ovalie, mais un gros défaut, le site est payant !!!!


http://www.francerugby.fr/

Les résultats…
… Tous les résultats


Free Touch Rugby

http://www.freetouchrugby.com/

               Que tous ceux qui veulent aborder le rugby de manière ludique, sans sa dimension physique, sans combat, donc sans risque de blessure, aillent jeter un coup d’œil sur le site de la très fameuse Free Touch Rugby. Une association qui prône le beau jeu, pour renouer avec le French Flair que notre équipe nationale semble avoir délaisser…


http://csmfrugby.free.fr/

               Rendons grâce à ce club qui a su ouvrir ses bras à Christophe, reliquat massicois proche de la trentaine… Et oui, malgré un nom qui n’invite pas à la sympathie, le Rugby Club du Ministère des Finances mérite à être connu, pour les gens qui le composent et les valeurs qui lui servent d’étendard : convivialité et fraternité.

CSM Rugby Finances

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