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Dimanche 21 Aout: Good morning China
Levés
tôt, on quitté à regret le pays du cheval pour
entrer dans celui du vélo. Petite anecdote pour faire le
lien entre les deux pays: les mongols n'aiment pas les chinois (en
tous cas Zolo). Premièrement, ils ont mal digérés
d'être sous l'égide Mandchou (1644-1912). La Mongolie
intérieure reste d'ailleurs chinoise, et les déplacements
de population font qu'il ne reste plus que 15 % de Mongols dans
cette région. Deuxiemement, suite a la loi de l'enfant unique
pour limiter les naissances en Chine, il s'est crée un déficit
en femmes puisque nombre de filles furent sacrifiées (avortements,
infanticides
), de nombreux chinois venant alors chercher leur
femme en Mongolie. Ca laisse des traces
D'ailleurs entre parenthèse,
les chinois risquent de se heurter dans quelques années au
problème des retraites auquel nous faisons face en France
actuellement, mais en puissance 10. La structure familiale étant
maintenant calquée sur le modèle 4-2-1, l' enfant
unique doit s'occuper de ces 2 parents et de ses 4 grands parents...
La gérontologie a de beaux jours en Chine...
A
peine montés dans le train, trois chinois profitant de l'agitation
générale de l'éscale ont éssayé
de nous voler. Christophe gardait les bagages dans la cabine pendant
que Sophie dépensait les derniers toubrouks en gateaux. Il
discutait assis avec l'un des trois pensant avoir affaire à
notre compagnon de cabine pendant que l'autre fouillait dans le
sac sur la banquette superieure, le dernier faisant mine de retirer
sa veste lui cachait la vue. Lorsqu'il s'en est apercu, ils se sont
vite éclipsés aidés par le chef de cabine (
qui verifie normalement les tickets de ceux qui montent), qui lui
demanda son billet l'empéchant ainsi de les rattraper
bonne
entrée en matière! Heureusement rien n'a été
volé et les objets de valeur se trouvaient au fond du sac,
on restera désormais sur nos gardes.
Nous
avons ensuite recu la visite de Juliette que nous avions rencontrée
au Vieux Campeur puis croisée a Moscou. Nous passons une
partie du voyage avec elle, sa mère doit la retrouver a Pékin
dans 30 heures.
Le
passage de la frontière fut moins long que l'entrée
en Mongolie (seulement 4h) et nous a permis d'assister au changement
des roues du train car les rails russes et mongoles n'ont pas le
mème écartement que les autres. Le wagon est soulevés
par de puissants bras leviers puis les essieux extraits et remplacés
par d'autres.
Les
passages des frontières reste toujours stressant, on a l'impression
de passer un examen d'entrée avec la peur d'avoir fait une
bétise, les visages graves et les uniformes des douaniers
ne font d'ailleurs que dramatiser la situation.
Ca
y est, nous voici en Chine! Au loin, des lumières nous laissent
deviner une population bien plus nombreuse qu'en Mongolie. Au réveil,
les usines et les odeurs de pollution confirmeront que la Chine
demeure le pays le plus touché puisque 9 des 10 villes les
plus polluées au monde s'y trouvent. Autre constatation,
la moindre parcelle de terre cultivable est mise a profit car elle
n'est pas suffisante pour nourrir la population entière,
c'est donc avec amusement que nous apercevront des bordures de routes
de 2 m2 plantées de tournesols!
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Lundi
22 aout: 1.3 milliard de chinois, et nous et nous et nous…
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Juliette
va se la couler douce quelques jours au Novotel, le rendez-vous
est pris pour l'apero demain soir.
Nous
tentons d'arrêter des taxis sans succès, ils nous regardent
mais ne nous prennent pas. C'est donc dans un moto-taxi
ou rickshaw que nous iront a la guest, sorte de tricycle
a moteur couvert avec 2 places a l'arrière dos au chauffeur.
Avec nos 4 sacs, c'est assez folklorique.
On
ne s'attendait pas a cela avec nos vieux clichés de la Chine.
Au lieu des milliers de vélos, des voitures, à la place
d'une foule grouillante, des grandes avenues spacieuses
et pour remplacer les pagodes, des immenses buildings ultra-modernes.
C'est très loin de ce qu'on imaginait, on dirait une ville
futuriste ou tout est bien organisé: de vastes pistes cyclables
permettent aux derniers vélos et pousse-pousse de circuler
facilement et des passages souterrains ou des ponts au-dessus
des rues en facilitent la traversée. En
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Magasin
ambulant
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revanche,
un épais brouillard style 'smog' enveloppe la ville de sorte que
la vue au loin se limite a un ciel gris-blanc.
On
a de la chance, y'a de la place à la guest, par contre ce sera dans
une chambre de 5 personnes. Nous faisons alors la connaissance de
Julie et Thibault, arrivés depuis 4 jours et un peu stressés par
leurs premieres mésaventures et d'Estelle, amoureuse de la Chine
qui fait une thèse sur l'art contemporain chinois (elle aura d'ailleurs
la gentillesse de nous ramener en France quelques achats encombrants).
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Mardi
23 aout: les hutongs
La
priorité de la journée: trouver un dentiste pour Christophe
qui se plaint d'une carrie depuis le départ (le check du
départ n'a pas été professionnel monsieur le
dentiste parisien, on saura s'en souvenir). Nous montons dans notre
premier taxi: un grillage sépare le conducteur des passagers,
étonnant car Pekin dégage un sentiment de securité.
Le cabinet, dans un quartier d'expatrié, est hyper moderne
avec des écrans et appareils qu'on a pas encore chez nous.
Le dentiste est syrien et compétent, verdict: des morceaux
de viande coincés entre les dents sont a l'origine des douleurs,
il va falloir apprendre a se servir du fil dentaire!
Nous
traversons ensuite le quartier des ambassades sans grand intérèt
a part celui de croiser des militaires marchant d'un pas synchronisé
et celui de Sanlitun, successions de bars occidentaux fréquentés
par des occidentaux avec des tarifs occidentaux. Vous l'aurez compris,
uniquement pour ceux qui ont du mal a quitter l'occident.
Nous
terminons la journée dans le quartier des 'hutongs', mot
mongol designant ces ruelles qui traversent les anciennes habitations
familiales chinoises, les "siheyuans" dont certaines datent
de 1500. Une bonne partie a été détruite, les
jeux olympiques de 2008 accèlérant le processus. Heureusement,
les plus anciennes sont desormais protégées meme si
les chinois les boudent de plus en plus pour le confort moderne
des HLM. C'est a "vélo-taxi" que nous les visitons.
La promenade est très agreable notamment autour du lac Houai
Hu ou des terrasses meublées de sofas confortables n'attendent
que nous. Des chinois se baignent tandis que d'autres pèchent
a la ligne, il y a mème des touristes qui font du pédalos,
d'ailleurs, ce n'est pas Sophie, notre voisine belge du Transsibérien
que nous apercevons la avec Colai?... Incroyable, elle s'apprétait
a passer sous le pont au moment ou nous passions dessus!
Notre
guide nous arreté pour visiter l'interieur. Cela ressemble
un peu au modèle de la 'villa' romaine avec ses pièces
d'habitation réparties autour d'une cour a ciel ouvert, reflet
de cette vie communautaire ou grands parents, parents et enfants
vivaient ensemble.
Le
Novotel se trouvant un peu loin a pieds, nous prenons un pousse-pousse
pour nous y rendre, la négociation fut difficile mais le
marché est conclu. Il nous dépose au coin de la rue
en nous expliquant que c'est juste a droite. Après 10 bonnes
minutes de marche, on réalise qu'on s'est bien fait avoir!
On ne nous y reprendra plus.
Juliette
et sa mère nous font visiter l'hotel, y'a même une
salle de sport et une piscine, maintenant qu'ils nous ont repéré,
on va peut-etre pouvoir y aller incognito
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Mercredi
24 Aout: 'a biycletteeuh
'
C'est
décidé, aujourd'hui on loue des vélos. C'est
tres agréable de circuler ainsi, il faut juste faire attention
aux carrefours, aux piétons, et aux bus qui empruntent la
piste. Une seule règle a integrer: la voiture est prioritaire
sur le velo, lui même prioritaire sur le pieton. Sur le chemin
qui nous mêne au parc du temple du Ciel, nous nous perdons
dans des hutongs beaucoup moins touristiques que la veille et achetons
notre pique-nique. Nous passons par hasard devant une belle entrée
dont nous poussons la porte, c'est une école. La rentrée
se prépare et une institutrice nous accueille gentiment pour
nous faire la visite. L'école est tres bien équipée,
un écran de télé par classe, une salle informatique
au top et une cour de récreation bien fournie et dotée
d'un revêtement plastique anti-bobos; il manque juste un détail:
les enfants.
Le
parc Tiantan Gongyuan est grand et son centre est traversé
par une ligne sur laquelle se trouve les temples. Destiné
a garantir de bonnes moissons, il est caracteristique de l'architecture
Ming, c'est-a-dire sans clous ni ciments, les pieces de bois s'emboitant
les unes aux autres. Malheureusement, le principal, celui que l'on
voit sur les étiquettes du baume du tigre, est fermé
pour rénovation (comme de nombreux autres sites actuellement).
Nous avons apprecié l'Autel circulaire et c'etait assez drole
d'entendre tous ces chinois crier d'un bout a l'autre du Mur de
l'écho cense repercuter le son a son opposé, une vraie
cacophonie!
Nous
decidons ensuite de nous faire pomponner avec un massage d'une heure,
on l'a bien mérité. Le massage a la chinoise est assez
"musclé" mais c'est quand mème tres agréable.
Le moment est aussi venu pour Christophe de tester le coiffeur chinois;
nous en avions croisés qui exercaient leur art directement
sur le trottoir mais il rentrera finallement dans une petite échope.
Resultat: nous ne sommes pas loin de Bernard Jugnot dans les "Bronzés"
(On n'a pas trouvé la traduction chinoise de "Ne coupez
pas les pattes, s'il vous plait").
La
réparation nocturne
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La
fin d'après-midi nous ménera par hasard dans
une ruelle commercante très chouette, Sophie commence
a craquer sur les jolies robes longues fendues a col mao
en soie "soi-disant 100%" et Christophe sur une
affiche de Mao (a chacun son mao!).
Nous
nous sommes un peu perdus de nuit sur le retour, il est
tard, c'est le moment que choisit Sophie pour dérailler
juste avant de casser sa chaine. Heureusement, notre bonne
étoile est là, un réparateur ambulant
se trouvait a dix mètres!
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Jeudi
25 Aout: Pas cool!
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Nous
visitons aujourd'hui la cité interdite dont certains
chinois auraient payé de leur vie l'entrée
il y a moins d'un siècle. Malgré notre volonté
de nous lever tôt pour en profiter "tranquillement",
nous décollons un peu tard (8h30) et c'est au milieu
des hordes de touristes chinois que nous essayons de nous
faufiler. Le gouvernement chinois essaie en effet de promouvoir
le tourisme en les invitant (pour ne pas dire en les sommant)
à rester dans le pays. Résultat: partout nous
croisons des groupes de 30 personnes reconnaissables à
leur signe distinctif du style casquette rouge (ou bleue
ou blanc ...) ou bien tee-shirt bleu (ou rouge, ou blanc
).
Leur guide est en général équipé
d'un micro et cela devient parfois insupportable lorsque
l'on est cerné. Dans ces conditions-là, pas
facile non plus de faire une photo: il faut parfois attendre
la fin du défilé de personnes qui posent par
une ou deux devant les monuments avant de pouvoir prendre
un cliché, et patienter longtemps avant d'en obtenir
un correct sans avoir quelqu'un qui nous passe sous le nez.
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Restez
groupir !
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On
aborde ce lieu mythique via la porte de la paix céleste,
terminant la place Tian'anmen oeuvre de Mao. Des tribunes permanentes
jouxtent l'édifice et font face à cette place tristement
célèbre depuis les manifs de 1989. Mao est d ailleurs
l'objet d'un véritable culte, pin's, affiches, discours,
de nombreux chinois gardent un profond respect pour leur ancien
souverain, quoiqu'en disent les historiens. Il est donc normal que
sa photo géante orne le passage pour la cité interdite.
L'endroit
est effectivement très beau (il vaut mieux puisque les empereurs
et leur cour n'en sortaient quasiment jamais). Une fois de plus,
de nombreux bâtiments sont en rénovation et, au vu
des couleurs éclatantes des parties nouvellement restaurées,
le résultat est prometteur. En tout cas, après 5h,
nous, on était contents d'en sortir de la Cité Interdite...
Nous
prendrons un peu de hauteur au sommet de la colline du parc Jingshan
Gongyan qui surplombe la Cité pour l'admirer dans son ensemble.
Fatigués
de cette journée, nous prenons un moto-taxi pour retourner
Place Tian'anmen ou nous attendent nos vélos, garés
dans un parking qui leur est reservé. Le chauffeur veut nous
déposer au coin de la rue et refuse d'aller plus loin. Apres
un dialogue de sourds, nous finirons a pieds après lui avoir
payé la somme fixée au départ proportionnellement
a la course effectuée, et na!
La
suite de la journée fut assez noire puisque nous avons eu
des problèmes avec les chinois à deux reprises: Sophie
s'est faite envoyée ballader par la tenancière de
l'Internet Café, qui en plus d'être très désagréable,
a essayé de la voler au passage, et Christophe a eu le malheur
de donner l'argent avant de prendre la tranche de fruits secs (qui
avait l'air délicieuse) vendue a un prix prohibitif. Refusant
de payer une telle somme, le gourmand a voulu reprendre son billet
mais il n'en était evidemment pas question, le vendeur s'est
alors mis à hurler plus fort que Christophe et, n'étant
pas en terrain conquis, nous sommes repartis les mains vides et
le porte-monnaie allégé de 10 yuans! Le dernier point
noir de la journée et non le moindre a fini de nous miner:
toutes les données de la X-Drive (disque dur portable) ont
disparu, c'est-à-dire la musique (pas grave) mais surtout
les photos et les films de Mongolie et du Transsiberien.
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Vendredi
26 Aout/ Samedi 27: La Grande Muraille
Impression
étrange au lever comme tous les matins depuis que nous sommes
en Chine, fait-il beau ou le ciel est-il couvert? Le soleil peine
à percer cette brume omniprésente et ce voile donne
a Pékin des allures de ville futuriste victime de nos excès
En
attendant notre bus pour se rendre a la Grande muraille, nous faisons
la connaissance de Trixie qui envisage de s'installer a Pékin.
Apres 4 heures de route, nous arrivons à Jinshanling et lui
fixons rendez-vous le lendemain pour déguster un canard laqué,
specialité de Pekin .
La
randonnée qui part d'ici dure 4/5 h pour rejoindre Simatai.
Puisque nous avons prévu de bivouaquer sur la muraille (malgré
l'interdiction tacite) nous laissons passer le flot de randonneurs
pressés afin de pouvoir en profiter seuls.
La
muraille est impressionnante, elle serpente, descend puis grimpe a
perte de vue dans un paysage sauvage, c'est d'autant plus incroyable
au vue des 5000 kms qu'elle couvre! Pas étonnant que ce soit
l'unique édifice humain visible depuis la lune. Sa construction
débuta il y a 2000 ans sous la dynastie Quin (221-207 avant
J-C) lors de l'unification de la Chine afin de se protéger
des incursions des nomades (nos amis les mongols) mais elle ne remplit
jamais sa fonction (les sentinelles étant très corruptibles).
La première partie que nous avons parcourue est rénovée,
mais d'autres endroits sont en ruine, et il faut parfois contourner
les tours de guet tant le chemin est dangereux. La randonnée
est fatigante car les marches sont de tailles inégales et tellement
pentues qu'il faut parfois s'aider des mains. Elle nous récompense
cependant par de magnifiques points de vue.
Le
bivouac est fortement déconseillé car des touristes
sont morts foudroyés (un couple la semaine dernière!),
les tours servant d'abris sont en effet les points culminants de la
région, de véritables paratonnerres. Nous croisons un
guide chinois francophone qui nous rassure sur la météo;
il ne devrait pas y avoir d'orages par contre, tout en blaguant, il
nous met en garde contre les loups de la région. Puis, une
vieille vendeuse chinoise nous fait part de sa rencontre avec un serpent
de 1.5m dans les ruines il y a tout juste 5 mns. Enfin deux adolescents
très collants ont fait germé dans la tête de Sophie
notre vulnérabilité sur ce mur au milieu de nulle part
en cas d'agression nocturne.
Squatt
sur la Grande Muraille
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De
toute façon, il est trop tard pour faire machine arrière,
la nuit tombe. Nous choisissons une tour en bon état
pour installer notre bivouac, nous cachons papiers et objets
de valeurs entre les pierres (on ne sait jamais!), puis nous
nous "régalons" des raviolis vapeur qui nous
restaient de la veille. C'est alors que le ciel s'est assombri
insidieusement nous privant du coucher de soleil espéré
et laissant apercevoir au loin
des éclairs! Malheureusement,
le vent ne tourne pas en notre faveur et c'est en quatrième
vitesse que nous avons gonflé nos matelas, installé
les duvets et regroupé autour de nous tout ce qui pouvait
nous isoler d'un éventuel coup de foudre, les pierres
sur lesquelles nous étions étant conductrices
d'électricité. Blottis l'un contre l'autre en
ayant pris soin de ne pas être en contact avec le sol
et chaussés de nos pataugas aux semelles isolantes,
nous avons attendu une bonne heure sur nos matelas d'air.
Nous étions en plein coeur de l'orage, les éclairs
frappaient tout autour (peut-être même sur notre
tour) avec un bruit effroyable, illuminant par à-coups
lucarnes et vieilles pierres, le vent apportait du sable venant
de Gobi et la pluie s'engouffrait dans notre abris. Nous avons
eu les chocottes mais quelle aventure! Nous avons finalement
dormi aussi bien que sur les planches de bois des auberges
de jeunesse.
A
notre retour à la guest-house, notre chambre de 5 était
prise, il ne restait qu'un dortoir de 18 (2 ronfleurs plus
de nombreux va et viens), et en plus Sophie s'est enrhumée!
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Dimanche
28 Aout: Ouille ca fait mal!
Quelle
surprise au petit-déjeûner de croiser le couple d'allemands
pris en auto-stop en Mongolie! On n'aura pas le temps de discuter
longtemps puisque Christophe s'est ouvert la main en pelant sa pomme
avec le couteau suisse fraîchement aiguisé (Zolo avait
bricolé le van avec!). Apres s'être retourné
l'ongle du pouce, s'être arraché la peau du gros orteil,
avoir été chez le dentiste et coupé la veille
avec la même couteau, il récidive cette fois avec une
profonde entaille qui pisse le sang. Y en a qui se sont vu attribuer
des surnoms pour moins que ca
Malgré sa réticence,
c'est a l'hôpital qu'il se fera soigner. Une anesthésie
locale, quelques points de suture et un étourdissement plus
tard, il ressortira avec pour consigne de se faire ôter les
fils dans deux semaines!
Nous
ne changeons rien au programme et visitons le célèbre
marché de Panjiayuan, ouvert seulement le week-end. Et là,
on en a plein les yeux: meubles chinois splendides en acajou et
en ébène, artisanat en tous genres (émaux,
tissus, sculpture, boites, objets en jade, bijoux, bronze, peintures
sur soie, etc
). Nous sommes surpris de voir aussi des grillons
dans des cages rondes en bois, est-ce pour se délecter de
leur mélodie ou de leur chair?! On commence à se renseigner
sur le prix d'envoi du mètre-cube et on rêve de revenir
un jour rien que pour faire du shopping.
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Nous
déjeûnons le midi dans un restaurant ou l'on
choisit son poisson dans l'aquarium. Apres l'avoir "péché",
ils nous le montrent dans un sac encore vivant avant de
l'emporter à la cuisine, sa dernière demeure,
au moins on est sûrs de manger du poisson frais. Depuis
que nous sommes en Chine, contrairement à la Mongolie,
les saveurs sont multiples et il est parfois difficile de
mettre un nom sur tel épice, tel mets ou tel plat.
Nous découvrons de nouveaux légumes et fruits
inconnus jusqu'alors et même des algues dans nos assiettes.
En tout cas nous nous régalons.
L'après-midi
se terminera sur les Champs-Elysées chinois ou se
tient tous les soirs un étalage un peu spécial,
ici on peut déguster des mets originaux: brochettes
de serpents, de larves, de criquets, de scorpions et même
d'hippocampes!
Christophe testera le serpent qui, semble-t-il ressemble
un peu au calamar.
Proverbe chinois du jour: "les chinois mangent tout
ce qui a quatre pattes, sauf les tables et les chaises"
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Appétissant
non...
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Lundi
29 Aout: Wo shi fa guo ren (je suis français)
Dernière
visite à ne pas rater avant de quitter Pékin: le palais
d'été. Et pour cause, c'est magnifique. Son parc agrémenté
d'un lac bordé de saules-pleureurs, ses temples, ses pavillons,
ses ponts, et ses immenses galeries-promenades servaient de villégiatures
à la cour impériale. Une fois de plus, le plus imposant
des édifices se trouvant au sommet de la colline est fermé
pour rénovation (un conseil: ne pas visiter Pékin
a la veille des JO 2008). La ballade est vraiment agréable
et nous croiserons des chinois occupés à nourrir des
écureuils, à faire un récital classique ou
à prendre des cours de valse en plein air. Les chinoises
quand a elles se promènent souvent sous une ombrelle car
contrairement aux européennes, pour être belle, il
faut rester blanche.
Palais
d'Eté
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un
peu coincé le couple impérial...
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Nous
sommes tombés sous le charme de Pékin, une alliance
réussie entre passé et modernité, calme des
parcs et frénésie de la population.
Il
nous reste tout juste le temps de monter dans un taxi pour ramasser
nos sacs à la guest et prendre le train de nuit pour Pingyao,
c'est-à-dire, pas le temps de tomber sur un faux taxi qui
cherche à nous arnaquer. Il nous avait vu venir de loin quand
il nous a proposé ses services au sortir du palais. Apres
avoir affiché son enseigne au dessus de sa voiture, il l'a
discrètement retirée puis mis en marche un compteur
trafiqué dont les yuans défilaient anormalement vite.
A mi-chemin, Christophe a mis les pendules a l'heure mais le malhonnête
n'a rien voulu savoir. Il s'est finalement arrêté lorsqu'il
a compris qu'il allait avoir affaire à la police et s'en
est allé sans demander son reste (au passage d'autres arnaques
style bouteilles d'eau "minérale" remplies avec
celle du robinet sont aussi courantes et peuvent coûter quelques
desagréments gastriques). Avec l'augmentation du tourisme,
arnaques en tout genre et vole à la tire (cf premier jour)
semblent avoir autant prospéré que l'économie
chinoise. Méfiance, méfiance. On monte dans un autre
taxi cette fois très sympathique qui nous amusera de ses
rots francs a répétition jusqu'à la gare.
C'est
parti pour notre premier train chinois. Celui-ci est propre et dispose
d'un service de restauration ambulant. Les cabines ne sont pas cloisonnées
et les lits superposés sont au nombre de trois. Nous faisons
la rencontre de Hélene et William, sans doute les seuls chinois
du train parlant le français et habitant a 10 minutes de
chez nous (Vincennes)! Ils nous rendront bien service en téléphonant
a la guest qui du coup nous attendra en taxi a la sortie du train
( à 5 h du mat ça peut aider). Si vous nous lisez,
un petit coucou a tous les 2 et rendez- vous est pris à Paris
pour un échange de recettes franco-chinoises.
A
22 heures, les lumières s'éteignent sans avertissement,
c'est l'heure de dormir, et pas question de lire, il n'y a pas de
veilleuse individuelle.
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Mardi
30 Aout: Pingyao
Nous
arrivons à l'aube dans les jolies ruelles encore endormies
de la ville. Le soleil se lève et nous sommes complètement
dépaysés par ce havre encore préservé
de la modernité. Encerclée de ses remparts, Pingyao
est une ville traditionnelle han extrêmement bien conservée.
C'était un carrefour commercial prospère qui devint
le centre financier de toute la Chine sous la dynastie Qing (1644-1911).
Apres cette période faste, elle tomba dans la misère,
et, pour notre plus grand bonheur, ne se modernisa pas par manque
de fonds. En 1997, elle a été inscrite au Patrimoine
mondial de l'Unesco.
Notre
guest house est ravissante. Jinjinglou Binguan est une ancienne
demeure Han transformée en hôtel. Nous entrons dans
une jolie cour fleurie ou se trouve un "chat de garde".
Curieusement, nous verrons beaucoup de chats attachés à
une laisse dans cette ville; cela ne plaît pas à Sophie
mais c'est préférable de les voir ainsi plutôt
que dans nos assiettes! Notre lit est immense, il occupe les trois
pans du mur, 3m sur 2, et est doté d'un système de
chauffe, une ouverture dans le muret en brique sous le lit permet
d'y faire du feu.
Avec
nos vélos, nous jouons les Anquetil et parcourons la ville
dans tous les sens, notamment la rue des "antiquités"
qui n'en a que le nom puisque tous les étalages présentent
les mêmes objets vieillis mais néanmoins très
bien faits. Les chinois sont en effet experts pour les imitations
et contrefaçons en tous genres, mais ça vous le saviez
déjà. Le marchandage est de rigueur et nous repartirons
avec une paire de patères en laiton (sans doute pas du bronze)
et une boîte en laque.
Nous
passons par hasard devant une école, alertés par des
choeurs d'enfants. Nous rentrons avec l'autorisation de jeter un
coup d'oeil dans la classe. Horreur! Ils sont 60! Il paraît
même qu'ils peuvent aller jusqu'a 70. L'enseignement et les
élèves sont évidemment très différents
par rapport a la France. C'est une éducation à la
communiste: pas question de réfléchir, il s'agit d'un
apprentissage base sur la mémorisation et l'absence de débat
au sein de la classe. L'éducation chinoise ne s'est toujours
pas remise des ravages de la Révolution culturelle quand,
dans tout le pays, les enseignants furent battus ou tués
puis souvent remplacés par des paysans ignorants. L'enseignement
devint alors un instrument au service de l'endoctrinement des masses.
Les élèves de leur côté obéissent
au doigt et a l'oeil, un coup de sifflet dans la cour et ils sont
ranges a égales distances, un second avertissement et on
entend les mouches voler. Les enfants furent évidemment très
intrigués par notre présence. Sophie peine à
imaginer le travail de correction de la maîtresse.
D'autre
part, du fait de la loi sur l'enfant unique, de nombreuses familles
en comptent en fait 3 ou 4, en province notamment, mais n'en déclarent
qu'un pour éviter les représailles. En dehors de tout
registre, ces enfants "officieux" n'ont donc pas accès
a l'école (et au service militaire...), terrible handicap
pour leur avenir. Des recensements sont en cours pour mettre un
terme a cette situation.
En
fin d'après-midi nous tombons sur Thibaut et Julie, nos colocataires
de Pékin. La Chine n'est décidément pas si
grande que ça. Nous prévoyons de visiter un monastère
fameux le lendemain.
Une
fois n'est pas coutume, a 5 euros le massage de 2 heures, une heure
pour les pieds, une heure pour le "full body", on ne s'en
lasse pas.
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Les
restaurants vides ne nous inspirent pas et nous préférons
dîner à une gargote dans la rue. Nous prenons
des risques car l'hygiène laisse à désirer:
le "cuisto" utilise la même pöele pour
ces préparations et manipule les aliments avec ses
mains sales et noircies par les flammes, mais le feu est
fort et la cuisson suffisante pour éliminer bactéries
et microbes. Nous mangeons attablés sur des chaises
basses, au milieu des locaux surpris de nous voir ici et
très amusés par la technique très personnelle
de Sophie en ce qui concerne le maniement des baguettes:
ça vole dans tous les sens
On en profite pour
trinquer avec le tenancier qui nous fait goûter un
alcool blanc a l'odeur d'alcool a brûler.
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gargotte
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Mercredi
31 Aout: un p'tit bout d'occident
Apres
un petit déjeûner occidental avec Juliette et Thibaut
(c'est-à-dire sans épice et sans riz!), nous partons
visiter a vélo Shuanglin Sin, a 7 kms de la ville en nous
aventurant sur la nationale. Les camions nous klaxonnent pour nous
avertir et nous frôlent parfois de près. Le monastère
renferme de somptueuses statues et figurines d'argiles peintes,
certaines datant de 2000 ans. Les quatre "gardiens" à
l'entrée sont très impressionnants et l'expression
des visages est parfois si réelle que c'en est inquiétant
(c'est Sophie qui écrit ce passage, vous l'aviez deviné
);
on se croirait un peu dans "Le nom de la rose".
Nous
dînerons des lasagnes qui n'ont rien d'italienne dans notre
petit bout d'occident de ce matin en compagnie de Thibaut et Julie
qui retournent a Pékin ce soir. Ils attendaient déjà
depuis une heure lorsque nous sommes arrivés à la
gare, et pourtant nous monterons dans le train avant eux direction
Xi'an. Bye-bye les amoureux, on se revoit a notre retour. Encore
merci pour le colis!
Le
train n'est pas aussi propre que le précédent et cela
devient franchement insupportable d'entendre les chinois se râcler
la gorge a répétition et cracher partout, c'est une
véritable manie chez eux sans parler de ceux qui pètent
ou nous rôtent sous le nez, que ce soit au resto, dans le
train, en pleine rue ou dans le taxi
!
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Jeudi
1er septembre: "La Suisse, c'est dans quel pays?"
A
peine descendus du train, nous sommes abordés par des rabatteurs.
Ils nous proposent un hôtel qui n'est pas mentionné
dans notre guide car notre édition n'a pas été
mise à jour et les infrastructures chinoises évoluent
très rapidement depuis peu; des hôtels et guest house
fleurissent un peu partout. Le rapport qualité/prix est intéressant,
nous envoyons l'adresse a Juliette qui doit arriver avec sa mère
dans 3 jours.
Nous
dégottons un petit restaurant qui ne paie pas de mine mais
dont la cuisine est vraiment délicieuse et le sourire de
la patronne honnête. Cela n'est pas souvent le cas et d'une
manière générale les chinois nous donnent l'impression
d'être très intéressés.
Nous
passons une bonne partie de la journée à l'achat de
nos billets d'avion pour la Birmanie et pour Xi'an. Nous traversons
la moitié de la ville pour nous rendre a une billetterie
qui n'existe plus, une fois encore merci le Lonely! Nous nous rendons
ensuite dans un hôtel de luxe dans l'espoir de trouver quelqu'un
qui parle anglais. C'est chose faite sauf que la Birmanie, connais
pas! Malgré nos schémas et un planisphère,
ils "découvrent" un nouveau pays voisin. Ils ne
savent pas non plus l'écrire en chinois pour faire des recherches.
Le moment est d'ailleurs venu de vous raconter un peu comment se
passe la communication dans un pays où l'anglais n'est pas
très courant même dans les endroits touristiques. Les
chinois s'évertuent à nous parler et à nous
répondre dans leur langue alors que visiblement nous ne les
comprenons pas, lorsque les onomatopées ( hein, hein, hum,
hum, nin, nin) associées a quelques gestes ne suffisent plus
et que nous en avons assez de jouer a "Dessiner c'est gagné",
on passe au mime, et ça marche plutôt pas mal causant
souvent une bonne crise de rire aux interlocuteurs.
Apres
s'être acharnés une heure, nous les abandonnons pour
un hôtel encore plus luxueux, le Hyatt, ou le personnel nettement
plus compétent n'en sera pas moins mauvais en géographie
(l'une a même demandé a un Suisse qui voulait téléphoner
chez lui:" Mais la Suisse, c'est dans quel pays?). Nous en
sortirons néanmoins avec nos billets en main.
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Vendredi
2 Septembre: la plus grande découverte du XXe siecle
Nous
partons visiter la célèbre armée enterrée
qui a fait se développer la ville de Xi'an depuis sa découverte
en 1974. Certains la considère comme la huitième merveille
du monde (et les halles de Rungis alors?)
Il
faut pour cela prendre un bus a la gare routière. Nous n'étions
pas les seuls à l'attendre. A l'ouverture des portes, un
raz de marée humain s'est engouffré dans le bus, une
véritable mêlée, la cocotte bordelaise nous
commenterait Pierre Albaladejo. Petits et grands, jeunes et vieux,
pas question de politesse ou de galanterie, c'est la jungle. Sophie
a joué des coudes et nous a dégoté 2 places
au fond du bus.
L'armée
des 6000 soldats de terre cuite est protégée sous
des immenses hangars. Toute une partie reste à déterrer
et on estime a 20000 le nombre de statues qui composent le tombeau
de Qin Shihuangdi (= premier empereur), connu pour avoir unifié
l'empire en 210 avant JC.
Des
archers, des arbalétriers et des fantassins ainsi que des
chevaux (les chars en bois qu'ils tiraient ont disparu), sont ainsi
livrés à nos yeux à l'endroit même où
ils se trouvaient jadis, dans des couloirs souterrains de terre
et de poutres autrefois recouverts d'un toit . Ils sont sculptés
grandeur nature dans le détail: cheveux, coiffes, armures,
mouvement du tissu et même expressions du visage. Il semblerait
que les artisans se prenaient comme modèles mutuels. Leurs
armes ne sont malheureusement pas visibles mais, chose incroyable,
elles étaient recouvertes d'un produit les protégeant
de la rouille si bien que les lames étaient encore aiguisées.
Les chinois avaient donc découvert l'anticorrosif plus de
2000 ans avant nous!
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Samedi
3 septembre: la tête dans les étoiles
Nous
prenons le bus direction Huashan, départ de l'ascension du
Hua Shan, une des cinq montagnes sacrées de Chine.
Le
souci avec les bus chinois, c'est qu'ils ne partent que lorsqu'ils
sont pleins; nous avons donc attendu une bonne heure! Cela permit
à Sophie d'avoir le temps de visiter les toilettes publiques
avant le départ. Les "Water closet" n'ont rien
de "closed", c'est-à-dire qu'il n'y a pas de porte,
juste une basse cloison, et encore ce n'est pas toujours le cas,
bonjour l'intimité ! Voici le tableau: cinq femmes côte-à-côte
accroupies (les toilettes sont "a la turque" bien sûr)
faisant face à trois autres faisant la même chose pendant
que des dames attendant leur tour debout devant elles. Sophie a
donc fait "la petite commission" face à une femme
faisant "la grosse commission". Globalement les toilettes
sont sales et l'odeur tellement forte que l'apnée s'impose,
imaginez l'odeur d'une litière à chat qui n'a pas
été changée depuis 3 mois!
Dans
le car nous avons droit a la vidéo; d'abord des clips d'un
kitsh comique puis Crazu kung fu, un film complètement délirant
qui se passe sans problème du doublage. Christophe sent soudain
une main sur sa cuisse gauche alors que Sophie se trouve à
sa droite, une admiratrice ? Non non,un chinois puis sa voisine,
intrigués par ses poils (ils sont quasiment imberbes) s'étaient
permis de toucher sans autorisation! Cela faisait déjà
un moment qu'ils nous dévisageaient car c'est vrai qu'au
milieu de tous ces chinois on fait un peu tâche. D' ailleurs
on a parfois l'impression d'être des bêtes de foire.
Même si le tourisme se développe en Chine, les étrangers
sont noyés dans la masse et nous attirons de nombreux regards.
On nous demande même parfois de poser avec eux.
L'entrée
est très chère (10 euros) et si l'on veut emprunter
le téléphérique, il nous en coûtera 6
par personne! De toute façon on avait prévu de faire
la randonnée à pieds. Christophe en manque d'exercice
a rempli le sac à dos avec nos affaires pour passer la nuit
là-haut ainsi qu'avec les indispensables bouteilles d'eau,
au total 15 kilos. Cela permet aussi de compenser la différence
de condition physique et d'entraînement de Sophie.
La
voie est pavée et la pente progressive jusqu'a ce qu'on arrive
au deuxième effet Kiss Cool, les marches. Les montagnes sont
abruptes et la dénivellation importante puisque nous grimperons
1800 mètres sur 7,5 km. La paroi est parfois tellement verticale
que les marches très escarpées ressemblent parfois
a une échelle et qu'il faut s'aider des chaînes qui
la longent. C'est éreintant.
Le
chemin est ponctué de petites terrasses ou l'on peut boire
ou se restaurer. Les prix sont assez chers mais l'approvisionnement
est difficile car il se fait à dos d'hommes. Nous sommes
a la foi admiratifs et apitoyés de voir ces bêtes de
somme monter ou descendre avec leur fardeau sur le dos, certains
ayant dépassé 50 ans. Une latte de bois équilibrée
à ses extrémités par de lourds paquets repose
sur leurs épaules causant au passage une déformation
du dos très nette et des blessures à ceux dépourvus
de protection. Nous avons croisé un vieil homme jouant de
la flûte en même temps qu'il montait, alors que nous,
nous cherchions notre "second souffle".
Nous
rencontrons aussi nos premiers taoïstes car les flancs jadis
difficilement accessibles servirent de refuge aux moines. Sophie
les trouve très beaux avec leurs cheveux relevés en
chignon et leur tenue typique. Christophe n'a qu'à bien se
tenir. Quelques mots à ce sujet: on dit du taoïsme que
c'est la seule religion véritablement chinoise car née
en Chine. Il était a l'origine une philosophie dont le "dao"
en est le concept central: le dao dépasse les sens et la
pensée; on ne peut l'appréhender qu'à travers
une recherche mystique. Difficile de vous en dire plus puisque selon
Lao-Tseu, son fondateur malgré lui, "le dao qui peut
être exprimé n'est pas le véritable dao".
Il faut organiser sa vie suivant le dao pour être en harmonie
avec l'ordre naturel et l'univers (avis aux amateurs). Pour simplifier,
le fameux concept du Yin et du yang, c'est eux.
Nous
arrivons a l'hôtel prévu vers 19 heures, épuisés.
Les gens de l'hôtel, forts sympathiques, ont bien rigolé
de Christophe imitant le cri de la poule pour leur faire comprendre
qu'il désirait manger un oeuf (désolé, pas
de vidéo
).
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Dimanche
4 septembre: The sound of silence!
Une
fois de plus le lever de soleil n'est pas au rendez-vous, en fait
c'est nous qui n'y sommes pas car Christophe n'a pas entendu sonner
la montre et se lèvera une demi heure trop tard.
C'est
raté pour la tranquillité car nous sommes dimanche
et les chinois aussi sont en week-end. Ils sont venus en nombre
faire leur "pèlerinage" via le téléphérique
ou, pour les plus courageux, en grimpant de nuit a l'aide de lampes
torches. En tous cas ils sont là et on le sait! On les entend
de loin s'appeler, parler ou crier pour que la montagne leur renvoie
leur échos. De toute façon, les chinois d'une manière
générale ne sont pas très discrets et parlent
fort.
Petit
paradoxe des chinois, ils montent le Hua Shan avec des gants pour
éviter de se salir les mains sur les chaînes, mais
n'ont pas de lavabos aux toilettes (dont vous connaissez l'état);
le chirurgien met un masque sur la bouche mais recoud la plaie sans
gant, etc
.
Nos
muscles ne sont pas courbaturés, les étirements de
la veille ont été efficaces, et nous sommes parés
pour le tour des crêtes. Le panorama des pics est vertigineux.
C'est, parait-il, la plus impressionnante des cinq montagnes sacrées;
propice a la méditation des moines taoïstes et à
leur isolement volontaire.
Nos
cuisses ont quand même souffert de la veille et par prudence
nous rentrons en téléphérique.
De
retour à l'hôtel, nous retrouvons avec plaisir Juliette
et sa mère Micheline. Nous leur avions donné notre
hôtel, c'est toujours sympa de s'échanger les bons
plans.
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Lundi
5 Septembre: La loi des séries? On n'y croit pas.
La
ville de Xi'an, malgré sa réputation de berceau de
civilisation (avec Constantinople, Rome et Athènes), ne nous
inspire pas beaucoup, nous visiterons néanmoins le quartier
musulman. Le shopping nous tente davantage et Sophie se fera plaisir
en achetant une robe chinoise super sexy mais devra attendre son
retour dans dix mois pour la passer. Micheline est en effet d'accord
pour ramener ces quelques bricoles dans sa nouvelle valise.
Nous
embarquons dans l'avion a destination de Chengdu, ce qui nous évite
20 heures de train. Les dessins animés manga sur des écrans
ont remplacé les hôtesses de l'air et leurs sempiternelles
consignes de sécurité que plus personne ne regarde
d'ailleurs. Cela nous met presque en confiance au vu des récents
accidents d'avion.
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Mardi
6 Septembre: une valse a trois temps?
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Chengdu
forte de 11,3 millions d'habitants n'en est pas moins agréable
et plus respirable que Xi'an. Nous avons flâné
dans un parc étonnant: le Renmin Gongyuan ou Parc
du Peuple. Composé de bassins où d'énormes
carpes koï se font nourrir, de bonzaïs et de beaux
arbres auxquels sont suspendues des cages où des
oiseaux-perroquets, des meinates, répètent
des chansons chinoises. Le parc tient en fait sa singularité
des chinois qui le fréquentent. Il abrite de nombreux
salons de thé où le temps s'écoule
doucement entre deux gorgées au rythme des parties
d'échecs (chinois) et autres jeux de dominos que
nous ne connaissons pas.
Un
peu plus loin des gens chantent au micro à tour de
rôle, là ils dansent une sorte de valse au
son des chanteurs volontaires; cela débouche d'ailleurs
sur une véritable cacophonie. Il en ressort une grande
convivialité et de la bonne humeur. La plupart sont
des habitués, l'un d'eux est surnommé "celui
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Les
echecs chinois
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qui joue du saxophone", a invité Sophie à danser
pendant que Christophe s'occupait de sa partenaire. Retraité
a 47 ans, polyglotte (chinois, anglais, allemand et...français)
et fan de cinéma français, il nous a surpris avec
des citations de Rousseau, Voltaire et ...Gainsbourg! Etrange que
ce personnage cultivé et ouvert sur le monde soit surveillé
de près par le parti... (pas d'adresses e mail etc...).
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Mercredi
7 Septembre: la nature baillonnée
Nous
partons en excursion pour quatre jours visiter la réserve
naturelle de Jiuzhaigou a 10 heures de route dans le nord du Sichuan.
L'aspect
du bus ne nous inspire pas confiance d'autant plus que la route
est dangereuse et que le moteur ne démarre pas. Nous partons
avec 1/2 heure de retard au milieu de chinois fidèles à
leur image: ils crachent dans le bus, fument et jettent leurs détritus
à même le sol ou sur le fauteuil voisin. Résultat
arrivés à destination: le sol est parsemé de
bouteilles d'eau, de papier, de cosses de cacahuètes ou encore
d'os de poulet!
Nous
montons sur des routes en lacets bordant des à-pics vertigineux.
Le klaxon s'impose pour avertir ceux qui arrivent en sens inverse.
Malgré tout, les camions se croisent dangereusement et le
chauffeur répond au téléphone en conduisant;
on n'est pas rassurés (surtout Sophie). Christophe ne cessera
de lui répéter:'ne t'inquiète pas, le conducteur
ne veut pas y passer non plus, alors, fais-lui confiance!"
(pas évident tout de même).
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La
vue est désolante: pour compenser les fréquents
glissements de terrain dus au déboisement, la montagne
est flanquée d'ignobles renforts croisés de
fer et de ciment, à certains endroits ses flancs
sont complètement recouverts d'une chape de béton
avec des gouttières. Certains se sont déjà
à moitié effondrés et, comme la nature
finit toujours par reprendre ses droits, on se demande combien
de temps cela va tenir. Néanmoins le bon goût
est respecté car cela se marie assez bien avec les
industries et chantiers affreux au fond de la vallée.
Les
3/4 dernières heures de route nous offrent enfin
de jolis paysages de montagne. Nous traversons de beaux
villages aux maisons de bois près desquelles sèchent
la paille ou les épis de maïs pendant que hommes,
femmes et enfants travaillent aux champs. La serpe à
la main, ils fauchent les blés comme il y a un siècle
en France et transportent leur cueillette sur le dos dans
d'énormes paniers en osier. Les boeufs ont
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la
Chine c'est ça aussi !
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encore le collier d'épaule pour labourer la terre, on se
croirait dans un tableau de Millet. Des images bucoliques défilent
sous nos yeux. Sur le pas de porte un homme découpe de la
viande, d'autres discutent accroupis (c'est leur position de repos),
une femme embrasse son bébé, une autre se brosse les
dents. Aux abords de Songpan l'allure des maisons devient tibétaine;
faites de pierres grises et en bois peint dans le style mongol,
elles n'ont rien à voir avec le style chinois excepté
la forme du toit. Le Tibet dépasse en effet les limites administratives
de la Chine et s'étend au nord-ouest du Sichuan. 4 millions
de tibétains vivent en effet en dehors du Tibet "chinois",
contre 2.7 dans la province.
Enfin
du ciel bleu!
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Jeudi
8 au samedi 10 Septembre: une merveille de la nature
Juste
avant de se lancer a l'assaut du parc, Christophe dont la plaie
est gonflée se fait retirer les points de sa coupure. Inquiétude.
mer
ou montagne ?
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On
débarque à l'ouverture du parc au milieu d'un
flot de touristes chinois qui arrivent par cars entiers,
cela concorde avec le nombre hallucinant d'hôtels
qui bordent la nationale (et ce n'est pas fini au vu des
bâtiments en construction).
Nous
montons avec une navette vers le point le plus haut du parc
a 3000m afin d'éviter le monde mais trop tard, ils
sont déjà là, c'est un véritable
fléau! Ils poussent, bousculent et prennent des photos
à gogo. La foule gâche parfois des endroits
pourtant magnifiques. Le
parc est une somptueuse vallée alpine émaillée
de lacs transparents aux multiples reflets allant du vert
au bleu turquoise. D'un village tibétain au suivant,
le chemin est parsemé de drapeaux de prières
et de moulin à prières que le courant des
torrents entraîne dans le sens inverse des aiguilles
d'une montre. Des arbres poussent au beau milieu du courant,
des lacs ou des cascades foisonnantes. Nous emprunterons
de temps en temps des chemins de traverse pour profiter
seuls de ce splendide spectacle.
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Petite
anecdote de la journée. Depuis le début de
notre voyage, Sophie prend un malin plaisir à "marquer
son territoire" en faisant pipi un peu partout: dans
une gher, dans notre tente (et oui, il faisait froid dehors!),
dans les parcs en ville (il paraît que la vessie d'une
femme est plus petite que celle d'un homme, Christophe confirme)
ou derrière un simple muret (un peu exhib tout de
même la demoiselle), dedans dehors, le monde est son
territoire. Toujours est-il que dans le parc
de Jiuzaighou, elle a relevé le défi de le
faire a 50 m des toilettes publiques. Ca ne passera pas
cette fois-ci, le colosse de service était vigilant
et après s'être régalé de la
vue de son postérieur lui intimera l'ordre d'aller
finir la chose avec les autres comme tout le monde. Et qu'on
ne vous y reprenne pas.
Nous
passons la nuit chez l'habitant dans un village tibétain.
La famille nous accueille à leur côté
pour le dîner mais la discussion reste limitée.
Sophie les fera rire en se trompant deux fois de porte en
partant (depuis son départ elle a quelques difficultés
à retrouver son sens de l'orientation, on a en fait
établi une règle quand elle est seule: si
tu penses que c'est à droite, va à gauche...).
Après
une longue journée de trajet dans un car beaucoup
plus clean que le précédent, nous retrouvons
notre guest ou Juju nous attend.
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moine
bouddhiste tibetain-businessman-opticien
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Dimanche
11 Septembre: Pandi-panda
Les
quelque mille pandas qui vivent toujours en liberté se répartissent
presque exclusivement au nord et nord-ouest du Sichuan. Les occasions
d'apercevoir cet animal protégé dans leur milieu naturel
sont rares et c'est pourquoi nous forcerons un peu la chance en
nous rendant au centre de recherche et d'élevage du panda
géant.
Depuis
plus d'un siècle les scientifiques, cherchent à savoir
s'il appartient à la famille de l'ours ou du raton laveur,
ou s'il relève d'une famille qui lui serait propre. C'est
vrai que le panda géant a beaucoup de similitudes avec l'ours,
par contre le red panda s'apparente davantage au raton laveur, encore
un peu de patience, ils finiront bien par percer le mystère.
Nous
les avons vu manger, prendre un bain, jouer, dormir et materner.
Une maman tenait son minuscule petit d'environ deux semaines, pas
plus gros qu'un rat, étonnant quand on voit la taille de
la mère. Les pandas rouges sont aussi très beaux mais
plus petits, ils ne ressemblent pas aux autres, ce serait plutôt
un croisement d'un renard avec un raton-laveur.
Ces
animaux robustes sont aujourd'hui en voie d'extinction. La démographie
galopante est l'un des premiers facteurs à l'origine de leur
disparition. Mais, les pandas sont aussi victimes de leur régime
alimentaire. Ils consomment d'énormes quantités de
nourriture, des bambous dont une vingtaine d'espèces seulement
sur les 300 que compte la Chine. Leur taux de reproduction, très
faible, représente la principale difficulté rencontrée
par les scientifiques chargés de leur protection. De plus
il n'est pas rare que les mères tuent leur premier bébé
par manque d'expérience.
Ce
soir on sort, direction le théâtre de Chengdu, berceau
de l'opéra du sichuan. Ses caractéristiques sont les
numéros comiques (encore faut-il comprendre le chinois),
les voix haut perchées (comme la plupart des chinois!), les
rôles de travestis (question maquillage en tous cas), et parfois
les acrobaties. Pour notre part nous avons été impressionnés
par la dextérité d'une jeune femme dansant avec un
diabolo et faisant tourner et sauter une table a l'aide de ses pieds.
Un numéro ou les artistes changent de masques à tour
de main de manière totalement imperceptible nous a aussi
littéralement subjugués. C'est également la
première fois qu'on assistait a un spectacle d'ombres chinoises.
La
soirée se terminera dans un restaurant abominable. Une des
filles de la guest fêtait ses 25 ans, elle s'en souviendra.
Hormis les plats qui étaient extrêmement épicés
(ils mettent du piment partout), nous avons trouvé une tête
de poulet ( avec son bec) dans le bouillon. Des clients se régalaient
de têtes de lapins et les morceaux de viande en vitrine semblaient
douteux (estomac, cou, abats en tous genres). Pour une fois nous
étions soulagés qu'il n'y ait pas de carte de desserts...
En
tous cas, l'ambiance à la guest est vraiment sympa (mix and
backpackers' guesthouse si vous passez dans le coin) et nous avons
fait pas mal de connaissances, beaucoup de français comme
depuis le début de notre voyage (Et oui on a de plus en plus
la bougeotte dans l'hexagone...).
joyeux
anniversaire
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...on
se régale...
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Lundi
12 Septembre: Ca vaut pas une bourguignonne!
Journée
glande: tri des photos, carnet, shopping qui nous a amène
a
Carrefour! On y a vu des choses assez surprenantes au rayon
frais comme des tortues, des crabes, des crapeaux et même
des taupes qui patientaient avant de finir en court-bouillon. Il
y a moins de choix au Carrefour d'Athis!!
Le
soir, pour fêter notre séparation avec Juliette,
on a essayé la fondue chinoise, specialité de Chengdu.
C'est plutot "bof". Un buffet de dizaines d'ingrédients,
dont certains nous sont totalement inconnus, est à notre
disposition pour les mettre a cuire dans un bouillon au centre
de la table. Nous avons bien évidemment demande "bulada"
(pas épicé), le piment étant une constante
de la cuisine regionale. Deux vins locaux achetés a Carrefour
ont "agrémenté" le repas: "La grande
muraille" et la "Dynastie Quing". Ils n'avaient
de renommée que leurs noms qui en imposaient bien plus
que le gôut! Nous partageons notre repas avec un personnage
plutot original, Thomas, un quebequois qui a pour ambition de
créer une fresque composé des photos de ses nombreuses
rencontres arborant son visage
Christophe
finira sa digestion au salon de massage avec option "scrapping",
une sorte de peeling violent ou la crème est remplacée
par un racloir qui laisse des traces semblables a des bleus! Il
finira le dos plus marque qu'apres un France Angleterre. Heureusement
qu'il n'a pas opté pour l'option cupping en plus, des coupes
en verre chauffées et appliquées telles des ventouses
sur le dos du patient. Bilan, notre pote quebequois a encore des
grosses taches rondes 1 semaine après. Vivement la plage
Proverbe
chinois sichuanais du jour: "manger épicé permet
de faire sortir la chaleur du corps".
Thomas
délire
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Scrapping
or cupping
|
Mardi
13 Septembre: L'araignée, l'araignée, est tombée
dans la purée
Journée
"logistique" dédiée a l'organisation
de la suite du voyage. Départ le soir pour Leshan;
on a decidé de zapper l'Emei Shan, autre montagne sacrée
de Chine qui demandait trop de temps et dont les retours n'étaient
pas tous positifs.
Si
Leshan est classée au patrimoine mondial de l'humanité,
ce n'est pas le cas de notre chambre dans un hotel assez minable
ou l'aspi n'avait pas du être passé depuis un
bail. La seconde mauvaise surprise, Sophie l'avait déja
répèrée dans l'obscurité, la porte
a peine ouverte: l'éclairage de l'exterieur laissait
apparaître en ombre chinoise un beau spécimen
d'arachnide. Une araignée ENORME dans les 20 cm de
circonférence trouvait la chambre a son goût,
notre hote à du nous en débarasser a l'aide
d'un balai. "Bonne nuit" lacha-t-il en quittant
la chambre.
|
Arachnidus
vilainus
|
Mercredi 14 Septembre: Step by step
Contrairement
a ce que nous avait dit une canadienne qui avait du patienter 1h30
pour descendre au pieds du Da Fo, le plus grand Bouddha au monde,
il n'y avait personne et nous en avons profité tranquillement.
Sculpté dans la falaise et mesurant 71 mètres, il
est régulierement repeint, ce qui lui donne un air "neuf"
malgre ses 1300 ans.
Nouvelle
escroquerie déstinée aux touristes étrangers:
dans la gargotte, il y avait 2 menus, un pour les chinois et un
autre traduit en anglais. C'est en comparant les idéogammes
que nous avons remarque une différence de prix de 50 %! Après
discussion, le cuisto nous a finallement accordéles tarifs
chinois avec le sourire.
Le
parc était parsemé de pagodes et de temples ainsi
que de jolies poubelles. Les chinois sont en effet très doués
pour les fondre dans l'environnement; l'idée nous est donc
venue de nous lancer dans l'élaboration d'un reportage photographique
sur les poubelles a travers le Monde, passionnant!
Après
4 heures de bus nous arrivons a Ya Han. Drôle de ville qui
s'anime curieusement le soir. Les édifices et les ponts sont
décorés de guirlandes lumineuses donnant un air de
fête aux terrasses et restaurants qui bordent la rivière.
La fête, elle, a lieu en contrebas, sur la place de la musique
ou des chinois de tous ages effectuent des chorégraphies
de groupes rappelant un peu des cours de step en salle. L'ambiance
est vraiment sympa, on se croirait presque dans une station balnéaire.
Attention
chat méchant !
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Rocher
ou poubelle ?
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Jeudi 15 Septembre: Une journee de m
.!
Debout
6h30. Arrivée du bus a Luding 13 h, ville célèbre
pour son épisode de la Longue Marche (1935) ou quelques soldats
communistes avaient libèré un pont de l'emprise du
Guomindang (Tchang Kai Chek).
Nouveau
départ a 16h pour Moxi, point du départ de la randonnée
pour le glacier Hailuogou entouré de ses majestrueux sommets
a plus de 6000, l'un des plus beaux de Chine et le plus bas d'Asie.
Malheureusement, le trajet qui devait durer 2h nous en a pris 4.
Un récent glissement de terrain a serieusement endommagé
la route. Les chantiers en charge de dégager les effondrements
créent de longues files d'attente dans les deux sens. En
plus il fait pas beau.
|
Vendredi
16 Septembre: Allons enfants de la patrie
Levés
7h, le temps est couvert. Aucune amélioration en
vue, on annule. On se retape 4h dans l'autre sens pour prendre
un bus a Luding qui nous amènera en 2 heures a Kangding.
Avec ses 2600 mêtres d'altitude, c'est le début
de l'univers tibétain. Il pleuvouille, temps idéal
pour visiter la lamasserie Nan Wu Si qui est en rénovation.
Cela nous permettra néanmoins d'observer les menuisiers
et peintres en plein boulot. Un vrai travail d'orfèvre,
tout est fait a la main.
Nous le parcourons sur fond de chants militaires puisqu'une
caserne juxtaposée la lamasserie; Est ce volontaire?
En tout cas aujourd'hui, c'est répétition
et séance photo.
|
Maison
tibétaine
|
Samedi 17 Septembre: le Far West Tibetain
La
route pour rejoindre Litang est très belle. Plaines et massifs
majestueux se succèdent et des hameaux tibétains parsèment
la campagne semblables à de petits chateaux de pierre. Nous
avons plaisir a retrouver nos amis les yacks au milieu des tentes
noires des nomades. Ca y est, nous avons dépassé notre
record d'altitude en franchissant un col a 5000 mêtres et
en dormant a Litang 4670 m. Barbouilles comme un lendemain de cuite
avec un léger mal de tête, finalement on s'est plutot
assez bien acclimaté a l'altitude.
Litang,
c'est un monde complétement hallucinant. On se croirait plongé
en plein far west ou dans un épisode de Starsky et Hutch.
Quel
est le rapport nous direz vous. Les tibétains ont des looks
déments: en plus de
leur coiffe rouge nattée autour de la
Calamity
Jane et son cow-boy
|
tête,
ils arborent des lunettes de soleil énormes
a la 70's genre Huggy-les-bons-tuyaux. En blouson de cuir
ou manteau traditionnel, parfois en toge de moine, ils sillonent
la ville sur le dos de leurs montures, leurs cheveux longs
au vent genre John Wayne dans la chevauchée fantastique.
Leur montures, des motos rutilantes, sont elles aussi "customisées":
elles sont parées de fleurs en plastiques multicolores
et des franges de cuir sont accrochées au guidon.
Les "tashidelek" ont remplacé les "ni
hao" et les marchés regorgent de peaux de yaks,
loups et renards. La ville est colorée et les habitants
accueillants: on est au Tibet!
Nous
flanons dans les rues et les marchés. Une petite
séance de tire a la carabine nous vaudra l'attention
d'une quinzaine de badauts, Sophie comptabilisant 2 ballons
éclatés contre 0 pour Christophe. Nouvelle
répartition des roles, Christophe à la cueillette
et Sophie à la chasse
Nous
finissons la journée en dînant a coté
d'une tablée de 7 tibétains au visage buriné
et au cheveu hirsute qui nous rappellent certains passages
de "Greystock".
|
Dimanche 18 Septembre: Pris au piege dans
un palais!
Lever
6h00, re-bus direction Xiangcheng: 8 heures! Sur le trajet, nous
apercevons les traces de petits monuments destinés aux enterrements
célestes (tianzang): la terre étant trop dure à
creuser à ces hauteurs, et la religion tibetaine ne considérant
le corps que comme un receptacle temporaire de l'ame, la tradition
veut que, dans un acte ultime de générosité,
on livre le corps du défunt a la nature, et aux vautours
en particulier (Cf la derniere scène du film Himalaya). Les
chinois ont longtemps interdit ces rites qualifiés de primitifs,
tolérés maintenant depuis quelques années.
Nous
faisons la connaissance de Franck et Pascal, deux bigourdins de
Lourdes ravivant a Christophe le souvenir du "beth ceu de Pau",
aahhh montagnes pyreneeeeuuuu, vous êtes mes amours
même si il y a eu quelques infidelités himalayennes
On
ésperait pouvoir enchainer directement avec le second bus
mais on est pris au piège, il faut attendre demain matin,
obligés de passer la nuit dans ce trou perdu. Une dame nous
propose le lit dans sa guest house., c'est pas cher on y va. Quelle
surprise quand nous sommes rentrés dans la maison; cette
demeure tibetaine est minutieusement décorée du sol
au plafond, pas un espace vide. C'est superbe, chaque piece étincelle
de mille couleurs. C'est la première fois que nous dormons
dans un palais pour moins de 2 euros!
Deuxième
surprise, après avoir traversé des rues sales ou vaches
et cochons se promenent librement et mangent dans les poubelles
renversées au pied des gargottes, nous montons au monastère
Sang Pi luo bu ling. Mentionné dans aucun guide, c'est pourtant
le plus beau que nous ayons vu jusqu'a présent. Nous avons
accès a tous les recoins, chambres, cuisines, salles de prières
Le
silence ambiant du a l'absence de touristes et les odeurs d'encens
nous font apprecier la quiétude de l'endroit. Enivrant. A
part les moines, il n'y a pas un visiteur, normal, quelle idée
de venir se perdre dans cette ville-chantier! En tout cas la guest
et le monastère valaient largement l'escale.
Jamon,
jamon
|
Les
2 be 3
|
Lundi 19 Septembre: Y'en a marre!
Départ
pour Zongdian, la ville-étape que nous devions rejoindre
hier: 10 heures de route. On s'est fait avoir sur ce coup-là.
Le but de tous ces trajets en car était d'emprunter la magnifique
route sud du Tibet, connue pour être une des plus hautes et
des plus belles. Pas de bol, elle est coupée pour cause d'éboulement.
Du coup, on prend 160 km dans la besace en plus soit 2 bonnes heures.
En plus, le couple de derrière s'est mit a vomir tour a tour,
repeignant le profil du bus (heureusement qu'ils n'etaient pas devant
car avec la fenêtre ouverte ca aurait été sympa).
A ce propos, malgré les multiples lacets, l'altitude et les
apics, les odeurs de cigarette et la promiscuité, nous tenons
le coup, toujours pas malade. Le rythme effrèné de
ses derniers jours nous a soumis a dure école mais nous voila
rodés. Par contre de la corne commence à se former
sous nos fesses
Ah crème nivea, si tu étais
la
Franck
et Pascal nous mettent en garde concernant notre projet d'aller
dans le sud du Yunnan: de gros foyers de grippe aviaire et porcine
s'y sont déclarés récemment. Ajoutés
a cela l'encephalite japonaise, la dengue et le palu en période
de fin de mousson, ca commence à faire beaucoup. On va sans
doute annuler le Xishuangbanna (seule véritable region tropicale
de Chine).
Par
un concours de circonstances, on les perd et, sans le nom de leur
hotel, impossible de les retrouver, on se rencontrera peut-être
demain a la gare routière.
La
fin d'après-midi nous amenera au plus grand monastère
du sud-Yunnan, poutant bien moins beau que notre dernière
expérience en la matière.
L'hotel
est moyen et les commodités toujours aussi sales (et dire
qu'ils se targaient d'avoir inventé la chasse d'eau
).
Sophie commence a en avoir assez de ce manque de confort, des chiottes
ou il faut faire de l'apnée pour ne pas être asphixié
et des douches à l'eau tiède sans pression, les pieds
sur les toilettes turques et la vue qui va avec. Elle pique sa gueulante,
il va falloir augmenter le standard des chambres.
Mardi 20 Septembre: Les gorges du saut du tigre
Bus
a nouveau pour Qiatou à 3 heures de route de là, depart
7h00. Depuis notre départ de Chengdu, il y a une semaine,
nous en sommes à une soixantaine d'heures de bus.
La
météo n'est pas bonne mais on se lance quand même
à l'assaut des Gorges du Tigre.
Nous
laissons nos sacs chez Margot, une anglaise mariée a un chinois
qui tient un café-consigne. Nous y rencontrons Antoine et
Ulrike, un couple franco-germanique vivant a Berlin ainsi que d'autres
jeunes francais en vadrouille. Ulrike, réalisatrice sur Arte
est passionnée d'histoire, notamment celle de l'Allemagne
de l'Est dont elle est issue, et Antoine est menuisier, spécialiste
en chaises qui grincent.
La
gorge est la plus profonde du Monde, 3900 mètres séparent
la rivière des plus hauts sommets (5600m). Le temps tourne
finallement à l'éclaircie et le soleil traître
ne nous épargnera pas. Une fois de plus (cf la grande muraille),
METEO France n'a pas a rougir de la comparaison, METEO Chine, c'est
la même. La ballade est très agreable malgré
un passage difficile pour Sophie et un serpent glissant juste sous
le pied de Christophe... Nous sommes à flanc de montagnes
et le sentier est bordé d'une myriade de fleurs. Parfois
nous traversons des forêts de bambous, puis de connifères,
et découvrons une immense variété de plantes
(médicinales parait-il). Nous sommes malheureusement totalement
ignorant en la matière et incapables de mettre des noms dessus.
Petite
ombre à cette très belle journée, un local
s'est approprié son rocher a flanc de falaise et réclame
8 yuans pour franchir le petit fil qui sépare sa propriété
du sentier public, et jouir de la vue. On est trop souvent pris
pour des pigeons, cette fois ci on dit stop. Le bougre se met en
barrage, Christophe enlève ses lunettes, fais les gros yeux,
mime l'attaque du dragon fulgurant (appris récemment dans
un temple Shaolin) puis se mouche
les manoeuvres d'intimidation
feront céder l'animal qui nous "laissera" passer
non sans nous traiter de tous les noms d'oiseaux imaginables. Heureusement
que l'affrontement n'a pas eu lieu, le précipice est vertigineux
et après quelques clichés nous repartons sous la menace
de finir menotés par la police. Mais oui bien sur, "Et
la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu
"
Nous
passons la nuit a la Half-way guest-house, une demeure Naxi ou nous
retrouvons les rencontres du matin. Pour soigner les coups de soleil
Sophie a un remède miracle en l'absence de Biafine: le masque
au yaourt.
|
Quelques
mots sur les Naxi, ceux que ca n'intèressent pas,
passer directement au chapitre embuscade
Les Naxi sont
une des minorités ethniques du Yunnan (qui en compte
26 officiellement et une cinquantaine officieusement) et,
comme les Mosu voisins, sont organisés en sociétés
matriarcales: les femmes, chefs de famille, gèrent
le foyers et héritent des propriétés
familiales. Leur langue en est d'ailleurs le reflet, exemple
à travers l'utilisation des suffixes: pierre+suffixe
féminin=énorme rocher, pierre+suffixe masculin=petit
caillou, éloquent, non? On est bien loin de la tradition
des pieds bandés, coutume cruelle qui consistait
à mutiler les femmes pour qu'elles ne puissent pas
s'éloigner du foyer. En leur conférant le
statut de Femme, cela devint avec le temps un triste critère
de beauté. Certaines avaient des pieds mesurant 7
cm! Leurs petites tailles déterminaient la valeur
d'une épouse soumise et fidèle. Sophie tu
chausses du combien?
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On ne joue pas avec la nourriture !
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Mercredi 21 Septembre: embusquade
Pas
de pluie au reveil, le ciel est légèrement brumeux
comme a l'habitude mais les quelques rayons lumineux qui percent
au travers nous donnent bon espoir. Nous retrouvons le petit groupe
de la veille pour le petit déjeûner puis chacun part
de son coté.
Déjà
le soleil apparait et c'est d'un pas enthousiaste que nous entamons
cette nouvelle journée de randonnée. Les gorges nous
offrent un panorama splendide sur des reliefs aux sommets aiguisés;
la lumière en contre-jour accentue l'impressionnante majesté
des montagnes. Nous traversons quelques cascades et croisons des
cabris peu farouches.
Le
soleil tape fort et de nouveaux coups de soleil menacent. En nous
trompant de chemin, nous rencontrons a nouveau Antoine et Ulrike
(cool, ils ont de la crème solaire!). Nous terminons ensemble
la descente qui mène dans le fond des gorges. Le chemin est
très pentu et assez glissant, nous essuierons tous les deux
un petit dérapage controlé.
Nous
étions avertis qu'il fallait s'aquitter d'une taxe de 10
yuans pour dédommager les locaux de l'entretien du sentier,
nous n'avons donc pas été surpris d'être arretés
par une vieille dame au pied d'un panneau à l'allure "officielle".
La
rivière boueuse s'engouffre entre les falaises avec une puissance
incroyable. C'est en fait le debut le Yangzy qui deviendra le Chang
Jiang,(Yiang Tsé Kiang) le troisième plus grand fleuve
au monde avec ses 6400 km de long (après l'Amazone et le
Nil). Des descentes et des trous créent des tourbillons et
des courants qui s'éclatent sur les rochers. Bien des inconscients
ont tenté de les affronter, la plupart ne s'en sont pas sortis
vivants, il faut être complétement fou pour s'imaginer
vaîncre de tels rapides. Pas de rafting à l'horizon
d'ailleurs
Nous
décidons de longer un peu ces forces fluviales et de remonter
un peu plus loin. C'est alors que nous tombons sur un "embouteillage"
de 7 personnes. Une jeune femme au visage dure reclame 10 yuans
pour traverser un misérable pont en bois de 3 mêtres
de long, la raison évoquée: contribution pour la "maintenance"
du pont! Cela n'est pas sans rappeler certaines taxes absurdes du
Moyen-Age, sacré Graal
ou sans remonter si loin, l'épisode
d'hier. Un jeune israélien est assis au milieu en signe de
protestation empèchant ainsi les gens venant en sens inverse
de traverser. Elle ne veut pas céder et essaie de le déloger.
Il finit par abandonner mais nous forcerons tous le passage causant
sa fuite rapide. Quelques mêtres plus loin, ayant rejoint
son poste, elle a pris soin d'oter la petite échelle, qui
n'est d'ailleurs d'aucune utilite pour escalader le rocher. Determinée
a nous bloquer le passage, elle est assise en travers et nous attend
de pied ferme des bouteilles de verre vides a la main.
Amusée, Sophie filme la scène mais la vilaine ne l'entend
pas comme ca et, munie de grosses pierres, commence à lui
en balancer deux sans succès. Christophe et Antoine sont
les premiers a s'avancer; n'ayant pas froid aux yeux, elle résiste
farouchement. Ulrike s'approche aussi d'un peu trop près
tout en filmant. C'est alors que, vontairement, l'hystérique
lui donne un coup de pied qui envoie valser son camescope tout neuf
; il s'explose sur les rochers. Cette fois la guerre est déclarée:
Ulrike furieuse est prête a passer aux mains mais les garcons
interviennent de manière un peu plus musclée et, rageuse,
la folle abandonne tout en continuant a protester ou a nous insulter.
Un
peu plus loin, un chinois habille en treillis attend a cote d'un
pont minuscule qui permet d'accéder a une plate-forme dominant
la rivière. Au mème titre que celui de la veille,
il veut sans doute faire payer pour prendre une photo, c'est vraiment
du racket! Ce sera sans nous, car le chemin dangereux, nous invite
par prudence à remonter. C'est très escarpé
et nous sommes en nage lorsque, au trois quart du chemin, nous nous
arrétons pour recupérer. En regardant a droite Sophie
lance: "Je crois que nous sommes attendus!". En effet,
une autre jeune femme grassouillette au sourire narquois et le talkie-walkie
a la main, attend avec trois autres types. Cette fois, impossible
de forcer ce passage étroit: une grille fermée avec
un cadenas et des taissons de bouteilles incrustés tout autour
nous barrent la route. On est pris au piège. Un affrontement
pourrait mal se terminer, le chemin fait un mêtre de large
et surplombe un précipice. Impossible non plus de négocier,
la fille déjà au courant, va nous faire payer pour
le "droit de passage" d'en-bas. Ils sont organisés,
on n'est pas en position de force. La pression monte et Ulrike craque.
Arrivés
en haut, nous nous remettons de nos émotions lorsque nous
apercevons la "geolière", Ulrike dégaine
son camescope qui, bien qu'esquinté, fonctionne encore. Ayant
sans doute quelque chose à se reprocher (ou ne se touvant
pas télégenique!), elle court se cacher dans les toilettes.
Malgré le temps qui pressait pour chopper le dernier bus,
nous l'y avons maintenue une demie heure avant de partir.
La
reponsable de tout se racket organise: Tina, femme imposante digne
héritiaire de la société matriarchale naxi
(tant pis pour ceux qui ont sauté la fin du paragraphe precedent
).
Depuis sa guest-house du même nom, elle dirige toute la partie
basse des gorges. Malheureusement pour nous, c'est aussi elle qui
s'occupe des navettes en direction de Qiaotou et
qui fixe les
prix. Pas un seul de ses employés n'acceptera de négocier
avec nous. Refusants de se soumettre a cette "dictature",
nous partons tous les quatre par la route en espérant faire
du stop en chemin. Cela nous permettra d'apprendre qu'en dehors
des tournesols, certains chinois cultivent aussi le cannabis! Tiens,
bizarre, on a reussi a mettre un nom sur cette plante là!!!
Il
y a peu de passage; les seuls qui s'arrètent, travaillent
sans doute pour Tina et nous réclament encore plus. Comme
dans la culture chinoise, on ne doit jamais perdre la face, ils
préfèrent s'asseoir sur un bon prix plutôt que
de céder. Apres 45 mn de marche, Nous trouverons néanmoins
quelqu'un qui nous déposera pour un prix correct, y'a pas
que les chinois qui ont leur fièrté!
Nous
racontons nos mésaventures a Margot qui d'ailleurs nous avait
déconseillé de nous arréter chez Tina. Son
mari, chinois, tient la Sean's guest house voisine. Elle nous apprendra
du coup des évènements récents très
inquiétants: 2 chinois et un israeliens sont morts dans les
gorges à l'endroit même ou nous avons eu nos démélés,
étrange
Pas d'hésitation, on ne va pas laisser
passer ça! On arrivera tard a Lijiang mais on va faire appel
a la police.
Le
problème c'est qu'elle est déjà au courant
de cela mais elle ferme les yeux. Comment ça, on remet en
cause l'integrité de la police locale chinoise! Aidés
pour la traduction par deux touristes canadiens d'origine chinoise,
nous expliquons la situation à un policier qui n'a de légitimité
que sa "police" inscrite en petit sur son tee-shirt. Il
sort visiblement de la sieste au vue de son épis sur le haut
du crâne et regarde la scène filmée par Sophie
les bras croisés. Sans faire l'apologie de la police française,
un policier de chez nous se serait déplacé pour demander
des comptes. Peu surpris, il s'est contenté de nous demander
a chacun d'écrire notre version et de faire une copie de
la vidéo. Il fallut insister et menacer de téléphoner
a notre ambassade ainsi qu'a la police de Lijiang, la grande ville
voisine, pour qu'il nous assure que: "la loi sera respectée
et les fautifs sanctionnés". De toute évidence,
il essaie de nous faire abandonner et de désarmocer la situation.
On le décide à nous amener chez Tina pour demander
le remboursement des frais illégalement exigés ainsi
qu'un dédommagement pour le camescope. Après avoir
fait la copie des vidéos témoins, il n'a jamais voulu
de confrontation avec Tina. Pas courageux le bougre, corrompu ou
simple peur de la Matronne? Il a eu le culot de nous proposer d'y
retourner le lendemain alors qu'il savait pertinement qu'un taxi
nous attendait pour partir.
Tout
ce temps n'aura cependant pas été perdu en vain, puisque
nous aurons au moins eu la satisfaction de faire bouger les choses
(en plus de monter dans une voiture de police chinoise!), en éspèrant
qu'il n'y ait pas d'autres "accidents" malencontreux.
Un touriste suisse rencontré a Lijiang nous confirmera que
les choses ne vont pas en rester là, puisque son guide a
également déposé plaînte. Nous repartons
tout de même avec la ferme intention d'avertir l'Ambassade
et d'en informer les guides du routard et du Lonely.
Petite
surprise sympathique de la journée: Chistophe a retrouvé
Pascal et Franck chez Sean's ou ils s'étaient rendu pour
faire la copie. On devrait les revoir a Lijiang dans 2 ou 3 jours.
Proverbe
chinois du jour: "Les oeufs ne doivent pas se battre avec
les cailloux"
Jeudi 22 Septembre: Un peu de repos
Arrivés
a 00h30 a Lijiang, nous traversons une ville éclairée
qui semble très jolie. Trop fatigués pour faire un
tour, on file à la guest oû Antoine et Ulrike ont déjà
passé quelques jours.
Comme
nous sommes dans la vieille ville piétonnière, il
n'y a pas de voiture, et surtout pas de klaxon, ce sont des oiseaux
et les aboiement d'un chien qui nous réveilleront.
A
la lumière du jour, nous découvrons la vieille ville
de Lijiang, un merveilleux dédale de ruelles pavées,
de vieux batiments en bois, de canaux et de marches. On se croirait
dans une petite Venise à la chinoise; elle est d'ailleurs
classée "patrimoine mondial" depuis 1999 et c'est
aussi la capitale du pays Naxi.
Aujourd'hui,
c'est donc ballade et léche-vitrine, les ruelles bien évidemment
très touristiques sont bordées de boutiques de souvenirs
et l'artisanat est très riche. Malgré sa petite taille,
la vieille ville est un vrai labyrinthe, on s'y perd d'autant plus
facilement qu'aucun nom de rue est indiqué. Dommage qu'il
y ait tellement de touristes, mais c'est inévitable et compréhensible
tant la ville recelle de charmes.
|
Vendredi
23 Septembre: Véronique et Davina
On
loue des vélos, direction Baisha, un petit village
situé à 15 km de Lijiang. Constitué
de maisons en pierres et torchis le long de rues boueuses,
il s'en dégage une atmosphère paisible de
campagne. Nous croisons beaucoup de vieilles femmes vétues
à l'identique comme au temps de Mao: blouse et casquette
bleus, une cape en T maintenant un grand panier d'osier
dans le dos. C'est l'habit traditionnel naxi.
Cela
nous donnera aussi l'occasion d'assister à un spectacle
des plus surprenants: un cours de gym a raquettes collectif!
Sur la place, une quarantaine de personnes, en majorité
des femmes du type "menagère de plus de cinquante
ans", s'entrainent guidées par "un maitre
de la raquette" au son d'une musique répétitive.
Elles enchainent jeux de jambes et maitrisent bien balle
et raquette. Spectacle rocambolesque, c'est vraiment très
drôle de les regarder faire.
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L'équipe nationale de ping-pong à l'entrainement
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Samedi 24 Septembre: Pas sympa
Départ
pour Dali. Les paysages de plaines et de rizières sont vraiment
très beaux au coucher de soleil.
Petite
galère arrivés a Dali a 22h. Il y a en fait 2 Dali,
Xiaguan la nouvelle ville et Dali, la vieille ville, destination
privilegiée des touristes. Le chauffeur qui a vu nos billets
a oublié de nous indiquer quand descendre. Nous débarquons
donc a Xiaguan avec un couple de retraités allemands dans
le même cas, obligés de refaire une demi heure de taxi
en sens inverse. On enrage contre les chinois et le manque d'interèt
et de serviabilité manifeste qu'ils ont à l'égard
des étrangers (au départ de Lijiang, après
s'etre présentés trois fois à la porte d'embarquement
inquiets du retard du bus, nous nous sommes résolus à
suivre les recommendations de l'employés et a attendre à
l'endroit qu'elle nous avait spécifié. Heureusement
que les allemands sont venus nous chercher, la garce nous avait
oublié et papotait avec sa collègue). Il est vrai
qu'en France nous ne sommes pas renommés pour notre serviabilité
envers les touristes étrangers, mais là nous sommes
battus à plate couture!
Heureusement,
Dali est le lieu idéal pour se détendre et oublier
quelques temps trains, avions et bus.
Dimanche 25 Septembre: Ca se ceuille le riz?
Après
avoir visiter les trois pagodes ou vivent de grosses grappes d'araignées
sur les fils éléctriques, nous louons à nouveau
des vélos pour faire le tour de l'Erhai Hu, le lac en forme
d'oreille. Sur la route qui mène à l'embarcadaire,
nous découvrons
|
pour
la première fois la forme qu'a le riz avant d'atterir
dans notre assiette. Cela faisait un moment qu'on se posait
la question: ca pousse comment le riz, sous la terre ou
en grappe sur un arbre? On vous l'a dit, la botanique c'est
pas notre truc. On ne riz pas, je suis sur que nous ne sommes
pas les seuls
Et bien ni l'un, ni l'autre! Ca ressemble
a des epis de blé et ca se récolte de la même
façon sauf qu'en Chine tout se fait à l'ancienne.
A part quelques uns qui disposent d'une machine pour récolter
les grains, la plupart battent les épis dans d'immenses
jarres en osier puis passent les grains au tamis pour filtrer
les résidus de paille. On ne saura pas comment ils
font pour oter la membrane qui couvre chaque grain, mystère
Après
avoir traversé le lac en bateau, on débarque
sur la rive est du lac. Il fait beau et on est tranquille,
il n'y a pas de touristes et peu de circulation. Des pécheurs
remontent leurs filets et les crevettes sèchent au
soleil, ca pue!
On
s'arrète dans un village et nous nous promenons dans
le marché. Les piments sont rois; les étals
regorgent de fruits et de légumes posés quelques
fois a même le sol. Les femmes avec leurs coiffes
traditionnelles ne trainent pas de caddy mais portent un
gros panier dans le dos, parfois si lourd qu'elles s'aident
de la tête avec une sangle autour du front.
En
fin d'après-midi, les 55 km se font sentir et on
dort dans le seul hotel du coin à Zhoucheng.
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Oncle
Ben's
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Lundi 26 Septembre: "Gandja-gandja"
Aujourd'hui
c'est jour de marché a Shapping. Très coloré
avec ses étalages de tissus et de broderies, c'est surtout
l'endroit ou sévissent les dealers du coin. Une paysanne
d'environs 55 ans, un sac rempli de poireaux et de salades s'approche
et, feignant de vendre une barette a cheveux nous sussure "gandja,
gandja?".Oulala t'emballe pas mamie, c'est pas le genre de
la maison. Mais miss Jamaica n'en n'est pas a son premier client
et a plus d'une corde a son arc: "opium, opium" ajoute-t-elle.
Oups, elle a touché une corde sensible, Corto maltèse
enveloppé dans des volutes interdites au milieu de la Chine.
Plus que Tintin et le lotus bleu, la Chine dans notre imaginaire
c'est avant tout les vieux bars a opium qu'on retrouve dans les
BD d'Hugo Pratt. Faut pas mourir idiots, allez, on la suit. On se
retrouve affalé dans un vieux canapé à l'interieur
de son salon obscur.
Totalement
novices en la matière et devant notre ignorance, elle sort
sa pipe puis nous montre comment chauffer l'opium. Sophie stressée
par la situation et le dealer pressé de retourner a ses affaires
ne nous permettront pas de savourer pleinement les effets de ladite
substance. On se sent quand meme très "zen" pour
la séance photo souvenir devant son pied de cannabis.
On
achève les 40 km qui nous ramènent a Dali, la pluie
en plus. La ville est très agréable bien que touristique,
les rues piétonnes sont bordées de boutiques et de
gargottes. A ce propos, comme dans beaucoup de pays d'Asie, les
chinois vivent dehors, tout est toujours ouvert sur l'exterieur,
les magasins comme les restaurants.
Les
trains de nuit étant complets, nous prenons le bus couchettes
ce soir pour Kunming.
Dealer
local
|
Aussi
forts que les piments d'espelette
|
Mardi 27 Septembre: Coups de gueule
6
heures du matin, nous arrivons a Kunming après une soiree
agitée. Lundi 26 Septembre au soir, flash-back:
20h00, on se présente à l'agence auprès de
laquelle on a réservé le billet qui nous amène
en taxi a la gare routière. Pour notre premier bus couchette,
on a pris un première classe!
Arrivés
a la gare on poirotte avant d'être refilés à
une dame a qui la fille de l'agence donne de l'argent. Elle nous
demande de la suivre et nous voila partis pour 15 mn de marche avec
nos sacs sur le dos, cool.
On
arrive à une autre gare ou d'autres personnes attendent mais
toujours pas de bus à l'horizon. Puis on est a nouveau refourgués
à une autre qui a son tour empoche l'argent et nous fait
monter dans un taxi. Inquiètudes. D'habitude c'est assez
carre quand on prend le bus: on se présente avec notre ticket
à la porte d'embarquement et on nous indique dans lequel
monter. La, on n'a toujours pas vu la couleur du billet.
On
arrive dans une sorte de terrain vague a peine éclairé
avec plein de camions benne Dong Feng. Les autres chinois arrivent
aussi en taxi. On attend avec le sentiment d'être dans l'illegalité
comme peuvent l'être des refugiés ou des émigrants
clandestins. On commence à s'ennerver et la barrière
de la langue laisse nos questions sans réponses.
Il
est 21h30 lorsque le bus couchette se pointe. Le problème
c'est que la catégorie correspond à de la troisième
classe; il ne ressemble pas a celui qu'on nous avait montrè
sur la photo. Comment expliquer à la bonne femme qui ne pipe
pas un mot d'anglais qu'on a payé pour la catégorie
supérieure. On se résigne et on s'installe dans des
places pas trop mal compte tenu de la taille de Christophe. On attend
que le bus se remplisse, les passagers arrivant au compte goutte
par taxi.
Sans
pincettes, on nous fait comprendre de dégager. En plus, on
s'apercoit qu'il n'y a qu'un chauffeur qui va conduire seul toute
la nuit. Cette fois ca suffit! On pète les plombs et on décide
de demander le remboursement des billets quitte à partir
le lendemain, histoire de passer un savon à l'agence.
Là
c'est la panique. Elle nous refile 120 Y soit le prix de la bétaillère
alors qu'on a payé 160 Y. On ne lache pas le morceau d'autant
plus qu'on tombe sur un chinois faisant office d'interprète.
Ca s'ennerve et téléphone à tout va. Il est
22h15 lorsqu'on nous trimbale à nouveau en taxi direction
la première gare "officielle" du début.
On retrouve enfin une vraie gare avec plein de vrais bus. Et on
monte dans celui qui nous était réservé. Bizzare.
Tous les intermédiaires s'y retrouvent aussi, elles se refilent
le bébé pour savoir qui va payer nos billets. C'est
plus notre affaire on est dedans et on n'en redescendra pas. Explications:
pour se mettre 40 Y dans la poche soit la différence de prix
entre les deux classes, ils ont éssayés de nous la
mettre!
Ras-le-bol,
font chier les chinois! Ca commence à faire beaucoup, il
faut se battre pour tout ici. Les prix sont systématiquement
surevalués, on a l'impression d'être considéré
comme des porte-feuilles ambulants et c'est le cas d'ailleurs. De
vrais professionnels de l'éscroquerie aux talents très
variés: racket, menus différents, bouteilles d'eau
faussement capsulées, compteur taxi truqués, tentative
de vol dans le transsibérien, changement de tarif au moment
du réglement (2 doigts signifiant 20 et non pas 2, passage
du yuan a l'euro)
Et on en a surement oublié, sacré
"dépaysement" donc en 5 semaines surtout après
la Mongolie ou les gens sont aimables, accueillants et honnètes!
En plus, on n'est pas des cas isolés, nombre de voyageurs
ont été victimes des mêmes arnaques. Cela va
même jusqu'a des agressions, parfois mortelles. Bien sur on
ne met pas tout le monde dans le même panier, nos excuses
par avance a William et Helléne et aux nombreux chinois qui
nous ont gratifié de leur sourire et de leur gentillesse
mais on en avait assez du politiquement correct.
Et
tant qu'on y est, voici un autre coup de gueule: les chinois nous
ont donné l'impression de bousiller leur magnifique pays
(quand ce n'est pas déjà fait) aussi bien d'un point
de vue naturel que culturel (cf les hutongs de Beijing). L'explosion
démographique et l'urbanisation galopante ont eu raison de
la faune et ont dénaturé de nombreux espaces (et le
barrage des 3 gorges ne va pas arranger tout ca). De la même
manière, une partie de leur riche héritage culturel
est parti en fumée à cause des purges communistes.
Merci Mao, le dictateur reste pourtant quasi vénéré
comme un Dieu comme le démontre le nombre de pouce lévé
à son évocation. Ohé, faut se réveiller,
la révolution culturelle, les soi-disant 100 fleurs et tout
le reste, faudrait pas oublier. Sans parler des minorités
éthniques comme les Ouighours ou les Tibétains dont
l' espace de liberté culturelle est réduit au minimum,
juste suffisament pour attirer les touristes. "Quand la Chine
s'éveillera", et ben elle réalisera ses erreurs.
Sa réçente ouverture sur le monde, les JO 2008 et
son entrée dans diverses institutions internationales semblent
heureusement donner un nouvel élan au pays. On croise les
doigts, ils répresentent quand même 1/5eme des habitants
de la planète.
Mercredi 28 Septembre: "Super mamie"
La
guest est sympa, bien située avec une belle terrasse et l'ambiance
est bonne. Nous retrouvons quelques personnes croisées à
Chengdu et faisons la connaissance d'une mamie hors-normes, Solange.
A 55ans, deux enfants et plusieurs petits enfants, elle décide
de prendre son vélo et de parcourir seule le monde pendant
2 ans et demi. Bon il faut préciser qu'elle est prof de sport,
marathonienne et que ce n'est pas sa première folie puisqu'elle
a déjà fait l'Amérique du Sud a pieds pendant
un an. Mais quand même, sacré bout de femme!
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Jeudi
29 Septembre: La foret de Pierre
Excursion
a Shillin dénommée la forêt de Pierre
en compagnie de Solange qui a abandonné son vélo
pour la journée.
Ces
rochers surgis au milieu de la plaine sont les témoins
d'un passé lointain ou l'endroit était recouvert
par la mer il y a plusieurs milliers d'années. C'est
un véritable labyrinthe et la ballade est agréable
malgré les averses intermittentes; la mousson n'est
pas encore terminée dans le sud. De nombreuses araignées
ont tissé leur toile au milieu du passage. Après
s'en être pris deux en pleine face, Christophe s'est
arme d'une branche pour jouer le démineur.
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Shillin
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Vendredi 30 Septembre: Ce soir on va faire la java
Sortie
au lac Dian et visite des collines environnantes. Des moines taoistes
ont jadis creusé la roche à flanc de falaise et amenagé
des cavités qui leur servaient d'hébergement. RAS
à part que sur le retour on s'est fait écrire nos
prénoms sur des grains de riz, ca valait pas le coup de se
taper 40 km! Quoique, on a fait une incroyable rencontre: Einstein,
du moins son sosi italien.
Einstein
est toujours vivant !
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Fait
marquant de la journée: aujourd'hui c'est la fête
nationale chinoise. Ils fêtent la fondation de la
république populaire de Chine en 49. Cela ressemble
a notre 14 juillet sauf que chez eux ca dure une semaine.
Des lampions ont été installés dans
toutes la ville et tous les chinois sont de sortie, c'est
de la folie dans les rues, on se croirait dans le métro
aux heures de pointe.
La
guest a organisé un spectacle musical typique du
Yunnan qui finallement ressemble davantage a de la musique
africaine avec percussions. On se retrouve une dizaine avec
trois invités VIP: Christophe était en contact
avec 3 rugbymen à vélo qui relient Paris a
Aukland (cf leur site dans les liens), ils sont arrivés
ce soir au bon moment pour l'apéro! Bouteille de
vin, bières, alcool de riz, rhum et cointreau, direction
la boite du coin. On vous laisse imaginer dans quel état
on a fini
Cela fait 2 mois et demi qu'on n'a pas fait
une bonne fiesta, qu'est ce que ca fait du bien.
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Samedi 1 octobre: Gueule de bois
Pas
tant de bien que ça finalement, la bouche encore brulée
par les dragons à répétition de la veille,
le mal de tête obligatoire
On se remet difficilement
de la veille, c'est bien fait on l'a bien cherché mais qu'est
ce qu'on s'est marré!
Comme
il fait beau (depuis qu'on est dans le Yunnan, c'est pluie tous
les jours), on tente une sortie dans le quartier musulman puis le
marché aux fleurs et aux oiseaux oû on a d'ailleurs
vu beaucoup de poissons (cherchez l'erreur). Petit massage en plein
air par des aveugles, mais y'a vraiment trop de monde dans les rues,
on rentre à la guest, la nuque endolorie en plus de la gueule
de bois.
Dimanche 2 Octobre: Zaijian China
13h15
on quitte la Chine, direction la "Biere manie" nous disait
Francois de vélovalie il y a 2 soirs...
Pas
facile un tour du monde
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