Dimanche
2 Octobre: Premieres impressions
A
la descente de l'avion, la bouffée d'air humide et la chaleur
écrasante nous ont fait réaliser qu'on était
désormais sous un climat tropical.
En
traversant la ville de Yangon, nous découvrons une capitale
charmante aux avenues larges et bien traçées bordées
d'arbres, parfois même des tecks, ces vénérables
arbres imputrescibles chers aux salons de jardin. Finis les gratte-ciel
et les rues bien propres de Chine, place à une architecture
coloniale colorée et délabrée (Christophe
y sent presque un parfum de La Havane
)
|
Ici
les hommes comme les femmes sont en jupes longues style
porte-feuille, des longuyi, ils ont la bouche et les dents
rouges et les femmes ont les joues jaunes. Pas de doute,
on a changé de pays. Les hommes mastiquent toute
la journée de la noix de bétel aux propriétés
vermifuges et bienfaisantes comme on chique du tabac et
la recrachent en maculant les trottoirs de tâches
rouges sang. Les femmes se protègent la peau du
soleil en s'étalant sur le visage du tanaka, une
pâte jaune extrait de l'arbre du même nom.
Produit de beauté numéro 1 devant l'Oréal,
elles l'étalent avec une brosse à dent par
coquetterie.
Autres
changements radicaux par rapport à la Chine: les
gens sont souriants et parlent pour beaucoup l'anglais.
La Birmanie fut une colonie anglaise de la fin du 19e
siècle jusqu'à la Seconde guerre mondiale,
ceci expliquant sans doute cela. Nous apprenons aussi
que les Birmans descendent des Mongols, les
|
Sourire
à la noix...de Betel
|
gênes de la sympathie se transmettraient-ils de génération
en génération?
Les
trottoirs défoncés sont parsemés d'étalages
et de gargotes, pas évident de se promener tranquillement.
Les voitures et les cars datent d'une autre époque et certaines
sont de marques totalement inconnues. Les bus et fourgonnettes
qui circulent sont bondés de monde, les gens s'accrochent
à l'extérieur, sans doute la meilleure place vu
la chaleur.
Comme
le pays à quelques démélés avec les
Etats Unis, ici les cartes de retrait ne sont pas acceptées
et paradoxalement, la majorité des transactions se fait
en dollars américains. Le seul moyen de se procurer des
kyats est d'échanger des dollars ou des euros en grosses
coupures. Pas question non plus de le faire à la banque
ou à l'aéroport, ils proposent 3 fois moins qu'au
marché noir.
Direction
le grand marché Bogyoke appelé aussi Scott market.
Cet immense marché couvert propose un maximum de marchandises
de contrebande, des vêtements, bibelots et pierres précieuses
mais c'est aussi l'endroit ou échanger de l'argent. C'est
finalement assez simple car de nombreux rabatteurs nous accostent
dans la rue. Le plus difficile est de négocier un bon taux.
On s'en sortira avec un taux de 1 euro pour 1550 k, on vous laisse
imaginer les liasses de billets que cela fait sachant que le plus
gros fait 1000 k.
La
soirée se termine dans un internet café oû
une mauvaise surprise, bien que prévisible, nous attend:
impossible de consulter nos mails sur Yahoo et Hotmail malgré
les moteurs de recherches anonymes. Seul Free semble encore disponible,
cette fois on est coupé du monde...
Lundi 3 Octobre: Pas Glop pas Glop
Journée
consacrée à l'achat de nos vols et à la
visite du centre-ville. La chaleur est étouffante et
c'est un vrai soulagement de rentrer dans des endroits climatisés,
l'envers de la médaille c'est quand il faut en ressortir!
La
Sule pagoda, toute d'or recouverte, est magnifique dans le coucher
de soleil et nous permet de discuter avec un moine. Enveloppé
d'un tissu rouge bordeaux, la tête rasée et l'épaule
dénudée, il nous explique son parcours et la vie
paisible des "monks".
La
journée se finira assez mal pour Sophie qui s'est choppée
une sale bactérie causant fièvre subite et vomissements.
On n'avait rien attrapé depuis le début, fallait
bien que ça arrive
Tanaka
|
Mardi 4 Octobre: Pas Glop
La
fièvre est tombée mais Sophie, très faible,
est complètement sonnée et préfèrera
aller à l'hôpital, histoire de mettre un nom sur
son mal et ses aller retour aux toilettes. Verdict du médecin
québèquois de l'hôpital international: intoxication
alimentaire. Une première pour Sophie, ahhh les joies
du voyage
En tout cas, bye-bye l'hôtel luxe avec
piscine prévu au programme de la journée, à
la place ce sera sieste et sels de réhydratation!
Christophe
de son côté visitera le zoo de Yangon (de toute
facon Sophie ne serait pas venue, elle déteste les animaux
en cage). Il y a découvert des animaux qui lui étaient
inconnus jusqu'alors comme l'ours d'Asie, le goral, le sambar,
etc
Il y avait aussi une tigresse qui mettait bas, ses
gémissements étaient impressionnants.
Mercredi 5 Octobre: Glop
Sophie
est complètement rétablie. Le programme des deux
prochains jours c'est farniente dans un hôtel 3 étoiles
avec piscine, c'est notre premier luxe en 2 mois et demi de
"barroudage", on l'a bien mérité.
On
règle donc 55$ pour 2 jours de paradis. Pour en profiter
au maximum, on est arrivé le matin et on ne repartira
que demain en fin d'après-midi.
Le
Kandawgyi palace est un des derniers hôtels de luxe encore
ouvert a Yangon. La chambre est superbe, spacieuse et dotée
d'une petite terrasse: lit à baldaquin, coin lecture,
salle de bain avec baignoire et
séchoir a cheveux
(Sophie va enfin pouvoir se faire un brush). Quand à
l'extérieur, jardins à la végétation
luxuriante d'ou sort un tyranosaure grandeur nature, piscine
à étages avec jacuzzi. On fera tout de même
une petite sortie pour visiter la Shwedagon pagoda ou la plus
belle pagode du monde selon certains.
|
Autour
du stuppa central de 100 mètres de haut et recouvert
de 700 kg d'or, se dressent de nombreux pagodons, templions,
et clochetons, chacun brillant aussi de milles feux. Chaque
édifice est richement décoré sans
parler du sommet du stuppa, enchevêtrement d'or,
rubis, diamants et autres pierres précieuses. Bien
que ce soit le lieu boudhique le plus vénéré
du Myanmar, l'ambiance y est paisible et beaucoup moins
solennel que dans nos églises oû chuchoter
est de rigueur. Une seule obligation: ôter ses chaussures.
Ici, on prie, on flâne, on pique-nique ou on fait
la sieste. Nous avons même assisté à
une séance de nettoyage collectif, des dizaines
de volontaires alignés comme un régiment
et armés d'un balai avancent au même rythme:
nettoyer la pagode le jour de son anniversaire est censé
porter bonheur, une chose est sure, l'entretien est assuré
gratuitement!
A
la sortie nous faisons une drôle de rencontre, un
vieux moine qui se lâche un peu sur le gouvernement
dans un anglais impeccable, à l'évidence,
nous ne sommes pas des espions à la solde de la
junte militaire. Tout y passe, l'absence d'éducation,
de liberté, l'oppression, la pauvreté. Apparemment
promis à un bel avenir, il a laisse tombé
l'université et est rentré dans les ordres
se voyant ainsi renié par sa famille qui comptait
sur les dollars ramenés par le fils prodige. Mais
le plus étrange est son explication du sourire
birman:
|
Shwedagon
pagoda
|
- l'absence d'éducation et de choses à dire (l'université
de Yangon vient juste de réouvrir, enrôlement de
force dans l'armée ou travail force dès 13 ans)
- la peur constante d'être espionné par la junte
militaire; il est moins dangereux de sourire que de parler! "Si
tu n'as pas été en prison, tu n'as jamais été
reporter ici" a écrit un journaliste birman. Pourtant,
d'autres pays présentent les mêmes caractéristiques
et n'affichent pas le même sourire, l'explication doit se
trouver ailleurs, peut être le climat, ou la noix de bétel
Nous
nous penchons dessus
Jeudi 6 Octobre: Plouf
La
luxure
|
On
profite de l'hôtel et de la piscine, ahhh farniente,
douce activité
Autre plaisir futile, la télé.
On n'est pas trop télé mais là on
est restés scotchés sur TV5 asie, la chaîne
française internationale. Douce France
La
fin d'après-midi se passera au marché couvert
ou Sophie s'est complètement emballée pour
l'artisanat birman. Christophe n'aurait pas du la laisser
y aller seule, elle est revenue avec une statue en bois
de teck de 70 cm de haut! (90 % des réserves mondiales
de ce bois précieux se trouvent au Myanmar). Reste
à espérer que les deux loulous qui nous
rejoignent demain voudront bien nous en délester,
c'est pas évident à caser dans le sac a
dos!
Petite
parenthèse sur le nom du pays, la Birmanie est
en fait le nom qui avait été donné
par les anglais, la junte militaire a rétabli le
nom d'origine Myanmar (les premiers habitants du monde)
en 89 pour tirer un trait définitif sur l'époque
coloniale. De même pour Rangoon renommé maintenant
Yangon.
|
Le
soir nous trouvons une guest très correcte, Okinawa guesthouse;
le tenancier accepte de nous garder la statue en dépôt
jusqu'à notre retour dans 3 semaines.
Vendredi 7 Octobre: marionnettiste
Aujourd'hui,
on doit retrouver Jérome et Nicolas au Lac Inle. A l'aéroport
de Yangon, les deux compères sont arrivés en avance
et nous attendent, salut les mecs! Sophie qui a bu la veille
un jus de fruit avec glaçons (faute d'inattention), enchaîne
avec une petite tourista au moment de prendre l'avion. Elle
angoisse d'ailleurs de plus en plus à l'idée de
monter dans ces carlingues volantes. La psychose l'aurait-elle
frappée: c'est normal ce bruit-là? Et pourquoi
il tourne deux fois au-dessus de la piste?...
Nous
arrivons sains et saufs a Nyaunshwe, principale ville au nord
du lac. Pendant que les deux compères se reposent (30
heures sans avoir ferme l'oeil), nous partons visiter la ville.
Cinq minutes plus tard, un orage impressionnant nous surprend,
la mousson n'est pas encore terminée. On se réfugie
par hasard chez un marionnettiste qui nous accueille chaleureusement
avec le thé. Il donne des représentations tous
les soirs et vend des marionnettes de toutes tailles. Les murs
en sont recouverts de hauts en bas. Pendant que les rafales
de vent s'abattent, que le tonnerre gronde et que le cliquetis
de la pluie tambourine le toit en tôle, nous discutons
de son pays. La rencontre se terminera par une petite démonstration
de marionnette dansante, spectacle traditionnel qui tombe en
désuétude auprès des birmans.
On
s'installe dans un hôtel moins cher et plus près
du centre ville (le Joy hotel) puis on dégote une barque
avec "chauffeur" pour le lendemain. Il reste assez
de temps avant le dîner pour que Christophe teste le coiffeur
local. Comme il pleut à nouveau, on assistera tous aux
prouesses de l'artisan. Christophe avait une fois de plus oublié
d'apprendre à dire en birman: " Pas trop court la
nuque s'il vous plaît." Il lui fera la barbe au savon
sans plus de succès, le feu du rasoir...
Le
repas fut un grand moment de bonheur: Jérôme a
ramené dans son sac une bouteille de Moulis château
Maucaillou 97 (et un énorme pot de Nutella ), il s'en
est fallu de peu pour que Christophe ne verse une larme (comme
Sophie quand elle a plongé ses doigts dans le Nutella).
En plus ce soir on dîne a l'italienne, des gnocchis au
pesto préparés avec le basilic frais du jardin.
Di-vin.
Samedi 8 Octobre: le lac Inle
Départ
6h30 pour visiter le lac. Le temps est couvert, espérons
qu'il ne pleuve pas comme hier sinon ça va être
la cata sur la barque. Nous embarquons sur une longue barque
avec moteur très bruyant à l'arrière, c'est
bête on a oublié nos boules Quiès.
Le
lac est au centre de toute la vie de ses habitants. On s'y lave,
on s'y baigne, on y fait sa lessive, on y pêche et même
on y cultive. Pour subvenir à leurs besoins, les habitants
du lac, les Inthas, ont eu l'idée géniale de cultiver
des légumes en créant des jardins flottants. Le
lac est peu profond, un mètre le plus souvent, il s'y
développe des entrelacs de plantes et jacinthes d'eau
tellement denses qu'ils les recouvrent d'engrais pour y faire
pousser des légumes et surtout des tomates. Ces jardins
flottants approvisionnent tout le pays pendant une partie de
l'année. Le lac est bordé de maisons sur pilotis
en bambous et paille. Vraiment charmant.
|
Nous
suivons le parcours classique en commençant par
le village d'In Dein et son marché. Des pêcheurs
y vendent leurs poissons fraîchement pêchés.
On trouve aussi des étals de fruits et légumes
à foison, de l'artisanat et d'autres produits de
consommation courante comme les cheerots, les cigares
locaux. Nico et Jérôme s'en donnent à
coeur joie, les gens sont chaleureux et se laissent photographier
avec plaisir. Malheureusement, comme partout, il y a l'envers
du décor: un homme nous propose de rendre visite
aux femmes-girafes, cette ethnie dont les femmes portent
des anneaux autour du cou (nous en avions croisé
dans la rue la veille). C'est bien évidemment payant
et il est hors de question qu'on entretienne ce commerce
honteux. Ces femmes sont aujourd'hui parquées comme
des animaux dans un zoo pour satisfaire la curiosité
des touristes. De ce fait, cette cruelle coutume des anneaux
qui était en perte de vitesse fait un retour en
force. On ne sait pas vraiment l'origine de cette tradition
et beaucoup de légendes tournent autour: protection
contre les attaques de tigres, marque distinctive des
femmes achetées, signe de richesse et la plus cruelle,
moyen de punir les femmes adultères en coupant
les anneaux. A vous de choisir! Elles peuvent porter jusqu'a
25 anneaux soit 30 kg. Contrairement a ce qu'on pense,
l'impression de cou de girafe n'est pas du a l'allongement
du cou mais a l'affaissement des clavicules, causant déformations
et dégâts physiques irréversibles.
|
Cheerot
ou Cohiba
|
Nous
visitons l'école du village. Tous les élèves,
les garçons comme les filles, portent un longyi vert et
une chemisette blanche. Nous sommes surpris de voir un enfant
de 4 ans tout seul dans la classe alors que tous sont a l'étage
en train de chanter. En
Chat-peau
|
fait,
les écoles sont bouddhistes, lui ne l'est pas,
et la journée d'école débute par
des chants religieux. Les équipements sont rudimentaires
et les enfants autonomes. Avant l'arrivée du professeur,
ils nettoient le tableau, préparent le bureau du
maître, révisent leur leçon et tout
ça sans chahut. Les élèves applaudissent
lorsque leur camarade réussit son exercice au tableau.
Sophie en connaisseuse est admirative.
Nous
poursuivons avec les passages obligés par la fabrique
d'ombrelles en papier, l'atelier de tissage, puis l'orfèvrerie.
Intéressant mais nous ne serons pas clients.
Pour
finir, au milieu du lac se trouve le monastère
des chats sauteurs. Il tient son nom d'un moine qui avait
dressé son chat à sauter de plus en plus
haut au-dessus de son bras. Vraiment que ça à
faire les moines ici!!! Toujours est-il que les moines
qui suivirent se sont aussi mis à les faire bondir
a l'intérieur d'un cerceau, et curieusement, seuls
les descendants des chats sauteurs sont capables d'effectuer
ces sauts. Etrange mon cher Watson
Le
cliché du lac, ce sont bien évidemment les
pêcheurs qui ont une manière de ramer unique
au monde. En équilibre sur un pied à l'extrêmité
de la barque, ils rament avec leur jambe afin d'avoir
les mains libres pour hisser leurs filets tout en manoeuvrant
la barque, très impressionnant.
|
Dimanche 9 Octobre: la grande fête du Phaung-Daw
U
Des
quatre coins du lac Inle, des dizaines de barques immenses voyagent
d'un village à l'autre, de pagode en pagode, sous le regard
émerveillé des foules. Ce sont de très longues
et très étroites embarcations mues par des dizaines
de jeunes garçons Intha vêtus du costume traditionnel.
Debout, ils actionnent les rames à un rythme cadencé
tout en se tenant à une perche horizontale pour maintenir
leur équilibre. C'est la barge royale représentant
le Karaweik (oiseau doré mythique birman) qui clôt
le cortège. Gardé par des prêtres, ce bateau
sacré porte un baldaquin qui abrite 4 bouddhas couverts
d'or.
Aujourd'hui
le cortège arrive à Nyaungshwe. Le village est pris
d'assaut par les habitants des alentours de la région,
nous offrant ainsi un vaste aperçu de la richesse ethnique
des environs. Revêtus de leur costume traditionnel, ils
se sont rassemblés sur les rives pour assister à
l'arrivée des statuettes et aux courses de barques. Nous
essayons de nous frayer un chemin au milieu de cette foule multicolore
afin de suivre le défilé jusqu'a la pagode ou les
bouddhas seront déposés pour y être couvert
d'or par les fidèles, fidèles masculins uniquement
la femme étant considérée impure dans la
religion bouddhiste.
Notre
regard choqué se porte à plusieurs reprises sur
des personnes à moto portant un casque allemand arborant
la croix nazie. Il ne faut pas leur en vouloir, nous apprendrons
plus tard qu'ils n'en connaissent pas la signification, c'est
à la mode!
Cette
matinée aura permis de mettre a jour le vrai visage de
nos deux camarades Jérôme et Nicolas. Entre deux
bières, ils se tapent la bourre a celui qui fera le plus
beau cliché ou le plus de photos, des vrais paparazzi.
Nous profiterons de leurs nombreux clichés pour enrichir
notre galerie, ils nous ont cédé les copyright!!!
Ils arpenteront les allées du marché à la
recherche d'un visage digne de figurer sur le National Geographic
pendant que nous ferons une petite ballade sur les collines avoisinantes.
Nous
visitons un moine qui vit dans une petite grotte naturelle avec
son chat et
des insectes. Il y a des araignées en
pagaille et un nid de guêpes au-dessus de son lit. Les nourritures
spirituelles doivent en valoir la peine pour supporter ça!
Nous croisons des enfants qui nous suivent et nous offrent des
fleurs
'fin surtout a Sophie
Ils sont tout aussi amusés
que les adultes de se voir en photo sur le numérique et
plus encore en vidéo.
Notre
plus belle rencontre se fera sur le chemin du retour au détour
d'un ruisseau. Une jeune femme fait sa lessive en battant le linge
comme nos lavandières d'antant pendant que ses trois enfants
se baignent. Un petit coup de main pour l'aider à porter
ses 10 litres d'eau et nous voilà invités à
prendre de thé avec toute la famille. La maison sur pilotis
est très rudimentaire: une chambre avec hamac pour les
parents, les autres dormant par terre dans la pièce principale
ou se trouve l'autel à prières, et un foyer pour
cuisiner. Bien évidemment, il n'y a ni electricité
ni eau courante, la salle de bain c'est le ruisseau boueux. Ils
ne parlent pas l'anglais; nous communiquons grâce a nos
photos personnelles et en leur offrant des cigarettes, puissant
vecteur de convivialité. Ils sont très intrigués
par les images de Paris et les observent longuement; en fait,
ils ne connaissent ni Paris, ni la France. Un rapide dessin des
cinq continents sera peut-être leur premier cours de géographie
Cet échange nous a mis du baume au coeur. Nous nous quittons
tout sourire avec l'impression que l'essence du voyage est peut-être
aussi simple que ça: une rencontre éphémère,
on le sait bien sans suite, mais riche par son intensité
et des rapports simples et désintéressés.
Au
bain
|
A
l'improviste
|
A
notre retour, nous retrouvons Nicolas et Jérôme devant
une bière, ils nous font goûter un fruit découvert
au marché: la pomme-cannelle. Rien à voir avec ces
deux ingrédients mais c'est absolument délicieux.
En rentrant, ils attirent notre attention sur un détail
incongru: des sacs plastiques remplis d'eau et de cailloux sont
accrochés a l'entrée de notre guest. Mais qu'est-ce
que c'est-il donc? Pourquoi c'est faire? Indices: c'est obligatoire
et en France on en a aussi, ils sont rouges
des extincteurs
bien sur! Pourvu qu'il pleuve
En
fin d'après-midi, nous testons le massage traditionnel
birman. Relaxant et revigorant, il se pratique en partie avec
les pieds. Le masseur nous monte dessus en se tenant à
une barre au plafond. C'est pas de chance pour Sophie, sa masseuse
doit faire dans les 75 kg! Les autres particularités de
ce massage sont le "débouchage" d'oreille avec
les doigts et le blocage des artères fémorales pour
faire affluer le sang dans les jambes, ça fait bizarre.
Sophie aura en prime le droit à une séance de maquillage
au tanaka.
Ce
soir c'est la fête au village. De nombreuses gargottes et
stands ont envahi la ville ainsi que les locaux qui sont déjà
bien émêchés. C'est un peu la Foire du Trône
version birmane. Pas de barbe à papa mais des gâteaux
au tapioca, pas de train-fantôme mais des manèges
en bois dignes de figurer à l'expo universelle de Paris
1900. Nous finissons la soirée à la salle de spectacle,
pour le concert. Autant dire un vaste entrepôt avec des
chaises longues et trois spots. Autour de nous, des moines sont
assis et fument le cheerots, ils se font aussi chier que nous;
cela ressemble davantage à un spectacle traditionnel barbant
qu'à une soirée festive, ni enthousiasme, ni applaudissement.
C'est une torture, les "artistes"chantent faux, sont
complètement statiques et aussi peu motivés que
nous le sommes pour rester. Nous apprendrons par la suite qu'il
s'agissait en fait du "prime time" et que les gens étaient
venus voir des comédiens célèbres. C'est
bête alors, on a raté le meilleur! Ca aurait été
super d'assister à du théâtre en birman!
Lundi 10 Octobre: Pagode ou paya?
Visite
du site de Kakku recemment ouvert aux touristes à 3 heures
de route. Plus de 2000 stuppas alignés sur un kilomètre,
un peu comme nos alignements de Carnac et avec une origine tout
aussi mystérieuse. Le moment est d'ailleurs venu de faire
la distinction entre pagode, paya, zedi et stupa. Pagode et
paya désignent grosso modo la même chose, la paya
est un terme générique lié à la
religion alors que la pagode désigne le lieu de prières
et d'offrandes. Le stuppa ou zedi (nom birman) est une structure
en forme de cloche qui contient généralement des
reliques de Bouddha ou d'autres objets sacrés venant
de moines. A la différence du temple consacré
à la méditation, on ne peut pas entrer dans un
stuppa mais on en fait le tour dans le sens des aiguilles d'une
montre.
Vous avez eu droit à ce bref descriptif lexical parce
qu'il y a plus de stuppas, pagodes et temples en Birmanie qu'il
y a de frites en Belgique, alors même si on n'en parle
pas tous les jours, vous n'y couperez pas non plus!!
Le
soir, un bar à cocktails sympa nous fera découvrir
une spécialité locale: l'Irish coffee. C'est tout
du moins le nom qu'ils donnent à cette boisson qui y
ressemble à un détail près: ils n'ont ni
crème, ni chantilly. Mais ils ont des oeufs! Et hop,
en un tour de main on transforme le blanc d'oeuf en imitation
de crème, a défaut du goût, ça fait
toujours illusion, Sophie a bien failli se faire avoir!
Mardi 11 Octobre: Mais a la fin, qui c'est ce Bouddha?
On
loue un van pour visiter Pindaya puis se rendre à Kalaw,
notre prochaine escale. Pindaya est célèbre pour
sa grotte aux 8094 bouddhas. Il fait humide, les bouddhas brillent
de mille feux et y'a des araignées. Ouais, bof.
A
votre bon coeur
|
Casque
d'or
|
Il
faut noter que le bouddhisme est omniprésent dans la
vie quotidienne des birmans. Ici la religion est restée
un fait social total, nous le constatons à travers ces
stands au bord des routes ou des gamines sollicitent monnaie
sonnante auprès des automobilistes sur fond de musique
et discours mobilisateurs. Et le peuple donne beaucoup puisqu'environ
10% de ses revenus sont consacrés à l'entretien
des pagodes et des prêtres. Tous les matins les moines
et les nonnes (que l'on reconnait à leur habit rose)
parcourent les villages avec leur jarre noire (thabeik) destinée
à recevoir les oboles (nourriture) des fidèles.
Le pays est constellé d'édifices ou de signes
religieux même dans les coins isolés, dans les
campagnes, en haut des collines, dans les grottes ou encore
dans les arbres. En effet, le bouddhisme au Myanmar est aussi
teinté de superstitions liées aux esprits, les
Nats. On leur fait sans cesse des offrandes pour les amadouer:
dans des niches ou dans le creux des arbres. Pour terminer sur
le chapitre "religions et croyances", le Myanmar est
aussi le royaume de l'irrationnel. Pour les birmans, tout peut
avoir un pouvoir surnaturel, les éléments naturels,
les êtres, les chiffres et surtout le temps et l'espace.
Par exemple, le jour de leur naissance est très important
, c'est pourquoi ils consultent souvent astrologues ou alchimistes,
ces "devin-numéro-palmiste" postés à
l'entrée des pagodes ou dans les rues. Exemple: une femme
née un Lundi n'a aucune chance avec un homme né
un vendredi. Faut qu'on se renseigne avec Sophie
La
route qui nous mène à Kalaw est superbe et nous
assistons à de jolies scènes champêtres;
c'est l'heure de la rentrée des champs après la
journée de travail (près de 75% vivent de l'agriculture).
Des enfants montent d'énormes boeufs, des femmes portent
sur la tête des paniers remplis, et les tracteurs font
office de bus avec une trentaine de personnes entassées,
ça déborde de partout. Quand au paysage, les verts
des rizières contrastent magnifiquement avec les rouges-ocres
de la terre.
On
passe la nuit au Golden Kalaw Inn, qui n'a rien de doré
surtout la chambre de Nico et Jérôme.
Mercredi 12 Octobre: la vie dans la campagne birmane
On
part trekker 2 jours avec nuit chez l'habitant pour le plus
grand bonheur de Christophe qui est le plus motivé de
nous tous à l'idée des 6 heures de marche par
jour, il est tombé dedans quand il était petit!
Notre guide Twenti prévoit de nous faire traverser des
villages peu visités ou vivent plusieurs ethnies.
|
Le
premier est habité par les Danu, des gens très
accueillants. Notre venue attire le reste de la famille
pendant que nous prenons le thé et bientôt
voilà quatre générations réunies.
L'arrière-grand-mère 63 ans a 10 enfants,
40 petits-enfants et déjà une dizaine d'arrière-petits-enfants!
La structure familiale dans ces villages isolés
est très forte et la plupart reste vivre au pays.
L'accord des parents est indispensable au mariage, d'ailleurs
souvent "arrangé" entre familles, et
bien sûr, pas de relation sexuelle avant la cérémonie.
En général, tous les habitants des villages
voisins sont invités, ce qui a fait un total de
700 convives pour le mariage du fils de notre hôte!
On vous rassure: ils ont mange du riz et des feuilles
de thé.
Le
second arrêt s'est fait dans un village Pa-O. Les
femmes portent
des vêtements noirs et une coiffe en serviette-éponge
orange sensée représenter
|
Cours
de géographie
|
la
bouche du dragon. Les sourires sont toujours au rendez-vous.
Nous
déjeûnons dans un vieux monastère au milieu
des moines qui eux n'ont pas le droit de manger entre midi et
4 heures du matin. Ce sont souvent les derniers rejetons de
familles nombreuses "autorisés" a mener une
vie religieuse s'il y a assez de monde aux champs. Des règles
strictes régissent leur vie: savoir cuisiner, pas d'alcool
ni de relation sexuelle, prendre soin de soi (propreté,
habit, santé) et suivre le code monastique. Chaque birman
a d'ailleurs fait ses classes étant enfant.
Sur
le chemin qui mène à notre dernière étape,
nous marquons un arrêt prolongé en surplombant
une magnifique vallée de rizières en étages
baignée par les rayons du soleil couchant.
On
passe la nuit dans un village Danu et plus exactement chez le
chef du village. Des lits à même le sols nous ont
été installés dans leur salle réservée
à la prière. Comme il n'y a pas d'éléctricité,
nous dînons éclairés à la bougie un
délicieux repas préparé par les deux jeunes
cuisto qui nous accompagnent. Comme en Chine et en Mongolie, les
desserts ne sont pas trop d'usage mais nous gouterons au sucre
de palme, c'est délicieux. Nous serons réveillés
a 5h00 par un p
.. de coq!
Jeudi 13 Octobre: un peu de botanique
Après
un petit déjeûner birman (riz, beignet de légumes
et thé), nous reprenons la route en direction d'un village
habité par l'ethnie Pallaung. Les femmes ont des habits
vert-pomme et rose et comme un peu partout fument le cheerots.
Cette ethnie vit de l'élevage du porc, de la culture du
riz et du thé. A notre entrée dans le village nous
sommes accueillis par une odeur nauséabonde:
PACS
au monastère
|
les
cochons se balladent en liberté dans les fosses
à purin qui remplacent les chemins et nous devons
marcher sur des planches de bois pour accéder à
la maison. Nos hôtes sont en train de trier les
feuilles de thé. Elles sèchent sur de grands
tréteaux au soleil puis sont ensuite trier en deux
catégories de qualité.
Cette
randonnée aura d'ailleurs été l'occasion
pour nous de nous améliorer en botanique. Twenti
nous a montré des manguiers, des avocatiers, des
papayiers, des bananiers (bon ça on savait quand
même), des champs de gingembre, de sésame,
de thé et même des arbres qu'on ignorait
totalement comme l'arbre à tomates ou l'immense
banian.
Nous déjeûnons dans un monastère au
milieu des moines Puis,la dernière partie nous
a fait traverser un paysage de jungle enveloppée
dans une brume de chaleur tropicale, on s'y croirait.
On a aussi croisé deux serpents. Faut faire attention
oû l'on met les pieds Ksssssssss.
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Vendredi 14 Octobre: Bon anniversaire Jérôme
Nous
louons un taxi pour aller à Mandalay. Nous profitons
du voyage pour nous faire découvrir mutuellement nos
coups de coeur musicaux, pas toujours partagés par Sophie
mais pour le plus grand plaisir de notre chauffeur. Assez peu
de musiques occidentales circulent sur les ondes au Myanmar
pour la simple raison qu'elle est interdite, tout comme le fait
de danser d'ailleurs, incroyable, non? Les birmans sont par
contre number one pour les reprises, quelque fois peu récentes
et toujours en Birman.
Mandalay,
ville chaude et poussiéreuse n'a pas le charme colonial
de Yangon, ses beautés sont aux alentours parait-il.
Nous logeons à la Royal guesthouse à la petite
terrasse très agréable et située à
proximité d'un glacier ou ils font de délicieux
banana milk shake. Ce sera d'ailleurs notre lieu de rendez vous
à tous, a défaut de pub, on n'allait pas prendre
une pagode!
Ce
soir Jérôme fête ses 35 ans. Après quelques
"binouzes" et deux flasques à base de whisky
concentré et bon marché, on se met en quête
d'un endroit ou faire la fête. Pas grand chose à
se mettre sous la dent sinon des bars-karaoké sinistres
avec un Charlie Holeg à l'accompagnement et des chanteuses/prostituées
sur un podium. Et après 23h, impossible de trouver quelque
chose d'ouvert. Ici, on ne danse pas, on est au Myanmar et a 23
heures, au dodo!
Samedi 15 Octobre: Fête Nadaw, la fête
de la pleine lune
On
visite Mandalay et ses pagodes dont on vous épargnera
la description, et en particulier le monastère Shew Nandaw,
entièrement fait en bois de teck. Un maître y fait
la classe pour des enfants défavorisés au milieu
de jeunes moines.
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Ces
lieux religieux mais touristiques sont la proie des mendiants
et vendeurs, essentiellement des enfants qui vendent colliers
de fleurs et cartes postales. Leur attitude n'est plus
celle que nous avons connue, ils réclament stylos,
shampooing ou proposent de poser pour de l'argent, et
les adultes veulent échanger leurs marchandises
contre du parfum. Peut être est ce inévitable
dans ces lieux fortement touristiques, en tout cas Jérôme
et Sophie tacheront de donner leurs shampoings et stylos
à des assos ou professeurs pour éviter d'entretenir
ce système de mendicité. Autre première
en Birmanie, C'est la première fois que nous sommes
confrontés a la misère, cette vision d'un
homme sans bras ni jambes devant son bol à aumône
nous a profondément bouleversé.
Fin
d'après-midi, nous entamons pieds nus l'ascension
de la colline
de Mandalay célèbre pour son coucher de
soleil a
17h30. 1700 marches nous
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Si
elle savait
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séparent
de la pagode qui se trouve au sommet. Nous arrivons trempés
de sueur pour voir le soleil se voiler par les nuages, tant pis.
Par contre, c'est le premier jour de la fête de la pleine
lune, on fête la fin de la mousson.
A
notre retour au pied de la colline, la fête a pris place.
C'est un festival de hauts-parleurs, de pétards (dont nous
sommes souvent la cibles avec les chiens et les motards), de fritures
et de pâtisseries (les crêpes a la coco fraîche
sont un délice) sans oublier les jeux et manèges
"rudimentaires". Une grande effervescence s'est répandue
sur la ville et la soirée bat son plein vers 21h30, a 23h00
la fête commencera à être désertée.
Une chose est sûre, cendrillon ne vivait pas au Myanmar
(glissa Christophe)
Dimanche 16 Octobre: les anciennes capitales de Mandalay
Mandalay,
deuxième ville du Myanmar, fut la dernière capitale
du royaume de Birmanie. Il ne reste malheureusement plus que
les enceintes de son prestigieux palais pillé, bombardé
et incendié. Il y eu cependant trois autres capitales
dans la région: Sagaing, Enya et Amarapura.
Nous
attaquons par Sagaing nichée sur les collines et longeant
l'Irrawady, principal fleuve du pays. La pagode en elle-même
est du dernier kitsch avec son sol carrelé multicolor
et ses bâtiments recouvert de miroirs comme une boule
à facettes disco mais la vue est sympa. Du sommet, nous
voyons nettement l'enchevêtrement d'escaliers menant à
d'autres pagodes, temples et monastères. Au milieu des
arbres, on aperçoit des dizaines de pointes de stuppas
qui innondent la vallée.
On
se rend ensuite à Ava ou Enya, petite île que nous
atteignons en barque et qui se visite en carriole à cheval.
Nous y trouvons un beau monastère tout en teck. En nous
faufilant au milieu de ses 267 colonnes de teck qui le soutiennent,
nous avons assisté à un beau ballet de chauves-souris.
On enchaîne avec la tour du palais, dernier vestige du
palais qui fut démonté pour construire le nouveau.
"C'est pas cher, c'est joli, c'est local" aura rythmé
notre journée, c'est la phrase-clé des villageois
locaux qui vendent des bibelots à l'entrée des
sites.
Paparazzi
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Nous
terminons cette journée par Amarapura et la visite
de la terrasse du café au bord du lac Taungthaman.
A vrai dire, on commence un peu à saturer des pagodes,
Dalida aurait pu chanter "Pago-de, pagode, pago-de"
et on a decidé de faire sauter les dernières
visites pour profiter tranquillement de la vue sur le
pont en teck d'U Bein.. Long de 1200 mètres, il
a été construit avec le bois de l'ancien
palais. C'est aussi l'endroit à ne pas rater pour
admirer le coucher de soleil. Des dizaines de personnes
immergées jusqu'à la taille pêchent
de la friture d'une drôle de façon en secouant
une canne à pêche dans chaque main. Un jeune
garçon, "berger" de canards rame à
l'assaut d'une de ses bêtes égarées
et les moines défilent sur le pont. 16h45, nous
embarquons sur une pirogue pour voir le soleil se coucher.
Le pont et l'arbre mort dans l'eau sont splendides en
ombres chinoises dans cette lumière orangée.
C'est le coucher de soleil idéal pour une demande
en mariage !!!!!!!!!.
Sur
le chemin du retour, les gens ont sorti les guirlandes
lumineuses et allumé des milliers bougies pour
éclairer les villes et monuments religieux, la
fête de la pleine Lune dure plusieurs jours et c'est
tant mieux, on va pouvoir retourner manger des crêpes!
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Lundi 17 Octobre: epidemies d'achats compulsifs
Journée
repos. Internet pour Christophe, achat de souvenir pour Sophie
qui s'est à nouveau emballée, emportée par
l'enthousiasme de Nico et Jérôme pour un magasin
d'artisanat, une vraie caverne d'Ali Baba. Il a fallu négocier
ferme et avoir recours aux échantillons de parfum et autres
babioles from France, ils en sont très friands. Résultats:
plusieurs kilos supplémentaires à trimbaler jusqu'au
Népal. Argument de Sophie: "tu verras ça f'ra
super dans le salon". Pensée de Christophe: "et
qui c'est qui va l'porter"!!! On ne peut plus compter sur
Jérôme et Nico, ils risquent d'être en surplus,
reste a éspérer que la fine équipe qui nous
rejoint au Népal nous en délestera
D'ici la,
il va falloir la jouer fine pour alléger nos sacs a dos.
Mardi 18 Octobre: la croisière s'amuse
presque
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Lever
4h45 (c'est pas humain), on embarqué avant le lever
du jour à bord d'un bateau qui nous mènera
en 10 heures à Bagan. Les birmans se couchent tôt,
mais se lèvent tôt aussi, les rues commençant
à s'animer vers 05h30, heure du lever du soleil.
La croisière est assez agréable malgré
l'absence de climatisation et nous faisons la connaissance
de Grégory et Delphine que nous avions déjà
croisé à Mandalay, un couple de français
de Vélizy. Une fois de plus Christophe tente de
convertir Sophie à la belote mais c'est décidemment
pas son truc, elle préfère jouer au Pictionnary
ou au Taboo. Dernier clin d'oeil à la France, ce
sera du ciflar à la pause de midi, merci Jérôme.
A
l'arrivée, nous devons nous acquitter d'un droit
d'entrée de 10$ pour le site de Bagan. Gregory
et Delphine peu chargés et ne souffrant pas du
"trouble d'achat de souvenir en bois compulsif"
nous ont gentiment proposé de nous ramener quelques
affaires encombrantes styles livres. Merci boucou.
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A
la station service
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Mercredi 19 Octobre: Fa-bu-leux
On
loue des vélos pour se rendre dans le vieux Bagan. Le
site s'y prête particulièrement pour circuler.
Situés
sur les rives de l'Irrawady, plus de 2000 temples se dressent,
éparpillés dans un horizon immense et changeant
de couleur à toute heure du jour.Un enchantement! On
est complètement tombé sous le charme ancien de
ses édifices ni rénovés ni clinquants comme
c'est d'usage au Myanmar (ici pas de culte du "vieux",
ce qui est lié à la religion est constamment entretenu,
repeint, redoré).
Sous
la dentelle de pierre qui recouvrait les temples apparaîssent
des briques rouges parfois totalement mises à nue. Dans
certains, des peintures sont encore bien conservées,
dans d'autres il est possible de monter et d'admirer la vue.
C'est une explosion de stupas qui émergent au milieu
de la végétation et des champs de cultures. C'est
pour nous, jusqu'à nouvel ordre, le plus fabuleux site
fait par l'Homme, patrimoine universel de l'humanité
d'ailleurs. Cette prodigieuse réalisation est née
au XIe siècle lorsque le roi Anawratha rapporta de ses
campagnes militaires des reliques de Bouddha, à qui il
convenait de donner un cadre digne de sa sainteté
Le
soir nous dégottons un resto indien qui deviendra notre
cantine. Ce soir, il y a un festival en ville. On avait l'intention
d'y aller jusqu'a ce que nous assistions à une violente
baston entre hommes ivre-morts à coup de bouteilles de
verre. Deux ce sont fait exploser des bouteilles sur la tête
dont un salement amoché. Bon, de toute façon on
est crevé, et puis les fêtes au Myanmar, on connaît
Jeudi 20 Octobre: allez, encore une dernière
et j'arrête
Nous
continuons la visite avec toujours ce même regard émerveillé.
Par contre, on galère avec nos vélos, les chemins
de terre sont très sablonneux, il faut parfois les pousser,
on s'est aventuré sur la mauvaise route et le vélo
de Sophie est pourri. Elle s'énerve, craque puis échange
avec le vélo de Christophe. Nos deux compagnons s'amusent
parfois de nos petites chamailleries de couple en voyage, mais
dès qu'on aura un peu de temps on vous en contera un
peu plus sur cette charmante intimité née de ces
deux hommes en voyage
On traverse des villages rappelant
un peu l'Afrique avec ses femmes le panier sur la tête,
ces boeufs labourant les champs et ces maisons en paille. Des
hommes font une partie de chinlon, un sport très populaire
qui se joue en cercle en jonglant avec une petite balle de rotin
tressé. Maintenant c'est le brésil et son beachfoutchbol
qui nous saute aux yeux!!! Contre toute attente, Christophe
plus "nature" que "culture"est tombe accroc,
il en veut encore et encore du temple et de la pagode, il ne
s'arrête plus, insatiable le garçon.
Ce
soir c'est massage pour tout le monde. En manque d'attention féminine,
Nico et Jérôme on été ravis de découvrir
les deux charmantes masseuses attendues; il s'agit en fait des
femmes des ménages de notre hôtel!
Massage à la bi-man
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Vendredi 21 et samedi 22 Octobre: "je lui ai mis
la fièvre pendant des heures"(chanson bactérienne)
On
profite de notre dernière matinée à Bagan
pour visiter la dernière partie du site, histoire d'avoir
notre dose de pagodes et repartir de ce site sensationnel sans
regrets. Puis c'est la course jusqu'a ce qu'on monte dans le bus.
Y'a
pas de clim, ça on le savait déjà; ce qu'on
ne savait pas c'est que nos fauteuils seraient cassés,
impossible de les basculer en arrière (ça va être
cool les 17 heures et la nuit a 90 °!). C'est l'horreur à
chaque arrêt, le soleil tape derrière les vitres.
Trois heures se passent "et là
c'est le drame".
Christophe
commence a se sentir mal puis, insidieusement, la fièvre
monte, monte, monte jusqu'a suffisamment haut pour qu'il se mette
a délirer et parler tout seul, tenant des propos incohérents
du style: "donne moi tes cachets contre les renards, j'ai
peur d'être attaquer" ou bien: "y a quelque chose
qui m'gêne, je crois qu'il y a un géranium qui me
pousse dans le dos"
La nuit fut une véritable
torture, impossible non plus de dormir, les VCD du chanteur à
la mode et un film birman nous hurlaient dans les oreilles à
tel point que malgré les boules Quiès, le son était
insupportable. Le problème, c'est qu'on était les
seuls à se plaindre, les locaux semblaient apprécier.
Bien sur dans ces conditions-là le temps ne passe pas et
dure longtemps, longtemps
Les premiers prémices de
chiasse sont apparus au milieu de la nuit, heureusement que nous
avions de l'Imodium a porté de main. Cela n'a cependant
pas empêché Christophe de tapisser les murs des chiottes
de tous les bleds traversés.
Arrivés
a Yangon a 07h00, Christophe est faible mais se sent mieux, il
a 39,5 de température (il a du atteindre sans difficultés
les 40 dans la nuit). On avait gardé le numéro de
téléphone du médecin canadien de Sophie:
il s'agirait sans doute d'une dyssentrie d'origine bactérienne
assez fréquente. Pas besoin d'ordonnance pour se procurer
les antibiotiques spécifiques.
Apres
être reste couché toute la journée, Christophe
émèrgé 2 heures en fin d'après-midi,
la fièvre ayant légèrement baissée,
un bol de riz nature et au lit.
Dimanche 23 Octobre: Tata (salut) Myanmar
La
fièvre a totalement disparue, c'est bon signe. Il ne reste
plus qu à soigner le ventre et la tête, ça
devrait prendre encore une semaine. 2 imodiums pour assurer le
vol en avion jusqu'à Dhakka, capitale du Bengladesh.
Au revoir Nico et Jérôme, bonne escale a Bangkok,
au revoir Myanmar, quand te reverrai-je pays merveilleux...
La
fine équipe
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Escale a Dhaka (nuit du 23 au 24octobre)
Dakka, bref aperçu de ce qui nous attend en Inde: une horreur.
Le trajet qui nous mène de l'aéroport à l'hôtel
est un bordel sans nom: pas de feux, pas de sens de circulation,
des bus plus pourris qu'ailleurs, des centaines de tuk-tuk qui
déboulent de partout dont un qui s'est fait renverser sous
nos yeux. Ca klaxonne et pile à tout va, ça pue
les pots d'échappement, on a l'estomac au bout des lèvres.
Mais quand est-ce qu'on arrive?
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